Daniel Akoma

Daniel Akoma

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Enseignant de philosophie
Ambassadeur jeunesse PNUD
Société civile

31/01/2026

‎Il y a quelques jours, mandatés par nos collègues constituant la base du mouvement SOS Éducation, nous avons rencontré les membres du gouvernement, en tête desquels le vice-président de celui-ci.

‎L'exécutif a pris des engagements concernant les points de revendications que nous avions présentés au début de la grève. Des milliers d'enseignants ont l'espoir de voir leur situation s'améliorer de manière matérielle fin février prochain.

‎La base étant souveraine, ce samedi, chaque représentant est allé à la rencontre de ses mandants pour rendre compte des discussions avec le gouvernement. Et la base a décidé de maintenir le mouvement de grève.

‎Nous espérons donc désormais des efforts supplémentaires de la part des autorités compétentes, car la situation actuelle dans le secteur de l'Éducation nationale n'est agréable pour aucun d'entre nous.

𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗲𝗰𝗼𝗹𝗲,𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗮𝘆𝘀,𝗽𝗿𝗲𝗻𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲𝗰𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗾𝘂'𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁. 🇬🇦

Daniel AKOMA, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé





20/01/2026

𝗟𝗔 𝗥𝗘𝗣𝗨𝗕𝗟𝗜𝗤𝗨𝗘 𝗘𝗦𝗧 𝗔𝗨 𝗦𝗢𝗟 𝗘𝗧 𝗜𝗟𝗦 𝗟𝗨𝗜 𝗠𝗔𝗥𝗖𝗛𝗘𝗡𝗧 𝗘𝗡𝗖𝗢𝗥𝗘 𝗗𝗘𝗦𝗦𝗨𝗦

Le 30 août 2023, on annonçait la prise de pouvoir par les militaires du CTRI. Des lettres de ce sigle,retenons les deux dernières : 𝗥𝗲𝘀𝘁𝗮𝘂𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗜𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 . En pleine crise institutionnelle,il convenait d'abord de redonner à nos institutions une certaine stature. Deux ans durant nous y avons travaillé et tant bien que mal nous essayons de sortir notre pays de ce marasme.

Aujourd'hui,alors que la plus importante de toutes les institutions de notre pays traverse une crise profonde,les solutions au problème sont de nature à nous ramener dans le passé. Autrement dit, cette crise a le mérite de mettre en évidence la fragilité d'une de nos institutions. Fragilité non pas au sens de fonctionnement (car elles fonctionnent comme elles veulent) mais au sens de la vision. Oui,nos institutions n'ont aucune vision et c'est cela qui justifie cette infamie.

Le lundi 19 janvier 2026, le ministère de l'éducation inondait la toile avec une série de publications qui ne renvoyait pas à la réalité. Parce que nous pensons que tout est politique,nous avons magistralement réussi à passer d'une crise sociale à une crise institutionnelle. La maison éducation doit donc elle aussi subir une transition. Si l'objectif visé est l'école,la sortie de crise doit être l'aboutissement d'un processus qui engage les différentes parties. Entre mensonge, arrestations et je ne sais quoi encore, l'école ne peut survivre.

Nous sommes enseignants, l'énergie que nous déployons durant les cours nous le faisons parce que nous le voulons. Si aujourd'hui nous repartons en classe sous la contrainte,le drame est inévitable. Les cahiers se rempliront mais les têtes resteront vides. Les bulletins seront distribués cependant le niveau sera biaisé. Est-ce ce que nous voulons pour notre pays ? Pas nous,du moins pas moi. Les solutions sont là, à nous de faire un choix. Le choix de la République ou le choix de l'individualisme. Penser à sauver l'école n'est pas de l'extrémisme mais du patriotisme.

Daniel AKOMA, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé







19/01/2026

𝗘𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗲𝗻 𝘀𝗼𝗿𝘁𝗶𝗿...

Écoles fermées, cours de récréation désertes, la réalité est implacable. Le mouvement de grève se poursuit, les enseignants sont plus que jamais déterminés à conquérir leur dignité.

