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26/07/2025

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26/07/2025

La littérature

25/07/2025
21/07/2025

LEÇONS 15 A 19 : LA CIVILISATION MUSULMANE

INTRODUCTION
Troisième religion révélée, l’Islam est né au VIIème siècle dans la péninsule arabique. Il est aujourd’hui pratiqué par plus de 1 milliard d’adeptes, à travers toutes les régions du monde. Religion monothéiste révélée au prophète Mouhammed, l’Islam s’appuie sur le coran, livre sacré et se caractérise par son dynamisme, malgré les nombreux courants qui le traversent et qui sapent son unité organique. La Umma tente de s’organiser à travers des organisations telles que l’Organisation de la Communauté Islamique.
Depuis la disparition du bloc de l’Est et la crise des idéologies occidentales, l’Islamisme s’oppose au capitalisme triomphant.



I. LA NAISSANCE DE L’ISLAM
1. Mohammed reçoit la révélation
La religion musulmane apparait au VIIème siècle de l’ère chrétienne. Le prophète Mohammed est né vers 570 à la Mecque.À l'âge de quarante ans, Mohammed reçut sa première révélation de Dieu par l'intermédiaire de l'ange Gabriel, lors de l’une de ses retraites dans une grotte du mont Hira, qui lui signifia qu’il a la mission de messager de Dieu. Les révélations se poursuivirent pendant vingt-trois ans.
L’opposition violente de l’aristocratie mecquoise contraint Mohammed, en 622, à l’exil à Yathrib (la future Médine): c’est l’Hégire qui marque le départ de l’ère musulmane. De Médine, il mènera plusieurs batailles contre les Mecquois. En 630, il s’empare de la Mecque. En 632, il disparaît à Médine.
2. Les principes de l’Islam dans le Coran
Islam est un mot arabe signifiant paix. Dans le contexte religieux, Islam signifie soumission à la volonté de Dieu. En tant que révélation, divine, il implique la foi en un Dieu unique et absolu, Allah et à son envoyé Mohammed. L’Islam exige une soumission inconditionnelle à Dieu et à sa volonté. Il condamne toute association à Allah d’une autre divinité, tout attachement à un être ou une cause pouvant faire oublier dieu ou de s’éloigner de lui. Il s’affirme non seulement comme la foi en un Dieu unique, mais aussi comme un cadre juridique de toute vie personnelle ou collective, constitué par la loi islamique ou charia.
Le message de l’Islam est un message de paix de liberté, de fraternité et de charité. Religion universelle, l’Islam a réussi à unir Arabes, Persans, Noirs, Blancs, Américains, Turcs, Indiens, Chinois…dans une seule communauté (Umma) sans distinction de couleurs de peau, de langues ou de rang social.
3. Une expansion rapide
Par leur position géographique, les territoires de Syrie et de Palestine sont les premiers à subir les raids musulmans. L'offensive contre les territoires du Nord dominés par les Byzantins commence dès 632, à peine quelques semaines après la mort du Prophète. Damas est prise une première fois en 635, perdue puis définitivement reconquise fin 636. La même année, une armée envoyée par l'empereur byzantin Héraclius est défaite par les musulmans à Yarmuk. Les Byzantins se replient alors vers le Nord pour tenter d'y réorganiser leur défense ; Jérusalem tombe en 638. Deux ans plus t**d, les musulmans deviennent les maîtres de la Syrie. Dès 639, les musulmans se lancent à la conquête de l'Egypte. Quant à l'Empire P***e sassanide, il ne résiste pas à la défaite de Névahend en 642. Les musulmans s'emparèrent de Persépolis en 648 et de Kaboul en 652.
En une centaine d’années, l’Islam se diffuse rapidement à l’ensemble du bassin méditerranéen par l’intermédiaire des Arabes qui conquièrent l’Afrique du nord peuplée de longue date par les Berbères, puis, la péninsule ibérique dirigée par des peuples germaniques. En Europe Occidentale, ils sont arrêtés à Poitiers par Charles Martel en 742.
La rapidité de la conquête s'explique par plusieurs facteurs, en premier lieu la faiblesse des empires byzantin et sassanide, sortis d'une guerre de cinquante ans ; mais aussi l'effet de surprise pour les Byzantins (les Arabes n'ayant jamais constitué un danger), l'enthousiasme religieux (guerre sainte), l'intendance de qualité (tradition caravanière) et une parfaite connaissance du terrain.
II. DIVERSITE ET ORGANISATION DU MONDE MUSULMAN
1. Les courants dans l’Islam
La religion islamique est unie, mais les expressions sont différentes du fait de la sensibilité des peuples qui composent la Umma. On distingue deux grandes branches :
- les Sunnites : composés de quatre courants, Hanafite, Malikites, Chaféites et Hanbalites. Les Sunnites sont majoritaires dans le monde islamique et prennent pour critère de foi la sunna du prophète et de ses compagnons. Ils estiment que le calife doit être choisi en fonction de son érudit, sa sagesse… et non son appartenance familiale.
- les Chiites : Ils représentent 10à 15 % des musulmans et sont les partisans d’une continuité dans la descendance du prophète. Ils ne reconnaissent que l’autorité religieuse des imans descendants d’Ali.
L’Islam n’a pu imposer une uniformité comportementale de tous ses adeptes. Tout au contraire, en se "délocalisant", l’Islam a puisé dans le fonds culturel des peuples non-arabes qui ont élargi sa base d’expansion territoriale, renforcé sa vitalité confessionnelle et consolidé ses ambitions universelles. Si nous prenons pour exemple l’Afrique occidentale, de l’atlantique à la boucle du Niger, les croyances traditionnelles sont restées vivaces dans l’esprit des populations qu’elles soient urbaines ou rurales. Elles ont conduit à une modification notable des organisations et pratiques religieuses importées. Au Sénégal, le phénomène des regroupements confrériques musulmans s’explique en partie par le très fort sentiment des populations sénégalaises d’appartenir à une vieille civilisation dont les valeurs doivent être préservées à tout prix. C’est ainsi que la création des grandes confréries religieuses musulmanes que sont les Mourides, les Tidjanes, les Khadres et les Layènes du Sénégal constituent aux yeux des populations, une réponse culturelle donnée à l’absence de clergé et donc d’autorité formelle qui caractérise l’islam sunnite.
