22/04/2024
Christian Nzuzi Lukoki
Je suis Ecrivain congolais, libre penseur.
22/04/2024
LA SOCIÉTÉ VUE SOUS L'ANGLE LITTÉRAIRE
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CHRONIQUE N°14
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Par Christian NZUZI LUKOKI, Écrivain Congolais.
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Contact :
christianlukoki899@gmail. com
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CAMPAGNE ÉLECTORALE 2023 en RDC : POURQUOI TANT DE CANDIDATS ?
Démarrée officiellement depuis le dimanche, 19 /11/2023, la campagne électorale bat son plein. A Kinshasa comme dans l'arrière pays, les affiches à vocation propagandiste fleurissent ça et là dans pratiquement toutes les rues, grandes artères et places publiques. On y voit les photos des candidats et leurs identifiants. Cette campagne électorale se déroule aussi et surtout sur les réseaux sociaux, un terrain incrotrolable et où tous les coups semblent permis y compris les plus bas.
Revenons aux affiches des candidats ? Que n'y lit-on pas? Des messages et slogans tantôt accrocheurs tantôt étranges à la limite amusants. C'est le cas de ce candidat à la députation nationale qui a mentionné sur son affiche: " Avec moi, je vous garantis un enterrement digne et gratuit"! Un autre prône le retour du love, si jamais il est élu ! Un autre encore se présente comme le sauveur des ventres des congolais : " Avec moi, c'est la fin de la faim". A la présidentielle, un candidat refuserait de battre campagne prétendant que c'est Dieu lui-même qui l'imposera. Mais par quel mécanisme ?
De quoi se demander si certains candidats veulent-ils vraiment accéder aux postes qu'ils ambitionnent pour servir le peuple ou ils prennent cela pour une simple blague visant à amuser la galerie ?
Le premier enseignement à tirer de ces quelques jours de propagande en est qu'au niveau des présidentielles, le scrutin semble se dessiner comme un affrontement des titans qui opposera en réalité deux camps: celui de Félix Antoine Tshisekedi, président sortant et celui de Moïse Katumbi, ancien Gouverneur du Katanga.
Quant aux autres candidats à la présidence, ils sont appelés à batailler dur sinon... D'autres se sont carrément désistés et ralliés à un camp et, c'est avant même de battre campagne !
Ces candidats présidentiables, avaient-ils voulu jouer simplement aux figurants ou c'est de la Real politik en version congolaise ?
Il faut d'emblée dire que dans un pays gigantesque avec une superficie continentale, battre campagne à travers toute l'étendue de la République, voilà qui relève d'un vrai parcours de combattant.
Si donc à la présidence, les électeurs savent pratiquement qu'ils n'auront qu'à choisir entre l'un et l'autre, c'est au niveau des législatives provinciales et surtout nationales où les mêmes électeurs risquent de souffrir des migraines compte tenu de la floraison de candidats.
On estimerait à 26.000 prétendants se disputant les 500 sièges prévus à l'assemblée nationale et à 44000 pour les provinciales. Guiness, le livre des records a de la matière.
D'où l'épineuse question : pourquoi tant de candidats à la députation au niveau provincial et national ? Veut-on former une République des députés ?
Évidemment dans un pays qui se veut Démocratique, tout citoyen remplissant les critères jouit de sa totale liberté de se porter candidat aux différentes échéances électorales selon ses ambitions.
Malgré tout, sans verser dans une espèce de procès d'intention, tant de candidats aux législatives, ça pousse certains observateurs à s'interroger sur les vraies motivations de ces candidats "deputables". On en connait dont l'urgence devrait plutôt être de se faire alphabétiser plutôt que de prétendre à siéger à l'assemblée nationale. Au parlement, on y va pour parler, légiférer, contrôler, etc. Ces tâches nécessitent un certain bagage culturel et intellectuel. A côté des ambitions de tout un chacun qui sont légitimes, il faut de la compétence. L'ambition dont on a nullement la compétence est un crime, dit-on.
Revenons à la question fondamentale : pourquoi tant de candidats ?
Première hypothèse : Ces compatriotes sont uniquement mûs par le souci de servir la nation. Voilà pourquoi ils désirent aller au parlement pour légiférer, contrôler l'action du gouvernement le tout, pour l'intérêt supérieur de leurs compatriotes. En vérité, il ne serait pas honnête de douter de la bonne foi et des intentions saines de certains compatriotes, ces valeureux fils et filles du pays désirant " parlementer" pour l'intérêt collectif.
