03/10/2024
Chronique 55 : Lettre ouverte au président
Cette chronique se veut un peu plus sérieuse que les précédentes.
Pour cause, j’aimerais que cette lettre ouverte atteigne réellement des élus, et le must serait que monsieur ou madame Macron en prennent connaissance, et pourquoi pas fasse changer les choses pour nous.
Monsieur Emmanuel Macron,
vous avez repoussé l’âge du départ à la retraite puisque visiblement, nos retraités vous coûtent cher (bon, déjà qu’on se le dise ce n’est pas votre argent, et je préfère être taxé pour nos petits “vieux” plutôt que nos petits “branleurs” au rsa).
Ceci étant dit, lors des entrevues que vous avez pu avoir dans la rue, certains vous ont parlé de la pénibilité de leur métier, les coiffeurs, les ouvriers, les soignants, etc.
Est ce que vous, en tant que jeune parent, inquiet pour votre nouveau-né, vous accepteriez de laisser votre enfant à une femme de plus de 60 ans (ou un homme hein!) en sachant qu'au-delà de 50 ans il y à déjà une bonne partie de ces professionnels qui soufrent ?
Souffrir de quoi me diriez-vous ?
Eh bien le corps entier.
Toujours devoir s’adapter aux caprices de certains parents, devoir réexpliquer inlassablement les règles et lois, c’est pénible.
Est-ce qu'un autre employé en France doit faire ça ?
Je ne crois pas, pourquoi ?
Parce que, vous ne prenez pas vos responsabilités et qu’il n’y à aucune structure agréée pour gérer ce côté administratif contrairement aux crèches!
Mais en plus de gérer l’administratif, les conflits avec les parents, la pression sociale, on souffre !
Du dos, des tendons, canal carpien, sciatique, parce qu’on est vieilles ! Qu’on est épuisée et que notre métier est d’une pénibilité intense, sur tous les points.
Oui, on reste chanceuses d’avoir un abattement fiscal, mais on manque de tout le reste.
Nous sommes seules, et le peu de fois où la PMI vient nous visiter, on est à la limite du harcèlement.
Pourquoi le harcèlement ? Parce que beaucoup de puéricultrices n'en ont rien à faire des règles et loi qui sont présentes dans le référentiel, et y vont de leur abus.
Ou alors les départements qui vous renvoient en formation alors que vous avez déjà passé les modules concernés, alors que dans les textes, il est écrit que ce n’est pas obligatoire ? On va se défendre, et en échange, on reçoit quoi ? Une menace de perte d’agrément.
Les syndicats nous disent de nous défendre, et ils ont raison, mais il serait temps que les départements et PMI nous respectent, car nous, nous respectons les modalités de nos agréments !
Et vous ne trouvez pas ahurissant en France de payer son employé 4 euro de l’heure ? Qui travaillerait pour ce prix en travaillant jusqu’à 48h par semaine, délaissant notre vie privée et notre santé !
Et ne parlons pas du harcèlement moral que certains employeur pratique sans jamais avoir de répercussion !
On va alerter nos services PMI, mais au-delà de nous écouter, que peuvent-ils faire de plus ? RIEN.
Mais le sujet qui me tient le plus à cœur, et par chance, je n’ai encore jamais été confronté à cette situation, mais aux IMPAYÉS ?
Je sais, Monsieur Macron ce que vous allez me répondre “les prud’hommes sont là pour ça”.
Dans la théorie, c’est vrai.
Dans la pratique, si un parent employeur n’est pas solvable… L’assistante maternelle gagnera son procès, mais ne touchera jamais ses salaires impayés.
Et ne parlons pas du préjudice moral !
Alors monsieur Macron, quelles solutions offririez-vous au mode de garde le plus utilisé en France ?