12/04/2026
« Il m’a obligé à tricher.
Oui… mon professeur m’a obligé à tricher. »
— Un étudiant me l’a confié, avec remords.
Il est sérieux, impliqué, toujours présent.
Un profil que tout enseignant souhaite accompagner.
Mais ce jour-là, quelque chose n’allait pas.
Lors d’un examen d’un module technique — qui, normalement, doit se faire directement sur l’outil — il leur a été demandé de répondre sur papier.
Il a levé la tête.
Autour de lui, tous ses collègues… sans exception… trichaient.
Pas par manque d’éthique,
mais parce que le système, dans ce moment précis, les y a poussés.
Et là, une question ❓m’a frappé :
Sommes-nous en train d’évaluer des compétences… ou simplement la capacité à reproduire ❓
Quand un étudiant sérieux se retrouve contraint de choisir entre l’échec et la triche, ce n’est pas un problème individuel.
C’est un signal. Un dysfonctionnement. Une urgence.
L’enseignement mérite d’être repensé,
pas seulement dans ses contenus, mais dans ses méthodes, ses évaluations et son sens.
Former, ce n’est pas piéger.
Évaluer, ce n’est pas contraindre.
Enseigner, c’est donner les moyens de comprendre, d’agir et de devenir.