Absolem Formations en hypnose

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Absolem Formations en hypnose Centre de formation certifiante à l'hypnose conversationnelle stratégique et intégrative (HyCSI®).

Une méthode pour désensibiliser les mémoires traumatiques et accompagner la reconstruction identitaire, destinée aux professionnel·les de l'accompagnement.

La culpabilité dit : j'ai fait quelque chose de mal. La honte dit : je suis quelque chose de mal. Ce n'est pas la même c...
15/10/2026

La culpabilité dit : j'ai fait quelque chose de mal. La honte dit : je suis quelque chose de mal. Ce n'est pas la même chose, et ça ne se traite pas de la même façon.

Un acte se reconnaît, se répare, s'expie. Pendant ce temps, le lien aux autres tient encore. La honte, elle, porte sur l'être. Serge Tisseron décrit ce moment où quelqu'un perd tout appui, coupé de lui-même autant que du groupe auquel il appartenait.

C'est pour cela que la culpabilité lui est presque toujours préférée : aussi lourde soit-elle, elle protège de quelque chose de pire. Et c'est pour cela aussi que la honte avance masquée, travestie en résignation, en confusion, ou justement en culpabilité.

Une honte qui n'est jamais nommée ne s'en va pas. Elle se transmet.

« Avant, ça ne me faisait rien. Je ne comprends pas pourquoi maintenant je pleure. »Une femme me raconte une scène de se...
13/10/2026

« Avant, ça ne me faisait rien. Je ne comprends pas pourquoi maintenant je pleure. »
Une femme me raconte une scène de ses huit ans. Elle l'a déjà racontée plusieurs fois dans sa vie, sans en pleurer. Aujourd'hui, oui. Et elle s'en excuse, comme si elle avait régressé.
Entre-temps, elle a eu une fille. Qui a maintenant huit ans.
Ce n'est pas la scène qui a changé. C'est la personne qui la lit.
Nous nous représentons la mémoire comme une archive : un film rangé quelque part, qu'on irait revoir. C'est faux depuis 1932, quand Bartlett a montré que se souvenir n'est pas consulter mais reconstruire. Chaque rappel est une construction neuve, faite avec ce qu'on est devenu.
La neurobiologie a confirmé encore plus fort. Un souvenir qu'on réactive redevient instable pendant quelques heures avant d'être remis en place. Autrement dit : un souvenir n'est jamais aussi fragile qu'au moment où l'on s'en souvient.
Ce qui donne trois choses utiles à savoir.
Si une scène vous fait moins mal qu'avant, vous ne trahissez personne. Beaucoup de gens luttent en secret contre l'apaisement, comme si laisser la douleur baisser revenait à minimiser ce qui s'est passé. L'intensité qui baisse n'efface aucun fait.
Si elle vous fait plus mal qu'avant, vous ne reculez pas. Souvent c'est l'inverse : vous êtes enfin capable de la regarder en face, et vous en payez le prix d'entrée. Un enfant enregistre parfois une expérience sans nom, faute de mots pour la comprendre. Le jour où le mot arrive, il vient se poser rétroactivement sur la scène. Elle n'a pas changé. Elle a désormais un poids.
Et méfiez-vous des procès de famille sur « la vraie version ». Deux frères et sœurs peuvent raconter la même scène de façon incompatible, être tous les deux honnêtes, et n'avoir menti ni l'un ni l'autre. Ils n'avaient ni le même âge, ni la même place. La question « lequel dit la vérité » est mal posée, et elle a détruit beaucoup de fratries.
Une dernière chose que je trouve importante. On sait aujourd'hui que chez les personnes en état dépressif, même léger, ce phénomène d'apaisement naturel ne fonctionne plus. Alors si quelqu'un vous dit, avec honte, que dix ans après ça fait toujours exactement aussi mal : il ne rate pas quelque chose moralement. Un mécanisme normal est déréglé chez lui. Ce n'est pas la même conversation.

