13/08/2022
RĂSUMĂ DU ROMAN " UNE VIE DE BOY" DE FERDINAND OYONO
INTRODUCTION
En 1956 apparaĂźt lâĆuvre intitulĂ© « Une vie de Boy ».Dans une pĂ©riode marquante de lâhistoire africaine, cette Ćuvre nous renseigne sur le vĂ©cu quotidien des blancs et des noirs au Cameroun (Ă Dangan) pendant la colonisation.
Ainsi lâĂ©tude de cette Ćuvre nous permettra dâen dĂ©couvrir les faits relatĂ©s.
I-Biographie de lâauteur
Ferdinand OYONO est un romancier camerounais nĂ© en 1929 Ă NâgoulĂ©makong.
Il suit des Ă©tudes de droit et de sciences politiques Ă Paris tout en Ă©crivant ses premiers romans : « Une Vie de Boy » et « Le Vieux N***e et la MĂ©daille ». AprĂšs la publication de « chemin dâEurope » en 1960, Ferdinand Oyono obtint dâimportantes fonctions diplomatiques. Il est nommĂ© Ambassadeur de Cameroun Ă Paris de 1964 Ă 1975. Ă partir de 1987 il participe Ă de nombreux gouvernements de son pays et assure la charge de diffĂ©rents ministĂšres comme les Affaires Ă©trangĂšres ou la Culture. Il dĂ©cĂšde le 10 juin 2010 Ă YaoundĂ© au Cameroun.
II-RĂ©sumĂ© de lâĆuvre
ââUne vie de Boyââ est une Ćuvre dont le narrateur qui est le personnage principal se nomme Toundi Ondoua. Il sâenfuit de son pĂšre pour se rĂ©fugier chez le PĂšre Gilbert qui lâemmĂšnera avec lui Ă la mission catholique Saint-Pierre de Dangan. A lâĂ©glise il devint le servant de messe et le boy du prĂȘtre. AprĂšs la mort de ce dernier, il devient le boy du Commandant Robert. De lĂ il commence une nouvelle vie en dĂ©couvrant deux espaces diffĂ©rentes : le quartier indigĂšne et la rĂ©sidence. Ainsi Ă la rĂ©sidence, rien ne lui Ă©chappe, il fut surpris de savoir que le commandant Ă©tait un incirconcis. Il accompagnait souvent son patron, celui-ci lâapprĂ©ciait beaucoup. Quelque temps aprĂšs il commence Ă avoir des problĂšmes : il est accusĂ© Ă tort et Ă raison dâavoir Ă©tĂ© complice de Sophie, la maĂźtresse de lâingĂ©nieur agricole, qui lui a volĂ© beaucoup dâargent (150 000 francs). Ainsi il sera torturĂ© puis transfĂ©rĂ© Ă lâhĂŽpital oĂč il dut sâenfuir en GuinĂ©e Espagnole.
III-Structure de lâĆuvre
Cette Ćuvre est un roman Ă©crit sous forme de journal. Elle compte 185 pages et divisĂ©e en 2 parties appelĂ©es cahiers :
· Premier Cahier de Toundi :
Câest la premiĂšre partie de lâĆuvre. Elle va de la page 15 Ă la page 106.
Elle évolue ainsi :
- Présentation de Toundi
- Refuge chez le pĂšre Gilbert et mort de celui-ci
- Sa vie Ă la mission catholique de Dangan
- Sa nouvelle vie de Boy du Commandant
· DeuxiÚme Cahier de Toundi :
Câest la deuxiĂšme partie de lâĆuvre. Elle est Ă©troitement liĂ©e de lâĆuvre Ă la premiĂšre et constitue la suite logique de lâĆuvre. Elle va de la page 107 Ă la fin c'est-Ă -dire page 185.
Elle évolue ainsi :
- Suite de lâadultĂšre dâentre la femme du Commandant et M. Moreau
- Prise de conscience de Toundi
- Arrestation de Toundi
Elle comporte aussi une phase prĂ©paratoire qui serait sensiblement la fin de lâĆuvre.
