Club de Lecture

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La lecture change les hommes, les hommes changent le monde

15/04/2026

« L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société.

L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes […]

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. »

[Albert Einstein]~ {Pourquoi le socialisme ? (Why Socialism?)}

15/04/2026

« Voici ce qu’est l'avidité : le désir de tout dire et de ne rien écouter. » --- Démocrite

Démocrite nous rappelle que l'avidité ne se limite pas aux possessions matérielles, elle concerne aussi l'attention. Lorsque nous dominons les conversations, refusant d’écouter, nous cherchons à prendre le contrôle et à obtenir de la validation. La véritable sagesse vient de l'humilité : parler moins, écouter davantage et permettre aux autres de s'exprimer.

14/04/2026

" Une tombe, ce n'est rien qu'un coffre vide. Celui que j'aime tient tout entier dans mon souvenir, dans un mouchoir encore parfumé que je déplie, dans une intonation que je me rappelle soudain et que j'écoute un long instant, la tête penchée... Il est dans un court billet tendre dont l'écriture pâlira, dans un livre usé que flattèrent ses yeux, et sa forme est assise à jamais, pour moi, — mais pour moi seule — sur ce banc d'où il regardait, pensif, bleuir dans le crépuscule la Montagne aux Cailles..."

Colette,
La retraite sentimentale

14/04/2026

Simone de Beauvoir nous quittait il y a 40 ans, mais son héritage continue de traverser les générations avec une actualité saisissante. ⁠

Figure majeure de la pensée du XXe siècle et autrice du "Deuxième Sexe", elle a profondément marqué les luttes pour l’émancipation des femmes, non seulement par ses écrits, mais aussi par ses prises de position et son engagement.⁠

Cette citation sur la fragilité des droit des femmes, souvent reprise comme un avertissement, n’est pourtant pas issue de ses ouvrages. Elle trouverait son origine dans un échange rapporté dans les années 1970 par la militante Claudine Monteil, alors proche de Beauvoir. À cette époque, en plein élan du mouvement féministe et dans le contexte des combats pour la légalisation de l’avortement, certaines militantes pensent avoir remporté une victoire décisive. Mais Beauvoir tempère cet enthousiasme : pour elle, aucun droit n’est définitivement acquis.⁠

Cette lucidité s’enracine dans une histoire qu’elle a elle-même traversée. Marquée par les crises du XXe siècle, notamment la Seconde Guerre mondiale, elle a vu combien les périodes de tensions politiques, économiques ou idéologiques pouvaient remettre en cause les libertés fondamentales, et en premier lieu celles des femmes.⁠

🎧️ Retour sur la vie et l'œuvre de Simone de Beauvoir dans notre "Grande Traversée" à (

14/04/2026

EMMANUEL KANT ET L’ÉDUCATION

INTRODUCTION

Chers amis, éduquer un enfant, ce n’est pas seulement lui apprendre à lire, écrire ou compter. C’est surtout savoir pourquoi et comment on l’éduque. Aujourd’hui encore, on débat : faut-il une éducation stricte ou libre ? Quel est le rôle de l’État, des parents, de la société ? Eh bien, sachez que ces questions, Emmanuel Kant — ce philosophe allemand à la perruque bien poudrée — les posait déjà au XVIIIe siècle !

Penseur de la rigueur morale et de la raison universelle, Kant voyait dans l’éducation le levier du progrès humain. Pour lui, l’homme ne naît pas homme, il le devient par l’éducation. Oui, vous avez bien lu : selon Kant, nous naissons avec un potentiel, mais ce potentiel doit être travaillé, façonné, cultivé. Alors, une question s’impose :
Quelle éducation faut-il donner pour permettre à l’homme d’accomplir son humanité ?

Nous verrons d’abord que Kant conçoit l’éducation comme un chemin en quatre étapes — discipline, culture, civilité, moralité —, puis nous explorerons son idéal éducatif, avant de confronter ses idées aux réalités éducatives africaines et occidentales.

I. L’ÉDUCATION SELON KANT : UN PARCOURS EN QUATRE TEMPS

1. La discipline : Apprendre à ne pas être un petit sauvage

À la naissance, l’enfant est une créature de pulsions : il crie, tape, exige. Un anarchiste miniature ! Pour Kant, la première mission de l’éducation est donc de discipliner, c’est-à-dire d’apprendre à l’enfant à maîtriser ses instincts.
« L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce que l’éducation fait de lui. »

— Réflexions sur l’éducation

Dans de nombreuses cultures africaines, les rites d’initiation servent précisément à cela : enseigner la maîtrise de soi et le respect des règles du groupe. En Occident, cela passe souvent par des consignes précises dès le plus jeune âge : « Dis bonjour à la dame », « Ne mets pas tes doigts dans la prise ».

