24/03/2025
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(384-322 av. J.-C.)
Né en 384 à Stagire, en Macédoine, ARISTOTE était fils d'un médecin du Roi Philippe. Esprit encyclopédique, il a marqué tous les domaines du savoir, et celui qui a constitué le plus grand laboratoire de l'antiquité grecque. Élève préféré de PLATON à 18 ans, ce dernier l'avait surnommé le «LISEUR». Mais vingt ans après, il est dissident et forme sa propre école «LYCÉE», où il enseigne une doctrine radicalement opposée à celle de son maître : contre l'idéalisme platonicien (les idées comme seules réalités vraies); Il défend le NATURALISME, une doctrine selon laquelle c'est dans la nature (et non dans le monde des idées) qu'il convient de rechercher les conditions de la vérité. ARISTOTE commet ainsi ce qu'on a appelé un «PARRICIDE» c'est-à-dire l'anéantissement par un disciple de la doctrine de son maître. Les disciples d'ARISTOTE étaient appelés «PÉRIPATÉTICIENS».
ARISTOTE reste jusqu'à ce jour une grande figure sur le plan de la pensée et de la recherche scientifique. De nombreux mérites lui reviennent. En effet, il est le fondateur de la LOGIQUE et le père de la MÉTAPHYSIQUE; Il a élaboré plusieurs théories qui inspirent bon nombre des philosophes et des savants (théorie “ACTE ET PUISSANCE”; théorie de “QUATRE CAUSES” ou “PRINCIPES DE CAUSALITÉ”; théorie du “BONHEUR” et théorie sur les vertus); Il est aussi considéré comme le fondateur de la science politique.
Pour lui, le bonheur n'est ni dans une vie de plaisirs, ni dans la fortune, ni dans les honneurs, ni dans la gloire ou la réputation, ni dans le savoir et la contemplation, mais dans une vie bonne et sensée.
Ses dernières années sont assombries par les rivalités politiques. Il s'exile dans l'île d'Eubée avec son fils NICOMAQUE et meurt en 322. ARISTOTE a légué à la postérité une œuvre abondante qui constitue a elle seule toute une bibliothèque.
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18/03/2025
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(suite)
«Les degrés de l'amour»
«(...) et alors, apercevant le Beau dans toute son étendue, il ne sera plus enchaîné comme un esclave dans l'étroit amour de la beauté d'un jeune garçon, d'un homme ou d'une action, mais il sera tourné vers l'océan de la Beauté et repaissant ses yeux de ce spectacle, il enfantera avec une inépuisable fécondité les discours et les pensées les plus magnifiques de la philosophie.»
(Banquet, 2090-2120)
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04/11/2024
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Chapitre III
II. (427-347) (Section pédagogique)
1. VIE ET ŒUVRES
Disciple de SOCRATE, PLATON est né à Athènes en 427 et est mort en 348 av. J.-C.. Il quitte Athènes après la condamnation de son maître et profite d'une douzaine d'années consacrées aux voyages pour apprendre les doctrines philosophiques les plus en vogue, en particulier le pythagorisme. En 387, il entreprend la réhabilitation de SOCRATE et fonde la toute première école philosophique «ACADÉMIE». Elle est ainsi nommée, car les élèves étaient réunis au cœur du jardin d'Académos, un héros mythique de la Grèce; les mathématiques y sont enseignées au même titre que la rhétorique. C'est à l'Académie qu'ARISTOTE reçu son enseignement, et elle fut fermée en 529 par Justinien. Parmi ces ouvrages, on peut citer :
-L'Apologie de SOCRATE : consacrée au procès et à la condamnation de SOCRATE;
-La République ou la Justice : consacrée à l'étude d'une cité idéale où règne la justice (en réaction à l'injustice vécue à Athènes et dont son maître est victime);
-Le Banquet ou traité de l'amour;
-Le Menon : traité sur la vertu;
-Le Phédon : traité sur l'âme;
-Le Phèdre : traité sur le beau.
