20/08/2020
Par ailleurs, le Mali pourrait ne pas être le seul à en pâtir. Le Sénégal aussi devrait durement ressentir les contrecoups d’une telle mesure.
En effet, le flux de marchandises maliennes qui passent par le Sénégal est énorme. Bamako est un partenaire stratégique du Port autonome de Dakar (Pad). «Le trafic du Mali représente 17 à 18 % du trafic du port de Dakar», révèle le directeur général du Pad Aboubacar Sadikh Bèye, dans le numéro 23 (nov-dec 2018) de «Tam-Tam du Docker», bimestriel du port.
D’après les statistiques du Port autonome de Dakar, le trafic avec le Mali a été multiplié par 10, en l’espace de 10 ans. «Quand tu prends les statistiques de 2002, on était à 500 000 tonnes. Aujourd’hui, on en est à 3 500 000 tonnes», affirme le directeur général des Entrepôts maliens au Sénégal, Fousseynou Soumano, dans ce même journal d’entreprise.
En fait, le Sénégal concentre 65 à 70 % des imports et exports maliens. Cela donne un trafic entre 400 à 500 camions par jour.
Augmentation de la croissante depuis 10 ans
Cette importance stratégique fait que ce pays voisin a droit à beaucoup d’avantages au port de Dakar. «Une zone dédiée spécialement au Mali au môle 3 d’une superficie de 2 350 m2 de magasins couverts, 17 000 m2 de terre-pleins et 50 000 m2 à Bel Air abritant les Entrepôts maliens au Sénégal», rappelait, en 2014, l’ancien DG du Pad Cheikh Kanté. Il y a aussi des tarifs exceptionnels tels que l’abattement de 10 % pour la location de hangars et 50 % sur les redevances maritimes.
Malgré tout, les opérateurs maliens se sentent encore à l’étroit. Depuis quelques années, ils demandent à avoir une extension. «Aujourd’hui, avec les pics que nous avons, il est pratiquement impossible de continuer les activités du Mali au niveau de la zone active du port. Là-dessus, nous avons proposé à ce qu’il y ait une zone neutre en dehors de Dakar, d’un commun accord avec les autorités portuaires et douanières», rappelait Soumano.