École de la respiration Sandra-Romond

École de la respiration Sandra-Romond

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• Maîtrise de la respiration diaphragmatique
• Méthode Sandra-Romond
• Gymnastique respiratoire, phonation, interprétation

L'Ecole de la Respiration Sandra-Romond est un organisme de formation certifié Qualiopi par I-Cert en juillet 2020.

Photos from École de la respiration Sandra-Romond's post 31/07/2025

[Portrait] Jean-Pierre Romond

Photos from École de la respiration Sandra-Romond's post 28/07/2025

[Portrait] Madame Metge-Sandra

09/07/2025

24/06/2025

Le souffle au Japon 🌬️

[6/6] Notes de Madame Paule Sandra sur les écrits de Taisen Deshimaru (suite)

D’après Taisen Deshimaru, absorption et rejet sont toujours en équilibre, mais les conditions de la civilisation moderne détruisent les composants de cet équilibre : on veut toujours avoir des objets, du pouvoir, autrui... On ne pense guère en termes d’être, de même lorsqu’on est malade, faible, triste ou concentré sur son petit moi, on porte l’accent sur l’inspiration et cela affaiblit encore l’organisme.

C’est en pratiquant l’opposé que l’on peut recevoir la véritable énergie. Si l’expiration est juste, l’inspiration se fait automatiquement, inconsciemment. Cette méthode de respiration centrée sur la longueur de l’expiration est la clef de la santé et le secret de la longévité, mais sa maîtrise est un apprentissage qui demande du temps et de l’entraînement.

Taisen Deshimaru insiste sur le fait qu’il ne faut pas vouloir stopper les pensées, car c’est aussi penser. Il faut se concentrer sur la colonne vertébrale et sur la respiration. Lorsque la posture est juste, la tension musculaire correcte, le subconscient remonte à la surface.

Les occidentaux n’aiment pas ce qui se répète, alors que justement la répétition mobilise l’inconscient profond… Et si le cortex est au repos, le cerveau primitif, lui, est actif pendant la pratique. L’augmentation du débit sanguin apporte plus d’oxygène aux tissus, le système nerveux autonome est plus efficace, et les hormones sécrétées favorisent un état de détente. Le centre de gravité se déplace vers le bas de l’abdomen, et c’est là que se développent l’énergie, la force, la solidité, la résistance, l’endurance…

20/06/2025

Le souffle au Japon 🌬️

[5/6] Notes de Madame Paule Sandra sur les écrits de Taisen Deshimaru

La respiration Zen n’est comparable à aucune autre. Elle vise avant tout à établir un rythme lent, puissant et naturel. Si l’on est concentré sur une expiration longue, douce et profonde, l’attention rassemblée sur la posture, alors l’inspiration viendra naturellement. On « pousse sur les intestins », provoquant ainsi un salutaire massage des organes internes. Les Maîtres comparent le souffle Zen au mugissement de la vache ou à l’expiration du bébé qui crie aussitôt né. Ce souffle, c’est le OM, c’est la source de la vie.

Si posture et respiration sont justes, l’esprit retrouve sa condition naturelle. Dans le chant des Sutras, la voix provient du bas du ventre et non de la gorge comme dans le chant occidental. Retrouvez l’accord du souffle avec l’instant présent, et tout devient juste.

16/06/2025

Le souffle au Japon 🌬️

[4/6] Les arts martiaux

Dans les arts martiaux japonais, le souffle est au cœur du geste.
Plus encore : il est le geste.
Un coup ne part jamais seul. Il est précédé d’un silence, d’une écoute, et d’une expiration.
On apprend à respirer comme on apprend à frapper : avec maîtrise, précision, conscience.

Dans l’aïkido, le souffle se fond dans la spirale.
Dans le kendō, il coupe avec le sabre.
Dans le karaté, il donne au kiai sa force tranchante.

La maîtrise du souffle n’est pas là pour calmer, mais pour aligner. Ce n’est pas une technique, c’est un axe. Corps, intention, mouvement… Tout commence au moment où l’on expire.

Le maître Takuan Sōhō écrivait : « L’esprit ne doit s’arrêter nulle part. » Et pour cela, le souffle ne doit pas être retenu. Il circule, relâche et guide.

On expire pour frapper.
On expire pour ne pas chuter, solide comme un roc.
Si on tombe sur une inspiration, on expire pour se relever.
On expire pour pousser le cri martial (le kiai).

