Informons-nous mutuellement
Bonjour,
Nous vous informons que la journée d'étude intitulée « Présentation des résultats d'enquête : Etude d’évaluation de l’accès aux droits à la santé reproductive des migrantes subsahariennes à Oran et à Bechar » qui se tiendra le mercredi 01 mars 2023 à 14h à la salle de conférences du GRAS. Elle sera animée par Pr Abdelaziz Tadjeddine (Épidémiologie - laboratoire d’Enseignement et de Recherche en Maladies Émergentes et Ré Émergentes (LERMER)- Faculté de médecine Oran1, Dr Sabrina Dahmani (Biologiste,Chargée de suivi et l’évaluation de projets Association de protection Contre le Sida (APCS Algérie), Dr Amel Hachem (démographe Université Oran2 et Dr Aicha Benabed, enseignante en sociologie et anthropologie, chercheure associée au GRAS-Université Oran2 Mohamed Ben Ahmed).
Cordialement
GRAS-Université Oran 2 - Unité de Recherche en Sciences Sociales et Santé
GRAS-Université Oran 2 - Unité de Recherche en Sciences Sociales et Santé
UNIVERSITE ORAN 2 UNIVERSITE DE TLEMCEN
UNITE DE RECHERCHE EN SCIENCES
SOCIALES ET SANTE (GRAS)
APPEL A CONTRIBUTIONS
COLLOQUE INTERNATIONAL
LES CRISES AU QUOTIDIEN
La double crise socio-sanitaire et économique des deux dernières années (2020-2021) dans le monde, a pu révéler son ampleur sociétale. Elle s’est notamment traduite par les souffrances sociales et psychiques des populations confrontées brutalement aux décès d’un de leurs proches parents, la montée rapide et importante du chômage en raison de la fermeture des entreprises, l’anomie des liens sociaux pendant les confinements. Autant d’éléments importants qui ont accentué les incertitudes (Doucet, 2018), la peur, les violences symboliques au cœur de la gestion patriarcale et sécuritaire de la pandémie Covid-19 (Mebtoul, 2021).
Force est pourtant de relever que les crises restent essentiellement appréhendées comme des soubresauts conjoncturels, inédits et fortement médiatisés dans une mise en scène répétitive et souvent perçues dans leur immédiateté. Les sens attribués aux crises par les acteurs sociaux, étant les premiers à en subir les conséquences dans leur vie quotidienne, sont de l’ordre de l’occultation. L’herméneutique de la crise s’efface. La dynamique sociale par le bas des crises est dominée par des non-dits au profit d’analyses en surplomb de la société au quotidien. Elles semblent pourtant impuissantes à démontrer concrètement la complexité, la diversité des drames au quotidien, des inégalités sociales profondes qui affectent profondément les populations les plus vulnérables.
Si la quantification des crises est nécessaire pour mettre en exergue des tendances générales, elle s’interdit de les comprendre profondément, particulièrement quand le tissu social est profondément sous-analysé, objet de multiples détours (Balandier, 1985) de sens par la présence imposante et hégémonique des pratiques informelles qui s’infiltrent dans tous les champs sociaux. Celles-ci reconfigurent les crises, les rendant plus difficiles à maîtriser, à décrypter pour situer précisément ses enjeux sociaux, politiques et économiques au quotidien.
Les pratiques de contournement au cœur de l’informel, « nourries» et renforcées par la défiance des acteurs sociaux à l’égard des impositions des normes dominantes, semblent renforcer l’opacité des crises au quotidien. Elles se présentent pourtant comme une totalité sociale. Elles surgissent à tous les niveaux de la société : le travail défiguré, banalisé, fragilisé, « tu travailles ou tu ne travailles pas, c’est la même chose », se retrouve profondément déprécié, enseveli (Mebtoul, 1986) par d’autres façons plus cachées et plus efficaces de se mouvoir dans la société, en arrachant aisément des gains financiers plus conséquents.
La citoyenneté est faiblement ancrée dans le double champ éducatif et socio sanitaire orphelin de médiations crédibles, autonomes et profondément reconnues par les populations. La puissance du statu quo favorise sa reproduction à l’identique, sans possibilité de questionner de façon critique et approfondie les rapports sociaux au quotidien qui s’incrustent dans les différentes institutions éducatives et celles de soins. Le discours social dominant se limite à identifier ses dysfonctionnements les plus immédiats (manque de moyens techniques et humains), mettant en valeur de façon holiste et élogieuse les chiffres qui attestent du nombre impressionnant d’étudiants, d’élèves, de professionnels de santé, etc.
