Les Histoires de SAHO

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23/06/2025

🌑 Épisode 5 – Le chant du serpent

Adjamé, nuit profonde.

Le bitume est encore chaud, même après minuit. Les klaxons se sont tus. Les vendeuses ont rangé leurs nattes. Seuls les lampadaires grinçants témoignent qu’Abidjan ne dort jamais vraiment.

Dans une chambre d’hôtel modeste, au troisième étage, Ylian fixe son reflet dans la glace. Pas le miroir de sa chambre. Celui de l’hôtel où on l’a logé pour la signature du contrat avec le label BlackTide Records.

Costume noir. Chaîne en or. Parfum étranger.

Mais les yeux… Ses yeux ne sont plus les mêmes.
Rouges au réveil. Vides à minuit. Et sombres, comme s’ils absorbaient la lumière.

Soudain, un souffle.
Le miroir s’embue.

Un mot apparaît lentement : “Serment”

> « Ce que tu signes demain, Ylian, ce n’est pas juste un contrat. C’est un pacte. Tu m’as appelé. Me voici. »
– La voix de Voroz résonne, glaciale.

Ylian serre les poings.

— « Tu m’as donné la visibilité. C’est vrai. Mais je veux plus. Je veux dominer ce game, être une légende. »

> « Alors chante demain. Mais pas pour eux. Pour moi. Chante ma gloire. Et la porte s’ouvrira encore plus grand. »

🌕 Yopougon – même moment

Nayah est réveillée d’un cauchemar. Encore.

Elle transpire. Elle a vu une scène illuminée de feux rouges, des jeunes en transe, criant le nom d’Ylian, mais leurs voix étaient celles de bêtes. Ylian portait une couronne de serpent, et sa bouche crachait des flammes.

Elle court prendre sa Bible. Elle tombe sur le verset :

> “Car Satan lui-même se déguise en ange de lumière.” – 2 Corinthiens 11:14

Elle pleure.

— « Seigneur, je sens qu’il est perdu… mais je ne veux pas abandonner. »

Elle envoie un message à Ylian :
📱 "Je rêve trop de toi. S’il te plaît, rappelle-moi. On doit parler."

Pas de réponse.

🌑 Le jour de la signature – BlackTide Records, Cocody

La salle est chic. Mobilier noir, écrans LED, champagne. Ylian est accueilli comme une star. Flashs, applaudissements, musique urbaine qui martèle les murs.

Le PDG, un homme froid au sourire trop lisse, l’accueille :

— « Voici ton contrat. Lis ou pas, de toutes façons, t’es déjà des nôtres. »

Ylian hésite. Il sent son cœur cogner. Mais une force pousse sa main. Il signe.

Les managers applaudissent. Une flamme s’échappe brièvement du stylo, invisible aux autres, mais pas à lui.

> « Bienvenu chez Voroz Entertainment, mon fils. »
La voix chuchote dans ses tympans.

Un cadeau l’attend : une montre en or… avec une tête de serpent gravée derrière.

🌕 Le premier showcase

Le soir même, Ylian monte sur scène au Temple Club, à Marcory. C’est bondé. Des cris, des téléphones, des visages excités.

Nayah y est. Cachée dans la foule. Elle n’a rien dit à personne. Elle veut voir de ses propres yeux ce qu’il devient.

Ylian monte. Micro en main. Lumières rouges. Fumée. Une mélodie étrange commence.

Il commence à chanter.
Mais sa voix… ce n’est plus sa voix.

Grave. Hypnotique. Une autre entité semble parler à travers lui.
Les gens sont pris. Certains s’évanouissent. D’autres hurlent. Une fille tombe en transe, les yeux révulsés.

Nayah ferme les yeux. Elle prie.

> « Seigneur, couvre-nous. Ce n’est pas normal. C’est spirituel. »

Elle ouvre les yeux : les lumières se brouillent. Elle voit des ombres sortir de la bouche du chanteur.
Des formes serpentines tournent au-dessus du public. Personne d’autre ne semble les voir.

Elle crie :

— « Ylian ! Tu es en train de mourir ! »

Mais il ne l’entend pas.

Au contraire, un sourire se dessine sur son visage.
Un sourire qui n’est plus humain.

🌑 Après le concert

Ylian s’éloigne dans la loge, acclamé. Il tremble.

— « Qu’est-ce que j’ai fait… Qu’est-ce que c’était que ça ? »

Son manager entre.

— « T’as tué ça, mon gars ! T’es une machine de guerre ! Regarde les stats Insta ! T’es déjà en top tendance ! »

Mais Ylian ne l’écoute pas.
Il voit… du sang sur ses chaussures.

La fille tombée en transe est morte.
Crisis cardiaque, disent les journaux.

Mais lui sait.

Voroz rit dans sa tête.

> « Une offrande. Encore. Et tu monteras plus haut. »

🌕 Le cri d’alerte de Nayah

De retour chez elle, Nayah ne dort pas.
Elle écrit tout dans un cahier : les rêves, les signes, les versets.
Elle va voir le pasteur Kassi le lendemain.

