30/05/2021
GeniVens 02
Présentation d’Odette Roy Fombrun
Odette Roy Fombrun est née le 13 juin 1917 à Port-au-Prince.
Et est la fille de l’ingénieur Louis Roy, fondateur de l’École des Sciences appliquées, et Henriette Denis, fille de Darius Denis, sénateur, ministre de l’Éducation nationale.
Elle a 10 frères et sœurs (7e d’une fratrie de 11). Elle a fait ses études primaires et secondaires à Port-au-Prince, à l’Institution Sainte-Rose de Lima. Elle poursuivit ses études professionnelles à l’École Normale d’Institutrices (diplômée en 1935). Elle a épousé Marcel Fombrun, fils du sénateur Charles Fombrun et de Maria St-Léger Perrier, le 25 novembre 1940.
De ce mariage, cette icône est mère de 5 enfants : Marie-Alice, Marie-Claude, Jacques, Daniel et Charles ; grand-mère et arrière-grand-mère de 30 petits et arrière-petits enfants.
Soucieuse, depuis sa jeunesse, des grands enjeux nationaux, sa vie sera consacrée à la recherche de solutions aux problèmes du pays, et en priorité de l’éducation sous toutes ses formes. Parfois, ce sera pour combler un vide comme l’absence d’institutions préscolaires. Ainsi, elle a suivi un cours de gestion d’écoles préscolaires au Nursery Training School de Boston (USA) pour revenir au pays ouvrir le premier jardin d’enfants et mener campagne en faveur de l’éducation préscolaire en Haïti (1949).
À Cuba, où son mari est ambassadeur, elle apprend l’art floral et revient en Haïti ouvrir le premier shop de fleurs, Tabou Fleurs et Parfums (1956).
Elle s’engage aussi dans le social :
-Association des Pupilles de Saint-Antoine dont elle devient présidente
-Association des Anciennes élèves de Sainte-Rose de Lima
-Association des Noelistes, avec Madeleine Paillère pour présidente
-Ligue féminine d’Actions sociales avec Paulette Poujol-Oriol pour présidente
En 1959, la vie de son mari menacée, ils partent en exil avec tous leurs enfants. Après un cours séjour au Mexique, ils obtiennent la résidence aux États-Unis.
À New York où ils arrivent avec très peu d’économies et sans comptes bancaires, ils trouvent refuge dans un petit appartement d’un modeste hôtel de Broadway. Pour joindre les deux bouts, Odette travaille dans un shop de fleurs tout en remplissant les tâches quotidiennes de ménagère, cuisinière et professeure.
Elle apporte son support à son mari dans sa lutte politique pour arriver à unir les Haïtiens de la diaspora. Afin de répondre à la demande de membres de JEUNE HAITI, groupe de jeunes de la diaspora haïtienne résistants à Duvalier, elle rédige un document d’éducation civique destiné aux jeunes que l’on entraîne dans des camps militaires.
En 1961, son mari étant nommé Représentant de l’UNICEF en Afrique, elle le rejoint pour un imprévisible périple devant durer plus de 10 ans. Avec lui, elle visite beaucoup de pays de ce continent qui la fascine : le Congo ex-belge, l’Ouganda, le Kenya, l’Algérie, le Rwanda, Madagascar, l’ile Maurice, l’Ethiopie… Chacun a une culture originale à découvrir ; ce qui l’inspire à rédiger des vies d’enfants de plusieurs de ces pays. Au Congo ex-belge, elle vit une expérience exceptionnelle lorsqu’elle assume un cours bénévole à l’Ecole des Cadres : « Comment réaliser l’Unité africaine en prenant pied sur l’unité tribale et l’unité clanique ». Elle, étrangère et "femme" face à trente hommes, fonctionnaires de l’État. Odette s’inspire du Serment du Bois Caïman et de son histoire comme point d’ancrage pour soulever l’intérêt. Ce fut un véritable succès.
Elle a écrit aussi deux ouvrages de civisme pour la Société missionnaire de Saint-Paul-Apôtre (les Paulistes) : "Aime et sers ton pays" et "Morale civique" utilisés en Afrique.
En Algérie, les catholiques étant peu nombreux, elle a assumé la préparation des enfants à leur première communion, un cours à de jeunes Algériennes désireuses de ret**der leur mariage forcé et, pour le MIAMSI (Comité catholique français), des études demandées par le Vatican dont "Humanae Vitae, Droit des Peuples au développement"...
En Ethiopie, face à la famine qui sévit au Woolo et au drame des victimes, elle porte assistance à des associations de femmes en écrivant des livrets qui seront vendus pour récolter des fonds : "A trip to Ethiopia", "Que faire ? Quoi faire ?"...
