13/09/2025
Extrait :
Patrick a vingt ans, il a doublé deux fois en secondaire (problèmes relationnels avec sa
famille, décrochage, estime de lui nullissime) mais il s'apprête à finir sa rhéto. Se pose alors la question de l’orientation.
Il veut faire des études universitaires, c’est tout ce qu’il sait. Il a entendu toute sa vie que c’était la clé de la réussite sociale et financière. Il habite Charleroi, donc l’université, c’est partir et surtout partir de zéro. Emballé par cette nouvelle chance, il veut choisir des études sérieuses, de « vraies » études, du moins aux yeux de ses parents à qui il voulait montrer
qu’il pouvait le faire, quoi qu’ils en disent. En plus, en optant pour des études difficiles, s’il rate, tout le monde s’y attend mais, s’il réussit, c’est une grande victoire. Il n’a donc rien à perdre.
Parmi les différentes études qu’il a envisagées, il en a retenu trois. À quelques semaines de la date butoir, il hésite encore : la psychologie, les sciences politiques ou le droit.
Il envisage la psychologie, parce que l’humain l'intéresse mais trouve que ces études ont moins de poids que les deux autres. Et il craint que l’on détecte ce qui cloche chez lui, sans savoir si c’est une bonne ou une mauvaise chose.
Il se projette dans les sciences politiques et les relations internationales, parce qu’il n’y
connaît rien et que cela sonne bien. Mais bon, il n’a jamais voyagé et son point faible a toujours été la géographie.
Restent les études de droit. Du sérieux, de la difficulté et surtout, pas de connaissance
préalable requise. Il ne sera donc pas pénalisé par ses erreurs durant l’adolescence. Il pense au droit parce qu'une personne de sa famille est avocate. Il ne sait pas grand-chose de sa vie
mais il se souvient d’une discussion animée dans laquelle elle défendait la carrière d’avocat avec ferveur et conviction. Patrick voit cette profession comme socialement respectée, humaine et utile pour l'état de droit.
En plus, on lui a dit que « le droit mène à tout ». Il n’a pas l’impression de s’enfermer dans ce choix, ni de renoncer à grand-chose. C’est ce qu’il croit. Il renonce à la psychologie mais le droit comme la psychologie permettent tous deux de basculer, après le premier degré, vers la
criminologie. Dans deux ans, il pourrait se retrouver au même point que s’il avait entamé des études de psychologie.
De fil en aiguille, Patrick se retrouve fonctionnaire dans une administration fédérale. Il travaille à la Justice, gage de sérieux et bastion de la démocratie. Et la fonction publique est garante de sécurité financière. Il passe de fonction en fonction. Il apprend un nouveau domaine, vite et bien, et change toutes les quelques années.
Un jour, il se réveille et se rend compte que son travail commence à manquer de sens et que les valeurs importantes pour lui ne sont pas toujours respectées, loin de là.
Il réalise que bon nombre de fonctionnaires n’y croient plus non plus. Il les entend converser.
« Comment ça va ? Comme un lundi ». Dès le lundi, ils attendent le vendredi. Le vendredi, ils
aspirent au week-end. Ils trouvent toujours le week-end trop court et c’est reparti pour cinq jours. Et ne parlons pas des lundis pluvieux. Ils attendent également leurs vacances qui passent trop vite et sont trop rares. Ils décomptent les jours avant leur pension. Et il entend de plus en plus d’histoires de fonctionnaires qui décèdent quelques mois après la pension,
voire avant, des projets plein la tête. Bien sûr, ils ne sont pas tous dans cet état, certains croient toujours être utiles et ont le feu sacré pendant toute leur carrière. Patrick, en tout cas, lui, n’y croit plus. Et il décide de changer de vie, enfin d’oser faire ce changement dont il rêve depuis des années.
Je m’appelle Patrick Gros et je suis mentor HP , coach et formateur. Et si je gagnais à la loterie demain, je serais mentor HP , coach et formateur.
Mes journées sont remplies de rencontres humaines au travers desquelles j’apprends
énormément et je me sens utile. J’aide des personnes à atteindre leurs objectifs, qui
répondent à des besoins primordiaux : épanouissement personnel, acceptation de soi, reconnaissance… Je ne compte pas mes heures et travaille le soir et le week-end parce que, honnêtement, pour moi, ce n'est pas du travail. J’aime et je suis bon dans ce que je fais. Et c’est utile.
Je suis HP et j’ai eu d’importantes difficultés jusqu’à ce que je me voie différemment et comprenne que je pouvais agir sur des choses que je pensais immuables puisque « j’étais comme ça ».
Je comprends les problèmes rencontrés par les HP parce que j’ai affronté les mêmes et ai trouvé des solutions.
Ma mission de vie est d’aider tous ceux qui le souhaitent, HP ou non, à dégager les leurs.
J’écris des livres dans lesquels je tente de transmettre des informations qui m’auraient été bien utiles il y a quelques années et qui peuvent véritablement faire la différence. En
rédigeant ces lignes, je n’ai pas la prétention de détenir un quelconque savoir scientifique, je propose une grille de lecture différente de situations dont on n’a pas l’habitude de parler ou qui sont mal interprétées.
Cette grille de lecture est forcément réductrice par rapport à la complexité du
fonctionnement humain en général, et cérébral en particulier. Elle ne se veut ni parfaite ni exhaustive. Elle n’a finalement qu’une seule vocation : mieux se comprendre et mieux
comprendre l’autre pour être mieux avec soi et avec les autres. Dans le cadre de ma pratique,
tous les jours, je vois que cela fonctionne avec tout le monde, indépendamment des
étiquettes. Et l’adolescence est un moment propice pour acquérir des clés permettant de vivre la vie que l’on souhaite.
Et une vie, on n’en a qu’une et elle peut être belle si on se focalise sur ce qui compte.
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