— « Mon ami… Ylian. Il a signé un pacte. Je l’ai vu. Je le sens. Il a chanté, et… il y avait des esprits partout. »

Le pasteur ferme les yeux, prie en silence.
Puis parle.

— « Il est entré dans l’antichambre du trône noir. Ce n’est plus une guerre d’amitié. C’est une guerre d’âmes. Si tu veux l’aider, tu dois te sanctifier. Jeûne. Prière. Et attends l’ordre. »

— « Mais je suis qu’une fille ordinaire… »

— « Dieu ne cherche pas des héros. Il cherche des cœurs fidèles. »

19/06/2025

🌑 Épisode 4 – Le pacte a un prix

Abidjan, deux jours plus t**d – Quartier d’Abobo-Baoulé.

Le soleil tape dur ce matin-là. Ylian est allongé sur son matelas en mousse, les yeux ouverts, mais l’âme ailleurs.

Sa mère, une femme forte malgré les rides de la fatigue, frappe doucement à la porte.

— « Yli, mon fils, tu as dormi t**d hein… Tu es malade ? »

— « Non man. Je suis juste fatigué. »

Elle entre, dépose une assiette de garba tiède sur la table.

— « Mange au moins. Tu ne manges plus, tu ne parles plus… Et ces rêves de gloire, là, tu ne chantes même plus le matin comme avant. »

Ylian force un sourire.

— « C’est juste que… j’attends que les choses changent. »

Elle sort en soupirant. Dès qu’elle ferme la porte, Ylian se lève et regarde son miroir. Le symbole des trois croissants inversés est toujours là. Gravé. Invisible aux autres. Mais lui, il le voit.

Soudain, un frisson.
Un rire dans sa tête.
La voix de Voroz, cette fois plus claire, plus exigeante.

> « Une offrande, mon fils. Tu veux la célébrité ? Montre que tu mérites. »

— « Quelle offrande ? Je t’ai dit oui déjà, non ? »

> « Une vie pour une ascension. Un lien pour une porte. Commence par ce qui est proche. »

Ylian se couvre les oreilles.

— « Tais-toi ! »

Mais la voix ne se tait pas. Elle ricane.

> « Le chemin est ouvert. C’est toi qui as frappé. Tu vas entrer… »

Elle est dans une petite assemblée à Yopougon, temple simple en tôle ondulée, sol en ciment, mais rempli d’une paix qu’elle ressent de plus en plus fort.

Le pasteur prêche :

> « Il est écrit dans Jean 10:10 : Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. »

Nayah serre sa Bible. Ces derniers jours, elle fait des rêves étranges : des portes, des chaînes, Ylian en train de crier dans un couloir sombre… Et une silhouette de lumière qui l’appelle par son prénom.

Après le culte, elle parle à une ancienne, Maman Agnès.

— « Maman, je crois que quelque chose suit mon ami. Il est… différent. Depuis qu’il est allé à cette audition. »

— « Il a accepté un pacte. Mais toi, tu as été mise à part pour le libérer. »

— « Mais je suis juste une fille ! Je sais pas combattre tout ça moi ! »

— « Le combat n’est pas à toi. Mais Dieu veut t’utiliser. Prépare-toi. Tu vas devoir entrer dans le feu. »

Dans la semaine, la page Instagram d’Ylian explose.

10 000 abonnés.
Des vidéos virales de ses freestyle qu’il ne se rappelle même pas avoir filmés.
Un label l’appelle.
On lui promet un showcase à l’Ébène Club.

Mais chaque nuit, il fait le même rêve.

Il est sur une scène. Il chante. Les gens applaudissent. Mais leurs visages sont vides, creux, comme des masques. Et au fond de la salle, Voroz l’observe, assis sur un trône fait d’ossements.

> « Continue, petit. Chante. Mais n’oublie pas : la gloire, c’est moi qui te la donne. Et moi seul peux te la reprendre. »

Un matin, il se réveille avec du sang sur la main.

Il panique. Fouille partout. Rien. Personne n’est blessé. Mais au mur, écrit en rouge :

> « Une offrande. Maintenant. »

Le premier pas dans l’abîme.

Ylian sort. Il erre. Il ne pense plus. Il est comme dirigé. À Adjamé, il croise un gamin qui tente de lui voler son téléphone. Par réflexe, il le frappe. Violent. Le gosse tombe mal. Sa tête cogne un muret.

Le monde s’arrête. Ylian recule.

Le gamin est inconscient… peut-être mort.

Autour, personne n’a rien vu.

Et dans sa tête, la voix :

> « Bien. Tu avances enfin. Le sang a touché le sol. La porte est ouverte. »

Cette nuit-là, elle voit Ylian dans un marécage sombre, les pieds liés, tiré par des ombres. Elle tend la main, crie :

— « Ylian ! Reviens ! »

Mais il ne l’entend pas. Il avance vers une pyramide noire, d’où jaillit un feu étrange.

Derrière elle, une voix douce :

> « Il est lié. Mais toi, tu dois rester debout. Ou il sera perdu. »

Retour à Ylian, dans sa chambre.

Il regarde son téléphone. Un message du label :

> “RDV demain pour la signature officielle. Ta carrière commence.”

