Malicia Hotton, B.A en sexologie et thérapeute de couple

Malicia Hotton, B.A en sexologie et thérapeute de couple Sexologue diplômée d'un baccalauréat en sexologie, UQAM L'université du Québec à Montréal ...

17/09/2026
17/09/2026
16/09/2026

En contexte de violence conjugale, le manipulateur peut adopter plusieurs profils, chacun utilisant des stratégies différentes pour contrôler, dominer ou déstabiliser sa victime. Ces types ne sont pas forcément exclusifs — un manipulateur peut en combiner plusieurs. Voici une partie des plus fréquemment utilisés.

SOURCES : « Les manipulateurs sont parmi nous » et « Ces gens qui vous empoisonnent l'existence ».

16/09/2026

"Des recherches montrent que les couples qui partagent des niveaux similaires de confort vis-à-vis de l’affection physique rapportent un meilleur bien-être dans leur relation. En revanche, les contacts physiques dans l’intimité du couple semblent avoir beaucoup plus d’importance que les gestes d’affection en public.

Le fait d’être à l’aise avec les démonstrations d’affection en public constitue un faible indicateur du bonheur relationnel."

Ce que ça veut dire ?
--> ce n’est pas tellement le fait de se tenir la main ou de s’embrasser devant les autres qui est associé au bien-être du couple, mais plutôt le fait que les deux partenaires aient un niveau de confort similaire avec le toucher affectif, notamment dans leur intimité privée.

Toucher affectif ≠ toucher seggsuel

16/09/2026

Comment 👉MODIFIER LE SCHÉMA « TOUT NOUS EST DÛ »

Après avoir exploré ce schéma dans mes dernières publications, une question importante demeure : peut-on réellement le modifier?

Oui. Mais il faut reconnaître qu’il s’agit souvent d’un schéma particulièrement difficile à travailler.

Pourquoi?

Parce qu’il ne s’agit pas simplement d’une mauvaise habitude ou d’un comportement occasionnel. Lorsqu’un schéma s’est construit tôt dans la vie et s’est renforcé au fil des années, il peut devenir un véritable mode de fonctionnement.

La personne ne se dit pas nécessairement : « Je considère que tout m’est dû. »

Elle peut plutôt penser :

« Je suis comme ça. »
« Les autres devraient m’accepter tel que je suis. »
« Je ne vois pas pourquoi je devrais faire ça. »
« Ce n’est pas si grave. »
« Je mérite ce que je veux. »
« Pourquoi ce serait à moi de changer? »

Et c’est justement ce qui rend le travail thérapeutique plus complexe : ce qui pose problème aux autres peut sembler parfaitement justifié pour la personne elle-même.

Avec le temps, ce fonctionnement peut toutefois avoir un prix important : conflits conjugaux, difficultés professionnelles, ruptures relationnelles, éloignement des proches, sentiment d’être constamment incompris, réactions de colère lorsque les choses ne se passent pas comme prévu ou encore difficulté à maintenir des relations véritablement réciproques.

La première étape : voir le prix que l’on paie

Modifier ce schéma demande d’abord de regarder avec lucidité ses conséquences.

Pas seulement : « Est-ce que j’obtiens ce que je veux? »

Mais plutôt :

Qu’est-ce que ma façon de fonctionner me coûte?

Est-ce que certaines personnes prennent leurs distances?
Mes relations deviennent-elles conflictuelles?
Ai-je de la difficulté à accepter qu’on me dise non?
Est-ce que je réagis fortement lorsqu’on m’impose une limite?
Est-ce que mes besoins prennent régulièrement davantage de place que ceux des autres?
Est-ce que je m’attends à ce que certaines responsabilités soient assumées par quelqu’un d’autre?

Cette prise de conscience est essentielle, car il est difficile de modifier un fonctionnement dont on ne perçoit pas les conséquences.

Remettre en question ses propres justifications

Nous sommes tous capables de justifier nos comportements.

Dans ce schéma, certaines pensées peuvent toutefois servir à maintenir le fonctionnement :

« Je suis comme ça. »
« Je ne fais de mal à personne. »
« On exagère. »
« Je mérite bien ça. »
« Les autres n’ont qu’à s’occuper d’eux-mêmes. »
« J’ai le droit d’être en colère. »

Le travail consiste alors à apprendre à se demander :

Est-ce réellement un droit… ou est-ce une attente que j’ai transformée en exigence?

Et surtout :

Si tout le monde agissait comme moi dans cette situation, est-ce que je trouverais cela acceptable?

