22/11/2024
Pensée du jour :
"Le souverain bien est immortel, il ne sait point s'en aller, il ne connait ni satiété ni regret ; en effet une âme droite ne change jamais, elle n'éprouve point de haine pour elle-même, elle n'a rien à modifier à sa vie qui est là meilleure. Mais le plaisir arrivé à son plus haut point s'évanouit ; il ne tient pas une grande place, c'est pourquoi il la remplit vite; puis vient l'ennui, et après un premier élan le plaisir se flétrit. Ayant son essence substantiel en ce qui vient et passe si vite, et se trouve destiné à périr de par son propre usage; le plaisir en effet aboutit à un point où il cesse, et dès son début il regarde vers sa fin. Que dire du fait que le plaisir n'existe pas moins chez les fous que chez les méchants et que les êtres bas prennent autant de plaisir dans leur infamies que les honnêtes gens dans leurs belles actions? Aussi les Anciens ont prescrit de rechercher la vie la plus vertueuse et non la plus agréable, de façon que le plaisir soit non pas le guide mais le compagnon d'une volonté droite et bonne."
Sénéque, "De la vie heureuse ", Trad. E. Bréhier r***e par L. Bourgey, dans : Les Stoïciens, Ed. Gallimard, coll, Bibliothèque de la Pléiade, 1962, Pp 729-730
17/11/2024
Pensée du jour :
"Ces idées [religieuses], qui professent d'être des dogmes, ne sont pas le résidu de l'expérience ou le résultat final de la réflexion : elles sont des illusions, la réalisation des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l'humanité ; le secret de leur force est la force de ces désirs.
Nous le savons déjà : l'impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d'être protégé -protégé en étant aimé- besoin auquel le père a satisfait; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l'homme s'est cramponné à un père cette fois plus puissant.
L'angoisse humaine en face des dangers de la vie s'apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine, l'institution d'un ordre moral de l'univers assure la réalisation des exigences de la justice, si souvent demeurées irréalisées dans les civilisations humaines, et la prolongation de l'existence terrestre par une vie future fournit les cadres de temps et de lieu où ces désirs se réaliseront.
Des réponses aux questions que se posent la curiosité humaine touchant ces énigmes : la genèse de l'univers, le rapport entre le corporel et le spirituel, s'élaborent suivant les prémisses du système religieux. Et c'est un formidable allègement pour l'âme individuelle que de voir les conflits de l'enfance émanés du complexe paternel -Conflits jamais entièrement résolus -, lui être pour ainsi dire enlevés et recevoir une solution acceptée de tous. [...]"
Sigmund Freud, "l'Avenir d'une illusion", trad. M. Boniface, Paris, Ed. PUF, Coll.Quadrige, 2e ed, 1996, P. 43
08/11/2024
Pensée du jour :
"La foule, c'est le mensonge. C'est pourquoi, au fond, nul ne méprise plus la condition de l'homme que ceux qui font profession d'être à la tête de la foule. Que l'un de ces meneurs voie un homme venir le trouver: certes, il ne s'en soucie pas; c'est beaucoup trop peu; il le renvoie orgueilleusement, il ne reçoit pas à moins de centaines, Et s'il en a mille, il s'incline alors devant la foule et distribue force courbettes ; quel mensonge !
Non, quand il s'agit d'un homme isolé, on doit exprimer la vérité en respectant la condition humaine ; et si peut-être, suivant le langage cruel, il s'agit d'un pauvre diable d'homme, on a le devoir de l'inviter chez soi dans la meilleure pièce et, si l'on a plusieurs voix, de prendre la plus charitable et la plus amicale: cette conduite est la vérité."
Sören Kierkegaard, "Point de vue explicatif de mon oeuvre", trad. P.-H. Timeau, Ed. Perrin, 1963, P. 87
05/11/2024
Pensée du jour :
"Toutes les croyances religieuses connues, qu'elles soient simples ou complexes, présentent un même caractère commun: elles supposent une classification des choses, réelles ou idéales, que se représentent les hommes, en deux classes, en deux genres opposés, désignés généralement par deux termes distincts que traduisent assez bien les mots de *profane* et de *sacré*. La division du monde en deux domaines comprenant, l'un tout ce qui est sacré, l'autre tout ce qui est profane, tel est le trait distinctif de la pensée religieuse ; les croyances, les mythes, les gnomes, les légendes sont ou des représentations ou des systèmes de représentations qui leur sont attribués, leur histoire, leurs rapports les unes avec les autres et avec les choses profanes. Mais, par choses sacrées, il ne faut pas entendre simplement ces êtres personnels que l'on appelle des dieux ou esprits; un rocher, une source, un caillou, une pièce de bois, une maison, en un mot une chose quelconque peut être sacré. Un rite peut avoir ce caractère ; il n'existe même pas de rite qui ne l'ait a quelque degré. Il y a des mots, des paroles, des formules qui ne peuvent être prononcés que par la bouche des personnages consacrés; il y a des des gestes, des mouvements qui ne peuvent être exécutés par tout le monde.[...]