Deuxième hypothèse.
Il est connu de tous que le député au niveau national touche des émoluments s'élevant autour de 21.000 $/ Mois. Ceux de la dernière législative ont aussi reçu chacun une Jeep Palissade ( ya wofele ) dont le prix tourne autour de 55000$ !
Avec un tel traitement de faveur dans un pays rongé par la misère, un chômage pandémique aux allures d'une malédiction ; et où le salaire des fonctionnaires et agents de l'Etat tourne autour de 150$ ( si pas moins), dans un tel univers de survie, devenir député est plus qu'un rêve, plus qu'un idéal...
Pas étonnant de voir certains enseignants du primaire comme du secondaire, les infirmiers, les médecins, les avocats, les ingénieurs, les banquiers, les pasteurs, les agriculteurs, les éleveurs, les professeurs d'université, bref, c'est dans toutes les couches de la société où l'on retrouve des compatriotes qui désirent renoncer à leurs carrières professionnelles pour devenir député ! Et tous les moyens semblent être bons pour parvenir à l'objectif : promesses réalisables ou démagogiques, séduction, tendance à l'auto blanchissement, agitations, diabolisation des adversaires, des "cadeaux" empoisonnés en nature ou en espèces, etc. Il se narre même que les plus déterminés de ces candidats n'hésiteraient pas de solliciter les services des féticheurs. Si cela s'avère fondé, on pourrait en déduire que cette campagne électorale constitue une vraie aubaine financière pour les charlatans de notre pays qui doivent se frotter les mains.
Une autre préoccupation est celle concernant la fonction même d'un député... Certains candidats eux-mêmes et certains electeurs connaissent-ils réellement le rôle dévolu à un député provincial ou national?
Comment ne pas s'interroger lorsqu'on voit et on entend les candidats se faire applaudir, ovationner par des milliers d'éventuels électeurs naïfs à qui ils font des promesses pompeuses et trompeuses. Si je suis élu, disent-ils, je construirais pour vous des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux, des universités, je créerai des emplois, etc
Et avec quels moyens? Est- ce là le vrai rôle d'un parlementaire ? Ces questions restent souvent sans réponse.
La démocratie serait-elle un luxe pour les africains, pour paraphraser l'ancien président Jacques Chirac.
Toutefois, cette élection se voulant démocratique, chaque électeur ou électrice est évidemment libre de choisir le candidat de son choix. Certes, face à des démagogues et autres marchands d'illusions, les mêmes électeurs sont invités à faire preuve d'une vigilance patriotique et d'un certain sens élevé de discernement.
Votons utile et intelligemment pour ne pas grincer les dents demain et dire: si on savait...
L'écrivain étant le témoin de sa société, sensibiliser la population constitue pour nous à la fois un DROIT et surtout un DEVOIR.
Enfin, bouclons cette réflexion par la pensée de l'écrivain George Orwell qui soutient que :
" Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime. Il est complice". Tenons ça pour dit.
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DU MÊME AUTEUR👇------------------------------------
1) Fiançailles électroniques, Ed. Mabiki, Wavre (Roman).
2) Zoro ou le portrait d'un pasteur pédophile, Ed. Edilivre, Paris, ( Roman).
3) Les Primes des Crimes, Ed. Edilivre, Paris ( Roman).
4) Le Journal des Faits Divers, Ed. Mabiki, Wavre,( Recueil de récits).
5) 48 Heures à Mbansa mboma, Ed. AMR, Kinshasa, ( Roman).
6) Douloureuse mort, joyeuse fête, Ed. AMR, Kinshasa, ( Roman).
7) Pagaille au lycée Bwaka Nzoto, Ed. AMR, Kinshasa ( Roman)
8. Les chinois vus par un africain, Ed. Muse, Paris, ( Roman).
9. Les Malheurs d'un locataire, Ed. AMR, Kinshasa ( Roman).
10. Riche Patron en Afrique, Misérable ouvrier en Europe, Ed. CNL, Kinshasa ( Roman).
11. Nouvelles technologies, nouveaux périls ? Ed. CNL, Kinshasa ( Roman).
LA SOCIÉTÉ VUE SOUS L'ANGLE LITTÉRAIRE
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CHRONIQUE N°13
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Par Christian NZUZI LUKOKI, Écrivain Congolais.
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KINSHASA ET SES MONSTRUEUX EMBOUTEILLAGES
I.