Cette question peut être particulièrement puissante.

Apprendre à tolérer la frustration

C’est probablement l’un des éléments centraux du changement.

Nous ne pouvons pas toujours obtenir ce que nous voulons.

Nous devons parfois attendre. Faire quelque chose qui nous déplaît. Respecter une règle. Accepter un refus. Faire un compromis. Assumer une responsabilité. Composer avec l’inconfort.

Chez une personne ayant développé ce schéma, ces expériences peuvent provoquer une frustration beaucoup plus importante.

Le changement passe donc par une forme d’entraînement à la frustration.

Commencer petit.

Attendre plutôt que d’exiger immédiatement.
Terminer une tâche désagréable plutôt que de la remettre à quelqu’un d’autre.
Accepter un « non » sans chercher immédiatement à convaincre.
Respecter une limite même lorsqu’on la trouve injustifiée.
Tolérer que quelqu’un ait des besoins différents des siens.

Petit à petit, on découvre quelque chose d’important :

La frustration est inconfortable, mais elle est tolérable.

Mettre un espace entre l’émotion et l’action

Lorsque la colère ou l’impulsivité font partie du schéma, apprendre à ralentir devient essentiel.

Une limite est posée → je ressens de la colère → je ne suis pas obligé d’agir immédiatement.

Créer une période de pause permet de faire intervenir la partie plus rationnelle de soi avant que l’émotion ne décide du comportement.

On peut apprendre à se demander :

Qu’est-ce que je ressens? Qu’est-ce que j’ai envie de faire? Quelles seront les conséquences si je le fais? Et quelle réponse correspond davantage à la personne que je souhaite devenir?

Développer l’empathie et la réciprocité

Modifier ce schéma demande également un déplacement important :

passer de « ce que je veux » à « ce qui se passe aussi chez l’autre ».

Que ressent cette personne?
Quel est son besoin?
Quel impact mon comportement a-t-il sur elle?
Est-ce que je lui demande quelque chose que je refuserais moi-même?
Est-ce que cette relation est réciproque?

L’objectif n’est évidemment pas de faire disparaître ses propres besoins.

C’est plutôt d’intégrer une réalité fondamentale des relations humaines :

mes besoins comptent, mais ceux des autres aussi.

Assumer progressivement davantage de responsabilités

Chez certaines personnes, le schéma peut également s’accompagner d’une difficulté à faire les choses difficiles, ennuyantes ou contraignantes.

On reporte.
On évite.
On délègue.
On attend que quelqu’un s’en charge.

Le travail consiste alors à reprendre progressivement certaines responsabilités et à développer davantage de discipline personnelle.

Pas tout d’un coup.

Une responsabilité à la fois.

Parce que derrière ce travail se construit aussi une nouvelle croyance :

« Je suis capable de faire ce qui est difficile, même lorsque je n’en ai pas envie. »

Et parfois, le schéma en cache un autre…

C’est une dimension que je trouve particulièrement importante en thérapie.

Le sentiment que « tout nous est dû » n’est pas toujours le schéma le plus profond.

Chez certaines personnes, cette posture peut servir de contre-attaque ou de protection contre d’autres blessures plus anciennes : dépendance, sentiment d’imperfection, carence affective, abandon, méfiance ou autres vulnérabilités.

Le travail thérapeutique ne consiste donc pas uniquement à corriger les comportements visibles.

Il faut parfois aller comprendre :

Qu’est-ce que cette façon de fonctionner protège depuis toutes ces années?

Et c’est souvent là que le véritable travail commence.

Modifier un schéma, ce n’est pas changer sa personnalité.

C’est apprendre à reconnaître les moments où une vieille façon de fonctionner prend automatiquement le contrôle… et développer progressivement une réponse différente.

Cela demande de la conscience de soi, de la responsabilisation, de l’empathie, une meilleure tolérance à la frustration et beaucoup de répétition.

Un schéma construit pendant des années ne disparaît pas en quelques semaines.

Mais chaque fois qu’une personne accepte une limite, tolère un inconfort, assume sa responsabilité, considère réellement le besoin de l’autre ou choisit de ne pas agir sous l’impulsion…

elle cesse un peu de nourrir le schéma.

Et elle commence à construire autre chose.

Une façon d’être en relation où il ne s’agit plus de gagner, d’obtenir ou d’avoir raison…

mais de pouvoir exister avec l’autre, plutôt qu’aux dépens de l’autre

Julie 😉

04/09/2026

👉LE SCHÉMA « TOUT M’EST DÛ »
« Je devrais pouvoir obtenir ce que je veux. »
— Inspiré des travaux de Jeffrey Young

Nous voici au dernier schéma de cette série sur les schémas précoces inadaptés de Jeffrey Young.