Chaque respiration devient un acte de présence face à l’imprévu.
Dans les arts martiaux japonais, il ne s’agit pas de vaincre l’autre, mais de ne pas se perdre soi-même dans le tumulte. Et parfois, dans ce chaos apparent, une simple expiration suffit à retrouver l’essentiel : un centre, un calme, une justesse.

11/06/2025

Le souffle au Japon 🌬️

[3/6] La calligraphie

Il y a dans la calligraphie japonaise (ou shodō) une forme de silence.
Pas celui de l’absence, mais celui qui précède le geste, quand le souffle s’installe et que l’encre attend.
Avant chaque trait, le calligraphe respire. Et dans cette respiration réside une décision viscérale. C’est là que tout commence.

Au moment précis de l’expiration, le pinceau entre en mouvement. Ni trop tôt, ni trop t**d. Le souffle guide la main et l’artiste, en silence, laisse s’exprimer ce qui ne peut être dit autrement. Le corps tout entier s’accorde à cet instant.

On dit que le pinceau suit le souffle, et que le souffle révèle l’esprit. C’est là toute la philosophie du shodō : inscrire dans la matière une énergie invisible, vivante (le ki).

Chaque ligne est un souffle devenu forme. Rien n’est effacé, rien n’est repris. Chaque trait est unique, irréversible. Comme le souffle qu’on vient d’offrir.

Ce n’est pas une performance, c’est une présence. Il faut être pleinement là, et oser le trait.
Une respiration engage tout l’être. On n’écrit pas un mot : on trace un état intérieur. Et plus le souffle est calme, plus l’encre parle juste.

Alors on comprend que calligraphier, ce n’est pas apprendre à bien former les caractères, mais c’est apprendre à habiter son souffle. À l’écouter, à le suivre, à lui faire confiance. Calligraphier, c’est ralentir jusqu’à sentir. Jusqu’à entendre, dans le geste, le souffle qui nous relie au vivant.

07/06/2025

Le souffle au Japon 🌬️

[2/6] La cérémonie du thé

Dans la tradition japonaise, préparer le thé est un art, mais aussi une manière de respirer.

Dans la cérémonie du thé, chaque geste est une réponse au souffle. L’hôte s’arrête et expire avant d’ouvrir la porte, avant de verser le thé, de le fouetter et de le servir, avant d’incliner le bol, et en déposant la louche en bambou avec une lenteur précise.

On ne se précipite pas. Le souffle descend, l’expiration s’allonge et guide le rythme, comme un fil invisible entre les choses. Et dans cet espace vidé de tout superflu, chaque souffle devient un acte de présence, et chaque acte une forme d’offrande.

Rikyu, maître de thé du XVIe siècle, disait : « Prépare le thé avec ton cœur, pas seulement tes mains. » Et le cœur, ici, respire. Non pas pour exister, mais pour s’effacer doucement dans la justesse du moment.

Il s’agit de ne pas en faire trop, de faire exactement ce qu’il faut, au bon moment. Et ce moment, on ne le décide pas : on le sent avec le souffle.

Dans le sadō (l’art traditionnel japonais de la cérémonie du thé), l’expiration n’est pas un détail. C’est un outil de concentration, d’écoute, d’harmonisation. C’est elle qui permet à l’hôte et à l’invité de se rencontrer dans un même tempo, où tout ralentit, s’apaise, se simplifie.

Car offrir le thé, c’est offrir un souffle de paix.

04/06/2025

Le souffle au Japon 🌬️

[1/6] Respiration et méditation

Historiquement perçu comme l’incarnation de l’énergie vitale, ou « ki », le souffle a toujours occupé une place centrale dans la culture japonaise. Dès les temps anciens, sous l’influence des traditions shintoïstes et de pratiques animistes, il était considéré comme le lien mystique entre l’humain et l’univers.

Avec l’arrivée du bouddhisme zen, l’importance du souffle s’est vue renforcée par la pratique du zazen, une méditation assise consistant à observer son souffle naturel afin de s’ancrer dans l’instant présent. Ici, le souffle devient un fil conducteur entre le corps et l’esprit, guidant le méditant vers une pleine présence et une conscience approfondie de soi.

Des figures telles que Taisen Deshimaru et Kodo Sawaki ont insisté sur l’idée que chaque respiration peut devenir un chemin d’éveil, une manière de transcender les artifices du mental pour atteindre la clarté et l’authenticité. Exemples de pragmatisme, ils considéraient que le souffle permettait de se débarrasser du superflu pour atteindre un haut degré de concentration.