2. Les tentatives d’organisation de la Umma
La Umma regroupe des Etats pétroliers très riches et des Etats pauvres comme la Sierra Léone ou le Niger. Organiser tout ce monde et faire face aux défis du XXIème siècle tel est la mission dévolue principalement à l’Organisation de la conférence islamique. L’OCI est créée, en septembre 1969 au
Maroc, en pleine crise palestinienne, après l’incendie de la mosquée Al-Qods de Jérusalem, 3ème grande mosquée de l’Islam. Son objectif initial était alors de prendre en charge la lutte du peuple palestinien. La charte de l’OCI signée, en 1972 à Djeddah, vise à sauvegarder les lieux saints et soutenir la cause palestinienne, mais aussi la consolidation de la solidarité islamique entre les Etats membres, le renforcement de la coopération et l’élimination de la discrimination raciale et du colonialisme sous toutes ses formes.
L’OCI regroupe 57 pays membres, ce qui en fait est aujourd’hui la deuxième plus grande organisation intergouvernementale après les Nations unies
La solidarité islamique se manifeste à travers les nombreux dons et subventions alloués aux pays pauvres de la Umma par les pays riches à travers des ONG comme le Fonds Koweitien de Développement et le Secours Islamique France (SIF), fondé en 1991 qui a une vocation sociale et humanitaire. Il soutient les populations défavorisées dans plus de 30 pays.
Le 11ème sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), en mars 2008 à Dakar a mis en place Un observatoire contre l’"islamophobie", afin de faire échouer toutes les campagnes de diffamation tendant à présenter l’Islam comme une religion de violence, de guerre ou de terrorisme. Elle s’est engagée à venir en aide aux pays sous-développés, notamment à travers un Fonds de solidarité islamique mis en place depuis 2007, grâce à l’appui de la Banque islamique de développement (BID), d’un montant provisoire de 2,5 milliards de dollars.
La nouvelle charte signée à Dakar veut faire de l’OCI un acteur international reconnu, de par sa contribution à l’instauration de la paix et la sécurité internationales, de l’entente et du dialogue des civilisations et la promotion des relations d’amitié et de bon voisinage, ainsi que le respect mutuel et la coopération.
III. L’ISLAMISME FACE A LA CRISE DES IDEOLOGIES
1. L’islamisme, une doctrine politique
L’islamisme est un courant politique qui prône l’installation d’un Etat islamique. Il vise une application intégrale de la charia à tous les aspects de la vie quotidienne, la soumission de l’existence humaine dans toutes ses dimensions individuelles comme collectives à la loi coranique. L’islamisme est donc une idéologie qui se sert de l’Islam pour asseoir son autorité et accéder au pouvoir politique. Il est à distinguer de l’Islam, car, si tous les islamistes sont musulmans, tous les musulmans ne sont pas islamistes.
Au 19ème siècle, le triomphe de la Révolution industrielle et la domination du monde arabe par les puissances occidentales avaient affaibli l’islam. L’islamisme était alors, un moyen de lutter contre la colonisation. Jusqu’au début des années 1990, l’islamisme était en retrait à cause des rivalités entre capitalisme et communisme pendant la Guerre Froide. A la disparition du communisme, Francis Fukuyama avait prophétisé la fin de l’histoire et le début de la pensée unique. Ce fut une erreur de sa part, car la place laissée vacante par le communisme va être occupée par l’islamisme.
L’essor de l’islamisme est lié, d’une part à l’échec du capitalisme dans les sociétés du tiers-monde où il s’est imposé. En effet, il y a créé des inégalités sociales très fortes, développé l’individualisme, la corruption, la perte de la dignité humaine, autant de maux combattus par l’Islam. Par contre, l’islamisme puise ses valeurs dans le coran et la sunna du prophète et prône la solidarité, la tolérance, l’humilité…, interdit l’injustice, l’égoïsme, le mensonge… D’autre part il est lié aux humiliantes défaites du monde arabe face à Israël soutenu par les occidentaux et principalement les Etats-Unis d’Amérique.
La première victoire de l’islamisme fut obtenue en 1979 avec la révolution iranienne qui porta l’ayatollah Khomeiny à la tête de l’Iran
L’essor de l’islamisme dans le monde à amener Samuel Huntincton à évoquer le choc des civilisations.
2. Les modes d’actions des islamistes
On distingue deux principaux modes d’action, l’un violent, l’autre pacifique :
- Le mode violent : il est porté par les intégristes djihadistes qui prônent une application stricte de la charia. (Membres d’Al-Qaïda, Talibans en Afghanistan et au Pakistan, Aqmi en Afrique…). Ils commettent des attentats contre les occidentaux ou leurs intérêts, pour faire passer leurs messages : attentats à New York (11sept.-11), à Bali (Indonésie), à Londres, à Djerba (Tunisie), d’autres comme Aqmi s’adonne à des rapts d’occidentaux. Ils sont en conflit avec l’occident.
- Le mode pacifique : il est utilisée par les islamistes modérés et consiste à diffuser les principes islamiques à partir de cassettes, par des causeries, des conférences… afin de susciter des adhésions volontaires des individus aux thèses des islamistes.
CONCLUSION :
La civilisation musulmane est portée par des valeurs fortes et positives et continues de rayonner dans le monde, mille trois cents soixante-dix-neuf ans après la mort du prophète. Seconde grande religion par le nombre, derrière le Christianisme, l’Islam est aujourd’hui l’objet de plusieurs attaques venues de l’occident qui lui trouve un certain archaïsme. L’OCI tente de faire face à ces attaques en organisant la Umma et en encourageant le dialogue islamo-chrétien.