La crise socio sanitaire et éducative au quotidien est renforcée par une bureaucratie difforme et sélective. Celle-ci oblige les familles à l’errance sociale, thérapeutique, et éducative en recourant aux espaces marchands pour tenter d’arracher des savoirs et des soins en raison du peu de crédit accordé aux institutions éducatives et de santé profondément administrées, privilégiant la verticalité des décisions à la régulation contractualisée qui attribue du sens à l’altérité et l’écoute des personnes.
L’implicite des crises au quotidien se niche aussi dans l’intériorisation d’une « normalité » allant de soi, identifiée comme le quotidien ordinaire défini par « la somme des insignifiances » (Lefebvre, 1968). Il s’agit de « faire avec… », ou encore : « normal que je n’étudie pas… ». On aurait pu multiplier les propos des personnes au cœur du langage ordinaire. Les mots pour Austin (1962), ne se limitent pas uniquement à décrire, mais ils ont une fonction performative, au sens ils ont une capacité de faire. Ils sont à l’origine de normes pratiques dominées par l’attentisme, l’accommodement, l’indifférence et l’éclatement social dans une société dominée par de multiples risques profondément banalisés (Beck, 1986).
De plus en plus d’acteurs sociaux de statuts diversifiés sont contraints de « naviguer » en affrontant la mort pour tenter de donner un sens à leur vie et à leurs passions et projets brimés. La « Harga» (quitter clandestinement le pays) est le signe le plus fort et le plus dramatique de ces crises au quotidien. Elle reste orpheline d’une prise en charge efficace, concertée et collective entre les différents pouvoirs concernés, du Nord au Sud, pour tenter de redonner de la dignité aux personnes qui souhaitent profondément vivre en risquant la mort.
Les significations des crises au quotidien, ce sont donc les multiples incertitudes concrètes, les drames invisibles, les injustices, les détournements constants pour survivre, les contreviolences pour s’affirmer socialement, devenant parfois la seule modalité sociale pour dire: « j’existe ». Le quotidien en crise est enfin marqué par les résistances tenaces des personnes à un ordre social anachronique dominé par le flou socio- organisationnel producteur d’un égalitarisme fictif, réducteur et médiocre (« l’Algérie n’a pas besoin d’un prix Nobel »). C’est une façon perverse d’effacer les multiples savoirs mobilisés par certains acteurs sociaux qui opèrent dans la non-reconnaissance sociale, l’invisibilité et l’indifférence de l’Autre.
Si les crises économiques et socio sanitaires liées au Covid-19, ont profondément bouleversé les sociétés durant ces deux dernières années, il est important de rappeler que le quotidien et ses routines invisibles, n’effacent pas les enjeux importants mis en exergue par les acteurs sociaux qui accordent une valeur suprême à leur vie de tous les jours (Fassin, 2018). On peut donc « comprendre les rituels de la vie quotidienne comme des mécanismes d’affrontements » (Javeau, 2006) qui, bien avant les crises récentes, ont révélé les turbulences sociales où l’injuste et les marginalisations sociales sont profondément enracinés dans l’histoire d’en bas des gens de peu. Celle-ci est pourtant sous-estimée par les puissants de ce monde. La société est une production sociale (Godelier, 2015). Elle est donc loin d’être une cruche qu’il suffit de remplir mécaniquement de connaissances et d’attitudes. Ne pas la reconnaitre à sa juste valeur, en l’étiquetant négativement, c’est l’enfoncer dans « le trou noir » évoqué par le philosophe français Gilles Deleuze (1986). Elle est contrainte de sombrer dans l’obscurité, les détournements, la fuite vers l’ailleurs, à la quête d’une réussite sociale et professionnelle en raison de la sous-estimation de ses capacités non-reconnues socialement (Ricoeur, 2004).
Les interprétations sociales des crises se limitent au sens commun, au paternalisme, à la morale, aux prescriptions et aux divers populismes, en raison de l’absence d’une compréhension fine et diversifiée des différents pans de la société. Les acteurs sociaux sont enfin pris dans le jeu social de la culpabilisation qui permet aux pouvoirs de mobiliser ce propos confortable, simpliste et peu innocent : « nous sommes tous responsables » des formes sociales d’indifférence et de non-implication dans la « cité ».
