03/02/2026
La protection de l’enfance est un système complexe, imparfait, profondément humain.
Oui, il y a des dysfonctionnements.
Oui, des lenteurs, des erreurs, parfois graves.
Oui, des placements abusifs ou trop tardifs.
Oui, des professionnels qui font mal, qui trahissent leur mission.
Mais réduire tout un métier à ces dérives, c’est oublier l’essentiel.
C’est oublier les milliers d’accompagnements qui fonctionnent, les enfants protégés, les parcours réparés, le travail invisible du quotidien.
C’est oublier que derrière chaque décision, il y a des humains qui agissent souvent avec peu de moyens, beaucoup de responsabilités et un engagement sincère.
Aujourd’hui, j’ai mal à mon métier.
Mal de voir une minorité prendre toute la place dans les médias.
Mal du manque de reconnaissance.
Mal de ce silence autour de ce qui réussit.
Et pourtant, j’aime mon métier. Profondément.
Mais j’ai décidé de le faire autrement.
Car dénoncer les dysfonctionnements est nécessaire, mais lutter contre fait aussi partie de nos missions.
Râler, c’est une chose. Agir pour changer en est une autre.
Quand le système dysfonctionne, peut-être que certaines réponses se trouvent ailleurs, en complément, en amont, autrement.
C’est dans cette dynamique que j’ai choisi d’exercer comme éducatrice libérale.
Pour soutenir mes collègues.
Pour proposer des accompagnements complémentaires dans les situations complexes, les ruptures, les sorties sèches.
Pour intervenir avant le placement, quand c’est encore possible, et soutenir directement les familles avant que les rouages de la protection de l’enfance ne s’enclenchent.
Aujourd’hui, je m’engage dans des projets de remobilisation, de prévention, de sortie de parcours, et de transmission.
J’ouvre des espaces différents, pour réfléchir autrement, partager, expérimenter, et surtout continuer à accompagner.
Parce que quand on croit en son métier, on ne l’abandonne pas.
On le transforme.
Myriam