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21/07/2025

LEÇONS 10 A 14 : LES CIVILISATIONS NEGRO-AFRICAINES

INTRODUCTION
Le mode négro-africain regroupe les pays situés au sud du Sahara. C’est un espace géographique compris entre le tropique du Cancer et le Cap de bonne espérance. Berceau de l’humanité, le monde négro africain a développé de brillantes civilisations, mais a connu une évolution mouvementée à cause des agressions extérieures. L’Islam et la colonisation ont eu des impacts considérables sur les cadres de vie des populations.
I. LA NOTION DE CIVILISATION
La civilisation se définit comme étant l’ensemble des manifestations et pratiques culturelles, mais aussi l’ensemble des valeurs intellectuelles, philosophiques ou spirituelles, visibles et invisibles, subjectives ou objectives qui donnent à un peuple un esprit et une âme et qui se manifeste à travers le manger (culinaire), le parler (l’art oratoire), le faire (l’artisanat, la musique, le chant, la danse) et l’Etre en tant que manière de penser.
La définition se base sur des faits sociologiques bien précis : croyance, coutume, mœurs, langues, institutions politiques, sociales, économiques.
Une civilisation doit pouvoir définir des attitudes à suivre devant des faits naturels et surnaturels. Elle doit pouvoir donner des réponses aux grands problèmes moraux, métaphysiques, sociaux et politiques. Pour donner de telles réponses la civilisation se base sur les traditions.
En définitive, la civilisation est comprise comme l’ensemble des caractères appartenant à une certaine société, vivant sur un territoire déterminé à un certain moment de son histoire.
Les grandes civilisations se diffusent grâce aux guerres, aux langues commerciales, aux échanges intellectuels, à la colonisation, la religion, les masses médias…
II. L’ORIGINALITE DES CIVILISATIONS NEGRO-AFRICAINES
Elle réside dans l’organisation sociale, économique, les institutions politiques et les croyances religieuses.
1. Les structures sociales
La société négro-africaine est essentiellement communautaire et hiérarchisée. Les individus sont regroupés en clans et tribus, mais l’élément fondamental reste la collectivité familiale. Dans le clan, tous les membres sont frères et sœurs sous l’autorité d’un patriarche. Le pouvoir est gérontocratique et un conseil des anciens assiste le chef et participe à la prise de décision. Chaque unité sociale forme un tout au sein duquel l’homme se sent pleinement intégré. Un profond lien de solidarité unit les membres de la famille, du clan, tous sensibles à leur commune appartenance. En général, les mariages sont des alliances scellées par la dot.
Les jeunes, pour accéder au groupe des adultes doivent être initiés : circoncision, excision, scarification…
La société négro-africaine est fortement hiérarchisée et comprend 3 groupes :
- Les Nobles : on naît noble. On les trouve à la tête de l’État et de l’armée.
- Les hommes libres et les gens de castes : Ils sont artisans ou agriculteurs et travaillent pour leur propre compte. Les gens de castes sont spécialisés dans le travail artisanal. En général les gens de caste ne peuvent se marier qu’entre eux.
- Les esclaves : ils sont au bas de l’échelle sociale. Ce sont les principaux producteurs de la société. Ils ont des descendants et possèdent des cases et des terres. Ils peuvent être affranchis.
2. Les institutions politiques
On distingue plusieurs formes d’organisations politiques :
- La tribu : c’est un assemblage de clans liés en général par la langue. A sa tête, il y a un chef qui à un caractère religieux. Celui-ci est assisté d’un conseil de chefs de clans et de dignitaires.
- Le royaume : La monarchie constitutionnelle est la forme la plus répandue : c’est un état centralisé. Le roi appartient à la lignée fondatrice du royaume. Il avait un caractère sacré et détenait tous les pouvoirs politiques militaires et religieux. Mais son pouvoir est limité par des conseillers et surtout par des coutumes ancestrales. En réalité, le roi règne mais la coutume gouverne.
- Les sociétés égalitaires : Dans certaines sociétés comme en basse Casamance, on note une absence d’hiérarchie. Le pouvoir était collectif et détenu par les anciens.
3. Une économie rurale
Dans les sociétés négro-africaines, on note une spécialisation de certains groupes sociaux : agriculteurs, éleveurs. Chasseurs…
L’agriculture de substance, pour les besoins de l’alimentation, est la principale activité économique. La terre était une propriété collective avec un système de faire valoir direct, mais le travail se fait en commun.
Chez les éleveurs Peuls, le bétail, signe de richesse, peut être une propriété collective ou individuelle.