Mais lui, il pleure. Silencieux.

Car il sait, au fond de lui, qu’il a déjà commencé à mourir.

À votre avis, Ylian peut-il encore revenir en arrière ?

18/06/2025

Épisode 3 – Deux Destins, Deux Voix

Abidjan, lendemain – 14h50.

Une pluie fine tombait sur Cocody. Le ciel, gris et bas, semblait peser sur la ville comme un avertissement. Nayah avançait lentement vers l’Hôtel Bel-Zénith, le cœur serré, une Bible dans son sac, serrée contre elle comme un talisman.

Elle n’avait pas encore décidé si elle allait entrer… Elle voulait juste voir si Ylian viendrait.

Dans un taxi à quelques rues de là…

Ylian se fixait dans le rétroviseur. Il s’était habillé classe aujourd’hui : chemise noire repassée, chaînes en toc, parfum bon marché. Il voulait impressionner.

— « Aujourd’hui, tout commence. » pensa-t-il.

Il n’avait pas prié. Il n’avait même pas ouvert sa Bible. Il avait juste relu la phrase dans l’enveloppe noire au moins dix fois :

> « Une offrande, un pacte, une ascension. »

Il ne comprenait pas tout, mais l’idée de sacrifier quelque chose ne le dérangeait pas. Il avait déjà trop perdu pour avoir peur.

15h – Devant l’hôtel.

Sous la pluie fine, Nayah leva les yeux. Ylian venait d’arriver.

— « Tu es venu… » dit-elle.

— « Bien sûr. Et toi ? Tu comptes entrer ? »

Elle hésita.

— « Je sais pas. Je voulais juste voir. Sentir. Observer. »

Ylian soupira.

— « Moi j’entre. J’ai décidé. Je vais leur montrer que je suis prêt. »

Il la fixa droit dans les yeux.

— « Nayah, on a attendu toute notre vie une chance comme ça. Tu veux rester là à prier alors que ta vie passe ? »

Elle baissa les yeux, blessée.

— « Peut-être que Dieu me demande d’attendre encore un peu… Ou peut-être que ce n’est pas Lui qui est derrière cette porte. »

Un silence lourd.

— « Alors moi je vais voir. Et quand je sortirai, je veux que tu sois là pour me regarder réussir. »

Il lui tourna le dos et entra.

Salle Émeraude.

Cette fois, la salle était pleine. Dix jeunes, garçons et filles, tous nerveux, tous silencieux. Madame Zéra entra, vêtue de blanc cette fois, l’air presque angélique.

— « Vous avez choisi. C’est une première victoire. Ceux qui doutent sont restés dehors. Vous êtes les élus. »

Elle fit un geste. Une porte s’ouvrit. Une lumière rougeâtre filtrait à l’intérieur.

— « Entrez un par un. Le pacte se fait dans le secret. Voroz choisit ceux qui s'offrent. »

Ylian sentit un frisson, mais il n’hésita pas. Quand vint son tour, il entra.

La salle du pacte.

Une pièce circulaire, aux murs rouges. Au centre, un miroir immense, encadré d’or. Pas de reflet.

Une voix sourde résonna :

> « Ton nom. »

— « Ylian… Ylian Traoré. »

> « Que veux-tu vraiment ? »

— « Réussir. Être connu. Aider ma mère. Sortir de cette vie misérable. »

> « Et que donneras-tu ? »

Ylian hésita. La voix se fit plus douce, plus intime :

> « Un secret. Un sang. Un nom. Une vie. »

Il ferma les yeux, et murmura :

— « Je donnerai… ce que vous voulez. »

À cet instant, le miroir devint noir. Une silhouette se dessina brièvement – un être sans visage, avec des cornes fines comme des lames.

Une chaleur intense emplit la pièce. Ylian tomba à genoux, le souffle coupé.

> « Bienvenue, serviteur. Ton ascension commence. »

Quand il ressortit, il tremblait. Mais il souriait.

À l’extérieur, Nayah prie.

Assise sur le trottoir, les genoux repliés contre elle, elle avait les yeux fermés. Elle ne voyait pas, mais elle sentait.

Quelque chose dans l’air avait changé. Une odeur de fer, un poids dans l’atmosphère.

Un homme passa devant elle. Un vieil homme en boubou blanc, les yeux brillants de lumière.

Il s’arrêta et dit doucement :

— « Ma fille, tu as fait le bon choix. Mais ton ami… a ouvert une porte. Et toutes les portes mènent quelque part. »

— « Vous êtes qui ? » murmura-t-elle.

— « Un messager. Prépare-toi. Le combat ne fait que commencer. »

Puis il disparut.

Le lendemain.

Ylian s’éveilla dans sa chambre. Il avait rêvé qu’il chantait sur une scène géante, que le public scandait son nom. Mais en se levant, il vit quelque chose d’étrange sur son miroir. Un symbole. Gravé.

Trois croissants inversés.

Et une phrase écrite à la buée :

> « Il faut nourrir l’offrande

Questions ouvertes :

Si tu étais à la place de Nayah, aurais-tu attendu dehors ? Ou tu aurais suivi Ylian ?