2. DOCTRINE
Comme SOCRATE, PLATON est choqué par l'injustice et la dégradation du monde dans lequel il vit; il pense que ce monde-ci est tellement imparfait qu'il ne doit pas être le véritable monde et il projette le monde véritable (monde intelligible) en dehors du monde sensible. Sa doctrine est un IDÉALISME DUALISTE : il considère qu'il y a deux mondes distincts (un monde sensible ou monde des apparences et un monde des idées ou monde intelligible); il invite ses interlocuteurs à la contemplation du monde des idées qui est le véritable monde, monde du «Bien», de la «Justice» et de la véritable «Beauté».
Les grandes idées de sa doctrine sont :
-C'est l'idée qui est à la fois l'être même et la connaissance vraie c'est-à-dire une réalité vraie, absolue, éternelle, existant en dehors et au-delà de nous, les objets visibles et les divers phénomènes ne sont que des reflets. Il recourt, pour se faire, à un procédé pédagogique connu sous le nom de «Allégorie ou mythe de la caverne». C'est pourquoi sa philosophie est appelée «Théories des idées»;
-L'âme connaît le monde véritable pour y avoir séjourné avant sa chute dans le corps et elle doit faire un effort pour se rappeler ce qu'elle avait contemplé dans le monde des idées. C'est ce qu'on appelle «Théorie de la réminiscence»;
-C'est l'âme qui constitue l'être profond de l'homme; le corps est une enveloppe ou une simple carapace matérielle qui empêche l'âme de s'élever vers le monde véritable. Il prône ainsi un dualisme anthropologique : l'homme est composé de deux parties distinctes et indépendantes l'une de l'autre (le corps et l'âme);
-Le bien suprême réside dans la contemplation du monde véritable, c'est-à-dire le monde des idées.
3. COMPARAISON AVEC SOCRATE
PLATON est resté fidèle à la pensée de son maître et il l'a même enrichie en la dépassant.
Du point de vue de la ressemblance, nous pouvons retenir les points ci-après :
-Tous les deux sont contre la dégradation morale et l'attachement au monde qui passe, ils invitent à rechercher la vertu et la véritable vie;
-Tous deux sont convaincus de la présence en l'homme des notions capables de l'aider à tendre vers la vie véritable (en entrant en lui-même ou en se rappelant);
-Tous deux initient à la réflexion critique en d'une connaissance véritable.
Parmi les points de divergence, on peut noter :
-Pour SOCRATE, la vertu, c'est la connaissance et la pratique du «Bien» tandis que pour PLATON, la vertu réside dans la contemplation de l'idée du Bien (Idée suprême);
-La philosophie de SOCRATE est une science pratique (morale rationnelle), mais celle de PLATON, c'est une véritable doctrine intellectuelle (Métaphysique).
4. CONCLUSION
PLATON est le père de l'idéalisme occidental et sa philosophie a influencé le christianisme. La grande faiblesse de sa doctrine, c'est le fait de vouloir ignorer complètement la réalité du monde sensible.
Texte
«Les degrés de l'amour»
En effet, s'il faut chercher la beauté qui réside dans l'idée, ce serait grande folie de ne pas croire que la beauté qui réside dans tous les corps est une et identique. Une fois pénétré de cette pensée, notre homme doit se montrer l'amant de tous les beaux corps et dépouiller comme une petitesse méprisable toute passion qui se concentrerait sur un seul. Après cela, il doit regarder la beauté de l'âme comme la plus précieuse que celle du corps, en sorte qu'une belle âme, même dans un corps dépourvu d'agrément, suffise pour attirer son amour et ses soins, pour lui faire engendrer les discours les plus propres à rendre la jeunesse meilleure (...) › À suivre
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04/10/2024
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«Quand mes fils auront grandi, Athéniens, punissez-les en les tourmentant comme je vous tourmentais, si vous les voyez chercher les richesses ou toute autre chose avant la vertu. Et s'ils se croient quelque chose, quoi qu'ils ne soient rien, faites-leur honte, comme je vous faisais honte, de négliger leur devoir et de se croire quelque chose quand ils sont sens mérites.»
PLATON ("Apologie de SOCRATE")
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24/09/2024
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Chapitre ||
|. (469-399 av. J.-C.)
