03/04/2026
« Imaginez un bâtiment entièrement construit en escaliers. On décide d’y « inclure » les personnes en fauteuil en installant un monte-charge à l’entrée de service. Techniquement, elles peuvent entrer. Le bâtiment, lui, n’a pas bougé d’un centimètre. Et tout le monde fait semblant de ne pas voir la différence. »
Une image que je ne suis pas près d’oublier. Merci Yves Demoulin 🙏🏻
Très tôt, enfant, j’ai perçu ce que je vivais comme des injustices dans le traitement des élèves — sans pouvoir les nommer. Ce texte les nomme. Je suis devenue enseignante, sans doute pour réparer quelque chose. Et aujourd’hui orthopédagogue, pour m’attaquer de manière encore plus directe à l’aménagement de ces escaliers.
Pourtant, dans ma pratique, je me rends compte que certains escaliers sont profondément inscrits en nous. Ces petits escaliers en colimaçon, bien cachés — ceux qu’on a montés et descendus pendant des années, d’abord comme élève, puis comme enseignante. Passer l’essentiel de sa vie dans un bâtiment, ça finit par façonner la façon dont on imagine les bâtiments. Et ça, on ne le voit pas toujours, même quand on regarde.
C’est pourquoi j’ajouterai à l’analyse de ma pratique une nouvelle question : où sont les escaliers cachés dans ma séance ? À quel moment ai-je proposé un chemin unique, sans même envisager qu’il puisse y en avoir d’autres ?
Et puis… déconstruire les escaliers, est-ce vraiment suffisant ? Ce que je cherche, c’est un bâtiment qui propose une rampe, une échelle, un mat de pompiers — et qui ne présume jamais du chemin que chacun·e est capable d’emprunter.
Quel est l’escalier que vous transformeriez en premier ? Et quel est celui qui résiste le plus… en vous ? 💬
On a voté l'inclusion. On l'a inscrite dans les lois, outillée d'aménagements, accompagnée de dispositifs. Et pourtant, quelque chose résiste. Quelque chose que les enseignants ressentent, que les parents nomment mal, que les enfants vivent dans leur chair : on a changé les marges du système ...