10/10/2026
Quand des parents demandent un bilan pour un enfant à haut potentiel, ils attendent des clés plus qu'une étiquette : mieux comprendre comment leur enfant fonctionne, mieux entrer en relation avec lui, et se sentir un peu moins seuls face à ce qui se passe à la maison (Brodard et Quartier, 2024).
C'est le point de départ de ce nouvel épisode du podcast, enregistré avec Nathalie Terrier, docteure en sciences humaines et cognitives, qui réalise à Neuchâtel des bilans et des suivis dans les troubles du neurodéveloppement et le haut potentiel intellectuel.
Nous y parlons des croyances qui circulent sur le HPI, à commencer par l'idée qu'il formerait une catégorie à part, alors qu'il prolonge un continuum et que le seuil de 130 reste une convention.
Un même comportement a presque toujours plusieurs sources, et tout attribuer au haut potentiel empêche de voir le reste. Nous parlons aussi du sentiment de compétence parentale. Dans une enquête auprès de 211 parents d'enfants doués, ce sont les facteurs parentaux, et d'abord la confiance des parents dans leur capacité à gérer les situations du quotidien, qui prédisaient le mieux les difficultés qu'ils rapportaient (Morawska et Sanders, 2008). Une association et non une cause, mais une piste de travail concrète.
Nathalie Terrier montre souvent aux parents le cercle décrit dans les programmes d'entraînement aux habiletés parentales : un fonctionnement mal compris, des pratiques éducatives moins adaptées, davantage d'opposition et de conflits, un parent plus stressé et plus fatigué, puis des réponses moins cohérentes. Elle le présente comme un enchaînement que l'on retrouve dans bien des familles, ce qui permet d'en parler sans culpabiliser personne.
Il est aussi question d'épuisement parental. Faute d'études propres aux parents d'enfants à haut potentiel, ce sont les modèles généraux qui servent de cadre : dans une enquête auprès de 1 723 parents francophones, l'épuisement tenait surtout aux traits stables du parent, à ses pratiques éducatives et au fonctionnement familial, bien plus qu'aux particularités de l'enfant ou aux caractéristiques sociodémographiques de la famille (Mikolajczak et al., 2018).
Nous revenons enfin sur le "perfectionnisme" prêté à ces enfants : une méta-analyse ne retrouve pas chez les élèves à haut potentiel davantage de préoccupations perfectionnistes, comme la peur de l'erreur, mais seulement des exigences personnelles un peu plus élevées (Stricker et al., 2020).
L'épisode s'adresse aux professionnels de la santé et de l'éducation, comme aux parents.
Nathalie Terrier anime aussi pour le Centre de Formation Clinique la formation « Accompagner les parents d'enfants HPI », les 4 et 5 novembre en ligne, réservée aux professionnels.
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