Taisen Deshimaru a fait connaître Za-Zen à l’Occident dans les années 1970. Il présente le souffle comme une force vitale qui, par le rythme naturel des inspirations et des expirations, nous ramène à l’instant présent et fait de l’acte de respirer un chemin vers la connaissance de soi. Sa pratique montre l’importance de l’expiration, qu’il décrit comme la phase la plus puissante pour l’équilibre de l’organisme.

Kodo Sawaki, quant à lui, invitait par sa pratique du shikantaza à laisser le souffle se déployer librement lorsque le corps se tient en équilibre. Dans cette approche, la respiration naturelle est une méditation en soi, révélant une présence innée qui libère l’esprit du mental.

En écoutant notre souffle, nous découvrons ainsi un pont vers une vie plus consciente et harmonieuse.

17/05/2025

Le souffle 🌬️

« Le souffle est ce qui meut l’âme raisonnable,
non comme un don extérieur, mais comme une étincelle intérieure,
éveillant en l’homme le mouvement, la parole et l’art. »



Philon d’Alexandrie
De opificio mundi, § 135
(traduction adaptée)

12/05/2025

Le souffle dans la Grèce antique 🌬️

[5/5] L’héritage de la pensée grecque

Le souffle, pour les Grecs, était un feu discret, une vibration du vivant. Il circulait entre les dieux et les hommes, la parole et le silence, la pensée et la chair.

Chez Homère qui voyait le souffle quitter le héros au moment de sa mort, Platon qui le faisait s’élever avec l’âme vers le monde des formes, et les stoïciens qui reconnaissaient en lui la trame du cosmos, le souffle était vital mais aussi structurant.

De cette vision, nous avons hérité l’intuition que la respiration touche à l’ensemble du corps et de l’âme. Qu’elle est une dynamique intérieure, une manière d’habiter le monde.

Mais depuis l’Antiquité et au gré des progrès techniques, la médecine aurait pu explorer davantage et rendre plus perceptibles les différences entre respiration profonde et respiration partielle. Le timbre de la voix a par exemple été trop souvent rapporté aux seules cordes vocales ; la soufflerie et la vibration de l’air ont glissé en arrière-plan. Et nous avons oublié d’interroger le souffle comme principe vivant.

Aujourd’hui, la pratique de la respiration profonde invite à expérimenter la puissance d’une respiration habitée, connue, dirigée, magnifiée. Pour la santé, car une respiration maîtrisée engage le cœur, le système nerveux, l’équilibre hormonal, les systèmes digestif et immunitaire... Mais aussi pour se connecter tant à soi qu’au monde qui nous entoure, et y trouver notre stabilité.

Elle invite à redécouvrir ce que la pensée grecque pressentait, à savoir que la qualité du souffle engage la qualité de vie, de parole, de pensée, et que le souffle ne demande pas seulement à être mesuré : il demande à être vécu et entendu.

06/05/2025

Le souffle dans la Grèce antique 🌬️

[4/5] L’éternuement de Télémaque

Après vingt ans d’absence, Ulysse est rentré, mais Ithaque ne le reconnaît pas encore. Déguisé en mendiant, il marche dans sa propre maison comme une ombre. Il observe, attend, tandis que les prétendants arrogants qui convoitent son épouse Pénélope festoient.

Celle-ci, fidèle et lasse, murmure son vœu secret : que ces hommes disparaissent, que l’ordre ancien reprenne sa place.

Elle ignore que son destin est en marche. L’époux est là, le dieu veille, l’histoire retient son souffle. Et soudain, son fils Télémaque éternue avec fracas. Une secousse qui ébranle toute la maison, comme un éclair venu frapper l’instant.

Dans le silence et la résignation, c’est un cri du destin qui a surgi. Pénélope s’arrête, saisie : ce n’est pas un hasard, c’est un souffle divin, un présage salvateur envoyé par l’invisible. Les dieux l’ont entendue et annoncent une libération prochaine. Dans un éclat de rire, elle prophétise : « Mon fils a éternué à l’instant : que la mort frappe les prétendants ! » (Odyssée, chant XVII)

Le voile du doute, enfin, se dissipe.

Dans la culture grecque, le souffle est un fil tendu entre l’humain et le divin, et l’expiration spontanée, l’éternuement et le rire sont l’expression d’une délivrance profonde à la fois de la personne et de la situation. Cet épisode rappelle que le souffle projeté hors de nous permet de nous libérer, de rendre le réel plus perceptible et, peut-être, d’agir de manière plus adaptée aux situations que nous rencontrons.

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