1. VIE ET ŒUVRES
Fils de SOPHRONISQUE (sculpteur) et de PHÉNARÈTE (sage-femme), SOCRATE est citoyen d'Athènes. Avec XANTIPPE, Ils eurent trois fils dont l'un s'appelait LAMPROCLÈS. De son père, SOCRATE a appris le métier de sculpteur pour gagner sa vie et le travail de sa mère (obstétrique) lui a inspiré une méthode pour sa philosophie. SOCRATE est choqué par les malheurs qui frappent sa patrie et il décide de se consacrer à la philosophie pour travailler à la conversion morale de ses concitoyens.
Très célèbre et bien admiré par certains, SOCRATE s'était attiré la haine des autorités en remettant en cause certaines traditions religieuses. Condamné pour impiété (il ne croit pas à la religion d'État et il introduit des dieux nouveaux dans la cité) et corruption de la jeunesse, SOCRATE boit la ciguë après avoir passé ses dernières heures à disserter avec ses amis sur l'immortalité de l'âme. Refusant de compromettre ses idées, il demanda à être honoré par la cité. SOCRATE sera rapidement réhabilité et honoré après sa mort tandis que ses accusateurs seront exilés. Sa pensée et son acceptation de la mort au nom de la loi marqueront des esprits pendant des siècles.
SOCRATE n'a laissé aucun écrit et c'est par ses disciples (surtout PLATON et XÉNOPHON) qu'on connaît sa vie et sa doctrine ; ce qui pousse un problème sur l'authenticité de sa doctrine.
2. DOCTRINE
SOCRATE est convaincu que si l'homme commet le mal c'est par ignorance et qu'il lui suffirait de connaître le bien pour le faire nécessairement (Intellectualisme moral). « Nul n'est méchant volontairement», dit-il. Voilà pourquoi il assigne à sa philosophie un double objectif : d'une part, aider les interlocuteurs à se libérer de la servitude de l'ignorance et d'autre part, les aider à découvrir la vérité qui est en eux. «Connais-toi, toi-même» est une devise que SOCRATE a rencontrée à Delphes et qu'il intègre dans sa philosophie. Cette devise veut dire : tout homme possède un savoir innée des notions morales et il doit apprendre à rentrer en lui-même pour découvrir le bien qui est en lui, c'est-à-dire a écouter la voix de sa conscience pour connaître le bien. SOCRATE se qualifiait lui-même de philosophe, mais chez lui, ce mot signifie ami de la sagesse et de la vertu. Sa philosophie est une morale rationnelle, une sagesse qui aide à connaître le bien et à le faire. Et sa doctrine est appelée «INTELLECTUALISME MORAL» parce que, pour lui, il suffit de connaître le bien pour le faire nécessairement. Chez lui, la vertu n'a point d'égale : rechercher la vertu et faire son devoir valent plus que tout. SOCRATE est appelé «péripatéticien» parce qu'il enseignait en parcourant les rues.
3. MÉTHODE SOCRATIQUE
La méthode socratique se forme au double objectif qu'il assigne à sa philosophie; c'est un dialogue (une dialectique) en deux temps :
- La première partie est appelée «IRONIE SOCRATIQUE» : c'est un dialogue interrogateur destiné à rendre consciente une ignorance qui s'ignore. C'est la
partie de négative de la méthode (dialectique critique) parce qu'elle consiste à détruire de faux savoir ou le savoir apparent qui cache l'ignorance.
- La deuxième partie est appelée «MAÏEUTIQUE» ou dialogue interrogateur qui aide à accoucher la vérité; c'est pourquoi tout le monde pense que cette partie de sa méthode lui a été inspirée par le métier de sa mère (l'obstétrique) qui aide les femmes à accoucher (maïeuesthai en grec). C'est la partie positive ou constructive de la méthode (dialectique réflexive). D'ailleurs SOCRATE lui-même ne se présente jamais comme un maître qui enseigne, il se présente toujours comme un «accoucheur» qui aide les esprits à enfanter le bien (la vérité) qu'ils portent en eux.