Cette crise perdure malgré les intimidations et les manœuvres soviétiques d'une tutelle qui aujourd'hui n'a plus rien à proposer. Il faut impérativement que le Chef parle, ou qu'il agisse.

𝗔𝗖𝗧𝗘 𝗜: Dissolution immédiate de la commission tripartite.

Pour avoir assisté (je pèse mes mots, assisté et non participé) à ce cinéma, j'ai la ferme conviction que rien de bon n'en sortira. Il faut donc l'arrêter et redéfinir un cadre de discussion plus sûr. La crédibilité des participants ne fait pas l'unanimité et cela participe à renforcer les suspicions et donc à enfoncer le clou.

𝗔𝗖𝗧𝗘 𝗜𝗜: Rencontre avec les forces en présence.

Le mot d'ordre des syndicats traditionnels et de ceux que la communauté appelle désormais affectueusement "SOS TAXI" n'a pas suffi à ramener la sérénité. Partant du principe inclusif que devrait avoir cette rencontre, chaque province pourrait envoyer dix représentants choisis par la base en fonction de leur engagement, de leur intégrité, de leur expérience et de leurs revendications. Ces groupes doivent être construits de sorte à intégrer chaque composante. L'exception peut être faite pour l'Estuaire car plus dense, vingt membres.

𝗔𝗖𝗧𝗘 𝗜𝗜𝗜: Les actes.

Ce que les enseignants veulent ce sont des actes, des engagements clairs et précis de l'État. Une concertation franche entre les différentes parties est fondamentale, les décisions concertées et entérinées qui en naîtront auront un caractère équitable car elles seront le fruit d'une collaboration claire.
Soumis à un chronogramme d'exécution détaillé et suivi par des agents (déjà payés par le contribuable pour cela), le plan de résolution de crise décidé par le Chef de l'État est la seule porte de sortie. Dans la mesure (financière et temporaire) du possible, allez à l'essentiel.

Le monde nous regarde, chacun de nous devra assumer la responsabilité de ce qui se passe actuellement. Pour notre pays et son devenir. Nous devons apporter une réponse sociale à ce problème de société.

Daniel AKOMA, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé







17/01/2026

Le 06 décembre nous disions que le pouvoir était à la base,et parce que c'est la base qui a le pouvoir,c'est la base qui décide.

Lambaréné,ce 17 janvier 2026, la base a décidé.

Cette fois ci c'est TOUT OU RIEN

SOS Éducation,la dignité de l'enseignant ou rien

AKOMA Daniel, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé







14/01/2026

Le collectif SOS Éducation est né d'une volonté de refonder les choses dans l'éducation nationale. Nous avons pensé qu'il était essentiel de nous organiser afin de créer une véritable force de proposition pour le bien-être de notre corporation.

L'idée principale était de revoir le mode de décision en redonnant le pouvoir à la base. Cette base est constituée de tous les enseignants signataires de la pétition dans les quatre coins du pays. Aujourd'hui,alors que les assises d'Alibandeng ne semblent être qu'une montagne qui a accouché d'une souris,certains collègues tentent de précipiter les choses pour des raisons que personne ne comprend.

Aussi,en ma qualité de point focal SOS Éducation G3, fidèle à ce que j'ai proposé comme projet communautaire de départ à l'ensemble des collègues de la province,moi AKOMA ABEING DANIEL EDGAR,je prends mes responsabilités devant les morts,les vivants et ceux qui viendront après moi,je prends mes responsabilités devant la République,je ne suis en aucun cas solidaire de ce qui se fait ce mercredi 14 janvier 2026 à Martine OULABOU.

Le combat que nous menons est celui de la dignité et ma mère m'a dit qu'elle ne se marchande pas. Enseignants de Lambaréné,nous aurons une Assemblée Générale ce samedi 17 janvier 2026 à la DAPMO. Je ferai le bilan de tout ce qui a été dit et fait ici. Après cela,nous déciderons ensemble de la conduite à tenir.