UN VÉRITABLE CHAOS ROUTIER!
La capitale congolaise est de nos jours une ville où les principales voies sont archi encombrées par des autos, des motos, et même des piétons qui se précipitent, se bousculent, parfois s'insultent, et se disputent le passage dans le plus grand mépris des règles élémentaires de la circulation routière qui sont carrément bafouées et foulées aux pieds.
Il en résulte une véritable incurie, un chaos avec des embouteillages effrayants occasionnant parfois des accidents.
Riches ou pauvres, adultes ou mineurs, illettrés ou individus bardés de diplômes, croyants ou païens, simples citoyens ou têtes couronnées, qui ne s'en plaint pas, qui n'en souffre pas?
Nous prenons le risque de parier que même à "PANDEMONIUM" ( la capitale imaginaire de l'Enfer), il est probable que les routes soient plus "aérées" comparativement aux nôtres.
A l'origine de ce fléau urbain, on peut incriminer l'insuffisance des infrastructures routières mais aussi et surtout l'INDISCIPLINE et l'INCIVISME de nombreux conducteurs kinois qui se comportent comme de vrais délinquants routiers.
La complaisance de certains "roulages" qui se transforment en "tracassiers quémandeurs d'argent" mérite aussi d'être dénoncée et décriée.
Oui, on l'aura compris plus qu'auparavant que nul ne peut se soustraire des effets néfastes de la misère collective sévissant dans la société où il vit.
Tout compte fait, aucune route kinoise n'appartient à un individu. Et pour se déplacer ici où ailleurs, tous n'avons qu'un seul et unique choix, c'est celui d'emprunter la voie commune.
Voilà qui doit interpeller tout un chacun sur l'importance sacro-sainte du RESPECT des biens communs et du sens élevé de l'intérêt général qui devrait animer tout bon citoyen dans un pays où malheureusement, la quête des profits égoïstes et individuels a souvent pris des proportions alarmantes et anti patriotiques.
2.
Tu es trop lourd. Tes jambes sont très longues !
Vendredi, 09/11/2023, il est 16h00 dans la capitale.
En provenance du centre ville, je descends d'un taxibus 207 où les passagers et le fameux "Receveur" ont failli métamorphoser le véhicule en un "Ring" roulant en échangeant des coups de poing. Cela, suite à la cupidité de ce dernier qui exigeait la somme de 1500 FC à chaque client alors que le trajet est habituellement facturé à 1000 FC.
Me voilà donc au rond point Kitambo magasin.
En cette fin d'après midi, l'endroit est archicomble de passagers attendant chacun un hypothétique moyen de transport.
Je m'effraie un passage dans cette masse kinoise et me voilà à l'arrêt où stationnent les autos et les motos allant vers les quartiers Delvaux et UPN dans la commune de Ngaliema.
Les clients étant de loin plus nombreux que les moyens de transport, les heureux et capricieux conducteurs se frottent les mains et n'hésitent guère de revoir la course à la hausse. Quelle aubaine!
C'est l'application de la loi de l'offre et de la demande en version kinoise.
Un motard s'écrie à tue-tête :
- Delvaux, UPN...
- C'est combien ?
- 5000 Fc seulement.
Je suis impressionné par la malhonnêteté de ce conducteur.
En temps "normal", la course se négocie autour de 1000 FC ou 1500 FC. Rarement plus...
Je décide de patienter un peu. Mais plus les minutes passent, plus l'endroit devient noir du monde. Je m'en inquiète surtout que les plus cyniques des conducteurs se plaisent à revoir le prix de la course à la hausse.
J'entends un autre motard qui ricane et s'écrie :
- Delvaux, UPN...
- Combien ?
- 6000 FC!
Ayant observé un soleil déclinant, un ciel assombrissant et une obscurité envahissante, je "prophétise" que la situation s'aggraverait de minutes en minutes.
Réalisme à la kinoise obligeant, je décide de sauter sur une moto. Malheureusement, le conducteur m'enjoins de descendre.
- Vous allez bien vers l'UPN?
- Bien sûr, monsieur.
- Mais j'y vais moi aussi. J'ai accepté de te payer 5000 FC malgré moi. Et pourquoi me demandez-vous de descendre de votre moto ?
- Vieux, vous êtes trop lourd. Ma moto aura du mal à gravir la montagne. Il me faut quelqu'un de mince...
Je n'en crois pas mes oreilles. Mais rêver une seule fois est un simple rêve, rêver deux fois, c'est le début de la réalité.