Nous arrivons donc à la définition suivante : Une religion est un système solidaire de croyance et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée église, tous ceux qui y adhérent."
Émile Durkheim, "Les formes élémentaires de la vie religieuse, ed. Le livre de poche, 1991, Pp 92-93 et 109
23/08/2024
Pensée du jour :
" La violence est cette impatience dans le rapport avec autrui, qui désespère d'avoir raison et choisit le moyen court pour forcer l'adhésion. Si l'ordre humain est l'ordre de la parole échangée, de l'entente par la communication, il est claire que le violent désespère de l'humain, et rompt le pacte de cette entente entre les personnes où le respect de chacun pour chacun se fonde sur la reconnaissance d'un même arbitrage en esprit et en valeur [...]
Toute violence, par delà le meutre du prochain, poursuit son propre su***de. Elle est en effet destruction de soi; les Anciens savaient déjà que la colère est une courte folie. La violence suppose un échappement au contrôle : l'exposition émotive se libère en déchaînements paroxystiques, cris, gesticulations, qui attestent l'échec de toutes les disciplines personnelles. Le violent, incapable de se contenir, recherche dans sa propre frénésie une sorte d'apaisement magique, comme si en augmentant le volume et l'intensité de sa voix, en enflant les muscles, il retrouvait cette majorité qu'il sent, devant l'obstacle, confusément perdue. La décharge affective et musculaire peut au surplus procurer le retour au calme, et d'ailleurs le regret de l'excès commis, la honte de s'être conduit comme un enfant."
Georges Gusdorf, "La vertu de force" Es. PUF, 1957, PP 79-83
21/08/2024
Pensée du jour :
"Il faut défétichiser le christianisme. Face aux Intelligences africaines frappées d'incompétence quant à l'urgence de penser un système éducatif et formatif du prêtre de demain dans la société de demain, il faut avec urgence s'inscrire dans la pédagogie de la foi du soupçon portée par Eboussi Boulaga, Binmwenyi Kweshi, Malula, Hebga, ELA, Messi Metogo, Kä Mana, Mveng etc pour tenter peut-être de commencer l'écriture de notre roman de la libération.
Sortir de la théologie coloniale et celle-là qui a réduit les prêtres, religieuses et religieux africains en de simples auxiliaires de la foi, tel est le défi lancé à la vie de foi et dans la foi des hommes et des femmes des aujourd'hui. Comment articuler l'expression de notre foi avec la terre ensanglantée de K**a (Afrique)? Il faut passer des intellegences spiritistes aux Intelligences spirituelles."
Père NGIMBUS
05/08/2024
Pensée du Jour :
Sois le meilleur que tu sois
"Chacun de nous porte en soi, cachées au plus profond de lui-même, des forces créatrices, et nous avons le devoir de les découvrir et de les utiliser. Lorsque quelqu’un a découvert pourquoi il a été créé, il doit mettre tout en œuvre pour réaliser au maximum le plan du Créateur, suivant ses propres possibilités.
Il doit essayer de réaliser quelque chose de façon telle que personne ne soit capable de le faire mieux que lui. Il doit le faire comme s’il s’agissait d’une mission spéciale que lui aurait confiée le Créateur, à lui personnellement, et à ce moment précis de l’histoire du monde.
Personne n’est capable de réaliser quelque chose d’exceptionnel s’il n’a pas le sentiment d’avoir été appelé spécialement pour cela, en un mot, s’il n’a pas la vocation.
Si votre mission est d’être balayeur de rue, vous devez balayer les rues dans le même esprit que Michel-Ange lorsqu’il peignait ses toiles, que Beethoven lorsqu’il composait ses symphonies, que Shakespeare lorsqu’il écrivait ses drames.
Vous devez balayer les rues d’une façon tellement parfaite que chaque passant puisse dire: " Ici, c’est un grand balayeur qui a travaillé ; il a bien accompli sa tâche!"
C’est ce que voulait dire le poète Douglas Mallock quand il écrivait :
"Si tu ne peux être pin au sommet du coteau, sois broussaille dans la vallée
Mais sois la meilleure petite broussaille
Au bord du ruisseau.
Sois buisson si tu ne peux être arbre
Si tu ne peux être route, sois sentier
Si tu ne peux être soleil, sois étoile,
Ce n’est pas par la taille que tu vaincras, Sois le meilleur que tu sois" .
Martin Luther King
04/08/2024
Pensez du Jour:
"Il existe deux espèces de beauté : la beauté libre et la beauté simplement adhérente. La première ne présuppose aucun concept de ce que l'objet doit être ; la seconde suppose un tel concept et la perfection de l'objet d'après lui. Les beautés de la première espèce s'appelle les beautés (existante par elles-mêmes) de telle ou telle chose; l'autre beauté, en tant que dépendant d'un concept (beauté conditionnée), est attribuée à des objets compris sous le concept d'une fin particulière.[...]
