23/04/2022
Voisine Prisca Obame, je m'excuse d'avance pour le pavé 🙆🏾♀️👀🙆🏾♀️...
✅ Ce que nous, patients, devons savoir avant tout, c'est qu'un médecin n'est pas tenu de donner ses soins à quiconque le sollicite. Pour reprendre le code de déontologie en application chez nous, il "ne peut aliéner son indépendance".
✅ Il est donc déontologiquement acceptable qu'un médecin refuse de nous soigner (même si moralement inacceptable et même contraire au serment d'Hippocrate qui prône le , avant tout ne pas nuire). Mais son droit de refuser les soins est assorti de trois conditions :
👉1. La situation du patient ne relève pas de l'urgence.
👉2. Le refus exprimé est légitime (plusieurs situations possibles : patient violent, domaine ne relevant pas de la compétence du médecin, patient sujet à des addictions, force majeure...).
👉3. Le refus d'administrer les soins doit s'accompagner d' une réorientation du patient vers un autre professionnel de santé (car le patient ne peut être abandonné à son propre sort).
Il ne s'agit de dire au patient "Allez au CHUME ! Ici on ne peut rien pour vous." Ça n'est pas réorienter un patient, c'est plutôt l'abandonner ! Réorienter le patient implique de s'assurer qu'il sera effectivement pris en charge par l'autre médecin ou structure.
🙆🏾♀️ Ceci étant dit, je répondrais que :
- SI l'état du patient nécessitait une intervention thérapeutique immédiate ( vitale notamment), la responsabilité du médecin ayant exprimé son refus ainsi que celle de la structure de santé peuvent être engagées.
👉 Ce qu'il faudra rapidement établir, par le biais d'une expertise médicale que la famille du défunt pourra demander au juge des référés compétent* d'ordonner, c'est que L' ADMINISTRATION IMMÉDIATE DES SOINS ADAPTÉS AURAIT POTENTIELLEMENT PERMIS D'ÉVITER LE DÉCÈS.
✅ Si cela est établi, l'urgence vitale est avérée.
Dès lors, l'infraction de non-assistance à personne en péril est constituée, à moins que la preuve d'une force majeure ou d'une impossibilité matérielle justifiant le défaut de soins ne soit rapportée.
*DEVANT QUI AGIR :
Tout dépend en réalité des attentes des demandeurs à l'action.
✅ S'ILS VEULENT PUNIR LES COUPABLES :
👉 Juge pénal : contre le médecin et/ou l'établissement de santé, peu importe le secteur. Sanctions possibles : peine d'emprisonnement (avec sursis généralement), amende, peine complémentaire (ex. Interdiction d'exercer) et éventuellement des dommages-intérêts (si constitution de partie civile).
👉 Conseil de l'Ordre des médecins : contre le médecin (si le soignant est un/une sage-femme, saisir le Conseil de l'Ordre des Sages-femmes). Sanctions disciplinaires (de la suspension à la radiation).
✅ S'ILS VEULENT SIMPLEMENT OBTENIR RÉPARATION :
👉 Juge civil : contre le médecin dont la responsabilité personnelle est engagée et/ou contre l'établissement de santé .
👉 Le juge administratif : contre l'établissement de santé public (faute de service).
À NOTER QUE :
✅- Une procédure amiable est aussi possible et même obligatoire avant saisine du juge administratif.
✅- L'action en réparation n'exclue pas l'action en responsabilité punitive, et inversement.