la vérité si je mens

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la vérité si je mens Dans la maison de l'Imam

02/02/2024

Le dernier chapitre. Extrait.

La fin de l’année scolaire venait de se terminer et ça sentait bon les vacances. Pour le moment, ma seule obsession était de rentrer au pays, retrouver notre famille et accompagner mon fils aux portes de son nouvel établissement scolaire. Dans la voiture qui nous ramenait à notre appartement dans la banlieue d’Abidjan, j'observais le cœur serré cet homme qui, durant vingt-trois ans, partagea bon gré mal gré mon quotidien professionnel et, parfois comme aujourd’hui, davantage. Sur le siège passager avant, à côté du chauffeur, un musulman accompli, le directeur de l’école s’adressait à mon fils avec désinvolture sur un ton égrillard :

« Tu vas en France, le vieux va te fo**re enfin la paix, tu vas faire la connaissance des petites françaises là-bas, n’oublie pas les capotes.»

Le rustaud éclata de rire pour enchaîner sur ce que la bienséance m’interdit ici de dévoiler. Le chauffeur, discrètement, dans une gêne non dissimulée, observait dans le rétroviseur sur le siège arrière mon fils embarrassé, silencieux, souhaitant en secret la fin du supplice. À dix-sept ans, Vincent abordait avec pudeur ce que ce vieux briscard étalait en toute impudicité. Fidèle à lui-même, dans un monologue ininterrompu, le responsable de l’école continua ses gauloiseries jusqu’à notre domicile. Embarrassé, le chauffeur eut une moue compatissante, nous descendîmes saluant avec soulagement ce phénomène de foire décidément incorrigible.

Nos valises attendaient depuis plusieurs semaines dans le hall d’entrée de notre studio, nous les faisions, défaisions, au gré de nos humeurs. Le baccalauréat en poche en ce début du mois de juillet 2023, Vincent boucla sa valise une dernière fois, laissant derrière lui dix-huit années de travail, de sacrifice, dix-huit années de patience enfin récompensées.

À la descente de l’avion, après un vol au timing fantaisiste, je pouvais contempler avec joie se dessiner sur le visage de mon enfant un sourire radieux, témoin s’il le fallait encore de tout ce bonheur qui nous était offert.

« Bonne arrivée chez toi, mon fils. »

28/01/2024
15/01/2024

EXTRAIT PAGE 28;
L’angelot n’épargna personne, de la tête au pied du grand cèdre ses flèches percèrent les cœurs les plus durs et moi qui avais un cœur tendre à la mouche je ne fis pas exception.
Atteint par Le trait d’une jeune élève, je me laissais emporter.
Plus déraisonnable, plus périlleux, plus douloureux, jamais chaînes ne furent aussi douce à porter en ces lieux. A l’aube de sa vie, insouciante, elle tressait patiemment au fond de sa classe les cordes avec lesquelles demain elle me retiendrait.
Captif de mes sens, dans son jardin secret, je sombrais, consumé par mes sentiments pour cette enfant. Nous nous appelions chaque soir jusque très t**d dans la nuit, un rituel enivrant funeste et déchirant. Nous prononcions les mots interdits, je développais des pensées coupable. Un soir de raison, déterminé a mettre fin a cette folie, sourd à ses appels, aveugle à ses messages, je délié nos serments noués la veille pour n’en garder que la douceur de ses parfums. La relation épistolaire qui s’en suivie devint le ciment d’une amitié indéfectible.
C’est sur ce fond de perpétuel jeux de séduction que les journées s’égrenaient, entre cours et plaisirs interdits. Les couples d’un jour se formaient ou se défaisaient au rythme des caprices et des appétits qui l’accompagnent.