Est-ce qu’on peut vendre son âme sans s’en rendre compte ?

18/06/2025

Épisode 2 – Le Rendez-vous

Abidjan, 6h42.
Le soleil pointait à peine au-dessus des toits rouillés de Treichville. La ville, encore engourdie, se préparait à une nouvelle journée. Marchands de garba, klaxons lointains, chants d’église au micro grésillant, tout se réveillait lentement.

Nayah ouvrit les yeux, le cœur battant. Elle repensa à la veille, à l’audition… puis à ce message étrange.

> « Madame Zéra vous invite à une rencontre privée. La clé de vos rêves est proche. Hôtel Bel-Zénith, aujourd’hui 15h. »

Elle relut encore une fois le message. Pas de numéro, pas de signature, juste un lieu, une heure… et une impression bizarre, comme un frisson dans le dos.

Sa mère entra dans la chambre avec une bassine d’eau.

— « Tu as mal dormi hein ? Ton visage est tout chiffonné. »

— « Oui, un peu... J’ai rêvé que quelqu’un m’appelait. »

La mère s’arrêta, surprise :

— « Appelait comment ? Ton vrai nom ? »

— « Non… pas vraiment. C’était une voix douce, mais… étrange. »

— « Ma fille, pries avant de sortir aujourd’hui. Le monde dehors est gâté. »

Nayah hocha la tête, un peu troublée.

À Yopougon, même matin.

Ylian fixait le plafond de sa chambre, les écouteurs encore dans les oreilles. Il avait fait un rêve bizarre, encore. Cette fois, la voix lui avait dit :

> « La clé est là. Il suffit d’ouvrir la bonne porte. »

Puis ce message, arrivé sur son vieux smartphone. Il avait cru à une blague. Mais quand il appela Nayah pour lui parler…

— « Tu as aussi reçu un message bizarre, non ? » dit-il dès qu’elle décrocha.

— « Oui. Hôtel Bel-Zénith, 15h. »

Un silence se fit.

— « On y va ensemble ? » proposa Nayah.

— « Mieux vaut. On sait jamais. »

15h - Hôtel Bel-Zénith, Cocody.

L’hôtel était chic, un de ces endroits où les jeunes de quartier ne mettent pas souvent les pieds. Dès l’entrée, un vigile bien bâti les scruta un instant avant de les laisser passer.

À l’accueil, une hôtesse les salua poliment :

— « Madame Zéra vous attend. Deuxième étage, salle Émeraude. »

— « Comment elle sait qu’on est nous ? » murmura Nayah.

— « Je sais pas, mais j’aime pas ça. »

Ils montèrent lentement l’escalier tapissé. Tout était trop propre, trop silencieux.

Devant la salle Émeraude, une femme en tailleur noir les attendait. Grande, le teint clair, les yeux dissimulés derrière de larges lunettes fumées. Elle portait des gants noirs, comme si elle craignait de toucher le monde.

— « Entrez, mes enfants. On vous attendait. »

La salle était sombre, à peine éclairée par une lumière tamisée. Deux fauteuils étaient disposés face à un grand écran.

Ils s’assirent, hésitants.

— « Je suis Madame Zéra. Je travaille avec une organisation qui repère les talents. Nous aimons les jeunes comme vous… brillants, prometteurs, prêts à tout. »

Nayah fronça les sourcils :

— « Prêts à tout ? C’est-à-dire ? »

Zéra esquissa un sourire presque imperceptible.

— « À sortir de la pauvreté. À réaliser leurs rêves. À monter sur les grandes scènes. »

Ylian serra les poings :

— « Pourquoi nous ? On n’est personne. »

— « Pas pour longtemps. Regardez. »

Elle appuya sur une télécommande. L’écran s’alluma.

Des vidéos apparurent. De jeunes chanteurs et rappeurs. Des visages anonymes devenus des stars en quelques mois. Certains étaient maintenant riches, adulés, suivis sur les réseaux. Tous étaient passés par elle.

— « Tous ont accepté notre aide. Tous ont percé. »

Ylian n’en croyait pas ses yeux. Il reconnut un artiste de YouTube, DRAKO, qu’il suivait depuis ses débuts.

— « Lui ? Il était rien ! Maintenant il fait des feats avec les grands… »

— « Et ça peut être vous demain. »

Zéra les regarda longuement.

— « Mais il faudra s’engager. On ne fait pas dans les essais. Ce chemin n’est pas pour les tièdes. »

Nayah sentit le malaise monter en elle.

— « Quel genre d’engagement ? »

Zéra ne répondit pas tout de suite. Elle leur tendit deux enveloppes noires.

— « Prenez-les. Lisez bien. Si vous êtes prêts, revenez demain. Même endroit, même heure. Mais si vous n’êtes pas sûrs… ne venez pas. Ce chemin n’aime pas les hésitations. »

Dans le taxi du retour.

Le silence était pesant.

— « Tu penses quoi ? » demanda Nayah, la voix tremblante.