Depuis 1981, Odette défend ardemment les droits de l’homme et condamne avec véhémence l’agression manifeste, les embargos commerciaux, la domination flagrante des principales économies mondiales. En février 1986, c’est le retour au pays. Elle présente son étude sur le drapeau et se retrouve dans l’arène politique. Elle s’inscrit au Parti populaire social-chrétien où elle espère défendre ses idées car ce parti est le seul à ne pas avoir de candidat à la présidence. Elle avait présenté 2 documents : "Pour un nouveau Projet de Société" et "Le Konbitisme". En mars 1986, Odette publie son traité sur le “Konbitisme”, un manifeste politique basé sur une coutume haïtienne de “coopération dans le partage des activités”, semblable à une longue tradition du kibboutz en Israël dans les domaines de l’agriculture et de la construction. Dans "Solutions pour Haïti, Konbit Solidarité Nationale", elle précise les options du Konbitisme et explique la nécessité d’un projet à l’échelle nationale de création de richesses pour combattre la pauvreté. En septembre 1986, l'éducatrice a présenté une conférence à Washington sous le thème “La démocratie est-elle possible en Haïti ?". En 1987, elle est une des deux femmes membres de la Commission composée de 9 experts qui rédigent l’Avant-Projet de Constitution, et la plupart de ses recommandations se retrouveront par la suite intégrées dans la Constitution haïtienne de 1987.
De 1990 à 1992, l’activiste préside la “Fondation 91” et dirige la section culturelle de la “Fondation 92”, deux organisations créées dans le but de préparer Haïti à marquer les 500 ans de l’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde. De 1996 à 2000, Odette Roy Fombrun est présidente du Club des Femmes de Carrière (Club international BPW de Port-au-Prince). Elle est aussi membre de la Ligue Féminine d’Actions Sociales et du Club de l’âge d’or (Cador) qui s’occupe d’améliorer le sort des femmes âgées. En 2001, elle apporte sa contribution au rapport du PNUD sur le développement humain.
En 1993-1994, Odette Roy Fombrun est membre d’un Comité de Sages qui devient plus t**d Comité national de Médiation dont la mission est de faciliter le dialogue. Elle propose une consultation nationale sur les grands sujets en litige. Toujours concernée par l’éducation, elle est engagée comme auteure aux Éditions Deschamps à l’âge de 76 ans.
En 1997, elle fonde le FERF (Fonds éducatif Roy Fombrun) pour encourager la lecture chez les petits et les initiatives dans le domaine de l’éducation. En 2007, à l’occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire de naissance, poussée par ses enfants et ses amis, elle transforme le FERF en FORF, Fondation Odette Roy Fombrun pour l’éducation, dont la mission est de promouvoir la formation des jeunes en mettant l’accent sur l’éducation civique absente et de participer au développement national, surtout communautaire, en favorisant l’exploitation des richesses naturelles, culturelles et historiques du pays (TourisLakay) en mettant en pratique la philosophie mobilisatrice du Konbitisme.A 99 ans madame Odette Roy Fombrun est encore écrivain aux Editions Deschamps ; elle travaille avec l’équipe des historiens à la préparation d’une histoire d’Haïti, originale et très illustrée, du livre des FIC ; elle lance une campagne de sensibilisation contre le fatras : « KonbitAyitipwòp » suivi de la publication d’un petit livret d’instruction civique « KonbitAyitipwòp pou timoun.
Elle a reçu une centaine de plaques et de titres honorifiques, dont celui de "Femme d’exception", de "Trésor national vivant", de celui "Chevalier", sans oublier le surnom qui lui est cher : "KòkBatay", donné par ses collègues de travail de la Maison Deschamps.
Odette Roy Fombrun est l’auteure de nombreux livres scolaires sur l’histoire d’Haïti (en français et en créole), la géographie, les sciences sociales, l’éducation civique (en créole et en français), et également écrivaine de littérature jeunesse. On lui connaît une biographie, "Ma vie en quatre temps". Elle a aussi publié des centaines d’articles de journaux. A 104 ans, en 2021, Odette Roy Fombrun produit encore pour les enfants et réfléchit toujours à des solutions pour une Haïti meilleure. Une Haïti qui, elle en est convaincue, deviendra le "Centre historique et culturel de la Caraïbe”. Il est jugé correct de conclure quel’IcôneNationale (ORF) n’avait pas une vie de luxe, jusqu’à date elle s’est donné corps et âmepour sa famille et son pays en pratiquant le konbitisme, un exemple à suivre.
Valérie Genty
Sources : www.forfhaiti.orghttps://fr.wikipedia.org/wiki/Odette_Roy_Fombrun
Odette Roy Fombrun Ma vie en quatre temps ;