4. CONCLUSION
SOCRATE est le philosophe le plus connu et le plus célèbre. Avec lui, la philosophie connaît un tournant décisif (une révolution) : elle cesse d'être l'étude de l'univers (COSMOLOGIE) pour devenir la science de l'homme et de son bonheur. SOCRATE a ainsi tracé une voie pour un type d'homme nouveau (recherchant la vérité et libéré du faux savoir) et pour la personnalité morale autonome. Il est, avec raison, considéré comme le père de la philosophie grecque parce qu'il ouvre une ère nouvelle avec sa révolution et sa philosophie résume toute l'essence de la pensée grecque (recherche du vrai et du bien). SOCRATE a aussi le mérite d'être le premier martyr d'une pensée critique, libre et responsable.
On reproche toutefois à SOCRATE son Intellectualisme moral : en affirmant qu'il suffit de connaître le bien pour le faire nécessairement, il a exagéré le rôle de l'intelligence la liberté et la volonté : il a oublié que l'homme peut délibérément commettre le mal (sens du péché). SOCRATE a aussi eu tort de ne pas écrire. Sa doctrine nous est parvenue par ses disciples (interprétation).
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24/09/2024
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Chapitre || :
Introduction
Au regard du monde qui l'insère de toutes parts, l'homme de tous les temps et de tous lieux n'a cessé de se poser des questions sur l'énigme de l'univers. Les philosophes communément appelés «présocratiques» (ceux qui ont précédé SOCRATE) ont essayé, pour leur part, de dépasser l'anthropomorphisme des théogonies mythiques pour tenter les premières ébauches d'une explication scientifique en ramenant à l'unité la multiplicité mouvante des phénomènes.
Parmi les grandes écoles ou orientations qui ont marqué cette période qui va du 18è au 6è siècle avant notre ère, on peut citer :
- L'école de MILET qui a pour grandes figures : THALÈS, ANAXIMANDRE et ANAXIMÈNE; ils se préoccupent tous de déterminer l'unique matière dont sont sorties toutes choses. Pour THALÈS, la matière originelle, c'est l'eau; pour ANAXIMANDRE, c'est l'infini ou l'illimité, et pour ANAXIMÈNE, c'est l'air.
- À cette école succède l'important mouvement du pythagorisme qui eut pour centre la Grande Grèce. Son influence fut certaine dans le domaine mathématique, mais sur le plan de la pensée, le pythagorisme tombe plutôt dans le mysticisme et est considéré comme une franc-maçonnerie religieuse. Selon PYTHAGORE de Samos, chef de file du mouvement, c'est le nombre qui explique tout dans l'univers.
- Vient après HÉRACLITE d'Éphèse avec son école. Ce philosophe est surtout connu pour sa «loi du devenir», c'est-à-dire une conception selon laquelle tout se meut et se transforme.
- Presque contemporain D'HÉRACLITE, PARMÉNIDE d'Élée fonde l'école des éléates pour réfuter la loi du devenir. Pour PARMÉNIDE et ses disciples, tout est statique et le mouvement est qu'apparent.
- Plus proche de SOCRATE, la sophistique ouvre la porte au scepticisme intellectuel et au subjectivisme moral. Il a fallu attendre SOCRATE pour jeter les bases d'une morale rationnelle, rompre avec le dogmatisme des physiologues et l'éristique des sophistes.
Avec SOCRATE, la philosophie cesse d'être l'étude de l'univers pour devenir la science de l'homme et de son bonheur.
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13/09/2024
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Chapitre | (suite et fin)
4. Rôle et Importance de la philosophie
On entend parfois dire que la philosophie est inutile et que les philosophes sont des hommes qui n'ont pas les pieds sur terre. Mais après l'étude de Socrate, de Descartes et de tant d'autres... nous pouvons affirmer que la philosophie est d'une réelle importance aussi bien pour la vie individuelle que pour la vie en société. Le philosophe est celui qui veille à ce que la vérité soit connue, respectée et vécue; et il aide l'homme et la société à rechercher ce qui est raisonnable et digne d'être vécu. C'est pourquoi le philosophe allemand Heidegger a pu dire que le philosophe est le médecin de la civilisation, c'est-à-dire celui qui soigne non seulement le raisonnement, mais aussi l'agir des hommes pour un bon épanouissement de la société.