— « Franchement ? Je sais pas. Ça a l’air trop beau pour être vrai… mais en même temps… regarde Drako. »

— « Et si c’était un piège ? »

— « Peut-être. Mais on va rester ici à rêver toute notre vie ? »

Nayah regarda par la fenêtre. Des enfants jouaient dans une flaque d’eau. Une vendeuse criait le prix de ses beignets.

— « Ylian… Tu crois vraiment qu’on peut réussir sans vendre quelque chose ? »

Il ne répondit pas.

---

La nuit tombée.

Dans sa chambre, Nayah ouvrit l’enveloppe. À l’intérieur, une simple feuille noire, avec une phrase en lettres dorées :

> « Une offrande, un pacte, une ascension. »

Elle frissonna. Puis, une vision fugace : un théâtre immense, rempli de monde… elle sur scène, acclamée… puis tout s’éteint. Une ombre derrière elle.

Elle tomba à genoux, en pleurs :

— « Seigneur… montre-moi si c’est ton chemin. »

Ylian, lui, fixait la même feuille. Il ne comprenait pas tout, mais il avait une envie brûlante : réussir. Sortir sa mère de la galère. Devenir quelqu’un.

— « Je suis prêt à tout… » murmura-t-il.

À ce moment précis, dans l’ombre de sa chambre, une lueur rouge s’alluma brièvement… et s’éteignit aussitôt.

Pendant ce temps, à Koumassi.

Le pasteur Elisée priait en silence, à genoux.

— « Père, deux âmes sont testées. Que ta lumière les guide. Protège celle qui te cherche. Et pour celui qui s’éloigne… envoie ton avertissement. »

Une Bible ouverte devant lui, il lut à voix haute :

> « Que sert-il à un homme de gagner le monde, s’il perd son âme ? »
(Marc 8:36)

16/06/2025

Épisode 1 – Le rêve d’Abidjan

Abidjan, la ville qui ne dort jamais.
Les lumières de la lagune scintillaient sous le ciel étoilé, mêlées aux phares des voitures et aux néons des quartiers animés. Dans un petit appartement du quartier populaire de Treichville, deux jeunes âmes rêvaient grand.

Nayah, 19 ans, assise devant son miroir, chantait à tue-tête les mélodies des stars ivoiriennes qu’elle idolâtrait. Ses yeux brillaient d’une lueur d’espoir et d’ambition. Elle se répétait souvent : « Un jour, ma voix sera entendue partout en Côte d’Ivoire, même au-delà. »

À quelques rues de là, Ylian, 21 ans, s’entraînait devant son micro bricolé dans sa chambre. Ses rimes étaient aiguisées, ses paroles frappaient fort. Il voulait devenir le rappeur le plus célèbre d’Abidjan, connu dans tous les quartiers, dans toutes les fêtes. Il croyait dur comme fer que la gloire était à portée de main.

— « Ce sera mon année », murmura Ylian à voix basse, la sueur perlant sur son front.

Leurs chemins allaient bientôt se croiser dans un endroit inattendu.

Le Centre Culturel Français d’Abidjan organisait un concours de jeunes talents. Une occasion rêvée pour ceux qui voulaient percer dans la musique. Nayah et Ylian avaient appris la nouvelle par des amis communs, et malgré leurs différences, ils décidèrent d’y aller.

Le hall était rempli de jeunes enthousiastes, des groupes d’amis, des familles entières venues encourager. L’ambiance était électrique. Nayah sentait son cœur battre à tout rompre. Ylian, lui, affichait un air confiant mais tendu.

Quand vint leur tour, ils se présentèrent l’un après l’autre.

Nayah m***a sur scène, le micro en main. Elle ferma les yeux un instant, puis laissa sa voix s’élever, pure et vibrante, captivant l’auditoire. Son chant racontait une histoire d’espoir et de foi, un message que seuls ceux qui écoutaient vraiment pouvaient comprendre.

Ylian, de son côté, déboula avec une énergie f***e. Son flow était puissant, ses paroles directes, décrivant la dure réalité de la rue et son désir ardent de succès. La foule vibrait avec lui.

À la fin, les organisateurs annoncèrent qu’ils allaient sélectionner quelques candidats pour la prochaine étape, une rencontre avec des producteurs. La tension m***a.

Alors qu’ils quittaient la salle, une silhouette se détacha de l’ombre près de l’entrée. Un homme aux traits mystérieux, vêtu d’un costume sombre, le regard perçant.

— « Vous avez du talent », dit-il doucement en s’adressant à Ylian. Puis il posa un regard long sur Nayah. « Vous aussi, mademoiselle. »

Ce fut la première fois qu’ils croisèrent ce regard.

, le murmure dans l’ombre

Plus t**d, cette nuit-là, alors que Nayah essayait de dormir, une voix douce et presque hypnotique lui murmura dans un rêve :

— « La célébrité, la richesse, la reconnaissance… tout peut être à toi. Seulement, il faut savoir ce que tu es prête à donner en échange. »

Elle ouvrit les yeux, le cœur battant, mais ne vit personne. Elle pensa à une hallucination, au stress, ou à ses propres doutes.

À un autre bout de la ville, Ylian, lui aussi, fut visité par un rêve étrange. Une silhouette encapuchonnée lui tendait une main lumineuse.