11/01/2024

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11/01/2024

EXTRAIT PAGE 190
LA GUERRE CIVILE EN C.I
C’est un français, il fout quoi là ?? » Ce sont les *jeunes patriotes ce qui pouvait m’arrivai de pire dans un tel moment. Je sens le souffle de la meute sur ma nuque ; le garde devient nerveux : « laissez ça, faut partir !
-Il fait quoi le blanc ici ?
-J’attends le Chef, il décidera
-C’est tout décidé, il faut le brûler !!
-Oui, brûlons le blanc, clame en chœur la bande d’excités.
-Au feu, au charbon ! »
Ça tourne mal. Le garde maintenant debout dans le pick-up voulant faire preuve d’autorité, tente quelque peu d’élever la voix : « j’ai dit faut partir, laissez-ça, le chef arrive »
-Nous allons le conduire nous-mêmes au charbon ce sa**ud.
Dans une seconde, le garde sera débordé et mes chances de survie plus qu’incertaines. Je peux pressentir déjà les coups qu’ils se préparent à me porter. Dans un instant, je serai sur une voie de non-retour.
Un gueulard s’écrie : « prenons-le maintenant et allons !! » Un solide gaillard en uniforme, attiré par ce début d’émeute saute dans le pick-up, arme à la main ; il se place devant le garde, campé solidement sur ses deux jambes, il harangue les jeunes : « vous croyez quoi ? Nous le tenons et on ne va pas le perdre, il est mort ! » Tout en me jetant un regard méprisant, il hurle comme pour me l’imprimer dans la tête : « t’es mort le blanc, t’es mort !!! » Il reprend face aux jeunes un peu calmés : « ici c’est l’armée, les commandos qui décident quoi-quoi, pas les civils, rentrez chez vous, c’est fini !
-Je suis citoyen ivoirien, j’ai voté Gbagbo comme mes frères ici, nous avons le droit de savoir ce que vous allez faire de lui, les patriotes c’est nous ! tiens regarde ma carte, c’est à nous de le brûler,
-J’ai dit, hein. Le chef va décider, on va l’interroger, c’est peut-être un espion.
-Ben voilà, tu peux bien parler, on est ensemble, non ? On vous accompagne
-Si vous voulez mais pour le moment, allez, vous nous suivrez plus t**d. »
Les éclats de voix sont devenus murmures et les murmures se sont faits silence, les jeunes patriotes étaient enfin partis.

11/01/2024

EXTRAIT PAGE 181. LA GUERRE CIVILE EN C.I
Le tireur est proche mais ne peut m’atteindre, je reste immobile, protégé par cet angle mort providentiel ; ici, l’odeur est suffocante de quoi te soulever le cœur. Je me couvre le nez à l’aide de mon sweat. Le vibreur du portable me rappel a la vie, me rassure, je recule de quelques pas : « allô, c’est toi ? Ne t’inquiète pas pour le moment je progresse, je te recontacte plus t**d ». Trois types au pas décidé, un chiffon sur le nez, passent à mes côtés sans même me voir, je cherche la provenance de cette puanteur. En baissant les yeux, je découvre mes godillots recouverts de cendres blanches, les cendres blanches d’un cadavre calciné. Couché sur le dos, vrillé par la douleur, la position du corps semble implorer la fin du supplice. Je reste prisonnier un long moment, de ses doigts crochus, agrippé désespérément à mon regard. Ce n’était pas le premier cadavre que je rencontrais mais c’était la première fois que la mort me baisait les pieds. J’ai l’âme qui chavire, emportée par une vague de désespoir.

08/01/2024

EXTRAIT 364
Parmi ces jeunes filles, nombreuse faisaient partie de ma famille d’adoption. Surprotégées, à l’écoute, je leurs accordais mon temps, mes conseils, ma protection. Darine, Zeina, Maïssa, Malak, la plus douée de toute, la plus entière, ou encore Yasmine, artiste à part entière, Cristal chantant forte et si fragile à la fois. L’une d’elle un matin me confia ses difficultés à obtenir sa moyenne au second trimestre :
« Monsieur vous pouvez parler au prof d’histoire-géo c’est votre ami peut-être qu’il pourrait… »
Connaissant le garçon et son coté ‘’grippe-note’’ lui soutirer rien qu’un point me semblait impossible, je la raccompagnai à la porte de ma classe pour la regarder disparaître à l’angle du préau ; le cœur en bataille, Sans me soucier de rien n’y de personne, Je poussai un grand coup de gu**le, un je t’aime impudique et l’écho déchirant me répondit: « je t’aime aussi ! » Les aimer, faisait-il de moi un criminel ? Mes filles les plus âgées étaient en France, Darine comblée ce gouffre avec bonheur.

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