Sandra Depasse Absolem Formations

11/10/2026

En hypnose, quand quelqu'un a besoin de regarder un souvenir difficile sans être dedans, je propose de la distance. Et pour proposer de la distance, je propose des images.
Un nuage. Un tapis volant. Des ailes. Monter très haut et regarder la scène tout en bas, comme si c'était quelqu'un d'autre.
Cette patiente-là m'a dit non.
Pas de nuage. Pas de tapis volant. Rien de tout ça.
« Je veux le parapluie de Mary Poppins. »
Ce que j'ai ressenti à ce moment-là, ce n'est pas de la surprise. C'est un émerveillement, un regard d'enfant.
Parce qu'il y a énormément de choses dans ce parapluie.
Il y a son imagination, intacte. Il y a le fait qu'elle croie encore, quelque part, à la force de la magie de Mary Poppins. Il y a une référence d'enfance qu'elle est allée rechercher toute seule, parce qu'elle lui fait du bien, à elle. Et il y a surtout ceci : elle se l'est autorisé, et elle me l'a dit.
Elle aurait pu prendre mon nuage. C'était plus simple, ça m'aurait fait plaisir, et personne n'aurait rien remarqué.
Au lieu de ça, son inconscient a testé son propre chemin. Et il m'a testée, moi, au passage. Est-ce que j'allais accepter ? Est-ce qu'on avait le droit, ici, dans ce cabinet, de sortir des sentiers battus et de ne pas faire comme il faut ?
Un parapluie, en plus, c'était parfaitement juste. Ça se tient à la main. Ça se referme quand on veut. Ça redescend quand on décide. Ce n'est pas un nuage qui vous emporte : c'est un objet à soi, dont on garde la poignée.
Je ne l'aurais jamais trouvé.
Il y a une chose que je répète à chaque groupe que je forme, et que je crois vraiment : le patient ne fait jamais mal. Qu'il accepte ou qu'il refuse, qu'il y arrive ou qu'il n'y arrive pas, il ne se trompe pas. Quand quelque chose ne fonctionne pas, ce n'est pas qu'il est un mauvais patient, et ce n'est pas non plus que je suis une mauvaise thérapeute. C'est que cette danse-là n'était pas la bonne.
Parce que c'est une danse à deux. Il y a des moments où c'est moi qui conduis et où l'autre suit volontiers. Et il y a des moments où je conduis et où je marche sur le pied de ma partenaire. Alors je retire mon pied, je m'excuse, et je la laisse conduire un peu.
Le non de quelqu'un n'est jamais un échec de séance. C'est très souvent le meilleur moment de la séance, parce que c'est l'instant où la personne arrête de faire ce qu'on attend d'elle et commence à savoir ce qu'elle veut.

Sandra Depasse Absolem Formations

Le regard qui se fixe. Le teint qui s'éclaircit. La respiration qui change. La personne est toujours assise là, et elle ...
08/10/2026

Le regard qui se fixe. Le teint qui s'éclaircit. La respiration qui change. La personne est toujours assise là, et elle vient pourtant de partir quelque part.

On prend souvent la dissociation pour de l'inattention, ou pour un manque de volonté. Ce n'en est pas. C'est un mécanisme qui se déclenche seul, quand ce qui arrive dépasse ce qui peut être supporté. Il met de la distance entre soi et la scène, ou entre soi et son propre corps.

Ce n'est pas une défense, parce qu'il n'y a pas d'adversaire. C'est une protection. Quelqu'un a trouvé, un jour, comment tenir.

En séance, on ne cherche pas à ramener quelqu'un de force. On intensifie au contraire ces phénomènes protecteurs, jusqu'à ce qu'ils endorment la douleur. Et quand ce qui menaçait a pu être traité, ils cessent de se déclencher d'eux-mêmes.

« Le corps n'oublie rien. »Vous avez forcément croisé cette phrase. Elle vient d'un livre vendu à des millions d'exempla...
06/10/2026

« Le corps n'oublie rien. »

Vous avez forcément croisé cette phrase. Elle vient d'un livre vendu à des millions d'exemplaires, et elle est devenue l'évidence d'un secteur entier.