Je saute sur une deuxième moto où le motard m'ordonne également de descendre!
- Mais pourquoi ?
- Vieux, vos jambes sont trop longues. La route est très embouteillée. Lors des croisements, je risque d'avoir des ennuis. Il me faut des clients aux jambes moins longues que les vôtres.
Mais que m'arrive-t-il, seigneur, murmure-je en regardant vers les cieux.
Je décide de patienter. Après quelques minutes, je m'avance vers un autre motard apparemment plus tolérant mais aussi cupide que ses compères. Cette fois là, c'est la bonne.
Excellence Monsieur le motard accepte que je prenne place au dessus de son engin vieillissant moyennant un payement cash de 5000 FC.
Quand le péril est grand, on a souvent peu ou pas assez de choix.
La route Nguma qui est la voie principale menant vers la commune de Ngaliema étant complètement bouchée, notre conducteur décide d'emprunter des sentiers tortueux mais là aussi, c'était une toute autre histoire.
Quelle vitesse, quelles acrobaties, quels risques, quelle frayeur!
Il me fallait improviser certaines prières pour en appeler à la protection divine.
A un certain moment, j'avais carrément eu l'envie de rédiger mon testament.
C'est dans cette atmosphère routière, incertaine et émaillée d'angoisses où vers 18h30, j'avais miraculeusement réussi à atteindre mon domicile. Quelle dure journée ! Mais c'est aussi ça vivre aujourd'hui à Kinshasa.
3.
SUGGESTIONS
Avec une démographie hyper galopante et quasiment explosive rendant affreuses les conditions existentielles des habitants, les autorités compétentes doivent impérativement réfléchir et oeuvrer dans le sens de la construction de nouvelles cités, de nouveaux quartiers et de nouvelles infrastructures( routes, marchés, écoles, universités, hôpitaux, toilettes publiques, etc.) et surtout doter la mégapole kinoise des moyens appropriés de transport des masses comme les métros.
L'auteur de ces lignes a déjà eu l'opportunité de visiter la ville de Shanghaï , une métropole chinoise de 27 millions d'habitants. La ville de Lagos au Nigeria est aussi de loin plus populeuse que Kinshasa. Mais dans un cas comme dans un autre, c'est le recours justement à ces moyens de transport des masses qui a permis d'endiguer ce véritable fléau des villes modernes
Plus facile à comparer, à dire qu'à faire concrètement, le recours aux moyens de transport massif comme le métro apparaît pourtant impérieuse pour espérer arrêter la descente aux enfers de Kinshasa, une ville sursaturée peinant à héberger ses habitants et où les conditions existentielles deviennent cauchemardesques et périlleuses notamment dans le domaine du transport.
Or, pour la majorité des habitants, vivre à Kinshasa revient à se déplacer quotidiennement. Autrement, on s'étiole de faim et de soif avant de rejoindre l'au-delà.
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DU MÊME AUTEUR👇------------------------------------
1) Fiançailles électroniques, Ed. Mabiki, Wavre (Roman).
2) Zoro ou le portrait d'un pasteur pédophile, Ed. Edilivre, Paris, ( Roman).
3) Les Primes des Crimes, Ed. Edilivre, Paris ( Roman).
4) Le Journal des Faits Divers, Ed. Mabiki, Wavre,( Recueil de récits).
5) 48 Heures à Mbansa mboma, Ed. AMR, Kinshasa, ( Roman).
6) Douloureuse mort, joyeuse fête, Ed. AMR, Kinshasa, ( Roman).
7) Pagaille au lycée Bwaka Nzoto, Ed. AMR, Kinshasa ( Roman)
8. Les chinois vus par un africain, Ed. Muse, Paris, ( Roman).
9. Les Malheurs d'un locataire, Ed. AMR, Kinshasa ( Roman).
10. Riche Patron en Afrique, Misérable ouvrier en Europe, Ed. CNL, Kinshasa ( Roman).
11. Nouvelles technologies, nouveaux périls ? Ed. CNL, Kinshasa ( Roman).
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CHRONIQUE N°12
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Par Christian NZUZI LUKOKI, Écrivain Congolais.
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KINSHASA : EST-CE LA "RELANCE" DE L'OPÉRATION "KIN BOPETO"?
" INSALUBRITÉ DÉGRADANTE ET INADMISSIBLE".
Plusieurs médias sur les réseaux sociaux notamment ont attribué le propos susmentionné au Président de la République de la RDC qui se serait ainsi indigné lors du dernier conseil des ministres.