Et celui-ci est particulier.

Le schéma « Tout m’est dû », aussi associé au sentiment de droits personnels exagérés, peut être assez complexe. Contrairement à plusieurs autres schémas qui font énormément souffrir la personne qui les porte, celui-ci peut longtemps sembler relativement confortable pour elle.

Ce sont parfois surtout les gens autour qui en paient le prix.

La personne peut avoir profondément intégré l’idée que ses besoins, ses désirs, ses émotions ou ses préférences devraient avoir préséance sur ceux des autres.

Elle peut penser :

• « Je tolère très mal qu’on me dise non. »
• « Quand je veux quelque chose, je le veux maintenant. »
• « Je me fâche lorsque je n’obtiens pas ce que je veux. »
• « Mes besoins devraient passer en premier. »
• « Les règles peuvent être importantes pour les autres, mais ma situation est différente. »
• « Je ne devrais pas avoir à subir les mêmes contraintes que tout le monde. »
• « Les autres devraient comprendre et s’adapter. »
• « Je sais que mon comportement dérange, mais j’ai de la difficulté à me contrôler. »

Dans les relations, cela peut devenir particulièrement difficile : colère devant les limites, domination, manque de réciprocité, difficulté à considérer les besoins de l’autre, demandes excessives, impulsivité ou attente que l’entourage prenne en charge ce que la personne ne veut pas assumer.

Mais attention : toutes les personnes ayant ce schéma ne se ressemblent pas.

Young décrit notamment trois grandes façons dont le sentiment que « tout m’est dû » peut se manifester.

1. « TOUT M’EST DÛ » — L’ENFANT GÂTÉ

C’est probablement la forme à laquelle nous pensons spontanément.

La personne a de la difficulté à accepter que le monde ne fonctionne pas selon ses désirs.

Elle peut être exigeante, dominante, impatiente et très sensible à la frustration. Lorsque quelqu’un lui impose une limite, lui refuse quelque chose ou lui demande de tenir compte des autres, elle peut réagir fortement.

Le problème fondamental devient alors la réciprocité :

Pourquoi devrais-je renoncer à quelque chose que je veux simplement parce que cela dérange quelqu’un d’autre?

Dans les relations, elle peut prendre beaucoup plus qu’elle ne donne, s’attendre à ce que les autres s’adaptent, avoir de la difficulté à reconnaître leur vécu ou considérer comme injustes des limites pourtant parfaitement normales.

2. « TOUT M’EST DÛ » — LA PERSONNE DÉPENDANTE

Cette forme est beaucoup moins évidente.

Ici, le sentiment que tout nous est dû ne prend pas nécessairement la forme de la supériorité.

Il peut plutôt ressembler à :

« J’ai besoin d’aide, donc quelqu’un devrait s’occuper de moi. »

La personne s’attend à ce que les autres prennent en charge certaines responsabilités, prennent des décisions, règlent les problèmes, organisent les choses ou lui évitent les situations difficiles.

Elle peut se percevoir comme fragile, vulnérable ou peu capable de fonctionner seule.

Et lorsque l’entourage cesse de compenser, elle peut ressentir beaucoup de colère, d’injustice ou de ressentiment.

Le paradoxe est important : la personne peut paraître très dépendante tout en entretenant une véritable exigence envers les autres.

3. « TOUT M’EST DÛ » — LA PERSONNE IMPULSIVE

Ici, nous sommes davantage dans la difficulté à tolérer la frustration et à différer la gratification.

« J’en ai envie, donc je le fais. »

La personne éprouve de la difficulté à mettre un frein à ses impulsions, à persévérer lorsque quelque chose devient ennuyant ou inconfortable et à accepter qu’un objectif à long terme exige parfois de renoncer à un plaisir immédiat.

Cela peut toucher énormément de sphères :

l’alcool, la nourriture, les dépenses, la consommation, les colères, l’organisation, les responsabilités, le travail, les études ou encore certaines conduites impulsives.

La difficulté n’est pas nécessairement de savoir ce qu’il faudrait faire.

C’est de tolérer suffisamment l’inconfort pour le faire.

D’OÙ VIENT CE SCHÉMA?

Encore une fois, il n’existe pas une seule histoire.