— « Je peux t’ouvrir les portes que tu cherches. La réussite est un chemin pavé, mais je te guiderai. »

Le jeune rappeur se réveilla en sursaut, le souffle court. Pourtant, une partie de lui voulait croire à cette promesse.

Mais dans la ville, une autre présence veillait.

Dans une petite église discrète de Koumassi, le pasteur Elisée priait t**d. Il sentait une lourdeur spirituelle peser sur la ville. Il avait déjà vu ça : le piège des ambitions démesurées, le commerce des âmes par des forces obscures.

— « Seigneur, protège ces jeunes. Que la lumière éclaire leur chemin, même quand l’ombre s’étend. »

Nayah et Ylian, sans le savoir, étaient déjà au cœur d’une bataille invisible.

Le lendemain, leurs téléphones sonnèrent presque en même temps. Un message mystérieux les invita à une rencontre privée dans un hôtel chic d’Abidjan. L’expéditeur : “Madame Zéra”.

La route vers la célébrité venait de commencer… mais à quel prix ?
@

15/06/2025

🔥 INTRO OFFICIELLE DE LA SÉRIE : "LE CHOIX"

Et si ton rêve de devenir célèbre…
…était en réalité un piège soigneusement tendu par des forces invisibles ?

Et si derrière les lumières, les shows, les millions de vues, se cachait un nom interdit…
Un nom que certains murmurent seulement à minuit : Voroz.

🌃 Bienvenue dans Abidjan, la ville de toutes les ambitions.
Deux jeunes, Nayah et Ylian, rêvent de percer dans la musique.
Ils veulent briller, être aimés, devenir des légendes.

Mais dans l’ombre, un marché se prépare.
Un contrat sans encre, une promesse sans retour.

💸 Argent.
🎤 Succès.
🚘 Villas.
Mais à quel prix…?

À travers 21 épisodes puissants, tu vas plonger dans une histoire de tentation, de pactes invisibles, de choix déchirants entre la lumière et les ténèbres.
Une série inspirée par la réalité spirituelle derrière les rêves de célébrité.
Une série où le combat n’est pas sur scène… mais dans l’âme.

Tu crois que c’est juste une fiction ?
Attends de lire.
Tu comprendras pourquoi le monde applaudit ceux qu’il est en train de détruire.

🔔 Épisode 1 : "Le Rêve d’Abidjan" – DISPONIBLE DÈS DEMAIN
Prépare-toi à voir la vérité derrière le show.
Prépare-toi à choisir.

👉 Partage si tu veux que cette génération entende la vérité.

15/06/2025

Le Dernier Message du Pasteur
Épisode 7 : Le Jour du Pacte

17 juin.
Le soleil ne s’était pas encore levé, mais dans l’esprit de Grâce, c’était déjà le champ de bataille.

Dans la petite chambre d’hôtel, elle priait en silence. À genoux. En larmes. Pas de longues phrases, pas de cris. Juste cette phrase répétée, encore et encore :

> “Seigneur, prends toute la place.”

À 5h du matin, elle reçut un dernier appel d’un vieux pasteur de Man :

— Ma fille, tu ne pars pas seule. Aujourd’hui, le ciel marchera avec toi. Dieu va restaurer son autel.

Grâce sourit, même si ses mains tremblaient. Elle prit sa Bible, une petite croix en bois que son père lui avait donnée à l’enfance, et sortit.

Direction : La Voix du Réveil.

Le bâtiment était calme, mais quelque chose d’étrange flottait dans l’air.
Grâce savait que la cérémonie prévue n’aurait pas lieu en public. Le “renouvellement” du pacte serait fait dans le secret — comme les ténèbres aiment.

Elle passa par la vieille porte de derrière, comme dans l’épisode précédent. Mais cette fois, elle descendit dans le sous-sol, une partie de l’église que peu de gens connaissaient. Un ancien lieu de stockage transformé en salle de prière… puis, peu à peu, en autel occulte.

La lumière était tamisée. Des bougies rouges étaient allumées. Un cercle formé au sol avec des inscriptions étranges. Et au centre, un autel noir, recouvert d’un tissu.

Le Diacre Alain se tenait là. Il n’était pas seul : trois hommes encapuchonnés, en habits de cérémonie, lisaient un texte dans une langue ancienne.

Grâce resta cachée un moment, observant.

— Aujourd’hui, disait Alain, le sacrifice est prêt. Le pacte sera renouvelé, et le trône de notre autorité spirituelle sera consolidé.

Soudain, ils sortirent un petit agneau, attaché, terrifié. Alain prit une dague.

Grâce ne pouvait plus attendre.

— Non !

Sa voix résonna dans toute la salle.

Tous se retournèrent. Alain, surpris, eut un mouvement de recul.

— Toi ?!

— Oui, moi, Alain. Fille du pasteur Koffi. Tu croyais que Dieu allait te laisser salir son autel sans réagir ? Aujourd’hui, le cycle s’arrête.

Elle brandit la croix en bois.

— Ce n’est plus le sang d’un innocent qui coulera. C’est le sang de Jésus qui parle !