Vrai ou faux, cet amer constat reflète parfaitement l'opinion de nombreux congolais en général et des kinois en particulier.
Franchement, sur le plan de la salubrité publique, la capitale congolaise qui croule sous le poids des immondices se trouve dans un état lamentable qui révolte, choque notre conscience patriotique et doit impérativement nous interpeller tous surtout que la capitale est le miroir d'un pays.
Qu'il s'agisse des caniveaux, des avenues, des rues, des lieux publics comme les marchés ou les parkings, partout à Kinshasa, la crasse est visible. Il faut souffrir de la cécité d'une chauve souris pour ne rien voir. Et lorsqu'il a plu, autant sincèrement rester chez soi si possible plutôt que de se hasarder à faire un petit déplacement.
Pas la peine de disserter sur les monstrueux embouteillages qui encombrent les routes kinoises. Il s'agit là d'un mal à part...
Ce vendredi, 03/11/2023, une petite surprise agréable a été réservée aux kinois précisément au niveau du" parking marché" du centre ville juste à quelques mètres de l'hôtel de ville où se trouve le bureau officiel de son Excellence, Monsieur le Gouverneur Gentiny NGOBILA, le tenor de l'opération kin BOPETO".
En effet, en une soirée, la puante et fumante montagne d'immondices qui y était "domestiquée et caressée" a brusquement disparu, on ne sait par quelle magie.
Il se narre que le nettoyage a été fait nuitamment hier jeudi suite à un certain tollé provoqué par une négligence aussi flagrante.
Pendant quelques minutes, des policiers en armes quadrillaient le lieu.
Ayant rassemblé tables en bois, étalages de fortune, chaises et autres effets utilisés d'ordinaire par les vendeurs à la sauvette, ils ont tout brûlé. L'auteur de ces lignes a assisté à cette scène.
Oui, la Loi est dure mais c'est la loi
En un laps de temps, l'endroit est devenu propre, désencombré et c'est un air respirable qui semblait y souffler. Mais c'est pour combien de temps ?
Il vaut mieux, peut-être, interroger le ciel pour espérer une réponse exacte à cette lancinante interrogation.
Les habitués de ce lieu se souviennent encore que cette montagne de crasse était vieille de plusieurs mois. Dans l'indifférence générale et avec les vicieuses habitudes de la population elle même, en plein centre ville, l'endroit avait eu les allures d'un véritable dépotoir Public !
Que c'est sincèrement désolant et ahurissant la façon dont certains compatriotes disposant d'une parcelle de pouvoir gèrent leur sphère de responsabilité.
En effet, quelle piteuse image donnons-nous de notre Grand, Beau et Riche pays lorsque sa capitale est transformée en une poubelle à ciel ouvert où tous les déchets sont jetables et partout y compris devant l'hôtel de ville?
Devons-nous nous rendre dans les cimetières, ressusciter nos anciens colons belges pour qu'ils nous recolonisent, nous chicottent et nous expliquent la façon de maintenir notre ville dans un état de propreté ?
Pourtant, l'avènement de son excellence Gentiny NGOBILA à l'hôtel de ville avait suscité beaucoup d'espoir dans le chef de nombreux Kinois. On disait de ce "Mikiliste" qu'il est patriote, travailleur, pragmatique, visionnaire, novateur, etc. Qualités que personne ne conteste. Mais...
L'opération "Kin BOPETO" était son principal cheval de bataille. Ça et là, on pouvait apercevoir des équipes des nettoyeurs publics balayant les rues.
Devant l'hôtel de ville même, de nombreux engins lourds destinés à la salubrité étaient en stationnement.
Au niveau des communes dans le passé, les bourgmestres auraient reçu des fonds du gouvernorat pour concrétiser cette vision hautement citoyenne de "KIN BOPETO".
D'aucuns ont rêvé que "Kin la poubelle" pouvait revêtir sa robe d'antan en redevenant "kin la Belle".
Brillante illusion. On a fini par entonner l'hymne de la cigogne.
Aujourd'hui, les nettoyeurs de "Kin BOPETO" ont pratiquement disparu. Il semblerait qu'ils soient peu ou pas du tout payés. Dieu seul sait ce qu'il est advenu des engins mécanisés...
Revenons à l'évènement de ce vendredi matin. Simple action sporadique visant à faire du sensationnel ou redémarrage effectif de l'opération "Kin BOPETO ? Le temps étant le plus grand juge, on le saura dans les jours à venir.
