29/05/2026
Soutien total à nos collègues du plein exercice.
Et il n'y a pas que les parents et les grands-parents qui doivent se sentir concernés. Les enfants d'aujourd'hui sont les citoyens de demain.
Il faut faire des économies, mais est-ce vraiment le futur qu'on veut mettre au rabais ? ...
Carte blanche publiée dans Le Soir - 21/05/26
Lettre aux parents et grands-parents d’élèves : « Voici pourquoi les enseignants se mobilisent »
Chers parents et futurs parents, chers grands-parents,
Vous êtes inquiets de l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants dans l’enseignement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Vous avez raison de l’être : les réformes qui seront, entre autres, votées le 27 mai par la majorité MR et Engagés (Mme Glatigny et Mme Degryse) auront des conséquences désastreuses sur les enfants depuis la maternelle jusqu’aux études supérieures.
Depuis le 18 mai, des milliers d’enseignants ont décidé de mener des actions de protestation et de faire grève. Ce n’est pas de gaieté de cœur. Nous serions les premiers à vouloir accueillir vos enfants et à leur donner cours dans de bonnes conditions. Mais le gouvernement MR-Engagés ne nous a pas laissé le choix. Depuis un an et demi, nous avons tenté toutes les actions de sensibilisation : lettres, protestations, manifestations un dimanche, journées uniques de grève,... Rien ne les a fait bouger.
Face au mur, à l’aveuglement, à des décisions idéologiques et surtout face à l’impact qu’elles vont avoir très concrètement sur les enfants, nous avons décidé d’agir. Bien sûr, nous agissons pour notre profession et nos collègues, parce qu’avec des enseignants en mal-être, sous-formés et maltraités, ce sera toute la qualité de l’enseignement qui en sera afectée. Mais nous agissons en premier lieu pour que vos enfants ne soient pas les premières victimes des décisions du gouvernement.
Les médias ont mis en avant les raisons professionnelles de nos mobilisations (des heures de travail supplémentaires non payées qu’on nous demande de prester, des pensions attaquées, nos statuts détricotés). Et il est normal que des travailleurs veuillent se sentir respectés. Mais les mesures qui nous inquiètent le plus, ce sont celles qui vont toucher au cœur de l’idée que nous nous faisons de notre profession, celles qui ciblent les enfants et les élèves :
- Quelle sera la qualité du matériel que nous pourrons distribuer aux enfants du maternel et du fondamental alors que ce budget va diminuer de moitié ?
- Dans quels locaux, pourrons-nous accueillir vos enfants dans les années à venir alors que les travaux de rénovation planifiés doivent être annulés à cause de subventions gelées ?
- Qui donnera cours à vos enfants dans les années à venir ? Environ 1500 enseignants perdront leur place alors que la pénurie fait déjà rage et que les filières pédagogiques se vident à vue d’oeil ;
- 55 300 enfants - les enfants qui fréquentent les écoles les plus défavorisées de la Fédération Wallonie-Bruxelles - n’auront plus de repas chauds à midi et devront suivre les leçons le ventre vide : on nous laissera avec 0,43€ de subside par repas. Impossible de nourrir sainement et décemment un enfant ;
- Le tronc commun qui assure la continuité des apprentissages de la 1ère primaire jusqu’à la 3ème secondaire est détricoté dans l’urgence, jetant à la poubelle 10 ans de travail et préparation et c’est la qualité des cours qui en pâtira ;
- Dans l’enseignement secondaire en encadrement diférencié (les 25% des écoles qui accueillent les élèves les plus défavorisés), les moyens complémentaires pour soutenir les élèves seront réduits de moitié ;
- Le coût des études supérieures augmentera à 1194 euros pour 60% des étudiants et pour d’autres étudiants, le coût du minerval en Hautes Ecoles va septupler.
Le gouvernement MR et Engagés en Fédération Wallonie-Bruxelles nous dit: “on n’a pas le choix, il n’y a pas d’argent” mais nous constatons de leur part des choix purement idéologiques extrêmement coûteux.
Ce que nous constatons, c’est que les Ministres Degryse et Glatigny augmentent le salaire des top-managers, augmentent le salaire des directions, détricotent le tronc commun ce qui devrait coûter 60 millions € par an, rehaussent des seuils d’exigence ce qui coûtera aux alentours de 100 millions €, assument un surcoût potentiel de 500 millions avec la fin de la nomination, etc.
Ce que nous constatons aussi c’est qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles ce sont les épaules les plus défavorisées qui passent à la caisse : 1 € sur 5 des économies décidées viennent du définancement de dispositifs de soutien dirigés spécifiquement vers les élèves des familles les plus précarisées.
Ce que nous constatons, c’est qu’il est actuellement impossible pour les directions d’organiser la rentrée qui a lieu dans quelques mois ! L’an passé, la Ministre Glatigny a désorganisé et mis à mal toutes les 7èmes de l’enseignement qualifiant.
C’était un avant-goût : cette année, elle s’attaque à l’enseignement primaire et à tout l’enseignement secondaire. Si nous la laissons faire, la rentrée d’août sera chaotique.
L’école n’est pas seulement un lieu de transmission des savoirs, c’est aussi un lieu de vie où nos enfants passent l’essentiel de leur temps. Pourtant, rien n’est mis en place pour lutter contre le décrochage scolaire, contre le mal-être des élèves ou le redoublement.
Le gouvernement MR-Engagés prend donc nos enfants en otage. Ce n’est pas à eux de payer la facture. L’enseignement n’est pas un coût, c’est d’abord un investissement pour l’avenir.
Nous qui sommes dans les classes, au plus près de vos enfants, nous voulons les protéger. Dès aujourd’hui, nous vous invitons à sensibiliser les parents de votre entourage, à soutenir les équipes éducatives et à prêter main forte au mouvement citoyen Mars Attacks (https:/marsattacks.be/).
Mobilisons-nous ensemble pour un enseignement qui place le bien-être et la formation de notre jeunesse comme des priorités qui ne se négocient pas.
Mobilisons-nous ensemble pour un enseignement au service de l’épanouissement de nos enfants !
Le Collectif Mars Attacks
https://www.lesoir.be/748133/article/2026-05-21/lettre-aux-parents-et-grands-parents-deleves-voici-pourquoi-les-enseignants-se