Conclusion partielle : Il ne s’agit pas de soumettre l’enfant, mais de l’aider à ne pas devenir esclave de ses pulsions.

2. La culture : Éveiller l’intelligence

Une fois la discipline acquise, il faut éveiller l’esprit. Pour Kant, la culture permet à l’homme de s’élever au-dessus de ses besoins primitifs, de réfléchir, de comprendre, de créer.

Un professeur dit un jour : « On n’apprend pas pour l’école, mais pour la vie. » Kant aurait signé des deux mains. En Afrique, la transmission des savoirs passe par l’oralité, les contes, les proverbes. En Occident, on privilégie l’écrit, les livres, les examens. Mais le but est le même : développer l’intelligence humaine.

Conclusion partielle : L’éducation ne doit pas se réduire à la mémorisation : elle doit éveiller la curiosité et l’esprit critique.

3. La civilité : Apprendre à vivre ensemble

Kant insiste : on ne s’éduque pas pour soi seul. Il faut apprendre à coexister, à respecter les lois et les autres. Un enfant cultivé mais sans civilité ? C’est un savant fou. Un civilisé sans morale ? Un politicien corrompu… (Oups !).

Dans les sociétés africaines, le palabre est une école de civilité : on apprend à écouter, argumenter, construire le consensus. En Occident, l’éducation civique enseigne le respect des droits, des institutions, des libertés.

Conclusion partielle : L’éducation, chez Kant, vise à former des êtres sociaux responsables, capables de vivre ensemble.

4. La moralité : Devenir un être libre et responsable

Voici le sommet de l’éducation selon Kant : la morale. Il ne suffit pas d’être discipliné, cultivé et civilisé. Il faut encore savoir choisir librement le bien. C’est là que la célèbre maxime kantienne entre en scène : « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle. »

— Fondements de la métaphysique des mœurs

En d’autres termes : si tout le monde faisait comme toi, est-ce que ce serait bon pour l’humanité ? Dans la culture africaine, cette idée se retrouve dans le proverbe bantou :
« Il faut tout un village pour éduquer un enfant. »
Kant aurait adoré.

Conclusion partielle : La finalité de l’éducation, c’est la liberté morale : comprendre les règles, mais surtout comprendre pourquoi elles existent.

II. KANT ET L’ÉDUCATION POUR LA LIBERTÉ : UN MODÈLE POUR AUJOURD’HUI ?

Kant veut former des êtres autonomes. Mais attention : pour lui, la liberté, ce n’est pas faire ce qu’on veut, c’est obéir à la raison. Une liberté intérieure, exigeante.

Regardons nos écoles aujourd’hui :

En Afrique, l’éducation repose encore souvent sur une autorité forte, parfois au détriment de l’esprit critique.

En Occident, on valorise l’autonomie, mais certains dénoncent une école qui formate les esprits plus qu’elle ne les libère.

Conclusion partielle : L’idéal kantien est difficile à atteindre, mais reste un repère précieux.

III. KANT, L’ÉDUCATION EN AFRIQUE ET EN OCCIDENT : DES DÉFIS COMMUNS

Si Kant débarquait dans une salle de classe aujourd’hui, il poserait sans doute ces questions :

L’école forme-t-elle des esprits critiques ou des exécutants ?

Éduque-t-on à penser ou à réciter ?

Intègre-t-on les valeurs locales dans une éducation à visée universelle ?

En Afrique comme en Occident, le vrai défi est le même : éduquer pour émanciper, pas pour conditionner.

CONCLUSION GÉNÉRALE

Faire de Kant notre ministre de l’éducation internationale ? Pourquoi pas ! Il nous rappellerait que l’éducation n’est pas une accumulation de savoirs, mais un chemin de formation intégrale : discipline, culture, civilité, moralité. Il nous rappellerait que l’objectif n’est pas de produire des exécutants, mais de former des êtres libres, raisonnables et responsables. Et nous, aujourd’hui, que voulons-nous ? Des individus dociles ou des citoyens éclairés ? Une école de transmission ou une école de réflexion ?L’éducation sera-t-elle le lieu de l’émancipation humaine, ou un simple instrument de conformité sociale ?