Le système de troc a permis l’échange des produits, mais l’Afrique a connu aussi la monnaie faite de coquillages (cauris) ou de pièces métalliques.
4. Les religions traditionnelles
Elles sont marquées par une croyance vivace en l’existence de deux mondes : visible et invisible. Entre ces deux mondes, l’homme est le sujet central, à la fois matérielle (corps), et immatérielle (âme). La mort n’est pas la fin de la vie, mais sa continuation et les morts restent des membres de la société. Ils veillent sur les vivants.
L’animisme est la religion première des africains qui croient en l’existence d’une divinité supérieure. Mais, ils ne peuvent l’atteindre que par l’intermédiaire des génies, des esprits, les mânes des ancêtres auxquels est voué un culte quotidien. On fait souvent des offrandes aux génies, aux divinités, et aux ancêtres.
III. LES BOULEVERSEMENTS DE LA CIVILISATION NEGRO-AFRICAINE
La pénétration de l’Islam, du Christianisme et la colonisation ont provoqué des mutations profondes dans les sociétés négro-africaines jusqu’à leur faire perdre leur authenticité.
1. Les transformations sociales
Elles se traduisent par l’apparition d’une nouvelle hiérarchie sociale. La bourgeoisie noire, constituée de grands planteurs, de commerçants, de hauts fonctionnaires et d’hommes d’affaires, est au sommet de la nouvelle hiérarchie sociale. Des élites aliénées, méprisant leurs cultures sont devenues les subalternes dans l’administration coloniale. Cette bourgeoisie a un niveau de vie très développé qui tranche avec celui de leurs compatriotes. En effet, à côté de cette classe favorisée, on trouve les petits salariés, les ouvriers et les sans-emplois qui constituent la population la plus nombreuse.
La colonisation a entraîné un déséquilibre entre villes et campagnes et l’exode rural. L’introduction de l’argent dans les sociétés a eu pour conséquence la dislocation des familles. L’individu à la recherche de l’argent tend à se délivrer de la tutelle familiale.
2. Les bouleversements des structures politiques
La colonisation a entraîné la destruction des royaumes traditionnels. Elle a porté des coups durs aux chefs traditionnels qui ont été écartés du pouvoir, remplacés par des fonctionnaires nommés par l’autorité coloniale. De nouvelles organisations politiques font leur apparition dans les colonies : partis politiques, associations…
La colonisation a provoqué la balkanisation du monde négro-africain, marquée par la création d’une multitude de petits Etats aux frontières héritées du congrès de Berlin qui depuis les indépendances, à l’origine de nombreux conflits frontaliers et de guerres inter étatiques.
3. Les transformations économiques
La colonisation a entraîné un bouleversement de l’économie par l’introduction des cultures commerciales qui ont fait reculer les cultures vivrières, provoquant une insuffisance alimentaire et une alimentation extravertie.
Les infrastructures de transports (routes, chemins de fer, ports, aéroports…) et de transformation (usines) étaient orientées vers l’exploitation des richesses et l’exportation des matières premières vers la métropole, au détriment du développement local. Les importations de produits manufacturés ont détruit l’artisanat africain et freiné l’essor technologique.
4. Les mutations religieuses
L’Islam a bousculé les religions traditionnelles il a apporté l’écriture, le calendrier, changé le mode vestimentaire, le mode d’héritage, enrichi les langues africaines, influencé la pratique du mariage, l’autorité familiale…
Mais on note les survivances de pratiques animistes, les Africains islamisés font du syncrétisme religieux. On parle alors d’un islam noir.
Le christianisme n’a pas eu le même succès que l’islam. Il a eu du succès en Afrique Orientale et en Afrique Centrale. Il a longtemps méprisé en bloc la superstition, le fétichisme et la sorcellerie des africains. C’est ce qui explique que les missionnaires n’aient pas réussi à implanter le christianisme en profondeur. Mais par contre, l’Afrique a africanisé le christianisme car, beaucoup de religions syncrétiques sont nées sur la base des emprunts au christianisme et à l’animisme. Ex. Le Kimbanguisme au Congo ; l’Harrisme en Côte d’Ivoire.
CONCLUSION
La civilisation négro-africaine caractérisée d’une part par l’importance des liens de parenté et la vie communautaire et d’autre part par une économie de subsistance a connu de profondes mutations. Partout les Etats ont mis en place des économies modernes et des systèmes de gouvernement qui parachèvent ainsi la transformation des sociétés résolument tournées vers l’Occident.

