26/08/2026
Après deux jours d’affûtage sur le bord de la mer et dans les sentiers officiels de la course, le matin de la course est enfin arrivée. Mes jambes sont à 100%, je me sens pleine d’énergie et confiante pour cette journée qui s’annonce être mon plus long parcours à vie.
Réveil à 4h00, deux heures avant le départ. Le déjeuner passe super bien, je prends un bon café chaud. La navette est à 5h30 et le départ à 6h00. Je transporte mon sac de trail (avec tout le matériel obligatoire) ainsi que mon dossard 4636. La météo est parfaite, mon choix de vêtement aussi, j’ai juste hâte que le départ soit donné.
Les 3 premiers kilomètres sont supers roulants, un bel échauffement. Ensuite un montée quand même accessible, un peu technique. Le soleil apparaît en haut du Mont Olivine, c’est complètement magique. Sincèrement, jusqu’au premier ravitaillement, à 12,5 km, tout est parfait. Ensuite, un sentier de grosses roches nous attendait, mais j'ai eu du plaisir à jouer dans ce sentier. Le plateau est aussi roulant, tout se passe bien. Plus aucun arbre, un vent léger, quelques nuages et un paysage orangé droit devant nous, WOW !
Bon…première montée de la fameuse “cuve” que tout le monde ne cesse de me parler depuis des mois…Finalement, ça n' avance pas vite, mais je me sens super bien. C’est dans la descente vers la rivière que je fais une chute de débutante sur les fesses et mes cuisses crampes légèrement (je ne sens pas la branche qui entre dans mon genou, oupsss) Arrivé à la rivière je décide de me mettre de l’eau sur le front et c’est en me penchant que je vois mon genou gauche et ma jambe entière pleine de sang ! Je regarde vitement, mais comme je ne ressens pas de douleur, je décide de continuer et de mettre un pansement au prochain ravitaillement.
Après la descente vers la rivière, je m’attaque à un sentier super technique, mais comme ça descend légèrement, je me lance avec énergie dans les roches et la boue ! Du 19 ème 27k je suis dans ma zone et j’ai beaucoup de plaisir ! Ça fait un peu plus de 5 heures que je cours, franchement je ne pensais pas être dans cette énergie là à ce moment-là.
Je croise Jean-François et Fred juste avant le ravitaillement, je suis super encouragée. Je ne reste pas longtemps au ravitaillement (j’aurai dû me déposer un peu…) Je remplis toutes mes réserves d’eau car nous serons en autonomie complète pendant les 20 derniers kilomètres.
Le retour dans le sentier technique (oui, c’est un bout aller-retour) je n’ai plus trop la même énergie. Ça monte plus, les kilomètres défilent moins vite, je trouve ça long…
Après le kilomètre 32, j’arrive pour prendre ma flasque derrière…elle n’est plus là !! M***e est-ce que je vais manquer d’eau. Cette phrase va m’envahir trop longtemps dans mes pensées. Je me restreins un peu…et c’est à ce moment-là que ça déraille. Mon corps n’est pas content du tout, je ressens la soif.
35 km - Je prends une pause, je sors mes bâtons et je remets mon chapeau dans une section plus exposée. Je reprends un peu le rythme, j’essaie de regarder le paysage…la descente de la cuve est pénible, je me sens un peu désorientée. C’est au dernier point de contrôle à 37,5 environ que l’équipe me dit que j’aurai une rivière à 800m pour me remplir. J’avance ces mètres en buvant toute l’eau que j’avais, puis je m’assois sur une roche pour me ravitailler. J’ai passé 36 minutes sur ce kilomètre, ma notion du temps n'était pas super disons. Je remonte la cuve, un pas à la fois. Le 8 heures de parcours est maintenant passé…c’est long.
Rendu en haut, enfin des trottoirs en bois. Encouragée, je me mets à courir, lentement mais sûrement ! Même pas 1 kilomètres de course, des crampes se mettent à me freiner dans les deux quadriceps…la colère m’envahit (je n’aurais pas dû me priver d’eau….) Il reste 6 km de descente, environ 3km techniques et 3 km roulants.
Je peux vous dire que les trois techniques….j’ai versé plusieurs larmes tellement je me sentais faible. Plein de coureurs me dépassaient et m'encourageaient…mais rien à faire, ces trois kilo ont été vraiiiiment pénibles. Heureusement, durant les trois derniers, j’ai pu laisser aller mes jambes qui ne contractaient plus trop.
Quand j’ai vu Véronique m’attendre et les autres de la gang crier mon nom (Fred, Jean-Francois, mon père et Hélène) j’ai eu le cœur rempli de gratitude de franchir cette fameuse ligne d’arrivée. Un immense merci à vous d’avoir été patient à mon arrivée.
Je remercie aussi l’équipe de bénévoles qui ont rempli toutes mes réserves d’eau. Chacun d’eux a été bienveillant, souriant et aidant ! WOWW
Conclusion
J’étais prête. Parfois, des imprévus arrivent et font en sorte de nous amener dans des zones inconnues. Si je n’avais pas manquer d’eau, que serait-il arrivé…je ne me suis posé la question trop de fois durant le parcours, mais quand j’ai décroché…j’ai avancé un pas à la fois en gardant en tête le parcours des derniers mois, les gens avec qui je partage ce sport incroyable et toutes les personnes qui ne peuvent plus le pratiquer pour toutes sortes de raisons.
Courir dans le plaisir reste ma devise et je suis heureuse de mon parcours.
Cath, coureuse dans l’âme