25/04/2023
Oumar pathé m'ballo, mon devancier, quelle amertume nous avons subi et vécu lors de ta disparition. Nous avons traversé le temps ensemble. Nous ne nous sommes jamais choisis mais nous avons traîné les savates ensemble petits, grands côte à côte, la main dans la main, sur un même banc bien sûr, pas d'école, mais chez l'in ou l'autre. Et pourtant je n'étais pas ton camarade d'âge, mais plutôt le camarade de mon frère aîné Mamadou kolon Diallo dit bébèl le séducteur ou encore Wang yu. Mais nous sommes montés et descendus ensemble, nous avons été ensemble en brousse pour chercher du bois mort, nous avons puisé de l'eau au fleuve de la tomine et de la komba ensemble, nous avons fait du théâtre ensemble, nous avons joué dans l'orchestre de notre région ensemble, nous avons joué pour l'équipe fédérale de football de gaoual ensemble. Que de bonnes choses. Tu as été en quelque sorte mon mentor dans la vie, mon père m'a appris à monter sur un vélo quand j'ai été reçu à l'examen d'entrée en 6ème année comme c'est ce qui se faisait à l'époque en 1965 mais tu étais là à mes côtés pour parfaire ma conduite et ensuite c'est qui m'a initié à conduire une moto sur ta Java. Nous allions vers Sinthiourou et kalinko pour éviter les regards des indiscrets. Nous trouvions toute la journée quelques centimes pour être à la porte de la salle de cinéma puisque nous étions accrocs des films à la mode à l'époque comme tous les enfants de notre âge: valaban, mistofamay, zorro, ĺa lampe de aladin , pour l'honneur d'un drapeau, Samson etc....... on se recherchait et nous asseyions ensemble sur le même banc. Qu'est-ce que nous n'avons pas fait ensemble? Nous avons habité longtemps ensemble et quand nous avons déménagé, nous étions encore ensemble. Tu es inoubliable mon cher frère et ami. Repose en paix et que la terre te soit légère. Amine ya rabbil alamina.