Le refus de « voir de l’intérieur» les crises au quotidien (travail, éducation, santé, justice, etc.) permet de préserver le statu quo fragile, déniant au réel ses multiples jaillissements dans la société : la violence de l’argent, une urbanisation sauvage, la rareté de la sérénité dans la conduite de la voiture, le stress envahissant face aux multiples discontinuités temporelles liées au transport, au coût excessif et brutal des différents produits de consommation. La crise n’est pas sans produire ses effets pervers qui se traduisent par une socialisation fragilisée. Elle dévoile la priorité donnée à l’entre soi familial qui s’accompagne de la défiance accentuée à l’égard des différentes institutions.
La notion de crise recouvre de façon dialectique une dimension dynamique salvatrice, bousculant les pratiques sociales antérieures. Elle redonne du sens aux capacités d’agir des populations. Celles-ci sont conduites à faire face aux insuffisances des pouvoirs publics, en soutenant activement les personnes vulnérables. Durant les temps de crises, la solidarité agissante se déploie dans les différents espaces sociaux. Elle se traduit par la constitution et le renforcement des réseaux de soutien destinés aux personnes démunies, et aux malades atteints de la Covid-19, etc. La solidarité n’est pas « naturelle » ou hasardeuse. Elle permet d’indiquer des formes d’engagement-contestation de la population à l’égard du mode de fonctionnement dominant de l’espace public profondément administré, sans médiations sociales de proximité avec la population (Mebtoul, 2021).
Les dynamiques sociales profanes témoignent aussi de savoirs inventifs mobilisés de façon invisible par la population pour tenter de faire face aux risques encourus dans la société. Elles indiquent un champ du possible oscillant entre incertitudes et espérances. Elles permettent aux acteurs sociaux de s’inscrire dans un processus de transformation de la société quand les conditions sociopolitiques leur sont favorables. Ces formes de mobilisation collective des populations durant les crises, semblent importantes à comprendre finement et à décrypter dans le but de mettre en exergue le processus de citoyenneté. Celui-ci indique pourtant sa complexité, sa fragilité (Balibar, 2012) et ses retournements négatifs, particulièrement quand les interdits, la lassitude, les opacités de tout ordre se multiplient dans la société (Mebtoul, 2018). Aussi, la notion de citoyenneté reste profondément fluctuante et incertaine, sans pour autant pouvoir prédire le moment de sa réémergence dans l’espace public. La déconstruction-construction de la citoyenneté est bel et bien un processus contradictoire pouvant éclairer les enjeux des crises au quotidien, soit en mettant au jour les silences, la peur, la reproduction à l’identique du politique, ou au contraire libérer les passions des acteurs sociaux pouvant leur permettre de déployer et de valoriser une dynamique collective de changement social (Honneth, 2013).
Le colloque international appréhende quatre thématiques ::
Les crises au quotidien productrices d’incertitudes, de défiances et de contournements au cœur des pratiques quotidiennes des agents sociaux confrontés aux errances sociales, thérapeutiques et éducatives.
Les dimensions cognitives mobilisées par les pouvoirs publics pour dire et faire face aux différentes crises.
Compétences et solidarités des acteurs sociaux au profit des personnes vulnérables durant les crises.
Les champs du possible dans la construction de la citoyenneté pour une dynamique de changement social.
Références bibliographiques
Austin J., 1962, La philosophie analytique, Paris, éditions de Minuit.
Balandier G., 1985, Le détour, Paris, Fayard.
Balibar E., 2012, La proposition de l’égaliberté, Paris, PUF.
Beck U., 1986, La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité, Paris, Aubier.
Deleuze G., Parnet C., 1986, Dialogues, Paris, Flammarion.
Doucet L., 2018, Pour une anthropologie de l’incertitude, Paris, CNRS.
Fassin D., 2018, La vie. Mode d’emploi critique, Paris, Seuil.
Godelier M., 2015, L’imaginé, l’imaginaire & le symbolique, Paris, CNRS.
Honneth A., 2013, La lutte pour la reconnaissance, Paris, Gallimard.
Javeau C., 2006, « Routines quotidiennes et moments fatidiques », Cahiers internationaux de Sociologie, Vol.CXXI, 227-238.
Lefebvre H., 1968, La vie quotidienne dans le monde moderne, Paris, Gallimard.
Mebtoul M., 2021, COVID-19, La mise à nu du politique, Alger, Koukou.
-2018, ALGERIE. La citoyenneté impossible ? Alger, Koukou.
- 1986, Discipline d’usine, productivité et société en Algérie, Alger, OPU.
Ricoeur P., 2004, Parcours de la reconnaissance. Trois études, Paris, Stock.
Modalités de soumission des communications et calendrier.