Cependant nous notons aussi une richesse de proverbes et de citations dans la rĂ©daction de lâĆuvre. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer :
· « On nâenterre pas le bouc jusquâaux cornes, on lâenterre tout entier »
· « Un roi a toujours la plus belle femme du royaume »
· « La sagesse recommande à chacun de garder sa place »
· « La riviÚre ne remonte pas à sa source »
· « La vérité existe au-delà des montagnes, pour la connaßtre il faut voyager »
· « LâĆil va plus loin et plus vite que la bouche, rien ne lâarrĂȘte dans son voyage »
· « Le pot de terre ne se frotte pas contre les gourdins »
· « Il nây a rien de pire que les pensĂ©es »
· « Pour atteindre le fruit de lâarbre, on nâattend pas quâil tombe »
· « La femme est un Ă©pi de maĂŻs Ă la portĂ©e de toute bouche, pourvu quâelle ne soit pas Ă©dentĂ©e »
· « Hors de son trou, la souris ne défie pas le chat »
· « Lâoiseau revient au sol aprĂšs sâĂȘtre fatiguĂ© dans les airs »
· « Il faut savoir se sauver lorsque lâeau nâarrive encore quâaux genoux »
IV-Etude des personnages
Toundi Ondoua : Personnage principal de lâĆuvre, il sâenfuit de son pĂšre et fut adoptĂ© par le rĂ©vĂ©rend PĂšre Gilbert qui lâapprit Ă lire et Ă Ă©crire. Il devient ensuite le Boy du Commandant Robert. Il vivait en ce temps-lĂ chez sa sĆur. Il Ă©tait aimĂ© de tous
Le Commandant : De son vrai nom Robert DĂ©cazy, il fut le deuxiĂšme maĂźtre de Toundi et lâapprĂ©ciait beaucoup. Il a Ă©tĂ© victime dâinfidĂ©litĂ© de la part de sa femme qui lâa trahie avec M. Moreau-le RĂ©gisseur de Prison.
La femme du Commandant : Elle se nomme Suzanne ou Suzy DĂ©cazy. Elle Ă©tait la plus belle de toutes les femmes blanches de Dangan. Elle Ă©tait gentille avec ses boys durant ses premiers jours en Afrique. Mais la situation sâinverse lorsquâelle commença Ă tromper son mari avec M.Moreau
Elle devint mĂ©chante et fut contente de lâarrestation de Toundi.
PĂšre Gilbert : Câest le prĂȘtre de lâĂ©glise catholique saint pierre de Dangan. Il adopta Toundi et le fit quitter de son village. Il fut ainsi le premier maĂźtre de celui quâil nommera Joseph. Celui-ci lâadmirait aussi beaucoup. Il mourut lors dâun accident. En effet il fut ensanglantĂ© par lâune des branches du fromager.
PĂšre Vandermayer : Il fut lâadjoint du pĂšre Gilbert et le succĂ©da aprĂšs sa mort. Il Ă©tait mĂ©chant envers Toundi et les autres indigĂšnes. Câest ainsi quâil renvoya Toundi aux services du Commandant.
Gosier dâOiseau : Câest le commissaire de Police de Dangan. Il fut craint par tous les indigĂšnes de Dangan. Il dirigeait les rafales.
M.Moreau : Câest le rĂ©gisseur de prison. Il Ă©tait trĂšs mĂ©chant. Il torturait les prisonniers Ă mort. Il fut lâamant de la femme du Commandant.
Sophie : Elle Ă©tait la maĂźtresse de lâingĂ©nieur agricole. Elle se plaignait toujours car ce dernier ne la considĂ©rait pas et Ă©tait aussi un incirconcis. Câest ainsi quâelle lui vola beaucoup dâargent et sâenfuit vers la guinĂ©e Espagnole.
