18/09/2020
Un virage est-il le même selon qu'on le prenne dans un sens ou dans l'autre? Y-a-t-il un côté qui semble plus facile que l'autre?
En Décembre 2002 puis en Janvier 2003, Lawrence Grodsky apporte un élément de réponse dans la rubrique qu'il anime pour "Rider Magazine". Sa réponse est claire: NON, ce ne sont pas les mêmes virages qu'on rencontre en fonction du sens où on roule.
Un virage à droite ne présente pas les mêmes caractéristiques que le même virage pris à gauche.
Une route plate est conçue pour évacuer l'eau. Pour y arriver elle est bombée, la partie la plus haute étant le milieu de la route ce qui permet d'évacuer l'eau sur les côtés. Que vous preniez le virage dans un sens ou dans l'autre c'est toujours le côté gauche de vos pneus qui est le plus en contact avec la route. Mais en tournant à gauche, la pente latérale de la route s'oppose à la moto alors qu'en tournant à droite vous allez dans son sens. Conséquences: la moto a plus de difficultés à virer à gauche qu'à droite car la garde au sol est diminuée et que la pente pousse la moto vers l'extérieur du virage. A l'inverse, dans un virage à droite la garde au sol est augmentée et la moto est poussée vers l'intérieur du virage. Bien évidemment une route en montée ne présente pas ces particularités.
Un virage à gauche présente un rayon plus grand rayon qu'à droite. C'est pour cela qu'un virage en épingle est à droite, le même pris à gauche sera un virage lent. On voit donc plus loin ce qui permet de détecter un véhicule mordant sur notre voie dès qu'on est au début du virage. Le rayon plus fort du virage à droite ne permet de voir ce même véhicule qu'en approchant de la fin du tournant. Il en va de même pour un usager que l'on rattrape. On a donc plus de temps pour s'adapter dans un virage à gauche qu'à droite face à cette situation. Paradoxalement cette longueur supplémentaire qui apporte une meilleure vision rend plus difficile le maintien de la moto sur une courbe correspondant à celle du tournant. Il faut être plus patient avec l'accélérateur et retarder la mise sur l'angle.
Mais visuellement un virage à gauche paraît toujours plus étroit que pris en sens inverse. Cette illusion, couplée avec une vision plus longue et le réflexe "je vais où je regarde" favorise une mise sur l'angle anticipée nécessitant une correction de trajectoire au milieu du tournant, pile là où se produisent la majorité des pertes de contrôle. Il est plus humain de resserrer la trajectoire vers la partie de la route où il y a le plus de place ( la voie inverse ) que d'élargir vers le bas-côté.
Que penser de tout cela?
Les virages à gauche sont plus difficiles et dangereux que ceux à droite. Il y a 5 fois plus d'erreurs sérieuses qui s'y produisent et le taux d'accident y est 3 fois plus élevé. Ils nécessitent une approche plus lente et un peu plus de patience que leurs cousins de droite.