Je voudrais faire quelque chose d'un peu inconfortable avec elle : trier.
Ce qui est vrai. Le corps réagit, et c'est mesurable. Les sursauts, le sommeil, la gorge qui se ferme devant un bâtiment, la nausée à une odeur trente ans après : tout cela existe et se documente. Cette phrase a d'ailleurs réparé une injustice. Pendant des décennies, on a expliqué à des gens que leurs symptômes physiques étaient dans leur tête. Leur dire que leur corps avait enregistré quelque chose, c'était enfin les croire.

Ce qui l'est moins. Une analyse publiée en 2025 dans une revue de psychiatrie a passé au crible 122 affirmations du livre. Beaucoup s'appuient sur des données présentées de façon incomplète, sélective ou parfois erronée.
L'exemple le plus connu : l'idée que la zone du langage se met hors service pendant un flash-back, et que les thérapies par la parole seraient donc insuffisantes. Cette idée vient d'une étude ancienne, sur très peu de participants. Et surtout, elle est démentie par les faits : les traitements qui marchent le mieux contre le stress post-traumatique passent justement par la parole et par le récit.
Et voici ce qui me semble le plus important à dire.
Une bonne pratique peut reposer sur une théorie fausse. Que le mécanisme invoqué soit contesté ne rend pas fausses les observations. Que la voix et le visage de quelqu'un apaisent une personne en panique, c'est vrai et ça se voit. Simplement, l'explication qu'on en donne est parfois plus fragile qu'on ne le croit. Le mécanisme et l'effet sont deux questions différentes.

Pourquoi ça compte quand même ? Parce qu'il existe une pente au bout de cette phrase, et qu'elle fait beaucoup de mal. De « le corps garde la trace » à « votre maladie est un traumatisme non résolu », le glissement est court. Et le message qui arrive alors est terrible : si vous êtes malade, c'est que vous n'avez pas fait le travail. Ce n'est pas ce que dit la science, et ça a fait pleurer beaucoup de gens déjà malades.

Je préfère une formule moins jolie mais plus exacte : le corps ne tient pas de comptes, il réagit. Il n'archive pas les événements dans un coffre-fort. Il a modifié ses réglages en fonction de ce qu'il a vécu. Ses alarmes se déclenchent plus vite qu'elles ne devraient.

Ce n'est pas la même chose. Et c'est déjà énorme.

Sandra Depasse Absolem Formation

Ah, l’hypnose ! Que de fantasmes et de craintes autour de ce mot !Je me souviens de cette patiente qui, au moment de la ...
04/10/2026

Ah, l’hypnose !
Que de fantasmes et de craintes autour de ce mot !
Je me souviens de cette patiente qui, au moment de la prise de rdv par téléphone, me dit « je n’ai pas peur vous savez, je suis déjà allée voir un médium, on m’a déjà tiré les cartes, je suis ouverte à tout ça » avec une petite voix néanmoins tremblotante.
Ou de ce monsieur qui, au moment d’imprimer mes cartes professionnelles me dit « ah vous faites de l’hypnose » avec un brin d’angoisse dans les yeux qu’il a ensuite refusé de plonger à nouveau dans les miens.
Ou encore de ce petit garçon qui, au moment où je lui propose de « déconnecter » en partant dans un bon moment, rouvre les yeux et me dit « mais enfin ! c’est pas ça l’hypnose, tu dois faire aller ton doigt comme ça devant mes yeux ! »
Bien sûr je suis allée dans son sens et il est parti dans cet état modifié de conscience avec la déconcertante facilité des enfants.
Et oui, souvent parce qu’elle est mal connue, l’hypnose fait malheureusement encore peur… peur de perdre le contrôle, peur d’être « à la merci » du thérapeute, peur de révéler des choses secrètes à son insu.
Alors, dès la première séance, j’explique et je « démystifie » : l’hypnose est un état modifié de conscience naturel qui ressemble à être dans la lune, c’est un outil qui permet d’accéder à l’inconscient là où les petits et gros traumas sont souvent « enfermés », c’est donc le bon ascenseur pour aller au bon étage modifier ce qui doit l’être.
Et puis surtout, surtout avec l’hypnose conversationnelle stratégique et intégrative la personne garde le contrôle, elle peut et doit à tout moment s’opposer à moi si ce que je lui propose ne lui convient pas, je suis le guide, mais c’est son inconscient qui sait par où aller et c’est à moi de m’adapter à lui à chaque instant.
C’est souvent à ce moment là que je sens que la personne devant moi se relâche. Garder le contrôle est la base de cette thérapie.
Et puis bien sûr parfois il y a celles et ceux qui me disent : « vous savez je crois que je ne suis pas hypnotisable » ou « je ne suis pas sûr.e que ça va aller, je n’ai aucune imagination ».
Mais lorsqu’on sait qu’on garde le contrôle, tout le monde est hypnotisable … quant à l’imagination, vous ne le savez peut-être pas, mais l’inconscient est enfantin et l’imagination y puise sa source.
Bérangère Lhomme – Absolem Formations