LâingĂ©nieur agricole : De son vrai nom M. Magnol, câĂ©tait lâamant de sophie
M. Salvain : CâĂ©tait le directeur de lâĂ©cole de Dangan. Il Ă©tait le dĂ©fenseur des indigĂšnes. Sa femme Ă©tait Mme Salvain
M. Janopoulos : CâĂ©tait le patron du cercle europĂ©en de Dangan. Il Ă©tait le plus riche des blancs de Dangan
Les Autres Personnages : La SĆur de Toundi et son mari, Les parents de Toundi, Le chef des catĂ©chistes (Martin), le Docteur, Le Blanc qui dĂ©sinfecte Dangan, Mengueme, Mendim Me Tit, Baklu, Le Boy-Cuisinier, Le Garde, Kalisia, Ondoua etc.
V-Etude Thématique
Dans cette Ćuvre, plusieurs thĂšmes sont dĂ©veloppĂ©s. Parmi les thĂšmes les plus rĂ©currents, nous pouvons citer :
· Le Racisme : Dans cette Ćuvre les noirs Ă©taient souvent victimes de discrimination raciale. Leur cohabitation avec les blancs Ă©tait difficile. Cela se manifestait dans les Ă©glises, dans les places publiques et mĂȘme dans le cercle europĂ©en oĂč ceux-ci se moquaient des noirs en jugeant ĂȘtre supĂ©rieurs Ă eux. Ainsi des expressions comme « Il nây a pas de moralitĂ© dans ce pays » ou encore « Le n***e nâest quâun enfant ou un couillon » se faisaient entendre
· Lâinjustice : Les indigĂšnes vivaient dans une parfaite injustice. Ils sont emprisonnĂ©s avec ou sans preuve de culpabilitĂ©, torturĂ©s puis maltraitĂ©s avant dâĂȘtre transfĂ©rĂ©s Ă lâhĂŽpital oĂč ils vont mourir sitĂŽt. Ensuite ils vont ĂȘtre enterrĂ©s tous nus au « CimetiĂšres des prisonniers ». Câest pourquoi Mr Moreau, le rĂ©gisseur de prison reprĂ©sentait la terreur des noirs.
· LâinfidĂ©litĂ© : CâĂ©tait lâattitude majeure des blancs. Cela sâest montrĂ© Ă plusieurs reprises au Cercle EuropĂ©en notamment avec Mme Salvain qui sâapprochait beaucoup du Commandant ou encore M. Janopoulos qui voulut accompagner la femme du Commandant au marchĂ©. Cependant lâexemple clĂ© qui va illustrer le thĂšme est celui de M. Moreau avec Mme DĂ©cazy. Ces derniers trompĂšrent leurs conjoints (Mme Moreau et le Commandant).
VI-Sens et PortĂ©e de lâĆuvre
Cette Ćuvre a un sens historique important. Elle convoque une prise de conscience du lecteur Africain et lui invite Ă prendre acte de la situation. Le noir qui ignorait le vĂ©cu quotidien de ses antĂ©cĂ©dents Ă lâĂ©poque coloniale sây trouve facilement. On peut dire donc quâĂ©tudier cette Ćuvre, câest Ă©tudier son passĂ©. De ce fait sa portĂ©e est historique car elle repose essentiellement sur les consĂ©quences du Colonialisme dans le continent africain.
CONCLUSION
En guise de conclusion, nous notons quâĂ travers ce roman, nous apercevons clairement le visage de lâAfrique Ă lâĂ©poque coloniale. LâAuteur a, de maniĂšre irrĂ©cusable, montrĂ© la domination des europĂ©ens sur les noirs.
Cette Ćuvre qui est aujourdâhui plus que jamais importante sur lâĂ©tude du passĂ© africain devra jouer un rĂŽle de dĂ©nonciateur et fait appel, non pas seulement Ă la rĂ©volte mais aussi Ă la prise de mesures prĂ©ventives contre les occidentaux pour les gĂ©nĂ©rations actuelles et futures