22/04/2026
La fête du Cocon, qu'est-ce que c'est???
De toutes nos discussions pédagogiques, s’il y en a bien une qui fut fameusement animée, c’est celle de “fête des mères - fête des pères, quelle position adopter?” Ces fêtes doivent-elles rester dans la sphère privée, ou au contraire être prises en charge par l’école? Comment protéger nos élèves de cette vision encore très présente mais étriquée et pas très réaliste “une famille, c’est une maman, un papa, et des enfants (et encore mieux, deux : un garçon d’abord, puis une fille)”. Je ne suis pas la seule à avoir, lors de ma carrière, rencontré des enfants à qui ce schéma ne correspond pas (au mieux) ou fait carrément souffrir (au pire). En y réfléchissant, il y a finalement très peu d’années pendant lesquelles j’ai pu tranquillement réaliser mon petit cadeau et le compliment qui l’accompagne sans devoir me creuser la cervelle pour trouver une idée originale, qui n’ait pas encore été exploitée (casse-tête suprême quand on enseigne en 6e), et surtout pour trouver quoi dire à J., qui a deux mamans, à D. qui n’a pas de papa, à C. ou et L., dont un des parents est mort, à S., que son papa a abandonnée et qui en souffre beaucoup, à L. qui est élevée par son grand-père, à L. , élevé par sa tante. Je n’invente rien, ces enfants existent et sont passés par ma classe. Et le coup du “eh bien alors, fais ce cadeau pour ton parrain”, 9 fois sur 10, ça passait mal. Un papa et un parrain, quand même, c’est pas pareil.
Il ne s’agit pas non plus de nier l’existence de ces fêtes et l’importance du parent dans la vie de l’enfant. En tant que maman, qui me coupe en 4 pour le bien de mes enfants (comme tous les parents), j’aime bien cette idée d’avoir un jour sur l’année où on se pose, où mon rôle est reconnu à sa juste valeur, et où je savoure les gloussements de mes enfants, qui pour l’occasion ont enterré la hache de guerre et se font complices pour me préparer une jolie surprise.
En équipe, nous avons vite identifié ce que nous ne voulions pas : non au cadeau-brol réalisé à la chaine avec le reste du stock de pinces à linge, non à la promotion d’un stéréotype caricatural de la famille et refus catégorique de participer à la souffrance d’enfants déjà vulnérables parce qu’ils ont perdu un parent. Nous avons ensuite tenté d’élaborer une alternative qui puisse prendre en compte tous les paramètres évoqués ci-dessus et qui respecte les sensibilités de chacun. Nous nous sommes alors rendu compte que l’essentiel pour nous est de cultiver la gratitude, et d’amener les enfants à réfléchir à la meilleure manière de témoigner leur reconnaissance. C’est ainsi que notre idée de “fête du cocon (familial)” est née : avant les congés de printemps, votre/vos enfant.s ramèneront à la maison de petites attentions personnalisées, matérielles et immatérielles, réfléchies en fonction de leurs souhaits, de leurs envies, et de la personnalité de leurs parents. Libre à vous de choisir la date des traditionnelles fêtes pour la remise des présents, ou de booker dans votre agenda un weekend réservé à la fête du Cocon.
Nous espérons de tout coeur que cette édition fera toujours sens chez les enfants et leurs parents et que vous lui réserverez un accueil chaleureux!