SOS Éducation, la dignité de l'enseignant ou RIEN

AKOMA Daniel, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé





10/01/2026

𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗳𝗼𝗶𝘀-𝗰𝗶 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗧𝗢𝗨𝗧 𝗢𝗨 𝗥𝗜𝗘𝗡

Ce samedi 10 janvier 2026, nous avons tenu une AG à la direction d'académie provinciale du Moyen-Ogooué.

Le mouvement de grève continue







09/01/2026

𝗖'𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗲 𝘀𝗮𝗺𝗲𝗱𝗶 𝟭𝟬 𝗷𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿

Depuis le 18 décembre,nous avons suspendu les cours. Triste mais obligatoire,nous avons déposé la craie en signe de contestation. Dans l'opinion,les enseignants aiment faire des grèves,ils aiment râler, bouder...c'est l'image de l'éternel insatisfait qui nous est affublée. Bon gré mal gré,nous assumons cette image tout en continuant depuis des années à servir notre pays avec dévouement dans les pires conditions.

Aujourd'hui, 𝗧𝗥𝗢𝗣 𝗖'𝗘𝗦𝗧 𝗧𝗥𝗢𝗣. Nous n'en pouvons plus. Nous sommes fatigués de ce traitement humiliant que nous inflige notre administration.Une administration humaine, ne saurait accompagner aussi froidement des milliers de travailleurs vers une mort lente. Une administration sérieuse ne peut pas rendre infernale l'existence de ces agents et en profiter. Oui,la tutelle en profite. Elle profite de notre misère. Des établissements sans eau, des écoles sans toilette, des salles de classes ressemblant à des catacombes...sur le plan infrastructurel et administratif,la gestion du ministère de l'éducation nationale est une honte. Une véritable catastrophe. Il faut que ça change.

𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗴𝗿è𝘃𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗲 𝘀𝘆𝗺𝗯𝗼𝗹𝗲 𝗺ê𝗺𝗲 𝗱'𝘂𝗻 é𝗰𝗵𝗲𝗰 𝗾𝘂𝗲 𝗹'𝗼𝗻 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗮𝘁𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗲𝗿 𝗮𝘂𝘅 𝘀𝘆𝗻𝗱𝗶𝗰𝗮𝘁𝘀. Ils ont depuis des années perdu toute légitimité. Les combats menés sont ponctués par des arrangements entre amis et "partenaires" au détriment de l'enseignant et de l'école. Comment comprendre ce mutisme depuis 2022? Accuser la trêve sociale de la Transition est un mensonge.
Ce silence est antérieur au 30 août 2023. La grève de 2021-2022 qui portait exactement sur les mêmes revendications que celle de 2026 et a paralysé l'école de la République n'a produit que: 𝗹'𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗿é𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗼𝗯𝘀𝗲𝗿𝘃𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗹𝗼𝗿𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗲𝘅𝗮𝗺𝗲𝗻𝘀 .
Bloquer la machine éducation des mois durant pour si peu est insultant. C'est une insulte à l'endroit de toute la corporation et une insulte à ce qu'est la lutte syndicale. Le plus révoltant dans cette histoire, c'est que 𝗟𝗘𝗦 𝗢𝗕𝗦𝗘𝗥𝗩𝗔𝗧𝗘𝗨𝗥𝗦 lors des différents examens sont à 90% voire 100% des syndicalistes et que ces derniers touchent 2-3 fois plus d'argent que l'enseignant qui corrigent. Leur rôle étant secondaire voire inutile,il ne serait pas maladroit de penser que cette décision résulte d'un arrangement 𝒆𝒏 𝒇𝒓𝒂𝒏𝒈𝒊𝒏𝒔 qui contente les amis de l'administration.
Comment comprendre que la grève actuelle n'ait reçu le soutien que de deux syndicats pour un peu plus de cinquante syndicats dans notre secteur ? Le mouvement SOS Éducation est porté par tous les enseignants, syndiqués ou non. Cette attitude attentiste des gros syndicats veut tout dire: 𝗟𝗘𝗦 𝗣𝗥𝗢𝗕𝗟È𝗠𝗘𝗦 𝗗𝗘𝗦 𝗘𝗡𝗦𝗘𝗜𝗚𝗡𝗔𝗡𝗧𝗦 𝗡𝗘 𝗟𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗡𝗖𝗘𝗥𝗡𝗘𝗡𝗧 𝗣𝗔𝗦 . Chers syndicalistes,nous ne vous devons pas soumission. De par notre statut commun et de par les textes qui régissent notre profession,nous avons le droit de revendiquer avec ou sans vous.