Chez certaines personnes, l’enfance comportait trop peu de limites. Elles obtenaient facilement ce qu’elles voulaient, les conséquences étaient rares et les adultes avaient de la difficulté à maintenir un cadre cohérent.

L’enfant n’a donc pas suffisamment appris deux choses essentielles :

la frustration et la responsabilité.

Chez d’autres, il y avait plutôt surprotection. Les adultes faisaient énormément de choses à la place de l’enfant, prenaient les décisions, réglaient les problèmes et lui évitaient les difficultés.

L’enfant n’a alors pas suffisamment développé son autonomie et peut devenir un adulte qui continue à attendre des autres qu’ils prennent soin de lui.

Et il existe une troisième possibilité particulièrement intéressante :

LE SENTIMENT QUE « TOUT M’EST DÛ » PEUT AUSSI CACHER AUTRE CHOSE.

Chez certaines personnes, ce schéma constitue une surcompensation d’autres blessures beaucoup plus douloureuses.

Derrière l’attitude :

« Je suis spécial. »
« Je mérite davantage. »
« Je n’ai besoin de personne. »
« Les autres devraient me donner ce que je veux. »

peut parfois se cacher une vieille conviction beaucoup plus vulnérable :

« Je ne suis pas assez. »
« Je ne suis pas aimable. »
« On ne répondra jamais réellement à mes besoins. »
« Je serai rejeté si l’on découvre qui je suis. »

Autrement dit, derrière certaines attitudes de supériorité peuvent parfois se trouver des schémas d’imperfection, de carence affective ou d’exclusion.

Ce n’est évidemment pas toujours le cas.

Mais lorsqu’il l’est, travailler uniquement le comportement visible ne suffit pas : il faut également aller rencontrer la blessure que ce comportement tente de protéger.

ET DANS LES RELATIONS?

C’est souvent là que le prix du schéma devient évident.

Une personne ayant fortement ce schéma peut être attirée par quelqu’un qui compense exactement ses difficultés :

la personne dominante choisit quelqu’un qui cède;

la personne dépendante choisit quelqu’un qui prend tout en charge;

la personne désorganisée ou impulsive choisit quelqu’un de très organisé et discipliné.

Au début, cela peut même sembler fonctionner parfaitement.

Mais avec les années, le partenaire peut s’épuiser.

Il peut avoir l’impression que ses besoins comptent moins, qu’il doit constamment s’adapter, réparer, organiser, céder ou absorber les conséquences des comportements de l’autre.

Et lorsque l’entourage commence enfin à poser des limites…

le système ne fonctionne plus.

C’est parfois à ce moment-là que la personne prend réellement conscience de son schéma : lorsque les conséquences deviennent impossibles à éviter — conflits importants, rupture, isolement, difficultés professionnelles, financières ou autres.

CHANGER CE SCHÉMA DEMANDE UNE CHOSE FONDAMENTALE :

Accepter que nos besoins sont importants… sans être plus importants que ceux des autres.

Apprendre à entendre « non ».

Tolérer la frustration.

Différer certaines gratifications.

Assumer les conséquences de ses choix.

Développer l’autodiscipline.

Faire sa part.

Reconnaître les besoins et les limites des autres.

Et surtout, apprendre que vivre une relation saine implique de passer du :

« Qu’est-ce que l’autre doit faire pour moi? »

au :

« Comment pouvons-nous exister tous les deux dans cette relation? »

Parce qu’avoir des besoins est humain.

Vouloir certaines choses est humain.

Être frustré est humain.

Mais croire que les autres doivent constamment s’adapter à nous pour que nous n’ayons jamais à être frustrés finit presque toujours par coûter quelque chose aux relations.

Alors, pour terminer cette série sur les schémas de Young…

Connaissez-vous quelqu’un chez qui le « tout m’est dû » semble particulièrement présent?

Ou peut-être avez-vous reconnu quelques petits morceaux de vous-même?

Si oui, la question n’est pas de vous juger.

La question est plutôt :

Quel prix ce schéma fait-il payer aux personnes qui m’entourent… et quel prix finit-il par me faire payer à moi aussi?

Julie 😉

31/08/2026

👉 Comment modifier son schéma d’exigences élevées?

« Ce n’est jamais suffisant. »
— Jeffrey Young

Le schéma d’exigences élevées est particulier : il est souvent difficile à reconnaître… et encore plus difficile à abandonner. Pourquoi? Parce qu’avec les années, il peut devenir une véritable façon de fonctionner.

