14/02/2023
Sujet 1 : la Philosophie délivre-t-elle l’esprit humain de toutes ses chaînes ?
«Il est attendu de l’élève qu’il montre que la Philosophie est d’abord une école de libération mentale et intellectuelle. Donc, en toile de fond, la spécificité de la démarche philosophique consiste justement à observer un recul critique à l’égard de toutes les idées reçues, de toutes les opinions naïves et spontanées, car le mot «délivrer» renvoie à la notion de liberté, ainsi que la mention esprit humain qui montre que l’on parle de liberté intellectuelle. Nous avons ensuite la notion de chaîne qui renvoie à l’ordre des pesanteurs sociales, des conventions qui sont établies. Cela dit, le sujet invite à penser que la posture du philosophe n’est pas celle de tout le monde, car généralement, ce qui fonctionne comme chaîne fonctionne comme tel chez ce qu’on appelle les hommes du sens commun qui, à l’inverse du philosophe, développent une attitude de soumission et d’acceptation pleine et entière de toutes ses représentations sociales. Donc, l’élève devra montrer que le philosophe est soumis, qu’il décide d’abord de se soumettre à un travail d’évaluation critique, et enfin, se libérer de ces chaînes-là.
Maintenant, dans une autre phase, il sera attendu qu’il puisse montrer que cette délivrance que procure la réflexion critique opérée par le philosophe ne soit pas pleine et entière, que le philosophe appartient à une société et en tant qu’acteur d’une société, il ne pourrait s’en doute pas être libre à l’égard de ce que l’on considère comme chaîne. Et encore une fois, il s’agira de montrer que ce qui le caractérise lui est véritablement un effort pour se libérer de ces chaînes-là, et penser de façon critique et rationnelle.»
Sujet 2 : Tout artiste est un créateur, même quand il imite le réel.
Qu’en pensez-vous ?
«Le piège ici, si je puis l’appeler ainsi, serait, pour le candidat, de réciter mécaniquement son cours, de considérer qu’il y a un moment où l’on conçoit l’Art comme relevant de la création et qu’il y a un autre moment où l’Art relèverait de l’imitation, c’est donc le piège où il ne faudrait pas rentrer. Le sujet dit très bien qu’il est possible d’être artiste créateur et en même tant d’imiter le réel. Donc, toute la subtilité du sujet est dans cette conciliation-là, entre création et imitation. Une manière de montrer simplement qu’en faite, on ne pourrait pas dire que quelqu’un qui imite le réel n’est pas artiste sous le prétexte qu’il ne crée pas des œuvres. Et donc, celui qui imite pourrait revendiquer le manteau d’artiste, mais, c’est quand il imite qu’il retravaille l’œuvre en fonction de sa sensibilité esthétique de son génie et de sa créativité. Il sera attendu en bref qu’il montre parfaitement qu’il est possible de concilier création artistique et imitation de model préexistant, et il sera souhaitable que, par sa culture, lui-même en vienne à donner des exemples d’œuvres qui, certes, relèvent de l’imitation, mais en tant que tel, on a même le sentiment que l’imitation est supérieure au model imité. Voilà donc la perspective à laquelle l’élève peut s’inscrire. Dans une partie critique également, puisque la politique est contradictoire, par ailleurs que le génie que j’utilise, la sensibilité que j’utilise pour retravailler une œuvre déjà existante aurait pu être mis à la production d’œuvres originales qui sont véritablement les marques de mon «moi individuel», mais dans tous les cas, il ne sera pas acceptable que l’élève se borne à une restitution mécanique de l’opposition classique entre l’Art comme imitation et l’Art comme création.»
Par le professeur Songué Diouf LSLL
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