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21/07/2025

La décolonisation en Afrique
C-LE CAS DE LA GUINEE BISSAU ET DE L’ANGOLA

INTRODUCTION
L’Empire portugais demeure l’un des derniers bastions du colonialisme blanc dans les années 1960 et 1970 en Afrique. En Angola et en Guinée Bissau, le régime du dictateur Salazar au Portugal s’obstine à maintenir les vestiges de l’Empire portugais. Face à l’attitude de refus de la métropole d’accepter leurs aspirations à l’indépendance, les nationalistes bissau-guinéens et angolais déclenchent la lutte de libération, soutenus par le bloc communiste (Chine, URSS). Ainsi, la décolonisation portugaise contribue ainsi à faire entrer la guerre froide en Afrique.
Il faut attendre la “révolution des œillets” au Portugal en 1974 et la chute de la dictature pour que des indépendances bâclées soient accordées en 1974 et 1975 aux deux colonies. En Angola, le départ précipité des Portugais laisse le pays livré aux mouvements nationalistes rivaux qui vont se faire la guerre.
I. LA POLITIQUE COLONIALE DU PORTUGAL
Pays pauvre, le Portugal tire 25% de son budget de l’exploitation de ses colonies. Il y mène une politique d’assimilation et de ségrégation politique, économique et sociale afin d’accaparer les immenses richesses naturelles, principalement en Angola. L'Acte colonial de Salazar, en 1930, codifia l'unification de l'administration et des finances.
Les habitants des colonies sont divisés en trois groupes : les civilizados (civilisés), les assimilados (assimilés) et les indigènes. Les premiers sont les citoyens portugais, des immigrants, qui ont tous les droits et les seconds sont les noirs et les métis n’ont aucun droit et sont soumis au régime de l'indigénat (impôt, travail obligatoire, châtiments corporels...).
II. LES GUERRES DE LIBERATION
1. La Guinée Bissau
En Guinée Bissau fut fondé, le 19 septembre 1956, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert, le P.A.I.G.C. Son chef Amilcar Cabral, lança, en 1963 la lutte armée. Disposant de conditions physiques et sociales par la mobilisation des populations paysannes favorables et de soutiens extérieurs (Guinée Conakry, Sénégal, URSS…) les cinq mille combattants du PAIGC réussissent à faire face aux 40000 soldats portugais et à contrôler, en 1969, les deux tiers du pays. Dans les territoires sous son contrôle, Amilcar Cabral y crée des comités de village (composés de cinq membres, dont obligatoirement deux femmes), chargés de l’organisation sociale des zones libérées, par exemple : la construction d’écoles, de postes sanitaires et d’hôpitaux de brousse. En moins de dix ans, 300 infirmiers et 400infirmières sont formés, ainsi qu’une dizaine de médecins – à comparer aux 35 infirmiers et infirmières issus de l’administration coloniale et dénombrés en 1956, pour l’ensemble de la Guinée Bissau et du Cap Vert. Une autre priorité du PAIGC est l’enseignement, avec la construction d’écoles et l’admission des filles dans les écoles du maquis : 200 écoles sont construites pendant les onze années de lutte, 20 000 enfants sont scolarisés en internat ou semi-internat, tandis que 300 élèves sont envoyés à l’étranger dans des écoles professionnelles ou supérieures. Le Portugal lui, en 500 ans de colonisation (fondation de Cacheu en 1588), n’avait scolarisé que 2 000 enfants, soit quatre par an, et formé 14 universitaires. La pertinence des réformes initiées par le PAIGC amène, en novembre 1972, l’ONU à le reconnaître comme « seul et authentique représentant des populations ».
Malgré l’assassinat d’Amilcar Cabral, le 20 janvier 1973 à Conakry, par un dissident du PAIGC, l’Assemblée Nationale Populaire proclame l’indépendance le 24 septembre 1973.
2. L’Angola
L’Angola comptait à l’époque environ 4 millions de Noirs, moins de 80000 Blancs et environ 30000 assimilados. A la naissance trois mouvements de libération à caractère ethnique, qui s’opposent de par leurs idéologies, leurs zones d’influence et leurs alliés extérieurs, ont vu le jour en Angola :
- l’Union des Peuples du Nord de l’Angola (UPNA), créée en 1954 et dirigée, à partir de 1957, par Holden Roberto. Il devient en 1962 le Front National de Libération de l’Angola (FNLA). Capitaliste, elle défend l’ethnie Bakongo du Nord.
- le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA), crée en 1956 par Mario de Andrade et dirigé dès 1957 par Agostinho Neto. Communiste, il s’appuie sur l’ethnie Kimbundu du Centre Ouest.
- l’Union Nationale pour l’Indépendance totale de l’Angola (UNITA), créée en 1956 par Jonas Savimbi. Capitaliste, elle s’appuie sur l’ethnie Ovimbundu.
La guerre de libération débute en 1961 par l’attaque du MPLA de la prison de Luanda et l’insurrection déclenchée dans le Nord par l’UPNA contre les planteurs de café portugais et qui fait 1800 morts du côté des colons. La guérilla est ravitaillée en armes par les pays voisins et par les deux grandes puissances : l’UNITA, par le Zaïre (actuel RDC), la Zambie et les Etats-Unis ; le MPLA par l’URSS.
A cause des rivalités entre les mouvements et l’immensité du territoire, les résultats de la lutte de libération sont médiocres jusqu’en 1974.
III. LA MARCHE VERS L’INDEPENDANCE
1. Le changement de régime au Portugal
L’échec de la politique portugaise en Afrique et les revers militaires en Guinée Bissau et en Angola entraînent un coup d’Etat au Portugal. Le 25 avril 1974, l’armée renverse le gouvernement de Marcelo Caetano et place à la tête de la révolution le général Spinola, l’un des principaux protagonistes du putsch. Le 1er mai 1974, des milliers de portugais manifestent dans les rues, un œillet rouge à main, pour soutenir la révolution : c’est la révolution des œillets. Désormais, la révolution a l’appui du peuple, elle peut donc commencer les négociations avec les colonies. Le mot d’ordre est « Démocratie chez nous, Décolonisation en Afrique. » Un cessez-le feu est signé le 6 mai 1974.
2. Les Indépendances
Pour la Guinée Bissau, les négociations commencent le 25 mai 1974 à Londres. Mais elles butent sur le refus du Portugal d’une indépendance immédiate, associée à celle du Cap-Vert. Avec le changement de gouvernement au Portugal, le 13 juillet 1974 et la médiation du secrétaire général de l’ONU, Kurt Waldheim, les négociations conduisent, le 10 septembre 1974, à l’indépendance de la Guinée Bissau. D’autres négociations conduiront, le 5 juillet 1975, à celle du Cap-Vert.
En Angola, la Révolution des Œillets provoque une redéfinition des relations avec les mouvements de libération. Un cessez-le-feu est conclu avec l’UNITA en juin 1974 et avec les autres mouvements en octobre 1974. Un gouvernement de transition dirigé par le général Silva Cardoso, comprenant six membres de chaque mouvement, devait être nommé et une constitution provisoire adoptée en janvier 1975, en attendant l'indépendance fixée pour le 11 novembre 1975.
Dès le 26 mars 1975, une guerre civile opposant les mouvements de libération éclate dans un contexte international marqué par la Guerre Fraîche. La situation chaotique dans le pays est accentuée par l'appui de l'URSSet de soldats cubains au MPLA, et celui des Américains et de troupes sud-africaines au FNLA et à l’UNITA. Le MPLA et son chef, Agostinho Neto, prendront le contrôle du pays en 1976 et son gouvernement sera reconnu officiellement, le 17 février 1976 par la CEE et Le Portugal.
CONCLUSION
Les décolonisations de ces deux colonies portugaises s’achèvent après de longues années de guérilla : onze ans en Guinée Bissau et quatorze ans en Angola. L’indépendance des possessions portugaises se traduit par le brusque départ des colons portugais : 500 000portugais vont retourner au Portugal. L’indépendance ne débouche pas pour autant à unestabilité politique, car elle fut prolongée en Guinée Bissau par de nombreux coups d’Etat militaires et, en Angola par une guerre civile qui ne prend véritablement fin qu’avec la mort de Jonas Savimbi en février 2002.

