13/04/2026
DDERIVES POLICIÈRES EN HAÏTI : ENTRE ABUS D'AUTORITÉ ET NEGATION DES DROITS FONDAMENTAUX.
Dans tout État de droit, la légitimité de la force publique repose sur le respect strict des normes juridiques et des droits fondamentaux. La mission de la police n’est ni ambiguë ni facultative : elle consiste à protéger les citoyens, garantir l’ordre public et servir la loi. Toute déviation de cette mission constitue une faute grave engageant la responsabilité de son auteur et, par extension, celle de l’institution.
Or, la réalité observée en Haïti, notamment à Jacmel, révèle des pratiques profondément inquiétantes. En effet, dans un cas concret, un praticien du droit a simplement rappelé à un jeune policier le fondement de sa mission : « protéger et servir ». Ce rappel, parfaitement légitime et conforme à la liberté d’expression, a suscité une réaction d’une violence inouïe.
Le policier, abusant de son autorité, a procédé à une agression physique caractérisée, blessant la victime, avant de l’arrêter arbitrairement et de le placer en garde à vue. Plus grave encore, pour recouvrer sa liberté, la victime , malgré les violences physiques et morales subies a été contrainte, sur instruction de Me. JEAN BATTA GIRONO FEGUENS , de rédiger une lettre d’excuses à l’attention de l’institution qui venait précisément de violer ses droits.
Une telle situation soulève des violations flagrantes : atteinte à l’intégrité physique et morale de la personne, arrestation et détention arbitraires, abus d’autorité, contrainte morale assimilable à une forme de pression illégitime.
Dès lors, une série de questions fondamentales s’impose :
Est-ce là la mission d’une institution censée protéger la population ? La loi haïtienne autorise-t-elle de telles pratiques ? Où se situe la frontière entre maintien de l’ordre et oppression ? Et surtout, où est passée la vigilance de l’opinion publique ainsi que la garantie effective des droits de l’homme ?
Le silence face à de tels agissements équivaut à une forme de tolérance implicite. Or, aucune société ne peut prétendre à la justice lorsque ceux qui sont chargés de la faire respecter deviennent eux-mêmes auteurs de violations.
Il appartient donc aux autorités compétentes de diligenter sans délai des enquêtes indépendantes, de sanctionner les responsables et de rétablir l’autorité de la loi. Par ailleurs, une réforme profonde de la formation des jeunes policiers s’impose, axée sur le respect des droits humains, la déontologie et la maîtrise de l’usage de la force.
Car une police qui brutalise au lieu de protéger, qui intimide au lieu de servir, cesse d’être un pilier de l’État pour devenir une menace pour les libertés publiques.
Vos témoignages vos avis sont importantes la population Haïtienne.
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