Dans l'appréciation d'une libre beauté (simplement suivant la forme) le jugement de goût est pur. On ne suppose pas le concept de quelque fin pour laquelle serviraient les diverses éléments de l'objet donné et que celui-ci devrait ainsi représenter, de telle sorte que la liberté de l'imagination, qui joue en quelque sorte dans la contemplation de la figure ne saurait qu'être limitée.
Mais la beauté de l'homme (et dans cette espèce celle de l'homme proprement dit, de la femme ou de l'enfant), la beauté d'un cheval, d'un édifice (église, palais, arsenal, ou pavillon) suppose un concept d'une fin, qui détermine ce que la chose doit être et par conséquent un concept de sa perfection ; il s'agit donc de la beauté adhérente. Tout de même que la liaison de l'agréable (la sensation) avec la beauté..."
Emmanuel Kant, "Critique de la faculté de juger" trad. A. Philonenko, Ed Vrin, 1968, p.71
31/07/2024
Pensée du Jour :
"Le Souverain bien est immortel, il ne sait point s'en aller, il ne connaît ni satiété ni regret; en effet une âme droite ne change jamais, elle n'éprouve point de haine pour elle-même, elle n'a rien à modifier à sa vie qui est la meilleure. Mais le plaisir arrivé à son plus haut point s'évanouit, il ne tient pas une grande place, c'est pourquoi il la remplit vite; puis vient l'ennui, et après un premier élan le plaisir se flétrit. Ayant son essence dans le mouvement, il est toujours indéterminé. Rien ne peut exister de substantiel en ce qui vient et passe si vite, et se trouve destiné à périr de par son propre usage; le plaisir en effet aboutit à un point où il cesse, et dès son début il regarde vers sa fin. Que dire du fait que le plaisir n'existe pas moins chez les fous que chez les méchants et que les êtres bas prennent autant de plaisir dans leur infamies que les honnêtes gens dans leurs belles actions? Aussi les Anciens ont prescrit de rechercher la vie la plus vertueuse et non la plus agréable, de façon que le plaisir soit non pas le guide mais le compagnon d'une volonté droite et bonne."
Sénèque, "De la vie heureuse", trad, E.Brehier r***e par L. Bourget, dans: Les Stoïciens, Ed Gallimard, Coll Bibliothèque de la Pléiade, 1962, Pp 729-730
18/07/2024
Pensée du Jour :
"Le savoir, aussi bien que le pouvoir, étaient trop limités pour incorporer l'avenir plus lointain dans la prévision, bien plus, pour inclure la planète entière dans la conscience de la causalité personnelle. Plutôt que de deviner vainement les conséquences tardives, relevant d'un destin inconnu, l'éthique se concentrait sur la qualité morale de l'acte momentané lui-même, dans lequel on doit respecter le droit du prochain qui partage notre vie. Sous le signe de la technologie, par contre, l'éthique a affaire à des actes (quoique ce ne soient plus ceux d'un sujet individuel) qui ont une portée causale incomparable en direction de l'avenir et qui s'accompagnent d'un savoir prévisionnel qui, peu importe son caractère incomplet, déborde lui aussi tout ce qu'on a connu autrefois. Il faut y ajouter le simple ordre de grandeur des actions à long terme et très souvent également leur irréversibilité. Tout cela place la responsabilité au centre de l'éthique, y compris les horizons d'espace et de temps qui correspondent à ceux des actions."
Hans Jonas, "Le principe responsabilité ", Ed. du CERFA, 1990
30/06/2024
Pensée du jour
"De cela résulte que la délibération volontaire est toujours truquée. Comment, en effet, apprécier des motifs de mobiles auxquels précisément je confère leur valeur avant toute délibération et par choix que je fais de moi-même ? L'illusion ici vient de ce qu'on s'efforce de prendre les motifs et les mobiles pour des choses entièrement transcendantes, que je souspèserais comme poids et qui posséderaient un poids comme une propriété permanente. Cependant que, d'autres part, on veut y voir des contenus de conscience ; ce qui est contradictoire. En effet, motifs et mobiles n'ont que le poids que mon projet, c'est-à-dire la libre production de la fin et de l'acte connu à réaliser, leur confère. Quand je délibére, les jeux sont faits. Et si je dois en venir à délibérer, c'est simplement parce qu'il entre dans mon projet originel de me rendre compte des mobiles par la délibération plutôt que par telle ou telle autre forme de découverte (par la passion, par exemple, ou tout simplement par l'action, qui révèle l'ensemble organisé des motifs et des fins comme mon langage m'apprend ma penée).
Il n'y a donc un choix de la délibération comme procédé qui m'annoncera ce que je projette, et par suite ce que je suis. Et le choix de la délibération est organisé avec l'ensemble mobile-motifs et fin par la spontanéité libre. Quand la volonté intervient, la décision est prise et elle n'a d'autre valeur que celle d'une annonciatrice."
Jean Paul Sartre, "l'Etre et le Néant" Ed. Gallimard, coll. Tel, 1976, Pp 505-506
20/05/2024
Excellente fête de l'Unité à tous les camerounais! Puisse la symbolique de l'Unité et la Coaction pour l'édification de notre pays prendre pleinement un sens pour nous!