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21/07/2025

La décolonisation en Afrique Noir
B-LE CAS DU SENEGAL

INTRODUCTION
De toutes les colonies françaises d’Afrique, c’est le Sénégal qui bénéficiait le plus des faveurs de l’administration métropolitaine : réseau routier, installations portuaires les plus modernes, industries, sans oublier Dakar, capitale de l’AOF.
Le Sénégal a connu une décolonisation pacifique, voire" offerte", qui s’est déroulée dans le cadre des réformes institutionnelles entreprises par la métropole française, après la seconde guerre mondiale, dans ses colonies.
I.L’EMERGENCE DU NATIONALISME ET L’EVOLUTION DE LA LUTTE ANTICOLONIALE
1. L’émergence du nationalisme
Après la conquête coloniale, le Sénégal devient une colonie française avec deux statuts bien distincts : les territoires annexés des « 4 communes » (DAKAR, GOREE, RUFISQUE, ST-LOUIS) dont les habitants sont « citoyens français », régis par les lois françaises et les territoires protégés de l’intérieur du Sénégal où les populations sont des « sujets français », régis par le code de l’indigénat. Mais, quel que soit le statut des populations indigènes, celles-ci vivaient les mêmes conditions de pauvreté, de misère, et de marginalisation politique, économique et sociale. En fait tous les pouvoirs étaient concentrés entre les mains du Gouverneur de la colonie et de ses collaborateurs blancs et métis. Par l’exploitation des populations, la France pillait les ressources naturelles agricoles de la colonie.
C’est dans ce contexte qu’est né le nationalisme sénégalais qui va s’organiser autour des partis politiques, de syndicats, d’organisations de paysans et d’étudiants, pour mener la lutte anticoloniale.
Le mouvement nationaliste s’était déjà montré actif avant la Seconde Guerre Mondiale. En 1919, les premières grèves ouvrières avaient contribué à éveiller la conscience nationale et des syndicats furent crées, qui devinrent légaux en 1937. Entre 1932 et 1934, le concept de négritude fut forgé par Senghor, Césaire et Damas.
Après la Seconde Guerre mondiale, en contre partie de leur aide économique et militaire, les Sénégalais espéraient obtenir un assouplissement du régime colonial. Le refus de la France de réintégrer des anciens combattants ou de les rémunérer convenablement entraîna la mutinerie des tirailleurs sénégalais et le massacre de Thiaroye, le 30 novembre 1944.

