28/08/2026
Bonjour à tous,
Le week-end dernier, je suis retournée dans ma forêt gaumaise natale pour me ressourcer.
J’ai pleuré.
J’ai pleuré de voir que là aussi la sécheresse avait fait de nombreux dégâts,
que même la fraîcheur de la forêt n’avait pas suffit à éviter des drames,
que la Semois dans laquelle je courais pieds nus était totalement sèche par endroit,
que les chênes centenaires qui ont bercés mon enfance avaient les feuilles complètement grillées.
Je pensais en me réfugiant dans les bois de mon enfance pouvoir me changer les idées et ne plus penser au silence assourdissant du jardin alors que normalement en cette période les guêpes se régalent par centaines sur les prunes trop mûres tombées au sol.
Cette année pas de guêpes. À peine 1 ou l’autre et quelques mouches.
Dans la forêt il régnait presque le même silence.
Seul le bruit de nos pas dans les feuilles mortes trop tôt se faisaient entendre.
J’ai pleuré, choquée de voir ma forêt si meurtrie.
En ce moment, je suis également en colère.
Comme beaucoup d’entre vous.
Je ne suis pas en colère de voir toutes ces catastrophes climatiques annoncées depuis plus de cinquante ans, je suis en colère de voir que nos élites continuent à foncer dans le mur et ont même visiblement décider d’appuyer à fond sur l’accélérateur !
Ces sentiments sont normaux… Je fais le deuil du monde tel que je l’ai connu depuis mon enfance.
Le bain de forêt était nécessaire pour avancer dans ce deuil.
Et puis j’ai vu un chevreuil sortir des fourrés,
j’ai remarqué de jeunes pousses d’arbres bien verts,
j’ai entendu le chants des oiseaux,
j’ai vu la Nature,
meurtrie certes, mais toujours bien vivante !
Dans les étapes d’un deuil, il y a aussi l’acceptation et la reconstruction.
Nos paysages se meurent sous nos yeux.
Les chênes centenaires déclinent, mais dans la litière de feuilles mortes se dressent encore de jeunes arbres qui grandissent en apprenant à vivre avec de nouvelles conditions.
Ils grandissent avec le soutient de leurs aînés. Le vieux chêne qui a grillé n’est pas mort. Il souffre, il s’affaiblit, mais il a encore du savoir à partager avec les plus jeunes via ces liens extraordinaires qui les unissent sous terre.
Le vieux chêne mourant a déjà connu la sécheresse et enseigne son précieux savoir aux générations suivantes tout en leur apportant, tant qu’il le peut, de l’ombre pour laisser les jeunes s’adapter.
Il ne reverdira peut-être plus l’année prochaine mais il restera Vivant.
Vivant par la mémoire qu’il aura transmise et vivant car des pointes des ses racines à celles de ses branches tout son être va servir à d’autres pour se nourrir, se cacher, se loger, ...
Le monde que l’on connaît s’effondre, qu’on le veille ou non, à nous de choisir si on s’y accroche en restant dans le déni ou si on choisi d’en construire un nouveau en prenant la Nature comme professeur.
j'ai choisi, et vous ?