La personne ne se dit plus seulement : « Je dois faire mieux. » Elle finit parfois par croire : « Si je ne performe plus, si je ralentis, si je deviens moins exigeant envers moi-même… qui suis-je? »

Dans ma pratique, c’est un schéma que je rencontre fréquemment. Et notre société d’hyperperformance peut facilement le renforcer : faire plus, réussir davantage, être productif, s’améliorer constamment. Le problème n’est donc pas d’avoir des ambitions ou de rechercher l’excellence. Il apparaît lorsque la valeur personnelle finit par dépendre de la performance.

Jeffrey Young propose plusieurs pistes pour modifier ce schéma. En voici quelques-unes, adaptées et illustrées afin de nourrir votre réflexion.

1. Identifiez les domaines où vos exigences sont trop élevées.

Travail, apparence, maison, parentalité, sport, finances, organisation, relations…

Demandez-vous : Dans quels domaines est-ce que « bien » ne semble jamais suffisant?

Exemple : votre maison est propre, mais vous voyez ce qui reste à faire. Vous avez réussi professionnellement, mais vous pensez déjà au prochain objectif.

2. Reconnaissez ce que vos exigences vous apportent.

Ce schéma n’existe pas pour rien. Il a souvent permis de réussir, d’être organisé, compétent, reconnu ou performant.

Il est donc important de reconnaître ses avantages plutôt que de chercher simplement à l’éliminer.

Mais posez-vous ensuite la question essentielle : À quel prix?

3. Faites le bilan du prix que vous payez.

Stress chronique, fatigue, manque de temps, irritabilité, difficulté à profiter de la vie, relations négligées, sentiment d’être constamment pressé…

Prenez deux colonnes :

Ce que mes exigences m’apportent.
Ce qu’elles me coûtent.

Puis demandez-vous : Est-ce que le prix que je paie en vaut encore la peine?

4. Imaginez votre vie avec 25 % moins d’exigences.

Young propose un exercice particulièrement intéressant : imaginez ce qui se produirait si vous abaissiez vos critères d’environ un quart.

Pas devenir négligent. Pas renoncer à vos ambitions.

Simplement passer, par exemple, de 100 % à 75 %.

Qu’est-ce qui arriverait réellement? Qu’est-ce qui vous fait peur?

Souvent, derrière cette résistance se cache une croyance profonde : « Si je relâche, tout va s’écrouler. »

5. Prenez conscience de l’origine de votre schéma.

Retournez à votre histoire.

Avez-vous grandi dans un environnement où la réussite était fortement valorisée? Où l’erreur était difficilement tolérée? Où les compliments étaient rares? Où il fallait être le meilleur, travailler davantage ou constamment faire ses preuves?

Certains enfants apprennent très tôt que la réussite apporte l’admiration, l’attention ou l’affection dont ils ont besoin.

L’adulte continue alors à courir… même lorsque personne ne lui demande plus de le faire.

6. Calculez le temps consacré à la perfection.

Observez votre quotidien.

Combien de temps consacrez-vous à refaire, vérifier, organiser, nettoyer, planifier ou améliorer quelque chose qui était déjà suffisamment bien?

Posez-vous cette question : Est-ce que l’énergie supplémentaire investie change réellement le résultat… ou sert-elle surtout à calmer mon anxiété?

7. Apprenez à reconnaître le « suffisamment bien ».

Tout ne mérite pas votre maximum.

Commencez volontairement à accomplir certaines tâches de façon suffisamment bonne, plutôt que parfaitement.

Envoyez le courriel sans le relire cinq fois. Laissez une tâche domestique pour demain. Acceptez qu’une journée soit moins productive.

Puis observez : le monde continue de tourner.

8. Réintroduisez le plaisir, le repos et les besoins fondamentaux.

Le schéma d’exigences élevées peut progressivement transformer la vie en une succession d’obligations.

On accomplit. On organise. On réussit. On passe au prochain objectif.

Mais on ne savoure plus.

Réservez progressivement du temps à ce qui ne produit rien : repos, relations, créativité, plaisir, spontanéité.

Vous n’avez pas à mériter votre repos en terminant tout.

9. Apprenez à savourer avant de repartir.

Les personnes très exigeantes envers elles-mêmes goûtent rarement pleinement leurs réussites. À peine un objectif atteint, le suivant apparaît.

Entraînez-vous à vous arrêter.

Qu’est-ce que j’ai accompli?
De quoi suis-je fier?
Qu’est-ce que j’aimerais simplement apprécier aujourd’hui?

