26/02/2026
ASSIF ASEMMAM
Le fleuve Soummam dont l’embouchure est tout près de Béjaïa, est le prolongement de l’oued Sahel qui prend sa source à quelque 200 kilomètres au sud-ouest, dans les hauts plateaux de Bouira.
Il serpente tout le long du versant sud du Djurdjura
jusqu’à la mer. Ils reçoit de nombreux affluents, permanents ou intermittents, avant de rejoindre la Méditerranée.
La Soummam est donc le réceptacle d’une infinité de cours d’eau et torrents divers dévalant les pentes des montagnes qui l’accompagnent jusqu’à la mer. Même s’il n’est souvent l’été qu’un mince cours d’eau cherchant son chemin entre sables et cailloux, il peut devenir menaçant en période de pluies et fonte des neiges , du moins dans le passé, avant le changement climatique.
Le nom Soummam, « assif asemmam » en kabyle, c'est-à-dire « fleuve acide », s’explique par les nombreux tamaris qui poussent sur ses rives et dont le feuillage salé donne un goût légèrement acide à l’eau.
Le Tamaris en kabyle c'est Amemay.
La vallée forme un long couloir sinueux et accidenté. Elle s’élargit par endroits jusqu’à quatre kilomètres et se rétrécit à d’autres à une centaine de mètres, comme dans les gorges de Sidi-Aïch dans la basse plaine.
De nombreux gués en amont ont toujours permis de la traverser mais l’embouchure, trop large et de trop fort débit, ne permettait pas la traversée avant la construction du pont.
La Soummam fait office de frontière entre le Djurdjura et les Babors. Au IIIème siècle déjà, elle avait servi de frontière entre la Maurétanie Sitifienne ( Sétif ) et la Maurétanie Césarienne (Cherchell).
Mais elle fut aussi, de tout temps, une voie naturelle de communication : on la remontait pour contourner la chaîne du Djurdjura au Sud et rejoindre la région algéroise à l’ouest, ou pour traverser la chaîne des Bibans par les Portes de Fer et rejoindre Sétif à l’est ou encore atteindre les Hauts Plateaux de cultures céréalières au sud.
Au moyen-âge elle constitua l’artère vitale qui permit à l’Etat hammadite de faire de Bougie une des villes les plus prospères d’Afrique du nord.
Au XIXème siècle, c’est le long du fleuve que les
Français construisirent la route nationale.
Les terres ainsi que la végétation y sont diverses : de belles forêts, encombrées de broussailles d’épineux et d’arbustes aromatiques, de nombreuses sources, des oliviers et figuiers sur les rives, offrant les fruits traditionnels de Kabylie ; sur les terres surélevées, pentues et rocailleuses, poussent des cactus chargés de figues de Barbarie et des arbres d’essences diverses, caroubiers, eucalyptus, micocouliers, hêtres et chênes de toutes sortes.
Convoitée de tout temps par les envahisseurs, cette région fut farouchement gardée par les tribus qui ont toujours occupé les hauteurs environnantes car celles-ci leur offraient une double sécurité, contre les envahisseurs et contre les crues dévastatrices.
Les tribus de la vallée de la Soummam résistèrent longtemps aux Français qui, même après avoir conquis Bougie en 1833, s’y retrouvèrent comme prisonniers pendant plusieurs années.
Si la conquête militaire de l’Algérie semblait terminée en 1857, de nombreuses insurrections continuèrent d’avoir lieu en Kabylie jusqu’à la grande insurrection de 1871, véritable déclaration de guerre du bachaga Mokrani, qui concerna toute la Kabylie. L’armée française en vint à bout, mais au prix de plus de 340 combats meurtriers, et d’une répression très sévère, jamais oubliée.
De surcroît les terres des insurgés furent séquestrées pour y créer des centres de colonisation.