04/06/2026
Un jour noir pour la démocratie
Comme vous l’avez certainement suivi via les canaux d’information, ce jeudi 4 juin à 14 h, le gouvernement MR–Engagés a décidé de voter le décret‑programme 2, outrepassant la réglementation même du fonctionnement du Parlement de la Fédération Wallonie‑Bruxelles.
Nous sommes tous conscients que des économies, ou à tout le moins une rationalisation des moyens, peuvent être nécessaires et personne n’y est fondamentalement opposé. Néanmoins, le décret et son train de mesures, tels qu’ils sont proposés au vote, pénaliseront l’ensemble des acteurs de l’école — élèves, étudiants, parents, enseignants et directions. Il y a un réel danger, à terme, de créer une école à deux vitesses, l’enseignement public et l’enseignement privé, avec pour conséquence une scission de la société, matérialisée par la perte d’un socle de valeurs communes.
Quoi qu’en dise le monde politique, ces mesures ont été décidées sans la moindre concertation avec les acteurs de l’enseignement. Elles témoignent d’une méconnaissance, d’un manque de respect et d’un mépris profond pour notre métier, alors même que l’enseignement devrait être une priorité dans notre société, qui se déshumanise chaque jour davantage.
Ces constats, déjà insupportables, sont aggravés par une violation flagrante des principes démocratiques.
Chaque jour, nos enseignants apprennent à leurs élèves l’esprit critique, l’importance du dialogue, de la concertation et de l’écoute mutuelle. Il s’agit là d’un fondement essentiel de notre mission : faire de nos élèves des « citoyens responsables ». C’est pourtant l’inverse que nous vivons aujourd’hui, et un bien piètre exemple donné à la jeunesse par nos responsables politiques.
Depuis longtemps, nous désapprouvons la teneur de ces réformes et leurs conséquences pour nos élèves, pour vos enfants.
Depuis longtemps, nous exprimons notre désarroi face à l’urgence, la désorganisation et l’amateurisme qui régissent nos conditions de travail.
Mais aujourd’hui, nous nous interrogeons aussi sur l’avenir même de la démocratie qui est la nôtre. Être élu suffit‑il à s’octroyer tous les droits ? Est‑ce la société dans laquelle nous voulons voir nos enfants grandir ? Sont‑ce les valeurs que nous souhaitons transmettre à nos élèves ?
Nous croyons — naïvement peut‑être — qu’il existe d’autres solutions, qu’un réel dialogue est possible et que nous sommes en devoir de faire mieux pour notre jeunesse.
Encore faut‑il le vouloir.
Nous étions prêts à nous asseoir et à réfléchir, mais l’autre côté de la table est resté désespérément silencieux.
Le Pouvoir Organisateur, la Direction et l’équipe pédagogique de l’Institut Saint‑Charles