Aux parents d'élèves,je vous invite à prendre vos responsabilités. Au-delà de notre pays,c'est d'abord de l'avenir de vos enfants dont il est question. Cet avenir sur lequel vous misez tant est en danger, prenez vos responsabilités.

À mes collègues enseignants,il n'est pas question de céder aux intimidations. Nous sommes dans la Cinquième République et cette République garantit nos droits. Nous avons trop souvent souffert de nos propres insuffisances. Égoïsme, lâcheté, sorcellerie. Ces maux ont fini par détruire notre corporation et sont progressivement en train de détruire nos vies. Si nous voulons que le résultat de cette grève soit différent,c'est à nous d'agir différemment. Nous savons tous ce qui a toujours conduit à ces échecs à répétition,osons une autre méthode. La naissance de SOS ÉDUCATION est la première étape,la seconde va être celle de la résilience. Allons-y,tenons bon, de toute façon rien ne peut être pire.

Ce samedi 10 janvier, soyons tous aux AG. Personne n'y sera pour nous.

Cette fois-ci c'est TOUT OU RIEN.
Daniel AKOMA, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé







08/01/2026

« 𝗦𝗶 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗶𝗹𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗴𝗿è𝘃𝗲,𝗼𝗻 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗲𝘁 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝗯𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲 »

Jeudi 8 janvier, quatrième jour de grève.

Je n'ai pas grand chose à dire.

Retenons juste que des menaces de sanction sont déjà brandies à tous les agents qui ne seront pas à leur poste. Le ciel a voulu que d'autres s'insurgent contre cette décision. Merci à ceux qui ont su protéger la corporation,le ciel vous sera gré.

Une lueur d'espoir dans ces ténèbres !

Jour quatre de l'an grève 2026, Bonne journée







07/01/2026

𝐋𝐄 𝐕Œ𝐔 𝐃𝐄 𝐑𝐄𝐆𝐔𝐋𝐀𝐑𝐈𝐒𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄𝐒 𝐒𝐈𝐓𝐔𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐀𝐃𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓𝐑𝐀𝐓𝐈𝐕𝐄𝐒

Hier lorsque j'écrivais, je prédisais l'entrée en grève imminente de certains syndicats. Cette décision "réfléchie" de durcir le ton a été suivie presque systématiquement par une déclaration du ministre de l'Education Nationale qui annonçait la mise en place d'une commission tripartite entre les départements concernés par la question. Elle concluait son propos en disant «𝐥𝐚 𝐬𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐡𝐚𝐢𝐧𝐞,𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐫𝐢𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐭𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 -𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞𝐭-𝐄𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐯𝐚 𝐬𝐞 𝐫é𝐮𝐧𝐢𝐫 ».

𝐐𝐮𝐢 𝐲 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐭? 𝐏𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞!

Oui,personne n'y croit. Cette communication n'a rassuré personne. Les incohérences entre ce qui est dit au 20h et ce que dit sa communication RS, le fossé est tellement énorme qu'il met en évidence une chose: 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐦𝐞 𝐥𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐧'𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭é 𝐝𝐞 𝐫é𝐠𝐥𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥è𝐦𝐞 . C'est triste à dire mais c'est la réalité,la triste vérité. Après 4 ans et demi en responsabilité, il est impensable que l'on soit encore à l'identification des problèmes. Après autant de temps à la tête d'une administration,il est inadmissible que les mêmes problèmes perdurent et s'amplifient.

Les questions qui préoccupent la communauté enseignante semblent renvoyées à l'étage inférieur et la sempiternelle option des vacations ressort. La régularisation des situations administratives est devenue un vœu pour notre tutelle,un vœu pieux,un rêve pour lequel nous devons continuer de crapahuter. On parle là d'un droit, d'une exigence constitutionnelle et professionnelle.
Ce n'est pas un vœu mais une 𝐄𝐗𝐈𝐆𝐄𝐍𝐂𝐄 . Elle est impérative car c'est d'elle que dépend la suite de notre carrière et même le paiement de nos rappels soldes. En juin 2025, un recensement a été fait par les directions centrales des ressources humaines des ministères concernés par cette commission tripartite. Que ce recensement, énième recensement,serve à quelque chose.