Rater sa sortie d'autoroute en pensant à autre chose. Lire trois pages sans en retenir une ligne. Ne plus entendre la pi...
01/10/2026

Rater sa sortie d'autoroute en pensant à autre chose. Lire trois pages sans en retenir une ligne. Ne plus entendre la pièce autour de soi. 😵‍💫

Ce ne sont pas des distractions, ce sont des transes. Et tout le monde en fait plusieurs par jour sans y prêter attention.🌀

L'hypnose n'est pas autre chose. Ni sommeil, ni perte de conscience, ni volonté captée : un rétrécissement du champ de l'attention, où ce qui est autour s'estompe et ce qui est au centre devient plus vif. C'est un état dans lequel nous plongeons tous plusieurs fois par jour. 🎯
On entend, on se souvient, on peut parler et s'arrêter quand on veut.

Ce qui change, c'est ce qu'on peut faire dans cet état. Les associations s'y réorganisent, et c'est ce qui rend un travail possible. 😇💛

Si vous avez déjà essayé de vous répéter que vous aviez de la valeur, et que ça vous a fait vous sentir plus mal : ce n'...
29/09/2026

Si vous avez déjà essayé de vous répéter que vous aviez de la valeur, et que ça vous a fait vous sentir plus mal : ce n'est pas vous, c'est la méthode.
En 2009, des chercheurs ont demandé à des volontaires de répéter une phrase tirée des livres de développement personnel : je suis quelqu'un d'aimable.
Chez les personnes qui avaient déjà une bonne estime d'elles-mêmes, ça a un peu amélioré l'humeur.
Chez celles qui avaient une faible estime d'elles-mêmes, exactement celles à qui l'exercice est censé s'adresser, ça l'a dégradée. Elles se sentaient plus mal après qu'avant.
Pourquoi ? Parce qu'une phrase trop éloignée de ce qu'on croit de soi ne s'installe pas. Elle déclenche la contradiction. Vous dites « je suis quelqu'un d'aimable », et une voix, aussitôt, sort la liste. Les fois où on ne vous a pas aimé. Les gens qui sont partis. Ce que vous savez de vous et que les autres ignorent.
Vous avez ouvert le dossier. Vous ne vouliez pas l'ouvrir.
C'est la même chose quand un proche vous dit « mais tu es formidable » et que vous sentez quelque chose se rétracter en vous. Ce n'est pas de l'ingratitude. C'est un écart trop grand entre ce qu'on vous dit et ce que vous croyez.
Alors, peut-on faire grandir son estime de soi ? Oui. Et voici la bonne nouvelle : de grandes études qui suivent les mêmes personnes pendant des décennies montrent qu'elle monte tout au long de la vie adulte, et culmine vers soixante ans. Ce n'est ni un trait fixe ni une fatalité d'enfance.
Mais elle ne monte pas comme on nous l'a dit. Elle monte par en dessous : des compétences acquises, du travail fait correctement, des liens qui tiennent, des choses menées à bout. Pas des exploits. Des preuves.
Autrement dit : l'estime de soi suit l'action, elle ne la précède pas. Attendre de s'aimer assez pour se lancer, c'est attendre pour toujours.
Et une dernière chose, sur cette voix intérieure si dure avec vous. Ce n'est pas un intrus. C'est souvent une vieille protection : un enfant qui se critique avant les autres amortit le coup, un enfant qui anticipe le reproche garde une longueur d'avance sur le danger. Elle a servi. Ce qui explique pourquoi elle redouble quand vous essayez de la faire taire : vous venez de lui confirmer que plus personne ne surveille.
On ne la licencie pas. On change de relation avec elle.