Un philosophe au sens complet, socratique, du mot est un penseur qui ne sépare pas la recherche de la vérité de la vie réelle de l'homme et de la société. Il y a certes une bonne et mauvaise façon de faire de la philosophie cas des sophistes qui, du temps de Socrate, égaraient les hommes dans la recherche de la vérité et du véritable bonheur. La bonne philosophie se soucie du bien de l'homme et de la société; elle délivre de fausses certitudes et des opinions incontrôlées; elle développe en l'homme l'esprit critique et le goût de l'effort dans le discernement. La philosophie plaide en faveur de l'homme, de son épanouissement et de sa liberté, de sa dignité et de ses droits inaliénables; elle apprécie chaque chose à sa juste valeur.
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06/09/2024
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Chapitre | (suite)
3. Quelques Définitions de la Philosophie
Les définitions que nous proposons ici ne sont ni les plus correctes, ni les plus complètes : elles sont données, à titre indicatif, pour nous aider à comprendre ce qu'est la philosophie au sens strict; c'est donc quelques définitions parmi tant d'autres :
- « la PHILOSOPHIE peut se définir non comme la science de tout mais comme la science du tout » (ALBERT THIBAUDET). Cette définition nous rapproche du sens étymologique : la philosophie ne prétend pas tout connaître, mais elle est une réflexion sur la totalité du réel; c'est une réflexion sur tout et non une connaissance de tout.
- « la PHILOSOPHIE est la réflexion sur l'expérience totale » (RENÉ LE SENNE). Cette définition fait ressortir clairement l'objet de la philosophie qui est la totalité du réel; la philosophie ne se cantonne pas sur un aspect, c'est une approche globalisante.
- « la PHILOSOPHIE est la recherche passionnée de la vérité » (KARL JASPERS).La recherche de la vérité est le souci constant de la philosophie; cela demande non seulement un travail labourieux, mais aussi et surtout un amour (un désir passionnant de connaître).
- « la PHILOSOPHIE est une science certaine qui porte sur les principes premiers et les causes premières » (ARISTOTE). Cette définition nous instruit sur deux choses : dans son approche, le philosophe ne s'arrête pas aux aspects superficiels (il va au fonds des choses); bien plus, la vérité qu'il recherche doit être certaine, c'est-à-dire vraiment fondée en raison.
- « la PHILOSOPHIE, c'est l'effort de l'homme pour prendre le réel de chaque jour en vue de mieux l'expliciter, le schématiser » (KABE MUTUZA). Cette définition nous aide à comprendre que la tâche du philosophe n'est ni celle de déterrer les choses passés, ni celle de prédire l'avenir; c'est une tâche actuelle et même quotidienne : penser sans vie ou penser les drames de son temps dans un discours rationnel et cohérent.
- « la PHILOSOPHIE est l'ensemble des philosophies historiquement attestées » (TSHIAMALENGA). Ici, nous apprenons aussi deux choses : d'une part, qu'il n'y a pas une, mais plusieurs philosophies; et d'autre part, il n'est pas laissé au plaisir de chacun de se dire philosophe, il y a des critères fixés par les philosophes eux-mêmes.
TSHIAMALENGA rejoint aussi le dictionnaire de la philosophie (Lalande) qui retient parmi les sens de ce mot, celui qui définit la philosophie comme « un ensemble des doctrines philosophiques d'une époque ou d'un pays » (p.776) : cas de la philosophie grecque, de la philosophie allemande, de la philosophie congolaise... bien plus, on n'appelle pas « PHILOSOPHE » un écrivain qui publie sur des questions philosophiques des ouvrages sans valeur ou mêmes quelques fois déraisonnables, pas plus qu'on ne donne le nom de « SAVANT » à l'auteur d'un mémoire absurde sur une question de physique ou d'astronomie.