Une réussite que l’on ne prend jamais le temps de ressentir finit par devenir simplement une autre tâche cochée sur une liste.

En terminant…

Modifier un schéma d’exigences élevées ne signifie pas renoncer à l’ambition, devenir moins compétent ou cesser de vouloir progresser.

Cela signifie apprendre à dissocier votre valeur de votre performance.

Et c’est probablement l’une des parties les plus difficiles de ce travail, parce que lorsque l’exigence nous accompagne depuis longtemps, elle peut donner l’impression de faire partie de notre identité.

« Si je ne suis plus constamment performant, qui suis-je? »

Vous êtes toujours vous.

Avec vos qualités, vos compétences et vos ambitions — mais peut-être avec davantage de place pour le repos, les relations, le plaisir et la vie.L’objectif n’est pas de cesser de réussir.
C’est de cesser d’avoir besoin de réussir pour se sentir suffisamment bien.

29/08/2026

👉 SCHÉMA D’EXIGENCES ÉLEVÉES

« Ce n’est jamais suffisant. » — Jeffrey Young

Vous réussissez. Vous accomplissez. Vous avancez. Vous en faites beaucoup.

Et pourtant… vous avez rarement l’impression que c’est suffisant.🫣

Le schéma d’exigences élevées repose sur une pression intérieure constante : faire mieux, aller plus loin, être plus efficace, ne pas perdre de temps, éviter les erreurs et atteindre des standards souvent très difficiles à maintenir.

Ce qui est particulier avec ce schéma, c’est que la personne ne considère pas nécessairement ses exigences comme excessives. Pour elle, elles semblent souvent tout simplement normales.

Vous pourriez vous reconnaître si…

• Vous avez beaucoup de difficulté à vous arrêter sans ressentir de culpabilité.
• Vous voyez rapidement ce qui aurait pu être mieux, même lorsqu’une chose s’est très bien passée.
• Vous êtes très exigeant(e) envers vous-même et parfois, malgré vous, envers les autres.
• Vous avez tendance à transformer même vos loisirs en objectifs de performance.
• Vous planifiez, organisez, vérifiez et cherchez constamment à optimiser.
• Vous avez l’impression de toujours manquer de temps.
• Vous atteignez un objectif… puis passez presque immédiatement au suivant.
• Vous avez de la difficulté à savourer pleinement vos réussites.
• Le repos peut vous donner l’impression d’être improductif(ve).
• Vous vivez régulièrement avec une tension intérieure : « Je devrais en faire davantage. »

On retrouve souvent trois grandes manifestations de ce schéma : le perfectionnisme, l’ambition professionnelle et l’ambition sociale.

La personne peut rechercher l’excellence dans son travail, son apparence, sa maison, ses études, ses performances sportives, son rôle de parent ou même dans ses relations. Tout peut progressivement devenir une mesure de réussite.

Le problème n’est évidemment pas d’avoir de l’ambition ou de vouloir bien faire.

Le problème apparaît lorsque la valeur personnelle, le droit au repos ou la satisfaction dépendent constamment de la performance.

Car avec ce schéma, la ligne d’arrivée se déplace continuellement.

« Quand j’aurai terminé ceci, je vais ralentir. »
« Quand j’aurai atteint cet objectif, je vais profiter davantage. »
« Quand tout sera enfin en ordre, je vais me détendre. »

Mais ce moment arrive rarement.

À long terme, cette pression peut mener à une importante fatigue, à de l’irritabilité, à une perte de plaisir, à un déséquilibre entre les différentes sphères de vie et parfois à une détérioration des relations. La personne peut finir par fonctionner davantage comme une machine à accomplir que comme quelqu’un qui se permet réellement de vivre.

Ce schéma peut notamment prendre racine dans une enfance où l’amour, l’attention ou la reconnaissance semblaient davantage présents lorsqu’on réussissait; dans un environnement familial très exigeant ou compétitif; ou encore devenir une façon de compenser un sentiment d’imperfection, d’échec ou de ne jamais être assez.

Et derrière toute cette performance se cache souvent une question beaucoup plus profonde :

Si je cessais de performer… est-ce que je me sentirais encore suffisamment valable?

L’objectif thérapeutique n’est pas de devenir moins ambitieux ni de renoncer à l’excellence.

C’est d’apprendre progressivement à remplacer « toujours plus » par « suffisamment ».

À reconnaître ses réussites.
À tolérer l’imperfection.
À se reposer sans devoir le mériter.
À faire certaines choses simplement pour le plaisir.
Et surtout, à comprendre que notre valeur ne se mesure pas uniquement à tout ce que nous accomplissons.

