24/06/2025
La solitude d'une émotion simulée , en temps de guerre
Même dans les rares instants de répit, dans les fragments de bonheur fragile, il est possible de ressentir une solitude immense.
Quand la situation s’améliore un peu, quand une journée sans alerte semble un luxe, quand la vie esquisse un sourire discret, il suffit parfois d’un souvenir, d’un bruit, ou d’une absence pour que tout vacille.
On gravit une marche de plus, croyant avancer, et l’on découvre qu’elle est fêlée.
Elle nous blesse, et personne ne semble le remarquer.
Parce qu’en réalité, nous marchons pieds nus.
Nos proches regardent notre sourire forcé, celui que l’on affiche pour les rassurer.
Mais ils ne voient pas ce qui se brise à l’intérieur.
Est-ce une victoire, cette façade que je maintiens ? Ou un échec de ne pas m’autoriser à dire ce que je ressens vraiment ?
Par fierté peut-être, je contrôle.
Par pudeur, je me tais.
Parce que, depuis toujours, on nous apprend à rester « forts ».
On nous apprend à ne pas trop pleurer, à ne pas trop se plaindre, à ne pas trop déranger.
Même lorsque le ciel gronde, que les sirènes hurlent, que les cœurs se brisent en silence.
Mais le jour viendra – parfois sans prévenir – où je ne pourrai plus contenir cette douleur.
Elle débordera, elle se répandra, peut-être brutalement.
Sur ceux que j’aime le plus. Ceux qui ne savent pas, parce qu’ils ne voient pas. Parce qu’ils n’ont pas su demander. Parce que moi, je n’ai pas su dire.
Je pourrai alors crier, accuser, claquer une porte, frapper un mur, lancer une assiette comme on le fait parfois là-bas, dans les Balkans.
Mais je peux aussi choisir un autre chemin.
Celui qui commence avec un souffle. Une respiration.
Je peux écouter les battements de mon cœur.
Me promener malgré la peur.
Caresser un chien, faire la vaisselle, écrire une phrase, dessiner, danser, chanter.
Je peux commencer à nommer mes émotions.
À leur donner une forme.
Pas pour les dramatiser.
Mais pour ne plus les étouffer.
Parce que même en temps de guerre, je mérite d’exister pleinement.
Je mérite de me connaître, de m’accepter, de me dire.
Pas seulement pour survivre, mais pour vivre, au milieu du chaos.
J’ai en moi les outils, la capacité. Et surtout : j’ai le droit.
Le droit d’être en colère, triste, effrayé, seul, vivant.
Le droit de ne pas être toujours « fort ».
Il est temps.
De cesser de saboter nos liens, nos élans, nos vérités.
De commencer, enfin, à guérir.
Avec amour et solidarité,
Valerie – Gestion de la Colère
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