À méditer.

14/04/2026

Léopold Sédar Senghor est un poète, écrivain et homme politique franco-sénégalais.

Il fait ses études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d'enseignement secondaire de Dakar, puis, à Paris, au lycée Louis-le-Grand et à la Sorbonne. Il est reçu à l'agrégation de grammaire en 1935.

Tout en enseignant les lettres et la grammaire au lycée Descartes à Tours (1935-1938), il suit les cours de linguistique négro-africaine de Lilias Homburger à l'École pratique des hautes études et ceux de Paul Rivet, de Marcel Mauss et de Marcel Cohen à l'Institut d'ethnologie de Paris.

Nommé professeur au lycée Marcellin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1938, il est mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. Réformé pour maladie en janvier 1942, il participe à la Résistance dans le Front national universitaire. De 1944 jusqu'à l'indépendance du Sénégal, il occupe la chaire de langues et civilisation négro-africaines à l'École nationale de la France d'outre-mer.

L'année 1945 marque le début de sa carrière politique. Élu député du Sénégal, il est, par la suite, constamment réélu (1946, 1951, 1956). Membre de l'assemblée consultative du Conseil de l'Europe, il est, en outre, plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l'UNESCO et à l'assemblée générale de l'ONU. Secrétaire d'État à la présidence du Conseil (cabinet Edgar Faure : 23 février 1955 - 24 janvier 1956), il devient maire de Thiès au Sénégal, en novembre 1956.

Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. Ses activités culturelles sont constantes : en 1966, se tient, à Dakar, le 1er Festival mondial des arts nègres. Réélu Président de la République en 1963, 1968, 1973, 1978, il se démet de ses fonctions le 31 décembre 1980.

Léopold Sédar Senghor est, notamment, médaille d'or de la langue française ; grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ; médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965) ; grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ; prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ; grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ; prix Guillaume Apollinaire (1974) ; prince en poésie (1977).

14/04/2026

Ahmadou Kourouma et LES SOLEILS DES INDÉPENDANCES.
ANALYSE STYLISTIQUE (2/2)

2. Le style narratif.
La focalisation privilégiée et le sens du titre choisi peuvent servir à étudier le style narratif employé par ce romancier rarement égalé. On ne manquera pas de parler du contorsionnisme auquel s'adonne l'artiste pour conduire ou éconduire les éléments constitutifs du schéma narratif de l'œuvre.

A. La focalisation.
C'est ce qu'on peut appeler le ''point de vue''. Certains romanciers préfèrent la focalisation externe, c'est-à-dire lorsque le narrateur est extérieur aux événements qu'il raconte ; d'autres laissent parler un narrateur omniscient puisqu'il est censé connaître le passé, le présent et même l'avenir de l'histoire racontée : il s'agit de la focalisation zéro. D'autres encore - et c'est le cas de Kourouma dans Les Soleils des indépendances - jettent leur dévolu sur la focalisation interne, à la première ou à la troisième personne : là, les personnages au cœur de l'histoire se laissent aller à des élucubrations dont ils sont au centre, en tant que témoins oculaires ou acteurs principaux. Fama est le plus en vue, mais on n'oublie ni Salimata, ni Balla, ni les policiers en faction à la frontière, ni les habitants de Togobala en général. C'est le cas quand Fama s'éloigne sans civilités des funérailles de Koné Ibrahima et même quand, au beau milieu de la mosquée, presque tout haut, il se surprend à penser à Salimata ''à la senteur de goyave verte'', désespérément stérile, en dépit des gris-gris et des incantations dont elle accompagne les étreintes conjugales. Le même cas est arrivé à cette femme lorsqu'elle se remémore certains épisodes douloureux de sa vie et même quand elle se rend au marché pour en revenir tout en lambeaux à cause de l'agressivité des mendiants envers qui elle témoignait pourtant de la condescendance, des gestes de solidarité. Qu'est-ce qui justifie, pour Kourouma dans Les Soleils des indépendances, le choix de ce type de point de vue appelé focalisation interne ? Personnellement, je vois deux raisons fondamentales :
- la première est une tentative de planter le décor de l'univers africain où chaque membre a la parole. Celle-ci est débitée exactement selon l'état d'esprit du locuteur.
- La deuxième est à chercher dans la réécriture, la réinvention du roman traditionnel occidental trop exigeant, trop ''boutonné'' quant au respect que le romancier devrait vouer au schéma narratif romanesque. D'où la fréquence des analepses ou flash-back qui mettent sens dessus-dessous situation initiale, éléments perturbateurs, péripéties, résolution et situation finale.