Une bourrasque de vent souffla subitement, éteignant toutes les bougies rouges.

Les hommes présents reculèrent, effrayés.

Mais Alain ricana.

— Tu ne sais pas dans quoi tu t’es engagée. Ton père a perdu la vie en cherchant à me dénoncer. Et toi, tu finiras comme lui.

Il fonça sur elle, la dague levée.

Mais au moment où il arriva à sa hauteur… il s’arrêta net. Paralysé. La dague tomba au sol. Il tomba à genoux, comme frappé par une force invisible.

Grâce leva les yeux au ciel.

— Seigneur, que ton feu descende !

Une lumière puissante remplit la pièce. Les trois hommes crièrent et s’enfuirent.

Et Alain… perdit connaissance.

Pendant ce temps, dehors, Esther Yao avait convoqué la presse, avec les documents remis par Grâce. Plusieurs anciens fidèles et membres du conseil de l’église témoignaient en direct sur Facebook Live.

— Nous avons été complices de ce silence, déclara un ancien diacre. Mais aujourd’hui, nous voulons dire la vérité.

Un pasteur renommé du Plateau fit une déclaration publique :

— Nous exigeons l’ouverture d’une enquête spirituelle et judiciaire sur cette église. Trop, c’est trop.

En quelques heures, la nouvelle faisait le tour du pays : “Une jeune chrétienne dénonce un autel de sacrifices dans une église populaire”.

Des fidèles commencèrent à affluer. Devant le portail, une foule s’était formée, priant, chantant, pleurant.

Grâce sortit du sous-sol avec l’agneau dans ses bras, tremblante. Les fidèles la regardèrent avec stupeur. Une sœur cria :

— C’est Grâce ! La fille du pasteur Koffi !

Elle m***a sur l’estrade.

— Mes frères, mes sœurs… on vous a volé votre foi. On vous a vendu une fausse onction. Mais Dieu n’a pas oublié son peuple.

Elle montra la croix.

— Ce lieu redeviendra un autel pur. Pas avec le sang des innocents, mais avec le sang de Jésus. Pas avec des manipulations, mais avec la vérité.

Des cris de joie, des pleurs, des chants jaillirent. Certains tombaient à genoux, confessant leurs pratiques, leurs compromis.

Puis un vieux pasteur s’avança.

— Ma fille, tu as été l’offrande vivante. C’est à toi que Dieu avait confié cette mission. Maintenant, laisse-nous consacrer à nouveau cet endroit.

Pendant trois jours, l’église fut fermée. Nettoyée. Réorganisée.

Un groupe de pasteurs intègres décida d’en faire un lieu de restauration spirituelle, dédié aux victimes d’abus spirituels et aux jeunes ministères.

On le rebaptisa “Autel de Vérité”.

Grâce, quant à elle, refusa toute position officielle. Elle retourna vivre dans la simplicité, poursuivant ses études, mais resta disponible pour Dieu.

Un jour, elle reçut une lettre anonyme. Il n’y avait qu’un verset dessus :

> “Tu as combattu le bon combat. Tu as gardé la foi.” (2 Timothée 4:7)

Quelques semaines plus t**d, pendant une veillée, elle eut une vision.

Elle se tenait sur une m***agne. Au loin, des milliers de personnes tenaient des bougies allumées. Son père se tenait à ses côtés, souriant.

— Papa ?

— Oui, ma fille. Tu as fait ce que je n’ai pas pu achever. Dieu est fier de toi. Continue à marcher dans la lumière. Le combat continue… mais la victoire est déjà acquise.

Il disparut dans un souffle de vent.

Grâce ouvrit les yeux, le cœur en paix.


7 : Le Jour du Pacte

14/06/2025

Le Dernier Message du Pasteur
Épisode 6 : Le Sang sur l’Autel

Depuis l’attaque de sa maison, Grâce vivait entre prière et précaution. Elle avait changé de téléphone, de compte, et s’était réfugiée chez Akissi, sa cousine à Cocody.

Mais malgré le traumatisme, sa foi s'était intensifiée. Chaque nuit, elle priait de minuit à 3h. Elle sentait dans son esprit que le ciel préparait une riposte, une révélation encore plus grande.

Un soir, alors qu'elle priait, elle reçut dans son cœur une parole claire :

> « Retourne à l’église. Là où tout a commencé. »

Elle hésita. L’église de son père, aujourd’hui dirigée par le Diacre Alain, était devenue un repaire de magouilles religieuses. Mais elle obéit.

Le dimanche suivant, vêtue simplement, elle entra discrètement dans l’église "La Voix du Réveil". Elle s’assit au fond, cachée derrière un pilier.

La salle avait changé. Des écrans géants, des caméras, des fauteuils luxueux... Mais l’atmosphère était froide. L’Esprit semblait absent.

Quand le Diacre Alain m***a sur l’estrade, un frisson parcourut le dos de Grâce. Son sourire était large, mais son regard... vide.

— Bien-aimés, aujourd’hui est un jour spécial. Nous consacrons l’autel à un nouveau niveau de gloire !