Pour en venir à la question des vacations,cette É𝐏𝐈𝐍𝐄𝐔𝐒𝐄 𝐐𝐔𝐄𝐒𝐓𝐈𝐎𝐍 , là aussi c'est le flou total. Comment comprendre que pour payer des vacations qui sont pourtant inscrites dans la ligne budgétaire de l'année,l'on soit obligé d'organiser des rencontres avec le Vice-Président du Gouvernement (Premier Ministre)? Est-ce que le Ministère de l’Education Nationale, chargé de la Formation Civique a organisé ces examens sans avoir les ressources financières nécessaires à leur matérialisation ? Est-ce qu'il y a eu détournement de fonds? Est-ce que cet argent a été mis en recèle pour être utilisé afin de freiner les ardeurs des grévistes ? Autant de questions se posent parce qu'il existe un trop grand flou autour de cette affaire d'examens.

Nous espérons tous une sortie de crise rapide,les premiers signaux ne sont pas positifs. Que les personnes mises en responsabilité s'attèlent à régler cela. Qu'elles pensent d'abord 𝐆𝐀𝐁𝐎𝐍 𝐃'𝐀𝐁𝐎𝐑𝐃. L'école de la République en a besoin.

Daniel AKOMA, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé







06/01/2026

𝙁𝙀𝙍𝙈𝙀𝙏𝙐𝙍𝙀 𝘿𝙀𝙎 É𝘾𝙊𝙇𝙀𝙎, 𝘾𝙃𝙍𝙊𝙉𝙊𝙇𝙊𝙂𝙄𝙀 𝘿'𝙐𝙉 𝙁𝙄𝘼𝙎𝘾𝙊 𝙌𝙐𝙄 𝘼𝙐𝙍𝘼𝙄𝙏 𝙋𝙐 Ê𝙏𝙍𝙀 É𝙑𝙄𝙏É

𝐋𝐞𝐬 𝐨𝐫𝐢𝐠𝐢𝐧𝐞𝐬

En fin novembre 2025, je suis contacté par une collègue et amie qui me relate ses problèmes et m'exprime son ras-le-bol. Lors de cet échange,elle me dit sa volonté de monter un collectif afin de porter nos revendications auprès des autorités. Les syndicats classiques ne proposant plus rien de nouveau et surtout que de forts soupçons de corruption pesait sur eux, Olivia Venessa MUCKETU-U-MUCKETU pensait à ce que l'on prenne nos responsabilités. Elle me dira ce jour que cette révélation (elle est chrétienne) lui a été faite et que cette coordination d'actions devait s'appeler 𝐒𝐎𝐒 𝐄𝐃𝐔𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 . C'était le début de cette aventure.

