09/04/2025
Le retour des fées de mon enhance par Dr Gilles Berger.
Sérénité:
Albert Camus :
�«La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent, à vivre dans la sérénité de l’instant.»
Le retour des fées de mon enfance à Grandvillars
Enfin, je me sens bien. Je respire, je respire bien, profondément et, chaque inspiration est une bénédiction.
À Grandvillars, j'ai ressenti une joie profonde. Les retrouvailles avec mes chers parents ont été un véritable cadeau des dieux. Ces moments de partage, emplis d'amour et de gratitude, ont illuminé mon cœur bien plus que je ne l’aurais imaginé. Un matin, alors que je me rendais à la boulangerie dans la petite rue des cités blanches, là où jadis habitait ma grand-mère Claire, (je suis un matinal!), le crépuscule déchirait déjà le ciel. L’immense mélancolie du paysage m’émut presque aux larmes. Ce jour là, je vis les fées de Grandvillars, celles de mon enfance. Je ne pouvais plus les aprivoiser, ni les commander, pareille à l’oiseau, elles s’envolent, elle s’oublient! Les fées survivent partout même sous les cataractes de la tristesse et de l’oubli. Pourquoi a-t-on brûlé les fées de mon enfance? Mais les fées ne flambent pas, c’est simplement qu’un jour le cœur les oublie et que le temps a passé Pourquoi revenaient-elles ce jour-là? Peut-être est-ce parce que je souhaitais partager le chemin des fées avec Zarina?
Nous avons passé des heures à nous retrouver autour de fritures, à partager des rires et des histoires avec mon frère et ma belle-sœur. Chacune de ces journées passées ensemble, à déguster des plats savoureux (Zarina a cuisiné la plupart du temps pour mes parents), à boire les grands vins d’Alsace renforçait les liens qui nous unissent. Le simple fait d’être à leurs côtés, d’écouter leurs voix familières, les mimiques de mon papa me remplissait de bonheur. C’est dans ces instants que la vie prend tout son sens.
Nos balades main dans la main (Zarina et moi), presque 200 kilomètres parcourus en deux mois, ont été l'occasion de redécouvrir Grandvillars. Je redécouvrais mon village natal avec un œil inquisiteur, furtif. Chaque promenade était une bénédiction, une manière de me reconnecter à mes racines. Ensemble, nous avons arpenté les chemins, revivant les souvenirs d’antan et découvrant de nouveaux recoins: le tilleul centenaire, les promenades «sous la côte», «à la motte» et cette incroyable piste cyclable menant à Tillancourt, véritable refuge de paix. Nous avons même fait des découvertes inattendues, comme de l'ail sauvage, ajoutant une touche de fraîcheur à nos randonnées. C'est Zarina qui les a vu la premiere.
La beauté de Grandvillars s’étend au-delà de son paysage. Allez vous promener dans la rue de Méziré et continuez tout droit. Puis faites un kilomètre environ et tournez à gauche. Vous atteindrez les deux étangs magiques, comme je les appelais jadis. Vous verrez le grand chêne guérisseur, celui qui me consolait lorsque j’avais le cœur gros dans mon enfance.
Les boulangeries où nous avons savouré des délices étaient le reflet de cette vraie vie villageoise. Pendant ces mois de janvier, février et mars, j'ai appris à apprécier les petites choses : une baguette bien chaude, un sourire échangé, un parfum de pâtisserie dans l'air. Chaque détail de ce village ravivait en moi une immense gratitude surtout envers mes parents. Je ne peux qu'encourager ceux qui recherchent un authentique village français à se rendre à Grandvillars.
