13/07/2026
On ne laisse jamais vraiment son enfance derrière soi.
Pendant longtemps, je pensais que grandir consistait simplement à devenir adulte.
Puis j'ai compris quelque chose de beaucoup plus profond.
Nous devenons adultes…
Mais une partie de notre enfance continue souvent de vivre en nous.
Elle influence notre manière d'aimer.
Notre confiance en nous.
Notre façon de gérer les conflits.
Notre rapport à l'échec.
Notre capacité à prendre des décisions.
Notre manière d'exercer notre métier.
Notre façon de diriger une équipe.
Notre manière d'éduquer nos enfants.
Car les premières années de vie ne construisent pas seulement des enfants.
Elles façonnent les adultes que nous deviendrons.
Certaines personnes ont grandi dans un environnement où elles se sentaient écoutées, encouragées et en sécurité.
D'autres ont grandi avec des critiques permanentes, des humiliations, des cris ou des violences considérées comme « normales ».
Pourtant, la plupart des parents aiment profondément leurs enfants.
Ils ne cherchent pas à leur faire du mal.
Ils reproduisent souvent, sans le vouloir, ce qu'ils ont eux-mêmes reçu.
Aujourd'hui, les neurosciences nous montrent que les premières années de vie jouent un rôle déterminant dans le développement du cerveau, de la régulation des émotions, des capacités d'apprentissage et de la confiance en soi.
La bonne nouvelle, c'est qu'aucune histoire n'est une fatalité.
Nous pouvons apprendre.
Comprendre.
Évoluer.
Et choisir de transmettre autre chose que nos blessures.
C'est cette conviction qui guide chaque action de l'Association pour l'Encadrement de la Petite Enfance (APPE).
Notre ambition n'est pas seulement d'accompagner les parents.
Elle est aussi de mobiliser les éducateurs, les entreprises, les institutions et l'ensemble de la société autour d'une même idée :
Investir dans les premières années de vie, c'est investir dans l'avenir de notre pays.
Parce qu'un enfant qui grandit dans un environnement respectueux devient plus facilement un adulte capable de créer, d'innover, de coopérer et de contribuer positivement à sa communauté.
Au cours des prochaines semaines, je partagerai plusieurs réflexions issues de mon expérience, des neurosciences et des réalités que vivent les familles camerounaises.
En septembre prochain, cette conversation prendra une nouvelle dimension lors de la 3ᵉ édition des Journées de la Petite Enfance Cameroun, placée sous le thème : Grandir sans briser.
Parce que changer l'avenir d'un enfant commence souvent par une prise de conscience chez l'adulte.
Et vous, quelle leçon de votre enfance avez-vous choisi de transmettre… ou, au contraire, de ne plus reproduire ?