Le colloque international « les crises au quotidien » est prévu les 25 & 26 septembre 2023 au campus Taleb Mourad Salim, ex. IGMO, Université d’Oran 1.
La taille du texte doit être comprise entre 25 000 et 30 000 caractères (espace compris).
La police du texte : Times new roman, 12. Interligne simple.
Il doit préciser la problématique de la recherche, expliciter le cadre théorique utilisé, la méthodologie mise en œuvre, les résultats, la conclusion et la bibliographie.
Date limite de soumission : 30 avril 2023
Réunion du comité scientifique : 08 Mai 2023
Réponse aux candidats : 30 juin 2023
Les textes des propositions intégrales doivent être envoyés à l’adresse suivante : [email protected]
Les membres du comité scientifique :
Mohamed Mebtoul, (GRAS-Université d’Oran 2)
Aicha Benabed, (GRAS-Université d’Oran 2)
Mohamed Chaouki Zine (Université de Tlemcen)
Mohammed Hassaine (GRAS-Université d’Oran 2).
Nassima Remmas (GRAS-Université de Bel-Abbes)
Ouassila Salemi, (GRAS-Université de Mostaganem)
Yves Schwartz, (Société internationale d’ergologie, Aix-en-Provence)
Abdesselam Taleb (Université de Ten)
29/11/2022
Informons-nous mutuellement
Bonsoir,
Nous vous informons que la conférence du Pr Hachelai Hamid " Harcèlement moral dans le secteur de la santé : une dichotomie individuelle ou organisationnelle" se tiendra ce jeudi 01 Décembre 2022 à la salle de conférences du GRAS à 10h.
21/11/2022
برنامج اليوم الثالث للصالون الأول للعلوم الإجتماعية بوهران
يوم الإثنين 21 نوفمبر 2022 بمجمع الدكتور طالب سليم مراد Ex IGMO-ORAN
16/11/2022
13/11/2022
Le premier salmon des sciences sociales à Oran
07/11/2022
A Tous les chercheurs et étudiants du GRAS
Abonnement à la bibliothèque du GRAS
La Bibliothèque du GRAS est ouverte pour tous les étudiants et les chercheurs en sciences sociales et santé . Pour cela nous vous informons que le GRAS à reçu une variété scientifique des ouvrages portent essentiellement sur les questions de santé, de maladie, de handicap, de médecine, appréhendées par les disciplines suivantes : psychologie, sociologie, anthropologie et économie.
Nous vous informons que les inscriptions à la bibliothèque débuterons à partir de mois de novembre 2022. l'emprunt des ouvrages ne sera possible que sur la base de votre inscription/réinscription.
Règlement intérieur de la bibliothèque
Les frais pour inscription / réinscription sont à 1000 da / année universitaire .
Pour permettre un fonctionnement rigoureux de la bibliothèque des règles seront mises en place .
-les ouvrages doivent être impérativement remis après 15 jrs ( le prêt de 02 titres)
- Tous re**rd sera sanctionné par des amendes : après 15 jours , 100 da après 1 mois 200 da , après 03 mois 1000 da .
-Apres 06 mois interdiction de tous empreint d'ouvrage.
Le Dossier d'inscription
-02 photos
- attestation de fonction/ inscription
-photocopie de CIN
- Formulaire à remplir
- Frais d'inscription.
Vous trouvez ci-joint la liste de la nouvelle acquisition .
Merci pour votre compréhension
29/10/2022
📰Article de presse sur le premier salon des Sciences Sociales qui se tiendra prochainement à au campus Dr TALEB Mourad Salim les 19.20.21 novembre 2022. paru aujourd'hui. le 29 octobre 2022 sur le Quotidien d'Oran .
portant le titre suivant: " Le premier Salon des sciences sociales à Oran : un évènement exceptionnel" par Pr. Mohamed Mebtoul. Professeur en Sociologie à Université d'Oran 2 Mohamed Ben Ahmed
🔗 Lien : http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5316376
13/10/2022
Programme du premier salon des sciences sociales à Oran
Cher-es collègues,
Nous vous informons que la prochaine conférence intitulée : "Analyse interactionnelle de la relation - médecin-patient " est présentée par Camila Ait Yala, Docteure en science du langage et coordinatrice pour l’Algérie de la Chaire UNESCO EducationS & Santé. Elle aura lieu ce jeudi 02 Juin 22 à 10 h à la salle de conférences du GRAS.
cordialement
Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.
Emplacement
Type
Contacter l'école
Site Web
Adresse
Oran
31000