31/10/2023
Ce genre de proposition montre bien les méconnaissances qui persistent autour de l'écriture inclusive : il ne s'agit pas seulement de point médian et de 'iel', mais d'un "ensemble d'attentions et de tournures qui visent à mieux représenter les femmes et minorités de genre dans la langue".
Il est tout à fait possible de faire de l'écriture inclusive sans néologisme ni point médian ; il est par contre hypocrite de prétendre défendre -et parler à la place- des personnes dys quand rien n'est fait par ailleurs depuis des décennies pour simplifier l'orthographe complexe du français.
Prétendre interdire des évolutions linguistiques qui s'entendent et se lisent au quotidien est aussi inutile que vaniteux : à l'heure d'internet où chacun·e peut produire ses contenus écrits, l'écriture inclusive continuera de se développer, comme on le voit dans les médias, la pub et les productions artistiques toujours plus nombreuses qui participent activement et créativement à l'évolution de la langue, plutot que d'essayer obstinément de la freiner.
Une fois de plus, certaines élites politiques françaises montrent leur conservatisme doublé d'une ignorance crasse : comme le rappelle le sénateur Yan Chantrel, "la rédaction actuelle du texte rendrait nulles toutes les pièces d’identité éditées sous l’ancien format, où figure la mention « né(e) le » pour la date de naissance."
Cela pourrait presque prêter à sourire, s'il n'y avait de sujets plus urgent dont le Sénat devrait s'emparer. Au hasard : le génocide palestinien, la crise climatique, les luttes contre les discriminations ou les violences faites aux femmes, ... A bonne entendeuresse ;)
Un large panel est visé : les modes d’emploi, les contrats de travail, les règlements intérieurs d’entreprises, mais aussi les actes juridiques, qui seraient alors considérés comme irrecevables ou nuls si la mesure venait à être appliquée.