À ce moment, trois hommes en robe blanche apportèrent un vase doré recouvert d’un tissu rouge. Alain l’ouvrit et sortit un petit flacon noir.

— Ceci est l’huile de la victoire… apportée d’Israël, disait-il. Mais Grâce ressentit dans son esprit que ce n’était pas de l’huile sainte.

Un ancien, assis à côté d’elle, chuchota à un autre :

— Tu sais qu’ils font des veillées bizarres maintenant ? À huis clos. Minuit. Avec des bougies rouges…

Grâce comprit. Un culte parallèle avait pris la place de la vraie adoration.

Durant la prédication, Grâce eut une vision. Les fidèles dans la salle avaient tous des bandeaux noirs sur les yeux. Ils chantaient, dansaient, mais comme des marionnettes. Elle pleura.

— Seigneur, ouvre leurs yeux, murmura-t-elle.

Puis elle vit une silhouette en feu debout sur la chaire : son père. Il ne parlait pas, mais pointait du doigt l’autel. Elle comprit : quelque chose s’y cachait.

Après le culte, elle se faufila par une porte latérale qu'elle connaissait. Direction : le bureau pastoral, désormais celui du Diacre Alain.

Elle fouilla discrètement, et derrière une armoire, elle trouva un coffre encastré dans le mur.

Un double fond. Un système de cadenas. Mais elle savait où son père cachait les clés secrètes. Sous un carrelage fendu, elle retrouva un vieux trousseau.

Le coffre s’ouvrit. Elle retint son souffle.

À l’intérieur, il y avait :

Une liste manuscrite de noms avec des dates — certains barrés en rouge.

Des photos de jeunes filles — dont certaines portaient la robe de chorale.

Un vieux calepin noir, écrit dans un langage symbolique.

Et un bocal contenant… un liquide foncé.

Grâce recula. Ce n’était pas une simple corruption. C’était un pacte avec le sang.

Elle comprit que les noms barrés étaient ceux qui avaient “disparu” ou étaient tombés malades subitement. L’église était devenue un autel de sacrifice spirituel.

Mais dans le calepin, elle lut une ligne qui la glaça :

> “Le pacte est renouvelé chaque 7 ans. Prochain cycle : 17 juin. Le sang de l’innocent sera exigé.”

On était le 10 juin.

Grâce referma tout, remit le coffre à sa place, et sortit du bâtiment. Son cœur battait fort.

Elle appela Esther Yao, la journaliste chrétienne.

— J’ai retrouvé les preuves. Des vraies. Assez pour alerter les autorités. Mais on a 7 jours avant qu’un nouveau rituel ne soit fait.

Esther proposa d’organiser une conférence secrète avec d’anciens fidèles, anciens membres du conseil, pasteurs intègres. Un plan de dénonciation allait être mis en place.

Mais l’affaire ne pouvait pas être seulement physique. Il fallait attaquer aussi spirituellement.

Elles décidèrent de lancer une chaîne de jeûne et prière de 7 jours, regroupant des intercesseurs de confiance à travers le pays.

Grâce contacta Frère Mathurin, la sœur Akissi, et même des pasteurs de l’intérieur qu’elle connaissait. Une guerre allait commencer.

Dans la nuit du 11 au 12 juin, Grâce fit un rêve intense.

Elle était dans une grande salle blanche. Une échelle de feu descendait du ciel. Et une voix dit :

> “L’autel a été souillé. Mais une offrande vivante peut briser le cycle. Une offrande pure. Prépare l’autel nouveau.”

Elle se réveilla en sursaut, en larmes. Elle comprit que le combat final n’allait pas se jouer à coup de vidéos ou de journaux. Mais dans l’esprit.

Elle passa le reste de la nuit en adoration, seule, à genoux dans le salon.

Le 14 juin, alors qu’elle allait envoyer un e-mail contenant tous les documents retrouvés, sa connexion internet fut coupée. Puis une voiture noire se gara devant chez Akissi.

Heureusement, Esther était déjà sur place avec son équipe.

Elles fuirent par la cour arrière et se réfugièrent dans un petit hôtel à Bingerville.

Grâce se sentait poursuivie, mais en paix.

— Ils peuvent me chercher. Mais ils ne m’empêcheront pas de faire ce que Dieu m’a demandé.

Esther, très émue, lui prit la main.

— Tu n’es pas seule. Et même si on ne te voit plus jamais, ta voix restera.

Le 16 juin, Grâce reçut un message vocal d’un pasteur du Nord :

— Ma sœur, le Seigneur m’a réveillé cette nuit. Il m’a dit : "Dis à Grâce qu’elle est l’autel vivant. Dis-lui qu’elle doit se tenir debout le jour du renouvellement."

Elle comprit que le 17 juin, elle devait se rendre à l’église, non pour dénoncer... mais pour briser le cycle spirituel.

Ce serait dangereux. Mais elle accepta.

Elle s’habilla en blanc, prit sa Bible, et dit à Esther :

— Peu importe ce qui m’arrive demain. Dis-leur que j’ai choisi de me tenir entre le sang et la vérité.


: Le Sang sur l’Autel

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