𝐋𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐩𝐚𝐬

Après avoir fait large diffusion dans différents foras de notre corporation, l'idée a été chaleureusement accueillie. On décidait donc de faire notre première assemblée générale le samedi 6 décembre 2025. Le contexte qui prévalait à ce moment a joué un rôle essentiel,il a même été un élément catalyseur.
En effet,la disparition brutale de plusieurs de nos collègues nous a mis face à une évidence que nous refusions d'accepter :𝐒𝐈 𝐉𝐄 𝐍𝐄 𝐅𝐀𝐈𝐒 𝐑𝐈𝐄𝐍 𝐀𝐔𝐉𝐎𝐔𝐑𝐃'𝐇𝐔𝐈 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐐𝐔𝐄 𝐌𝐀 𝐒𝐈𝐓𝐔𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐂𝐇𝐀𝐍𝐆𝐄,𝐉𝐄 𝐕𝐀𝐈𝐒 𝐐𝐔𝐈𝐓𝐓𝐄𝐑 𝐂𝐄 𝐌𝐎𝐍𝐃𝐄 𝐒𝐀𝐍𝐒 𝐉𝐀𝐌𝐀𝐈𝐒 𝐀𝐕𝐎𝐈𝐑 𝐏𝐑𝐎𝐅𝐈𝐓É 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐑𝐔𝐈𝐓𝐒 𝐃𝐄 𝐌𝐎𝐍 𝐓𝐑𝐀𝐕𝐀𝐈𝐋 . Alors les enseignants ont commencé à se mobiliser et une "cellule" a été mise en place afin de coordonner l'organisation de cette rencontre. Martine OULABOU pour Libreville et plusieurs Directions d'académies provinciales de l'intérieur du pays, plus de 1000 enseignants avaient répondu à l'appel. En marge de cette initiative, certains collègues de Libreville et de l'Ogooué-Ivindo ont aussi entamé des démarches visant à déposer des préavis de grève auprès des autorités.
Après l'assemblée générale nationale du 06 décembre,nous déposions le préavis de grève au Ministère de l'Education Nationale (l'accusé de réception de ce document fut déposé dans les directions provinciales).

𝐋'𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐛𝐚𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐫𝐜𝐢𝐞𝐫𝐬

Tout s'est enchaîné suite à cela. Nous avons vu dès le 9 décembre réapparaître des zombies. Silencieux et effacés depuis la grève de 2021-2022, les syndicats traditionnels refaisaient surface avec une décision de grève de trois jours (du mercredi 10 au vendredi 12 décembre). Surpris de la démarche car aucun préavis n'avait été déposé par ces derniers et conscients de ce qui se jouait, nous avons décidé de continuer les cours et d'attendre la date fixée par l'assemblée générale. Le 16 décembre.
Oui,pour nous,il était question de laisser huit jours à notre administration afin d'engager des discussions et de trouver une solution diplomatique à cette crise. La volonté même de débuter (si jamais cela était inévitable) une grève à 2-3 jours des vacances de Noël était marquée du sceau de la responsabilité citoyenne et professionnelle; pour nous il n'était pas question de sacrifier les élèves.

Ce positionnement (ne pas suivre cette grè-grève de trois jours) nous a valu injures et calomnies. Nous avons été traités de 𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭𝐬 𝐥𝐚𝐩𝐢𝐧𝐬 𝐟𝐚𝐦é𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, 𝐝'𝐚𝐦𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬,𝐝𝐞 𝐫𝐢𝐠𝐨𝐥𝐨𝐬... Nous sommes devenus la cible d'une catégorie de personnes simplement parce que nous avons décidé de défendre nous-mêmes nos droits

𝟏𝟕 𝐝é𝐜𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞,𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐬'𝐚𝐜𝐜é𝐥è𝐫𝐞

Le délai de notre préavis étant arrivé à terme,le 17 décembre,nous avons organisé une deuxième assemblée générale afin de faire le point et de décider de la conduite à tenir. Il nous a fallu 5 secondes pour faire le point, l'administration était restée muette.
Alors à l'unanimité,nous avons décidé de rentrer en grève et de suspendre les cours avec effet immédiat.
La période des vacances a encore été agitée. Des menaces, des intimidations,des tentatives de récupération, des accusations et que sais-je encore ont rythmé notre quotidien. Durant près de deux semaines, injures et malédictions fusaient. Mais comme il est écrit dans Jérémie 1:19 : « 𝐈𝐥𝐬 𝐭𝐞 𝐟𝐞𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐠𝐮𝐞𝐫𝐫𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐢𝐥𝐬 𝐧𝐞 𝐭𝐞 𝐯𝐚𝐢𝐧𝐜𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬; 𝐜𝐚𝐫 𝐣𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐭𝐨𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐭𝐞 𝐝é𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐫, 𝐝𝐢𝐭 𝐥'𝐄𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞𝐥.».
Je ne suis pas croyant mais j'ai vu des miracles. Lorsque nous étions en situation de crise, quelque chose apparaissait pour montrer à tous la bonne direction. Des documents confirmant que des sommes d'argent étaient empochées par les leaders syndicaux alors que nous étions dans la misère,des notes vocales qui mettaient à nu une véritable mafia. Les conférences de presse se multipliaient mais aucune ne faisait mention d'un quelconque soutien à la base,aucune déclaration officielle d'un quelconque syndicat ne signifiait qu'il fallait prendre en compte nos revendications.
Attitude légaliste et discursive disaient-ils,nous on entendait démarche partisane et mercantile. Plus personne n'y croyait déjà depuis un moment,plus personne ne les écoute et sans doute plus aucun enseignant ne les suivra. Notre décision était prise.