Mais il y a plus, la rencontre avec Christine et Michel fut le clou de notre séjour. Ce couple exceptionnel, qui nous a loué notre petit appartement au-dessus du Bar de la Paix (je vous conseille d’y aller pour rencontrer Michel), est d’une gentillesse infinie; c’est comme si nous nous connaissions depuis toujours. Je peux dire que nous sommes devenus de vrais amis. Leur bienveillance et leur gentillesse ont rendu notre séjour encore plus agréable, voire unique. Michel nous a même accompagnés à la gare de Meroux pour notre voyage à Montpellier, ainsi qu’à Belfort pour récupérer la voiture louée pour nos trois jours en Alsace à Eguisheim où nous avons pu dégusté les grands-crus d’Alsace que ce soit les Pinot blancs, les gewruztramIners, les Riesling ou les Pinots noirs. Christine s'est également montrée d'une grande aide en nous conduisant au centre commercial pour chercher notre commande en ligne. Sans parler que notre appartement était très confortable. J’aurais quand-même voulu aller faire une balade à vélo avec Michel, je dois dire… Je revois encore son sourire lorsqu’il nous attendait à la gare de Meroux, moi qui avait le cœur gros ce jour-là. Il a illuminé mon âme en un instant. Les gens qui savent faire ça sont rares! Michel a le don d’être lui-même à tout instant et ça fait de lui un être exceptionnel.
Flâner dans les rues de Grandvillars le matin était un plaisir immense: cheminer derrière l’église, puis derrière la mairie, avant de prendre la petite rue des cités où ma grand-mère paternelle a vécu, pour enfin rejoindre la boulangerie face au cimetière où repose ma sœur bien-aimée, Annick. À côté de cette boulangerie, se tient un petit magasin italien où l’on peut dénicher des produits authentiques: des pâtes faites maison par la grand-mère, des sauces aux truffes, des pizzas authentiques et bien plus encore. Ne manquez pas non plus la merveilleuse fromagerie charcuterie en face de l’autre boulangerie près du magasin de fleurs en direction de l’ancienne poste.
Ce séjour à Grandvillars m’a comblé au delà de ce que j’avais pu espérer. Chaque instant partagé avec mes parents, avec Michel et Christine, avec Alain et Agnès, était une fête, une promesse de moments simples mais inestimables. Je repars le cœur plein de gratitude, en me remémorant ces instants de bonheur pur. Grandvillars n’est pas qu’un lieu, c’est un morceau important de ma vie, des souvenirs indéfinissables. Je suis aussi allé deux fois sur la tombe de ma sœur pour lui parler, partager avec elle mes sentiments les plus simples et les plus profonds.
Je ne sais que dire mais ce séjour fut une bénédiction à plus d’un titre. J’ai le sentiment d’avoir atteint l’ataraxie, la plénitude de l’âme, l’absence de souffrance de l’âme, l’aponie, absence de troubles physiques pour finalement me retrouver dans cet état d’euthymie (thymos, thymus: respiration). Je respire. Je vous l’ai dit, je respire! Le retour aux sources peut être puissant, cathartique: ce mélange d’amour, d’amitié, de rencontre et de balades bucoliques. Je vous le souhaite à toutes et à tous.
A Grandvillars, vous connaîtrez la vraie France: celle qui vibre encore, celle qui sait être belle, généreuse et mélancolique parfois, celle de cette France plurielle qui, pourtant, ne fait qu’un.
Traduction en anglais:
The Return of the Fairies from My Childhood in Grandvillars
Serenity: Albert Camus:
"True generosity towards the future consists in giving everything to the present, in living in the serenity of the moment."
Finally, I feel good. I breathe, I breathe well, deeply, and each breath is a blessing.
In Grandvillars, I felt a deep joy. The reunion with my dear parents was a true gift from the gods. Those moments of sharing, filled with love and gratitude, illuminated my heart far more than I could have imagined. One morning, while I was heading to the bakery on the small "rue des cités blanches," where my grandmother Claire once lived (I am an early riser!), the twilight was already tearing through the sky. The immense melancholy of the landscape nearly brought me to tears. That day, I saw the fairies of Grandvillars, those from my childhood. I could no longer tame them or command them; like a bird, they take flight and forget! The fairies survive everywhere, even under the cataracts of sadness and oblivion. Why were the fairies of my childhood burned? But fairies do not burn; it's simply that one day, the heart forgets them and time passes. Why did they return that day? Perhaps because I wished to share the path of the fairies with Zarina?
