20/08/2026
La rentrée arrive à grands pas, mais on ne lâche rien ! ✊
« Si toi aussi, parent d’élève, tu ne te sens pas directement concerné par les raisons de la grogne scolaire, voici une partie de ce qui touchera pourtant ton enfant et ton portefeuille.
– Si ton enfant entre en première secondaire, il sera mélangé à des jeunes qui n’ont pas obtenu leur CEB — le diplôme de fin d’études primaires — ainsi qu’à des élèves issus de l’enseignement spécialisé. Penses-tu que le professeur pourra avancer correctement dans la matière et consacrer autant de temps à ton enfant, mais aussi à ceux qui rencontrent des difficultés et ont besoin d’un suivi rapproché ?
[Les classes qui prenaient spécifiquement en charge ces élèves viennent d’être supprimées, entraînant également la perte d’emploi d’une partie des enseignants concernés.]
– Ton enfant restera dans le même groupe-classe durant trois ans, avec des élèves qui passeront automatiquement dans l’année supérieure. Imagine qu’il doive rester pendant trois ans avec un élève qui n’en a que faire de l’école, parce qu’il n’a pas le niveau, ne comprend rien et n’est pas suivi par ses parents. Imagine l’ambiance en classe. Quel sera l’impact sur la motivation de ton enfant ?
[Dans une classe de 25 élèves, on peut estimer qu’au moins cinq d’entre eux seront dans cette situation.]
– Arrivé en troisième année, ton enfant souhaite s’orienter vers la maçonnerie ou l’enseignement professionnel. Pas de chance pour lui : il est mauvais en morale, en géographie ou en latin. Il double, car on ne pourra plus laisser passer un élève qui n’a pas acquis toutes les compétences.
[Fin de l’AOB, qui permettait jusqu’à présent un passage avec restriction.]
Sauf qu’à 15 ans et 9 mois, il choisira probablement de suivre une formation à l’IFAPME plutôt que de doubler. Celle-ci ne débouchant pas nécessairement sur le même diplôme, elle pourrait également ne pas lui garantir le même salaire.
[Les cours manuels des options de troisième année ont été supprimés : des professeurs perdent leur emploi. Comme il y aura moins d’élèves dans l’enseignement technique, qualifiant ou professionnel en quatrième, cinquième et sixième années, d’autres enseignants risquent également de perdre leur emploi.]
– Mais non, ton enfant souhaite poursuivre des études supérieures et réussit brillamment sa troisième année. Il arrive dans le secondaire supérieur, mais ses professeurs doivent désormais travailler 10 % de temps en plus.
Cela semble peu lorsqu’on ne considère que le temps passé devant les élèves : « seulement » 2 × 50 minutes. Mais penses-tu que le présentateur météo ne travaille que douze minutes par jour ? Bien sûr que non !
Pour un professeur, ces cent minutes supplémentaires impliquent aussi environ 10 % de corrections, de suivi des élèves, de réunions, de préparations de cours, de titulariat, de stress, de gestion de conflits et de trajets non rémunérés en plus. Ce temps supplémentaire — entre trois et huit heures réelles par semaine — n’est pas comptabilisé comme du travail.
L’enseignant devra donc soit empiéter sur son temps familial, soit travailler moins en profondeur. Cela signifie également davantage de risques de maladie ou de burn-out. Et comme il est très difficile de trouver des remplaçants, ton enfant perdra des heures de cours.
C’est vrai que lorsqu’un professeur s’absente, cela peut toucher 150 élèves et au moins 300 parents, qui en parleront ensuite autour d’eux. Son absence se ressent directement. Ce n’est pas comme l’absence de Sophie des ressources humaines ou celle d’un membre d’une équipe qui, au lieu de fonctionner à dix, fonctionnera temporairement à neuf.
[Cette mesure signifie également qu’environ 10 % des professeurs du secondaire supérieur risquent de perdre leur emploi, puisque leurs collègues devront reprendre ces heures supplémentaires dans leur horaire.]
– Ton enfant réussit et entre en haute école. Désormais, au lieu de payer 175 € par an pour certaines études, tu devras payer 1 194 €.
Il entreprend un bachelier de trois ans, mais double deux fois : cela représente cinq années d’études. Elles te coûteront 5 970 € au lieu de 875 €, soit 5 095 € supplémentaires. Cela risque de se faire sérieusement sentir dans ton budget « vacances », sans compter sa nourriture, son kot et ses déplacements…
[Ne t’inquiète pas : il pourra travailler davantage comme étudiant pour financer ses études. Il aura donc moins de temps pour étudier, occupera un emploi qui aurait pu revenir à un travailleur ordinaire et cotisera moins pour financer ta future pension…]
– Mais nous n’en sommes pas encore là : ton enfant est toujours en primaire. Comme tu travailles, tu vas le rechercher à 17 h 30. Il se trouve à la garderie, sauf que sa gardienne n’y travaille plus.
Avec la réforme du chômage, bien qu’elle travaillât seize heures par semaine, elle était considérée comme chômeuse de longue durée. Elle perd donc son complément de chômage, auquel elle avait droit parce que son salaire était trop faible. Elle va devoir chercher un autre emploi.
Heureusement, une autre solution a été trouvée : la garderie devient payante…
[Travailler davantage te coûtera donc plus cher.]
– Chaque année, tu reçois une aide financière pour acheter les fournitures scolaires. Les montants ont changé. Tu pouvais auparavant recevoir jusqu’à 1 581,40 € sur l’ensemble de la scolarité de ton enfant, jusqu’à ses 24 ans. Ce montant est maintenant ramené à 1 345,30 €.
À toi de payer la différence.
Tout cela ne représente qu’une partie de ce qui pourrait directement te toucher.
Si tu penses encore que les problèmes des professeurs ne concernent ni les parents ni les élèves…
Alors oui, il est possible que le mouvement de grève reprenne. Les professeurs espèrent simplement que, cette fois, les parents seront à leurs côtés. »
Texte de S. Warland