𝐋𝐞 𝟓 𝐣𝐚𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫, 𝐝é𝐦𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞

La période des vacances de Noël arrivant à expiration,le lundi 5 janvier 2026 marquait la reprise effective des cours selon le calendrier officiel et pour nous il représentait le début de la reprise de la grève.
Le constat est implacable,le mouvement de grève est suivi et ne fait que s'étendre. Des établissements qui jusqu'à maintenant semblaient attentistes rejoignent la barque et l'équipage s'agrandit. Des administratifs (directeurs d'écoles, censeurs,proviseurs), des supérieurs hiérarchiques ( conseillers et inspecteurs pédagogiques) prennent faits et cause pour notre mouvement d'amateurs, les établissements confessionnels aussi.
On assiste à une paralysie de notre école,la consigne est donnée : 𝐂𝐄𝐓𝐓𝐄 𝐅𝐎𝐈𝐒-𝐂𝐈 𝐂'𝐄𝐒𝐓 𝐓𝐎𝐔𝐓 𝐎𝐔 𝐑𝐈𝐄𝐍.

𝐏𝐚𝐧𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐢𝐞 𝐞𝐧 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐚𝐧𝐭 𝐥'é𝐜𝐨𝐥𝐞

Le nouveau gouvernement étant désormais en fonction,la RE-nouvelle patronne de l'Education au Gabon a promis d'engager un dialogue franc avec les différentes parties prenantes. Cette initiative que nous saluons au tiers voire au quart ne pourra recevoir l'assentiment de la corporation que si et seulement si,les concernés sont invités. Pour l'enseignant du Gabon (je parle ici en mon nom), l'heure n'est pas à la discussion mais à l'action. Elle a le mérite de connaître parfaitement ce ministère car elle l'a dirigé durant près de cinq ans et aucun point du cahier de charges ne lui est inconnu.
Ce que nous attendons,ce n'est donc nullement une énième rencontre pour débattre de ce que tout le monde sait mais des avancées significatives dans nos conditions de vie et de travail. Le dialogue s'il se veut franc ne peut se faire QU'AVEC ceux qui ont signifié leur mécontentement.

J'écris ce pavé le mardi 6 janvier 2026 à 01h du matin. À ce moment exact,aucun syndicat n'est en grève. Ce que je pense c'est qu'ils se précipiteront à déclarer qu'ils rentrent en grève afin d'être invités à la table des négociations et de prendre 𝐥'𝐚𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐭𝐚𝐱𝐢. Nous enseignants du Gabon pensons fermement que rien de concluant ne peut aboutir d'un échange entre la tutelle et ceux qu'elle appelle affectueusement «partenaires sociaux». La crise de confiance est manifeste, nier l'évidence de cette dernière c'est refuser de trouver des solutions et enfoncer notre école dans la crise.

Jour 2 de l'an grève 2026, Daniel AKOMA, enseignant de philosophie, stagiaire depuis cinq ans, enseignant précarisé







05/01/2026

Opération dignité comme qui dirait.

Pour le respect de nos droits, pour l'école de la République et tout ce qu'elle incarne, pour le Gabon.

La suspension des cours est effective sur la quasi-totalité du territoire national. Du primaire au secondaire,les salles de classe sont vides et les cours de récréation habituellement pleines de vie sont vides.
Chacun sait ce qu'il faut faire mais personne ne semble vouloir agir. Il ne sera pour cette fois pas question de sauver l'année.

Bonne grève à tous les enseignants du Gabon,je suis certain que dans 10 ans nous serons fiers de ce que nous faisons aujourd'hui.







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