14/07/2026
Pantalon en buckskin : confort, (classe) et robustesse !
J’en suis enfin venu à bout !
De la peau de cerf brute au pantalon à la coupe moderne, intégralement cousu main, il y a du chemin ! Un large panel de savoir-faire aussi, entre le tannage au gras et à la fumée, ainsi que le patronage et la couture de cette matière si particulière, très différente du tissu.
C’est pourquoi cette fois-ci, plutôt que de me lancer à l’aveuglette, j’ai attendu de pouvoir bénéficier des conseils et de la supervision d’une experte en la matière. J’ai nommé Theresa Emmerich, que nous avons eu la chance d’accueillir en février dernier pour dispenser un stage de patronage et couture, précisément sur ce type de cuir.
C’est à cette occasion que le projet à pris forme. Et ce n’est que maintenant que je parviens à le faire aboutir !
Mon objectif était de concevoir un pantalon à la coupe moderne, à la fois stylé et confortable, adapté à la vie de tous les jours. Aussi, je me suis basé sur la coupe d’un de mes jeans que j’aime bien, et Theresa m’a aidé à l’adapter sur du buckskin (choix des peaux, ajustements du patron, ajout d’un gousset...). Une fois toutes les pièces taillées et découpées, les liens de couture (en buckskin de renne) préparés, s’est ensuivi un patient travail d’assemblage et de couture, maintes fois suspendu dans le temps… mais qui vient d’arriver à terme !
Sans vouloir faire de prosélytisme, le buckskin est vraiment une matière formidable, qui ne cesse de me fasciner. On part d’un « sous-produit » animal, aujourd’hui bien souvent considéré comme un déchet, sujet à la putréfaction, et à l’aide de techniques dont les origines se perdent dans la nuit des temps, on va peu à peu la transformer en une matière agréable, douce, souple,robuste, à la texture veloutée et parfaitement saine pour la peau. Mais le plus étonnant dans tout ça, c’est sans doute le fait qu’on puisse la laver indéfiniment, même en machine à laver (eh oui !), sans entretien particulier derrière et sans qu’elle ne perde ses fameuses propriétés ! Ce qui en fait une matière tellement adaptée pour des vêtements !
C’est précisément quand je réalise ce genre d’objet que je me souviens de ce qui, au départ, m’a conduit à vouloir apprendre à tanner des peaux : je voulais être capable de fabriquer mes vêtements de A à Z. C’est la raison pour laquelle, chaque nouvelle pièce sonne pour moi comme une consécration. Chaque savoir-faire mis en pratique confère davantage d’autonomie… En même temps qu’il dévoile un peu plus l’étendue infinie de tout ce qu’il reste à apprendre. Grisant !