Pour les experts en matières d'environnement, pour la capitale Kinshasa et même les autres villes, centres urbains et ruraux du pays, ce qu'il y a à faire, c'est la mise sur pied d'une vraie politique de salubrité publique.
Évidemment, des moyens conséquents devront être consacrés et un suivi très rigoureux sans complaisance à côté d'une grande sensibilisation de la population couplée à l'application draconienne de certaines mesures disciplinaires.
Autant on déplore l'inefficacité des gouvernants, autant on doit aussi avouer clairement que les Kinois sont les premiers "fossoyeurs" de toute opération visant à assainir Kinshasa.
Et pourtant, savez-vous que les mêmes sachets et autres bouteilles plastiques qui encombrent nos rues et caniveaux peuvent constituer une vraie matière première, recyclable et génératrice de nombreux emplois et de faramineuses sommes d'argent?
Cette fructueuse expérience a déjà été menée sous d'autres cieux y compris dans certains pays africains comme la côte d'Ivoire pour ne citer que ce pays.
Sans verser dans un optimisme béat ou dans la pire naïveté, espérons que l'opération de salubrité publique déclenchée ce vendredi 03/11/2023 devant l'hôtel de ville s'étendra à travers toute la capitale.
Nous croyons fermement qu'il ne s'agit guère d'une action au renent impressioniste, un " tape œil" visant à apaiser simplement le ras- le-bol et l'indignation collective à instar de l'amer constat fait par le chef en personne qui aurait dénoncé une " INSALUBRITÉ INADMISSIBLE ET DÉGRADANTE".
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DU MÊME AUTEUR
1) Fiançailles électroniques, Ed. Mabiki, Wavre (Roman).
2) Zoro ou le portrait d'un pasteur pédophile, Ed. Edilivre, Paris, ( Roman).
3) Les Primes des Crimes, Ed. Edilivre, Paris ( Roman).
4) Le Journal des Faits Divers, Ed. Mabiki, Wavre,( Recueil de récits).
5) 48 Heures à Mbansa mboma, Ed. AMR, Kinshasa, ( Roman).
6) Douloureuse mort, joyeuse fête, Ed. AMR, Kinshasa, ( Roman).
7) Pagaille au lycée Bwaka Nzoto, Ed. AMR, Kinshasa ( Roman)
8. Les chinois vus par un africain, Ed. Muse, Paris, ( Roman).
9. Les Malheurs d'un locataire, Ed. AMR, Kinshasa ( Roman).
10. Riche Patron en Afrique, Misérable ouvrier en Europe, Ed. CNL, Kinshasa ( Roman).
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01/11/2023
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CHRONIQUE N°8 DE LA RENCONTRE AVEC LES HÉROÏNES ET HÉROS DE LA SURVIE
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Par Christian NZUZI LUKOKI, Écrivain congolais, Tél : 0850583279
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I.
CRISE ET HÉROÏSME
Faisant face à une crise socio-économique quasi chronique et vieille de plusieurs décennies, réflexe de survie obligeant, on reconnaîtra à des millions de congolais d'avoir fait preuve d'une dose d'héroïsme en luttant contre une conjoncture inflationniste aux allures d'une "malédiction" nationale.
C'est donc à la rencontre de ces quelques héroïnes et héros de la Survie qu'est consacrée l'intrigue de cette chronique.
C'est au croisement entre les avenues du Marais et du Haut Congo dans la commune de la Gombe que je vois ces quatre braves marchandes qui m'ont toujours impressionné et inspiré par leur constance.
Deux d'entre elles vendent du pain et les deux autres écoulent des fruits. A les voir, elles nagent déjà dans la soixantaine. Ce n'est pas rien comme âge sous le soleil Rdcongolais...
La jeunesse s'est s'éloignée, la vieillesse est là, les défis de la vie aussi. Mais leur Instinct maternel et nourricier reste intact malgré la force physique et mentale qui abandonne progressivement leurs corps.
- Nous arrivons au dépôt vers 4h00. Et lorsque le véhicule de la société est là, chaque marchande est servie en fonction de sa commande, m'a dit l'une d'entre elles
- Je fais ce travail depuis des décennies, m'a révélé sa compagne.