2. Une évolution dans le cadre des réformes institutionnelles françaises
Après la Seconde Guerre mondiale, le processus menant à l’indépendance du Sénégal s’est déroulé dans le cadre des réformes institutionnelles introduites par la France dans ses colonies. C’est ainsi que dans le processus, on distingue les étapes suivantes :
- La Conférence « française- africaine » de BRAZZAVILLE de 1944.
En1944, la France est assurée de la victoire prochaine des Alliés sur les pays de l’Axe. Elle envisage de réorganiser ses colonies d’Afrique noire pour mieux les exploiter mais aussi pour se protéger des menaces des mouvements anticoloniaux qui se profilent en Asie et en Afrique du nord (Vietnam, Algérie). Pour réaffirmer son autorité dans les territoires coloniaux, la France convoque du 30 janvier au 8 février 1944 la conférence de Brazzaville. Elle regroupe les gouverneurs des colonies, les commandants de cercles et les hauts fonctionnaires de l’administration coloniale française. Aucun Africain de l’AOF, de l’AEF et de Madagascar n’est invité. Simple réunion d’administrateurs coloniaux, elle ne préfigurait en rien une quelconque indépendance ni même une simple autonomie. Elle se limitait à des réformes administratives et sociales, dénudées de tout prolongement politique
Les nationalistes africains qui ont soutenu la France dans la guerre, ayant pourtant fondé beaucoup d’espoir sur cette conférence et s’attendant à une évolution favorable de leurs colonies vers l’autonomie interne, furent déçus. La lutte anticoloniale se radicalise alors à travers des manifestations de protestations populaires qui obligent la France à réformer le statut de ses colonies.
Le 22 août 1945, une ordonnance établit que les élections auront lieu, outre-mer au Double Collège, qui comprenait d’une part les citoyens français et ceux des quatre communes, et d’autre par les "indigènes". En novembre, Lamine Gueye est l’élu du Premier Collège, Léopold S. Senghor, celui du
Second. Les deux appartenaient à la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière), ancêtre du Parti Socialiste français.
- La réforme de l’UNION FRANÇAISE de 1946.
A la fin de la 2nde guerre mondiale, le contexte international est favorable à la décolonisation. En fait l’ONU, les USA et l’URSS sont opposés à toute forme de domination coloniale. En plus il faut ajouter qu’en Indochine Hô Chi Minh était sur le point de déclencher la guerre de libération nationale.
La France soumise à ces multiples pressions aussi bien internes qu’externes, décide de mettre sur pied une nouvelle Constitution à laquelle les députés sénégalais à l’Assemblée nationale française, Lamine Gueye et Léopold S. Senghor participent à l’élaboration.
La constitution de 1946 crée l’Union Française, qui modifie le statut des colonies qui deviennent des "départements et territoires d’outre-mer" (DOM-TOM). La réforme est acceptée par les nationalistes modérés, car « l’Union Française » offrait un certain nombre de privilèges qui allaient faciliter la lutte anticoloniale. Ex : une Assemblée territoriale est créée dans chaque colonie, les droits d’association et de réunion sont reconnus et autorisés, ainsi que la liberté de presse. Un Conseil législatif est élu et chargé de voter le budget colonial et de fixer les tarifs des impôts.
Le 25 avril 1946, est votée la loi dite "Lamine Gueye" qui donne la citoyenneté française à tous les Africains de l’AOF. Le travail forcé, de même que le code de l’indigénat sont abolis.
Aux élections législatives de 1946, Senghor et Lamine Gueye sont réélus. Lamine Gueye devient secrétaire d’Etat à la présidence du conseil du Gouvernement de Léon Blum. Senghor élu sous l’étiquette SFIO ne t**de pas à comprendre que seul un parti authentiquement africain peut permettre de répondre aux aspirations du peuple. Il fonde, en 1948, avec son ami Mamadou Dia le Bloc Démocratique Sénégalais (BDS). Celui-ci, soutenu par les masses paysannes remporte, en 1951, les élections de l’Assemblée territoriale. D’autres partis politiques apparaissent sur la scène politique : l’Union Démocratique Sénégalaise (UDS) de Abdoulaye Gueye et le Parti Africain pour l’Indépendance (PAI) de Majmout Diop. Tous ces partis revendiquent l’indépendance du Sénégal mais dans la rivalité. La France profite pour quelques temps de cette division mais, la fin de la guerre en Indochine (juillet.1954) et le début de la confrontation militaire en Algérie et la conférence de Bandoeng en 1955 remettent la pression anticoloniale sur la France. C’est dans ce contexte qu’en 1956, elle procède à une 2nde réforme.
- La réforme de la « LOI CADRE » ou LOI GASTON DEFERRE de 1956.
Le 23 juin 1956, l’Assemblée Nationale vote la Loi-cadre de Gaston Déferre. Celle-ci modifie le statut des colonies d’Afrique noire. Elle accorde le suffrage universel aux populations, renforce les pouvoirs de l’Assemblée Territoriale et opère une décentralisation administrative. L’OAF est divisée en huit états. Cette mesure constitue une promotion pour les populations indigènes dans les colonies où il est institué un Exécutif local appelé le Conseil du Gouvernement.