Parce qu’une vie réussie ne devrait pas seulement être remplie de choses accomplies. Elle devrait aussi contenir du temps pour être vécue.

Julie 😉

27/07/2026

Comment modifier son schéma d’assujettissement?

« Je fais toujours ce que les autres veulent. »
— Jeffrey Young

Le schéma d’assujettissement ne se transforme pas simplement en apprenant à dire « non ». Il évolue lorsque l’on apprend progressivement à se choisir, à reconnaître ses besoins et à croire que l’on a autant de valeur que les autres.

Jeffrey Young propose 14 pistes pour modifier ce schéma. En voici quelques-unes, adaptées et illustrées afin de nourrir votre réflexion.

1. Reconnectez avec l’enfant que vous avez été.
Prenez conscience de cet enfant qui a appris que ses besoins, ses émotions ou ses opinions passaient après ceux des autres.

Exemple : « Si je disais non, on se fâchait contre moi. J’ai donc appris à me taire pour préserver la relation. »

2. Repérez les situations où vous vous oubliez.
Observez les moments où vous acceptez automatiquement, où vous vous adaptez excessivement ou où vous faites passer les besoins des autres avant les vôtres.

Posez-vous cette simple question : Est-ce que je le fais parce que je le veux réellement… ou parce que j’ai peur de déplaire?

3. Réapprenez à vous connaître.
Pendant longtemps, vous vous êtes défini à travers les attentes des autres. Il est maintenant temps de découvrir ce que vous aimez, ce que vous pensez, ce que vous ressentez et ce dont vous avez réellement besoin.

4. Évaluez l’équilibre de vos relations.
Demandez-vous :

* Est-ce que cette relation est réciproque?
* Est-ce que je donne beaucoup plus que je ne reçois?
* Qui prend réellement soin de moi lorsque j’en ai besoin?

Une relation saine ne repose pas uniquement sur le sacrifice de soi.

5. Exprimez progressivement vos besoins.
L’affirmation de soi est une compétence qui s’apprend.

Commencez par de petites situations :

* exprimer une préférence;
* demander de l’aide;
* refuser une demande avec respect;
* dire simplement : « Aujourd’hui, cela ne me convient pas. »

Chaque fois que vous vous affirmez, vous affaiblissez un peu plus votre schéma.

6. Acceptez que certaines personnes puissent être déçues.
Déplaire n’est pas faire du mal.

Vous avez le droit d’avoir une opinion différente, de poser vos limites, de changer d’idée ou de prioriser vos besoins. La culpabilité que vous ressentirez n’est pas nécessairement le signe que vous faites quelque chose de mal; elle est souvent le signe que vous êtes en train de sortir de votre ancien fonctionnement.

7. Choisissez des relations plus équilibrées.
Les personnes présentant un schéma d’assujettissement sont souvent attirées par des personnalités dominantes ou très exigeantes.

Avec le temps, apprenez à choisir des relations où vos besoins comptent autant que ceux de l’autre, où chacun peut s’exprimer librement et où les responsabilités sont partagées.

8. Prenez votre place.
Que ce soit dans votre vie personnelle ou professionnelle, reconnaissez votre valeur.

Osez demander ce qui vous revient, accepter les compliments, déléguer certaines responsabilités et cesser de vous excuser d’exister.

En terminant…

Modifier un schéma d’assujettissement ne signifie pas devenir égoïste.

Cela signifie apprendre qu’une relation saine ne demande pas de s’effacer pour être aimé.

S’affirmer, ce n’est pas aimer moins les autres. C’est enfin apprendre à se choisir, sans cesser d’aimer.

24/07/2026

👉🏻Schéma d’assujettissement

« Je fais toujours ce que tu veux. » — Jeffrey Young

Avez-vous l’impression de toujours passer après les autres?

De dire « oui » alors que vous pensez « non »?

D’avoir de la difficulté à exprimer vos besoins, vos limites ou vos désaccords par peur de décevoir, de blesser ou de créer un conflit?

Si oui, vous vous reconnaîtrez peut-être dans le schéma d’assujettissement.

À bien des égards, la vie devient un rapport de force où les besoins, les désirs et les attentes des autres prennent toute la place… tandis que les vôtres passent constamment au second plan.

Vous avez appris qu’il était plus sécuritaire de faire plaisir, de vous adapter ou de vous oublier que d’oser être pleinement vous-même.

Le schéma d’assujettissement se manifeste principalement sous deux formes.

