17/04/2023
Merci à la FCPE93 pour son soutien!
Article du Le Parisien , aujourd’hui :
Les mobilisations se multiplient dans le département pour dénoncer des décisions prises par les autorités académiques. L’association de parents d’élève FCPE 93 exhorte le ministre à écouter leurs demandes.
« Les ministres changent, mais pas le logiciel. Quand les parents seront-ils enfin entendus ? » Le ton de la FCPE 93 est cinglant. Depuis plusieurs semaines, l’association de parents d’élèves dit sentir un vent de colère sur les établissements scolaires. À Noisy-le-Grand, par exemple, les familles du collège Jacques-Prévert ont lancé une pétition pour dénoncer les non-remplacements de professeurs absents.
« Il manque un enseignant d’espagnol depuis la mi-septembre, un de français depuis le 3 février et un d’histoire-géographie depuis le 12 février, rapporte Joachim Séné, représentant de la FCPE locale. J’ai écrit une lettre recommandée au rectorat, mais je n’ai même pas reçu d’accusé de réception. Les parents sont très inquiets, notamment ceux dont les enfants doivent préparer le brevet cette année. »
« On sent que la colère monte »
« Ce n’est pas un cas isolé », pointe Isabelle Lacroix, coprésidente de la FCPE 93. Au collège Corot du Raincy, il manquerait un professeur d’arts plastiques depuis septembre et un de français depuis janvier. Au lycée Voillaume d’Aulnay-sous-Bois, deux professeurs d’informatique depuis septembre. Au lycée Paul-Robert des Lilas, c’est un professeur de gestion qui manque depuis la Toussaint. Au collège Sisley de l’Île-Saint-Denis, on attend depuis trois mois un enseignant d’espagnol tandis qu’au collège Saint-Exupéry de Noisy-le-Grand, une place de professeur de français est vacante.
« Les parents ont un véritable sentiment d’abandon de l’école publique, à cause du manque de moyens, des absences non remplacées, reprend Isabelle Lacroix. Ils ont aussi l’impression qu’on remet en question l’éducation prioritaire. On sent que la colère monte dans de nombreuses villes. Elle est notamment partie de Montreuil, où il y a eu une forte mobilisation au collège Paul-Éluard. En face, le rectorat est de plus en plus ferme et fait venir ses équipes mobiles de sécurité. On a toujours dit qu’on préférait les mobilisations qui ne finissent pas par des blocus, mais les familles sont en colère. »
Il y a quelques jours, des parents des écoles Samira-Bellil à L’Île-Saint-Denis et Michelet à Saint-Ouen ont manifesté devant les bureaux de l’inspection académique de Saint-Ouen et les locaux de la direction académique, à Bobigny, pour réclamer le maintien en poste de leurs enseignants.
Des établissements avec de plus en plus d’élèves
« Les parents ne veulent pas que leurs enfants changent de professeur à trois mois de la fin de l’année, cela n’a aucun sens. Le rectorat donne l’impression qu’il ne cherche qu’à remplir des cases au lieu de penser aux élèves », décrit Julien Neyer, représentant local de la FCPE à L’Île-Saint-Denis.
À Pantin, des parents d’élèves de l’école Joséphine-Baker se mobilisent aussi contre la suppression d’une classe à la rentrée 2023, qui aurait notamment pour conséquence de faire perdre à leur directrice sa décharge complète de direction. « La ville n’arrête pas d’accueillir de nouveaux habitants, mais l’Éducation nationale veut fermer une classe. On risque de monter en moyenne à 15,8 élèves en CP et CE1, loin de l’objectif des 12 promis lors de la réforme des classes dédoublées», regrette Quentin, un papa.
Au collège Jean-Vilar de Villetaneuse, parents et enseignants sont également mobilisés contre la fermeture d’une classe de 6 e à la rentrée de septembre. « Nous sommes un établissement REP + qui accueille des élèves Ulis (unité d’inclusion) et UPE2A (pour les élèves dont la langue maternelle n’est pas le français) qui ne sont pas comptabilisés dans les effectifs totaux. Pourtant, le principe de ces dispositifs reste leur inclusion en classe banale », déplore l’équipe éducative dans un courrier récemment adressé au recteur de l’académie de Créteil.
Un point notamment dénoncé par la FCPE 93 dans un communiqué publié le 6 avril : « Les effectifs des classes augmentent insidieusement d’année en année alors que se multiplient les jeux d’écriture pour faire croire le contraire en ne comptant pas les élèves des dispositifs particuliers (Ulis, UP2A…). La promesse de 24 élèves maximum par classe n’est pas tenue. Pourquoi ? »
De son côté, la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale rappelle qu’elle a créé 1 500 postes en éducation prioritaire en Seine-Saint-Denis ces cinq dernières années dans le cadre des classes dédoublées.
Elle assure que les « repères départementaux, qui sont variables selon la typologie des établissements » sont respectés et précise que « les conditions d’accueil de l’ensemble des élèves de Seine-Saint-Denis à la rentrée 2023 » seront même « améliorées ». Le rectorat rappelle, par ailleurs, que le recteur « condamne tout appel et soutien aux blocages devant les lycées et les collèges ».
Les mobilisations se multiplient dans le département pour dénoncer les décisions prises par les autorités académiques. L’association de pare