Au Sénégal, Mamadou Dia est nommé vice-président de ce Conseil alors que la présidence est réservée au Gouverneur de la colonie. Il faut noter qu’à cette période la vie politique a redoublé d’intensité par le renforcement des Partis à travers des associations et des fusions diverses. Ex : le BDS fusionne avec l’UDS pour donner naissance au BPS (Bloc Progressiste Sénégalais). Ce parti gagne les élections législatives de 1957 face au parti de Lamine Gueye, le PSAS (Parti Sénégalais d’Action Sociale). Plus t**d, le BPS et le PSAS fusionnent pour donner naissance à l’Union Progressiste Sénégalaise (UPS). Cependant toutes ces réformes de la loi cadre ne satisfont pas les aspirations des nationalistes pour l’indépendance. En fait, les vrais pouvoirs de décisions restent toujours entre les mains de la France à travers le gouverneur de la colonie et ses proches collaborateurs.
Avec l’indépendance de la Gold- Coast en 1957, la loi cadre paraît dépassée. Sous la pression plus insistante des nationalistes la France procède à son ultime réforme conduisant les colonies d’AOF à l’indépendance.
II. LA MARCHE VERS L’INDEPENDANCE
1- La réforme de la Communauté franco-africaine de 1958
Les gouvernements trop instables de la IVe République française, incapables de gérer le mouvement d’indépendance surtout avec la crise algérienne, entraîne, le 1er juin 1958le retour de De Gaulle au pouvoir. Le 28 juillet 1958, il fait adopter une nouvelle constitution de la Ve République, qui transforme l’Union Française en une Communauté française, une sorte de confédération qui regrouperait la France et ses colonies. En août 1958, De Gaulle se rend dans les colonies d’Afrique noire pour proposer un référendum d’autodétermination : « Oui » pour rester dans la communauté, ou « Non » pour l’indépendance immédiate. Mais dans cette communauté, le pouvoir réel de commandement demeure toujours entre les mains de la France. Ex : la présidence, la politique étrangère, l’économie, la défense, la communication, la justice l’enseignement supérieur sont confisqués par les autorités coloniales françaises.
Au Sénégal les avis sont partagés : Au sein de l’UPS, Senghor et Lamine Gueye proposent de voter pour le « Oui », tandis qu’Abdoulaye Ly, Amadou MoctarMbow et AssaneSeck sont favorables au « Non ». Ils quittent l’UPS et créent plus t**d le Parti du Rassemblement Africain du Sénégal (PRA).
Le « oui » l’emporte massivement, lors du référendum du 28 septembre 1958 : 97,6% soit 870 000 voix pour le OUI contre 21000 voix pour le NON. Le parti dominant de Senghor, l’UPS, et les autorités religieuses ont pesé de tout leur poids. Le 5 novembre 1958, le Sénégal devient une République. La capitale est transférée de Saint louis à Dakar.
2. L’indépendance dans l’éphémère fédération du Mali
En 1959, Léopold Sédar Senghor du Sénégal et Modibo Keita du Soudan occidental, opposés à la "balkanisation de l’Afrique "décident de regrouper le Sénégal, le Soudan, la Haute-Volta, le Niger, le Dahomey, la Côte-d’Ivoire et la Mauritanie dans une fédération appelée « Fédération du Mali ». Mais tous les autres pays finissent par se retirer et la fédération se limite à ses deux premiers créateurs. Le 20 Janvier 1960, après avoir signé un accord de coopération technique et économique avec les deux pays, la France accorde au Sénégal et au Soudan l’indépendance. Le 4 Avril 1960 marque le transfert des compétences de la Communauté Française à la Fédération du Mali. Modibo Keita est nommé président du gouvernement fédéral, Mamadou Dia vice-président et Senghor président de l’Assemblée fédérale. Dakar devient la capitale de la fédération.
Mais, des divergences idéologiques entre Modibo Keita, d’obédience marxiste et Senghor, socio-démocrate, entraînent des options politiques différentes et conduisent à l’éclatement de la Fédération du Mali, dans la nuit du 19 au 20 août 1960. Le 20 août 1960, au matin, le Sénégal proclame officiellement son indépendance. Un régime semi-présidentiel est mis en place Senghor est président de la République et Mamadou Dia président du Conseil. La date du 4 avril est retenue comme date officielle de commémoration de l’indépendance du Sénégal.
En décembre 1962 Senghor évince Dia et fait voter une nouvelle constitution qui dote le Sénégal d’un régime présidentiel fort.
CONCLUSION
Au mois d’août 1960, le Sénégal est enfin indépendant. Après une longue lutte politique marquée par plusieurs réformes successives, la France finit par accepter l’indépendance en raison de la détermination des nationalistes, notamment de leurs leaders politiques Senghor, L. Gueye et Mamadou Dia. Le régime bicéphale installé ne dure que 2 ans car, en décembre 1962, le président du Conseil M. Dia est renversé. Par Senghor qui installe un régime présidentiel fort.

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