L’abnégation

L’abnégation consiste à croire que vous êtes responsable du bien-être des autres.

Vous ressentez facilement leur souffrance, vous voulez les aider, les protéger, les rassurer, régler leurs problèmes ou alléger leur peine.

À première vue, cela semble être une magnifique qualité.

Et effectivement, l’empathie est une force.

Mais lorsque cette qualité est poussée à l’extrême, elle finit par devenir un piège.

Vous prenez soin de tout le monde…

…sauf de vous.

Vous avez peut-être appris très jeune à vous occuper d’un parent fragile, d’un frère, d’une sœur ou à devenir le confident de votre famille.

Aujourd’hui encore, vous portez inconsciemment cette responsabilité, comme si le bonheur des autres dépendait de vous.

La soumission

Chez d’autres personnes, le schéma s’exprime davantage par la soumission.

Enfant, vous avez peut-être appris que dire non entraînait des critiques, de la colère, du rejet, des punitions ou un retrait d’affection.

Alors vous avez développé une stratégie de survie :

vous conformer.

Avec le temps, cette façon de fonctionner devient automatique.

Vous évitez les conflits.

Vous n’exprimez pas vos besoins.

Vous dites oui même lorsque vous pensez non.

Vous vous adaptez sans cesse… jusqu’à parfois ne plus savoir ce que vous voulez réellement.

La colère oubliée

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les personnes qui vivent un schéma d’assujettissement ne sont pas dépourvues de colère.

Au contraire.

Souvent, cette colère est enfouie depuis des années.

Comme elle ne peut être exprimée librement, elle finit parfois par ressortir autrement :

• irritabilité;
• épuisement;
• ressentiment;
• crises soudaines;
• ou encore par une révolte envers toute forme d’autorité.

Derrière une personne qui dit toujours « oui » se cache parfois une immense fatigue… et une colère qui n’a jamais eu le droit d’exister.

Les origines possibles

Jeffrey Young identifie plusieurs expériences pouvant favoriser ce schéma. En voici quelques-unes :

• Des parents très contrôlants qui décidaient de tout.

• Un climat où désobéir entraînait des punitions, des critiques ou de la colère.

• Des parents qui retiraient leur affection lorsqu’on n’était pas d’accord avec eux.

• Peu de liberté pour faire ses propres choix.

• Un enfant devenu responsable de ses frères, de ses sœurs ou même d’un parent.

• Un rôle de confident auprès d’un parent.

• Une culpabilisation lorsqu’on exprimait ses besoins.

• Des parents qui se sacrifiaient constamment et donnaient l’exemple qu’il fallait toujours penser aux autres avant soi.

• Le sentiment que vos besoins, vos émotions ou vos opinions n’avaient pas autant d’importance que ceux des autres.

Aucun de ces éléments ne crée automatiquement un schéma, mais leur accumulation peut amener un enfant à croire que sa valeur dépend de sa capacité à satisfaire les autres.

Les pièges du schéma

Jeffrey Young en décrit 26.

En voici quelques exemples que l’on retrouve très souvent :

• Vous avez énormément de difficulté à dire non.

• Vous cherchez constamment à faire plaisir.

• Vous évitez les conflits à tout prix.

• Vous vous sentez coupable lorsque vous pensez à vous.

• Vous vous sacrifiez régulièrement pour les autres.

• Vous assumez plus que votre part des responsabilités au travail ou à la maison.

• Vous avez l’impression que les autres profitent parfois de votre générosité.

• Vous donnez beaucoup plus que vous ne recevez.

• Vous avez de la difficulté à demander de l’aide.

• Vous ne faites pas respecter vos droits ou vos limites.

• Vous minimisez vos besoins.

• Vous vous sentez souvent épuisé sans comprendre pourquoi.

Le paradoxe, c’est que plus vous vous oubliez…

…plus vous risquez d’entretenir des relations déséquilibrées où les autres prennent naturellement la place que vous leur laissez.

🌿 Petite réflexion

Être généreux, empathique et attentionné est une magnifique qualité.

Mais lorsque prendre soin des autres signifie constamment vous abandonner, ce n’est plus de la générosité…

…c’est de l’effacement.

Vous avez autant de valeur que les personnes dont vous prenez soin.

Vos besoins ne sont pas moins importants.

Dire non à quelqu’un ne signifie pas que vous l’aimez moins.

Parfois, le plus beau geste d’amour que vous puissiez poser envers les autres… est de commencer enfin à vous choisir.

Julie😉

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