We spent hours reuniting over fried foods, sharing laughs and stories with my brother and sister-in-law. Each of those days spent together, savoring delicious dishes (Zarina cooked most of the time for my parents) and drinking great Alsatian wines, strengthened the bonds that unite us. Just being by their side, listening to their familiar voices, the gestures of my father filled me with happiness. It is in those moments that life takes on its full meaning.
Our hand-in-hand walks (Zarina and I), nearly 200 kilometers covered in two months, were an opportunity to rediscover Grandvillars. I rediscovered my hometown with an inquisitive, fleeting gaze. Every walk was a blessing, a way to reconnect with my roots. Together, we traversed the paths, reliving memories of yesteryear and discovering new corners: the century-old linden tree, the walks "under the hill," "at the mound," and that incredible bike path leading to Tillancourt, a true refuge of peace. We even made unexpected discoveries, like wild garlic, adding a touch of freshness to our hikes. It was Zarina who spotted it first.
The beauty of Grandvillars extends beyond its landscape. Go for a walk on rue de Méziré and continue straight ahead. Then walk about a kilometer and turn left. You will reach the two magical ponds, as I once called them. You will see the great healing oak, the one that consoled me when my heart was heavy during my childhood.
The bakeries where we enjoyed delicacies were a reflection of this true village life. During those months of January, February, and March, I learned to appreciate the little things: a freshly baked baguette, an exchanged smile, a scent of pastry in the air. Every detail of this village rekindled in me immense gratitude, especially towards my parents. I can only encourage those seeking an authentic French village to visit Grandvillars.
But there is more: meeting Christine and Michel was the highlight of our stay. This exceptional couple, who rented us our little apartment above the Bar de la Paix (I recommend going there to meet Michel), is infinitely kind; it felt as if we had known each other forever. I can say that we became true friends. Their kindness and friendliness made our stay even more enjoyable, perhaps even unique. Michel even accompanied us to the Meroux train station for our trip to Montpellier, and to Belfort to pick up the rental car for our three days in Alsace in Eguisheim, where we tasted the great Alsatian wines – whether Pinot Blancs, Gewurztraminers, Rieslings, or Pinot Noirs. Christine was also a great help, driving us to the shopping center to pick up our online order. Not to mention that our apartment was very comfortable. I still wish I could have gone for a bike ride with Michel, I must say… I can still picture his smile when he was waiting for us at the Meroux train station that day, when my heart was heavy. He illuminated my soul in an instant. People who can do that are rare! Michel has the gift of being himself at all times, which makes him an exceptional person.
Strolling through the streets of Grandvillars in the morning was an immense pleasure: walking behind the church, then behind the town hall, before taking the small street of the "cités" where my paternal grandmother lived, to finally reach the bakery facing the cemetery where my beloved sister, Annick, rests. Next to that bakery, there’s a small Italian shop where you can find authentic products: homemade pasta made by grandma, truffle sauces, authentic pizzas, and much more. Don’t miss the wonderful cheese and charcuterie shop opposite the other bakery near the flower shop heading towards the old post office.
This stay in Grandvillars fulfilled me beyond what I had hoped. Every moment shared with my parents, with Michel and Christine, with Alain and Agnès, was a celebration, a promise of simple yet invaluable moments. I leave with a heart full of gratitude, reminiscing about those moments of pure happiness. Grandvillars is not just a place; it is an important part of my life, unfathomable memories. I also visited my sister’s grave twice to talk to her, sharing with her my simplest and deepest feelings.
I don’t know what else to say, but this stay was a blessing in more ways than one. I feel I have reached ataraxia, the fullness of the soul, the absence of suffering of the soul, the aponia, the absence of physical troubles, to finally find myself in this state of euthymia (thymos, thymus: breathing). I breathe. I told you, I breathe! The return to one’s roots can be powerful, cathartic: this blend of love, friendship, encounters, and bucolic walks. I wish this for all of you.
In Grandvillars, you will know the true France: the one that still vibrates, the one that knows how to be beautiful, generous, and sometimes melancholic, the one of this plural France that, yet, is one.
today at 12:21 PM
french, , ,