Sandra Depasse Absolem Formations

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Elle s'arrache les cheveux depuis des années. Il y a des trous dans sa chevelure et elle a appris à les couvrir très hab...
27/09/2026

Elle s'arrache les cheveux depuis des années. Il y a des trous dans sa chevelure et elle a appris à les couvrir très habilement.
Tout le reste, dans sa vie, est irréprochable.
Le sport, à outrance. L'alimentation, contrôlée en permanence, sans écart. Le travail, impeccable. La conduite, exemplaire. Il n'y a pas une zone où quelque chose dépasse.
Sauf ses cheveux.
Dans sa famille, on ne lui a pas fait de place. On lui a fait des exigences.
Il fallait être sage. Gentille. Ramener de bons points. Être une petite fille modèle, et l'être tout le temps.
Il n'y a pas eu de violence. Pas de disputes, pas de cris, rien qui se raconte en une phrase à quelqu'un qui demanderait pourquoi elle consulte. C'est justement ce qui rend ces histoires si difficiles à amener dans un cabinet : il n'y a rien à montrer. Juste une enfant qui a compris très tôt qu'elle serait aimée à condition d'être irréprochable, et qui n'a jamais eu l'occasion de vérifier l'inverse.
Alors elle a continué. En étant la gentille. La bienveillante. Celle qui aide, celle qui rend service, celle qui travaille bien. C'est une stratégie qui fonctionne un peu, et jamais assez.
Quand on n'a pas eu de place, on s'en fabrique une où on est irréprochable. C'est logique. Tenir tout, partout, tout le temps, c'est une façon de ne plus dépendre du regard de personne.
Et il reste toujours un endroit qui échappe. Toujours.
On a donc travaillé le contrôle. Le rapport au contrôle, ce qu'il tient, ce qu'il empêche, ce qu'il coûte. J'appellerais ça le symptôme du symptôme : elle ne s'arrache pas les cheveux parce qu'elle contrôle, elle contrôle parce que quelque chose, avant, n'a pas eu lieu.
Et à chaque fois qu'on descendait en hypnose pour aller voir ce contrôle, ça nous ramenait au même endroit. Pas à un événement. À une absence. Au manque de considération, au manque d'amour, à une enfance où l'on attendait beaucoup d'elle et où personne ne s'est retourné pour la regarder, elle.
Ce sont des traumas en creux.
On cherche souvent ce qui est arrivé à quelqu'un. Il faut parfois chercher ce qui n'est jamais arrivé. Un regard qui n'est pas venu. Une place qui n'a pas été faite. Une phrase que personne n'a dite. Ça n'a pas de date, ça ne fait pas un récit, ça ne se raconte pas bien. Et ça pèse exactement autant.
Ce travail-là est long. Il ne peut pas être rapide.
Parce qu'on avance au rythme du besoin de contrôle et de l'insécurité qui est dessous. Si je vais plus vite qu'elle, je deviens simplement une personne de plus qui décide à sa place, et il y en a déjà eu assez. Ce n'est pas une technique qu'on applique, c'est une identité qu'on reconstruit.
Est-ce qu'elle s'arrache encore les cheveux ?
Oui.
Le symptôme n'a pas bougé. Je pourrais ne pas l'écrire, ça ferait une plus jolie histoire.
Ce qui a bougé, c'est elle. La façon dont elle se regarde. Le fait qu'elle commence à demander des choses, et qu'elle ait pu être en colère devant moi sans s'excuser ensuite.
On n'arrive pas toujours au bout des symptômes. L'accepter fait partie de ce métier. Si je ne prenais que la disparition du symptôme comme critère, je passerais à côté de tout ce qui s'est réellement passé pour elle. Et je lui apprendrais, une fois de plus, qu'elle ne compte que si elle fait bien.
Si vous tenez tout, partout, et qu'il vous reste un endroit qui vous échappe : cet endroit-là n'est pas votre défaut.
C'est peut-être le seul qui dise encore la vérité.

Sandra Depasse Absolem Formations

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