22/08/2026
On m'a souvent demandé ce que ça changeait, d'avoir été patiente.
Longtemps, je n'avais pas les mots exacts.
Pas parce que je ne savais pas. Mais parce que certaines choses se comprennent d'abord dans le corps, avant d'être formulées.
Ce que j'ai appris côté patient, aucune formation ne me l'aurait enseigné : Le silence d'une salle d'attente qui s'étire, la sensation, étrange et sourde, que ton corps ne t'appartient plus vraiment, qu'il est devenu un terrain d'observations, de décisions, de protocoles. Et que ton temps, lui aussi, s'organise autour d'autres agendas que le tien.
Et puis, un jour, quelque chose change. On choisit de ne pas laisser cette expérience de côté. Mais de la transformer en ressource pour les équipes, pour les autres patients, pour le soin.
C'est là que naît le patient partenaire. Pas dans un texte de loi ou une fiche de poste. Mais dans cette décision intime de mettre son vécu au service des autres.
Aujourd'hui, on en parle de plus en plus dans les politiques de santé, les formations, les hôpitaux. Mais pour que cette place soit réelle, il faut donner aux patients partenaires les outils, la légitimité et l'espace pour agir vraiment.
C'est ce qui guide mon travail chaque jour.