Bravant toutes sortes de périls et provenant des quartiers parfois éloignés du centre ville, très tôt, elles sont déjà là. C'est ça leur "bureau", c'est ça leur lieu de travail, en pleine rue. Elles ne vendent pas pour gaspiller en se parant de nouveaux habits, des chaussures dernier cri ou des bijoux coûteux. Elles se débrouillent juste pour survivre et faire vivre leurs foyers.
Deux d'entre elles vendent du pain et les deux autres sont derrière des étalages de fortune, elles vendent des fruits de saison.
L'un après l'autre, les clients passent par là. Un peu nombreux le matin, de plus plus rares au fil du temps.
Et ces marchandes qui écoulent patiemment leurs marchandises.
Elles ne gagnent certainement pas grand chose. Mais vaut mieux peu que rien. C'est la Sagesse proverbiale qui le soutient. Avec ces bassins de pains et ces quelques fruits vendus quotidiennement, grâce à une gestion saine, ces femmes en viennent miraculeusement à prendre totalement en charge leurs foyers, à nourrir leurs maris, leurs enfants, à les soigner, à les envoyer à l'école et même à l'université !
Acheter auprès d'elles revient à les financer, à les soutenir d'une manière ou d'une autre.
Je ressens toujours un brin de
culpabilité lorsque je m'en vais parfois payer du pain dans un super marché tenu par des riches étrangers.
Et quand je quitte ce petit "marché", en continuant à longer l'avenue du Marais, c'est une autre héroïne qui retient mon attention.
Encore jeune avec ses cheveux grisés par des produits cosmétiques, elle a installé ses marmites sur un petit étalage.
Visiblement, elle a une forte clientèle. Déjà vers 6h30, la voilà entourée de ses clients qu'elle sert l'un après l'autre comme dans un internat
A Kinshasa, les journées apparaissent, parfois, longues, ennuyeuses et anxieuses. Ainsi, de nombreux habitants préfèrent "armer" " bétonner" leurs ventres avant de se lancer dans la bataille quotidienne à la kinoise. C'est aussi ça la survie.
Ainsi, avais-je vu un bon matin un homme à la bouche pleine, vidant une copieuse assiette du riz à la sauce d'haricots. A côté de lui, un autre jeune affamé dechiquetait un gros poisson et avalait des morceaux de chikwangues avec un appétit matinal et un rythme effrayant.
Je parie que la veille, cet homme avait certainement dormi avec un ventre creux. Ça arrive beaucoup ici.
Elle est vraiment à féliciter cette jeune restauratrice de l'avenue du Marais qui apaise la faim matinale de ses clients en renflouant son propre porte monnaie. Ça s'appelle de l'intelligence financière.
Avec un tel esprit entrepreneurial, sous d'autres cieux, les femmes de son genre devraient bénéficier d'une subvention de l'Etat. Mais ici...
II.
LE COIFFEUR
Installé sous un arbre géant et ombrageux à quelques encablures de l'hôtel de ville, il reçoit ses clients. C'est là son lieu de travail.
Cet excellent coiffeur me rase le crâne depuis belle lurette.
De bonne taille, d'un teint à la soudanaise, un peu loquace, il est un vétéran du monde de la coiffure, sans doute, le tout dernier de sa génération. Écoutons le:
- Ceux avec qui j'ai débuté ce métier à cet endroit sont tous morts. Je fais ce travail depuis 30 ans et croyez-moi que je ne connais pas une autre profession. Je me suis marié étant coiffeur et aujourd'hui, je suis père de nombreux enfants que je nourris , soigne et scolarise rien qu'avec ce travail. J'ai coiffé de très nombreuses personnes voire certains gouverneurs de Kinshasa...
Autrefois, la coiffure était un métier gratifiant. Aujourd'hui, c'est une toute autre histoire. Le temps semble avoir changé. Malgré tout, je suis coiffeur et je mourais avec un ciseau à la main...
III.
LES BOUQUINISTES.
Qu'ils sont nombreux sur l'avenue du commerce à Gombe, le centre des affaires.
A partir de la fenêtre de mon bureau, je passe du temps à les observer. Au mois d'août, à la veille de la rentrée scolaire, ils ont fait de bonnes affaires. Mais là, on est au mois de septembre. La rentrée appartient au passé. Les enfants sont déjà à l'école. Les clients se font rares. La vente se fait sur un coup de chance.
Dans un univers où les besoins ventraux priment sur ceux liés à l'esprit, acheter un livre est à la limite un luxe pour l'écrasante majorité de la population. Les bouquinistes le savent. Malgré tout, ils n'ont jamais renoncé à leur métier. A chacun sa vocation.