B. Le sens du titre du roman.
Beaucoup se posent encore la question de savoir ce qui peut bien justifier le choix du titre... Trois interprétations sont vérifiables.
Premièrement, le soleil est le symbole de la naissance d'un nouveau jour qui supplante la nuit, longtemps considérée par les Occidentaux comme une période maléfique. On peut donc supposer que celle-ci correspond à l'époque coloniale où régnait la terreur (travaux forcés, emprisonnements, bastonnades, exécutions sommaires...) remplacée maintenant par un soi-disant moment où la vie paisible reprend ses droits dans toutes les colonies, d'où son emploi au pluriel.
Deuxièmement, l'ironie qui se dégage de la période postcoloniale renvoie également à ce soleil (cette vie heureuse) qui contraste drôlement avec l'arrivée des indépendances n'ayant apporté aux sujets des nouveaux maîtres que l'impôt à payer pour les enrichir et la carte d'identité à posséder pour les maintenir au pouvoir à chaque nouvelle élection.
Troisièmement enfin, le choix du titre du roman est à mettre en rapport avec l'engagement stylistique de son auteur qui flanque ainsi un soufflet à la langue française. Nombreux étaient les écrivains négro-africains qui éprouvaient cette gêne puisque ni la langue latine et grecque au départ, ni la religion chrétienne imposée, ni la littérature du Blanc plus particulièrement écrite écrite, n'étaient aptes à transcrire le vécu quotidien de l'homme noir dont le parler plurilingue, la religion animiste au départ et la littérature essentiellement orale au début, ne s'y prêtaient. C'était comme vouloir habiller un paysan d'une chemise trop étroite et lui faire chausser des souliers dont la pointure ne sied qu'à de petits pieds (lisez ''Solde'' de Léon Gontran Damas - Pigments, ou encore ''Le Renégat de David Diop - Coups de pilon) ; de haut en bas, celui-ci risque d'être si mal fagoté qu'il passerait pour ridicule, à l'image d'un clown.
Kourouma, lui, a trouvé la solution ! Il dit lui-même : « Les Soleils des indépendances ont été pensés en malinké et traduits en français [...] j'ai planté une case africaine dans la maison de Molière ». Comparaison aussi incongrue que la tente du président Khaddafi (j'admirerai toujours ce panafricain longtemps incompris !) plantée au beau milieu du jardin du palais de l'Élysée à Paris ! Kourouma poursuit ainsi : « puisque nous, Africains, nous étions francophones, il nous faut faire notre demeure dans le sol français [...] ; nous faire une chambre où nous serons chez nous dans la grande maison qu'est la langue de Molière ».
C'est donc au sein de la langue française que Kourouma écrit. Par exemple, au lieu d'écrire ”asseois-toi”, il préfère ”assois tes fesses”, c'est-à-dire exactement ce qu'on dit en Afrique en toute familiarité. Mdr ! Contrairement aux idées reçues de certains qui pensent que Kourouma ne sait pas écrire, je leur réponds que c'est parce qu'il sait écrire, c'est parce qu'il maîtrise la langue française, qu'il s'est montré capable de s'en moquer si savamment et si éperdument. Un nouveau style, un nouveau souffle, un nouveau soleil, une grosse bouffée d'oxygène venait de gonfler les yeux et les poumons de la génération de Sony Labou Tansi (dans La Vie et demi) de Cheik Aliou Ndao (dans Mbaam dictateur), en passant par Ousmane Sembène (dans Xala) ou encore Alain Mabanckou (dans Verres cassés)... : la ''négriture'', pour ainsi dire, était née !

Conclusion.
Pour tout dire, Ahmadou Kourouma a emboîté le pas à d'illustres écrivains et ouvert la voie à d'autres encore. Mais jusqu'à présent, après René Maran dans Batouala, après Aimé Césaire dans Cahier d'un Retour au pays natal, rarement le français n'a été aussi libre et "circoncis", si décomplexé et tellement intrépide de la tête au pied ! La dynamique du thème du désenchantement circule dans les veines de tous les personnages, sillonne les moindres recoins des arcanes empruntés par eux que, finalement, comme le livre qui commence par une mort (celle de Koné Ibrahima), ponctuée par une autre (celle de Lacina), s'achève avec ce même son de cloche (celle de Fama Doumbouya). C'est à croire que les indépendances sont comme un fruit véreux, un gâteau empoisonné, un cercle vicieux, un piège sans fin.