4. Rôle et Importance de la Philosophie
(à suivre)
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27/08/2024
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Chapitre | (suite)
2. Sens Courant ou Vulgaire
On entend parfois les gens dire «tout homme est philosophe»; «j'ai ma philosophie» ou encore «nos ancêtres étaient de grands philosophes». Dire tout cela, c'est affirmer une réalité semblable à celles-ci : «tout homme est médecin», «tout maçon est architecte » ou «tout cultivateur est ingénieur agronome». Ce serait alors confondre un charlatan avec un spécialiste, un amateur avec un professionnel, un opportuniste avec un homme de sciences.
On serait alors tenté de croire que les philosophes poussent comme du champignon et qu'il suffirait d'une belle tournure de pensée pour être appelé «philosophe». On finit même par confondre la philosophie avec la rhétorique ou l'art de bien jongler les mots.
L'affirmation «tout homme est philosophe» est acceptable, non pour dire que la philosophie est comme l'âme que tout homme possède, mais simplement pour signifier que tout homme à sa manière de voir les choses ou de donner sens à ce qui lui arrive. C'est le sens large du mot philosophie.
Mais pour éviter toute confusion indigne d'un intellectuel, il convient d'appeler cela «vision du monde» (WELTANSCHAUUNG) et non «philosophie». Ainsi, pour parler correctement, il faut dire «tout homme a sa vision du monde», «j'ai ma façon de voir les choses», «nos ancêtres avaient une profonde vision du monde».
Texte
«Tout homme est philosophe, en effet, en ce sens que, frappé de surprise, d'admiration et de crainte devant les merveilles de la nature, les mystères de la vie et de la mort, il s'efforce de leur donner un sens, une signification et de se comporter en conséquence. Dans toutes les cultures, reconnaît J. DUBOIS, nous trouvons des expressions qui témoignent de ce qu'on appelle «vision du monde, «une vision du monde» précise l'auteur, est une façon particulière de réagir devant les choses et les événements, une réaction globale de l'individu à l'univers...du point de vue de l'intelligence, de l'affectivité, de l'action. C'est à la fois une perspective sur tout l'univers et une façon de donner sens à la vie humaine selon une échelle de valeurs, une approche de ce qui est le fondement de toute réalité et la justification de toute valeur.»
MUTUZA KABE, Qu'est-ce que la philosophie ?, in "La philosophie Africaine"
(F.T.C.K.), 1977, p.23.
3. Quelques définitions de la Philosophie
(à suivre)
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24/08/2024
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Chapitre |
1.Origine et Étymologie du mot
La Grèce antique avait de l'admiration pour les sages; C'étaient des hommes fort doués intellectuellement et qui se consacraient à connaître Dieu, l'origine et les causes de tous les phénomènes. Ils étaient rares et se comptaient au bout des doigts.
Conscient des limites intellectuelles et spirituelles de l'homme, Pythagore de Samos, sage et mathématicien grec du sixième siècle (570-490 av. J.-C.), estima que le mot «SAGE» ne convenait qu'à Dieu, seul Être capable de posséder la sagesse et la vérité. C'est ainsi qu'il inventa pour l'homme, le mot «PHILOSOPHIA» (amour de la sagesse) à partir de trois mots grecs (PHILIA - TÈS - SOPHIA). Il voulait ainsi marquer une différence entre l'homme et DIEU : DIEU possède la sagesse, mais l'homme peut la rechercher ou s'approcher d'elle sans jamais la posséder. C'est pourquoi on dit que, dans son origine, le mot «philosophie» a un sens privatif, c'est-à-dire il nie dès le départ la prétention de posséder la sagesse. En créant ce mot, Pythagore invite tout philosophe à un aveu d'humilité : le philosophe n'est pas celui qui possède la sagesse ou la vérité, c'est plutôt celui qui se fait ami de la vérité et qui consacre sa vie à la rechercher.
Le sens étymologique du mot «philosophie» souligne donc deux choses :
- la philosophie est une tâche noble et labourieuse;
- le philosophe, c'est celui qui aime la vérité et qui la recherche sans jamais avoir la prétention de la posséder.
2. Sens Courant ou Vulgaire
(à suivre)
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