- Je fais ce travail depuis ma jeunesse. Pour moi, travailler revient à vendre les livres, m'a déclaré l'un d'eux.
IV.
LA VENDEUSE DE CHIKWANGUE.
C'est toujours sur l'avenue du commerce que je l'ai croisée. Elle nage dans la quarantaine. Mais elle paraît en avoir un peu plus. Les durs travaux de la débrouillardise y sont pour beaucoup. Nombreux de ceux qui raffolent la chikwangue ignorent le douloureux processus de la culture du manioc et de la fabrication de cette nourriture locale.
- Je n'ai pas été à l'école, m'a dit la vendeuse. Orpheline de père, ma mère n'avait pas les moyens financiers nécessaires pour me scolariser. L'unique métier qu'elle m'a appris, c'est celui de fabriquer les chikwangues. C'est avec ce travail que je fais vivre mes trois enfants. Mon mari est au chômage.
- Vous habitez loin d'ici?
- Oui. Nous venons du quartier Mombele. Nous nous réveillons très tôt pour échapper aux monstrueux embouteillages et nous arrivons ici en ville aux environs de 5h00.
- Et vos affaires marchent ?
- Autrefois oui. Mais aujourd'hui, l'incertitude plane sur notre profession. Nos fournisseurs de manioc venaient essentiellement du plateau. Avec l'insécurité causée par les ennemis de la paix, le prix des tubercules de manioc grimpe. Nous faisons de moins en moins de bénéfices.
En observant cette marchande, j'ai commencé à penser à ces nombreuses femmes que je vois sur la route menant à Kimwenza. Venant je ne sais d'où, enfants au dos, je les vois avec des cous écrasés par de lourdes charges transportées sur la tête. Oui, la survie a un effroyable prix à payer...
V.
LE VENDEUR DES NOIX DE COCO.
Cet autre héros de la survie, je le rencontre souvent loin du centre ville. Sur l'avenue Batetela. Toujours vêtu de son pantalon vert et d'un tricot orange, l'homme s'est installé sous un arbre. C'est un débrouillard hors pair. C'est là où il vend ses noix de coco. Il semble serein et heureux.
- Je fais ce travail depuis 23 ans et je n'en connais pas d'autre. Pour moi, travailler revient à vendre les noix de coco. C'est ça mon métier.
- Vous vous retrouvez financièrement avec ça ?
- Bien sûr que oui. J'ai de la clientèle. J'ai vendu mes noix même aux députés, aux ministres, aux ambassadeurs, etc.
Mais c'est une marchandise qui commence à faire de plus en plus défaut. Je peine à en trouver. Mais étant doyen dans ce métier, je sais toujours quoi faire. Le problème ? Les noix de coco, ce n'est pas comme les biscuits. Ça ne se fabrique pas dans une usine. L'arbre doit fleurir, les fruits doivent mûrir. C'est un processus naturel. Ça prend du temps, ça nécessite de la patience avant toute cueillette.
VI.
AUTRES MÉTIERS, AUTRES HÉROS.
Bien évidemment, ces héroïnes et héros de la survie ne sont pas uniquement à rechercher parmi les marchands. Ils sont des milliers et peut-être des millions dans pratiquement toutes les corporations, tous les métiers et c'est à travers toute l'étendue du pays.
Fonctionnaires ou simples agents de l'état, travailleurs anonymes ou évoluant chez les particuliers, chômeurs, illettrés ou individus bardés de diplômes, simples débrouillards ou chochards, longue très longue est la liste de ces héros et héroïnes de la survie.
Ne recevant rien de l'Etat sinon juste un salaire de misère, comment font-ils réellement pour nouer les deux bouts du mois en subvenant à leurs innombrables besoins familiaux ?
A coup sûr, rares sont les individus à se poser cette question. Surtout pas ceux qui dévastent les caisses de l'Etat et s'auto- servent en millions de dollars.
L'injustice, l'inégalité, la loi de la jungle, voilà les principes cardinaux régissant malheureusement la sphère terrestre. De l'argent à gogo pour les uns, de la disette pour les autres. Marginalisés, ces héroïnes et héros de la survie n'ont jamais cédé au fatalisme.
Leur pragmatisme et leur ingéniosité professionnelle ont fini par les mettre à l'abri du péril de l'extinction.
Hommage et gloire soient rendus à ces braves et irréductibles femmes et hommes, ces héroïnes et héros de la survie.
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