Issa Laye Diaw
Donneur universel
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14/04/2026

« Tout ce que l’homme ignore n’existe pas pour lui. Donc, l’univers de chacun se résume à la taille de ses connaissances. » --- Ludwig Wittgenstein

Cette réflexion souligne une réalité aussi simple que troublante : notre perception du monde est limitée par ce que nous savons. Ce que nous ne comprenons pas, nous avons tendance à l’ignorer, à le rejeter, ou même à nier son existence. Ainsi, chacun évolue dans un univers qui n’est pas le monde tel qu’il est, mais une version réduite, façonnée par ses propres connaissances, ses expériences et ses croyances.

Wittgenstein nous pousse à prendre conscience de cette frontière invisible. Deux personnes peuvent vivre dans le même monde, mais ne pas voir du tout la même réalité. Là où l’un perçoit des opportunités, l’autre voit des limites. Là où l’un comprend, l’autre doute ou rejette. Ce n’est pas toujours une question d’intelligence, mais souvent une question d’exposition et d’ouverture.

Cette idée invite à l’humilité. Elle nous rappelle que ce que nous pensons être “la vérité” n’est peut-être qu’une partie du tableau. Plus nous apprenons, plus notre univers s’agrandit. Et inversement, refuser d’apprendre, c’est rester enfermé dans un monde étroit, où tout ce qui dépasse semble étrange ou impossible.

Au fond, élargir ses connaissances, ce n’est pas seulement accumuler du savoir, c’est agrandir son monde.

14/04/2026

📜 PARMÉNIDE — La vérité immobile
Parménide
Et si tout ce que tu crois changer…
n’était qu’une illusion ?
👉 Qui est-il ?
Parménide est un philosophe grec du Ve siècle avant Jésus-Christ.
Originaire d’Élée, il est l’un des penseurs les plus profonds de l’Antiquité.
👉 Sa pensée (doctrine)
Contrairement à Héraclite qui affirme que tout change,
Parménide soutient une idée radicale :
👉 “L’être est… et le non-être n’est pas.”
💡 Pour lui :
le vrai être est immobile
le changement est une illusion des sens
👉 Ce que tu vois évoluer n’est pas la vraie réalité.
👉 Ses œuvres
📘 “De la nature”
👉 un poème philosophique qui explique la vérité et l’illusion.
👉 Pourquoi il est important ?
Parce qu’il introduit une idée forte :
👉 la vérité ne dépend pas des sens, mais de la raison
👉 Leçon à retenir :
Tout ce que tu vois n’est pas forcément réel.
👉 Question :
Fais-tu confiance à ce que tu vois… ou à ce que tu comprends ? 🔥

14/04/2026

📜 HÉRACLITE — Le philosophe du changement
Héraclite
Rien ne dure…
Tout s’écoule…
Et toi, tu changes sans même t’en rendre compte.
👉 Qui est-il ?
Héraclite est un philosophe grec du VIe siècle avant Jésus-Christ.
Surnommé “le philosophe obscur”, il parlait en phrases profondes, parfois difficiles à comprendre.
👉 Sa pensée (doctrine)
Pour lui, la réalité est en mouvement constant.
💡 Sa célèbre idée :
👉 “On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve.”
✔️ Pourquoi ?
Parce que l’eau change… et toi aussi.
👉 Il pense aussi que le feu est le principe fondamental, symbole du changement.
👉 Ses œuvres
📘 “Sur la nature” (comme plusieurs penseurs de son époque)
👉 aujourd’hui perdu, mais conservé sous forme de fragments.
👉 Pourquoi il est important ?
Parce qu’il nous apprend que :
👉 le changement est la seule chose stable
👉 résister au changement, c’est souffrir
👉 Leçon à retenir :
Accepte de changer… c’est la loi de la vie.
👉 Question :
Es-tu prêt à évoluer… ou restes-tu accroché à ce qui disparaît ? 🔥

14/04/2026

« Ils disent de moi que je suis étrange, mais je les trouve surtout très normaux. » - Jean Cocteau

Inclassable et touche-à-tout, Jean Cocteau a traversé le XXe siècle entre poésie, cinéma et arts visuels.
En 1930, il réalise Le Sang d’un poète, œuvre emblématique de son univers onirique.
Son regard singulier sur le monde continue d’inspirer par sa liberté et son audace.

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