05/10/2026
💧 « Une requête à ChatGPT consomme une bouteille d’eau. »
On a probablement tous vu passer cette affirmation. Cette vidéo de Numerama, que je trouve particulièrement intéressante et très accessible, prend 27 minutes pour remonter à l’origine de ce chiffre et surtout le remettre dans son contexte.
Et la réalité est beaucoup plus nuancée.
L’IA consomme bien des ressources. Les serveurs consomment beaucoup d’électricité, produisent de la chaleur et il faut les refroidir. Certains datacenters utilisent donc de l’eau, parfois en quantité importante.
Mais dire qu’à chaque fois que l’on pose une question à ChatGPT, « une bouteille d’eau est consommée » est très trompeur.
La consommation dépend énormément du datacenter, de son système de refroidissement, de son emplacement, de la météo et même de la façon dont l’électricité qu’il utilise est produite. Il faut également distinguer l’eau directement utilisée pour refroidir les serveurs de l’eau consommée indirectement pour produire leur électricité.
Et c’est là que le cas de la France devient particulièrement intéressant. 🇫🇷
D’après les chiffres de l’Arcep repris dans la vidéo, les datacenters français ont directement prélevé environ 575 000 m³ d’eau en 2024.
Mais la vidéo pousse volontairement le raisonnement beaucoup plus loin : en prenant une estimation extrêmement pessimiste, qui inclut non seulement l’eau utilisée directement par les datacenters mais aussi celle nécessaire à la production de leur électricité, leur consommation représenterait l’équivalent de l’arrosage d’environ 140 terrains de golf.
Pour donner une idée de l’échelle : la France compte environ 700 golfs.
Autrement dit, même en choisissant volontairement une hypothèse très défavorable aux datacenters, on arrive à l’équivalent de l’arrosage d’environ un cinquième des golfs français.
Ça ne veut évidemment pas dire que l’IA ne consomme pas d’eau ou qu’il n’y a aucun problème. L’impact peut être très différent selon l’endroit où se trouve le datacenter. Installer un centre très gourmand en eau dans une région qui en manque déjà peut poser un véritable problème local.
Mais c’est justement ce que j’ai apprécié dans cette vidéo : elle ne cherche ni à défendre l’IA, ni à la diaboliser. Elle remonte aux études, explique ce qu’elles mesurent réellement et remet les chiffres dans leur contexte.
Et on découvre qu’en France, notamment grâce à notre manière de produire l’électricité et aux technologies de refroidissement utilisées, la situation est beaucoup moins alarmante que ce que laisse penser le fameux raccourci de « la bouteille d’eau par requête ».
L’impact environnemental de l’IA est un vrai sujet. Mais encore faut-il utiliser les bons chiffres pour en parler.
27 minutes, c’est un peu long pour une vidéo partagée sur Facebook 😅, mais elle est vraiment très accessible et, si le sujet vous intéresse, elle mérite d’être regardée jusqu’au bout.
👉
« L'IA boit une bouteille d'eau par requête » ? C'est faux. Voici d...