PLAN DE DÉVELOPPEMENT URBAIN DE 1985
Au début des années 1980, après la création du parti politique de l'opposition appelé l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi, le pays fut marqué par différentes manifestations populaires, qui étaient plus des revendications d'ordre social que politique. C'est alors que le gouvernement central pris réellement conscience de la profondeur de la crise urbaine de Kinshasa. Afin de faire face à l'urbanisation sauvage, la Banque mondiale et le Bureau d'Études d'Aménagement et d'Urbanisme (BEAU) vont ensemble élaborer le projet de Développement Urbain de Kinshasa (PDU), qui fut plutôt un plan de réhabilitation urbaine que d'aménagement. Ce PDU se démarqua des précédents plans d'urbanisme parce qu'il ajouta l'appui institutionnel afin d'amorcer une réelle politique urbaine pour le développement et l'entretien des infrastructures urbaines de voirie et de drainage.
Malheureusement, comme les autres plans d'urbanisme, sa mise en œuvre ne verra point le jour à cause de difficultés économiques croissantes et d'intenses tensions sociales dues à la poussée des revendications politiques de l'opposition politique naissante. Pour atténuer ces tensions et revendications populaires, il eut quelques réalisations sous l'impulsion des autorités politiques, afin de soigner l'image du pouvoir. Ainsi donc, sous l'étiquette d'une société privée immobilière canadienne, un dignitaire du régime lança un vaste projet de Logement Économique (LOGEC), qui réussit à construire deux cités planifiées : la Cité Verte (442 logements) et la Cité Mama Mobutu (674 logements)28 qui ont permis à des centaines de cadres des entreprises privées et parastatales d'acquérir des maisons d'habitations en vertu d'un contrat particulier signé avec leurs sociétés respectives. Les sociétés comme la Société Nationale d'Électricité (SNEL), la Régie des Eaux (Régideso), Air-Zaïre, etc. avaient acheté ces logements au comptant, puis vendaient à leurs
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28/01/2025
SCHÉMAS DIRECTEUR D'AMÉNAGEMENT URBAINE DE 1975
SOZACOM à Kinshasa, lors des travaux de réhabilitation du boulevard du trente-juin
En 1975, Kinshasa, avait 1 500 000 habitants et s'étalait sur 15 000 hectares urbanisés, pendant que l'anarchie foncière battait son plein. La croissance démographique de la capitale représentait 8 % de la population de l'ensemble du pays, 1/3 de la population nationale urbaine et 57 % des salariés du secteur moderne.
Pour remédier à cette situation d'anarchie foncière, le Schéma Directeur d'Aménagement Urbain sera rendu public après plusieurs mois d'enquêtes de terrain. Plusieurs services de l'État seront mis en contribution dont la Régie des eaux (Régideso), la Société Nationale d'Électricité (SNEL), la Voirie et Assainissement, l'Éducation Nationale, la Santé, le Transport, etc. afin de bien appliquer le schéma. Ce Plan d'aménagement urbain s'inscrivait dans la génération des documents d'aménagements dotés de perspectives à court (1976-1980), moyen (1981-1985) et long terme (1986-1990), et reflétait l'influence de l'approche d'aménagement urbain français, car coordonné par les géographes français comme Marc Pain, René Maximy, Jean Flouriot, etc.
Ainsi, le développement de la ville devrait se focaliser sur les grands axes Est en direction de Bandundu et Ouest vers le Bas-Congo.
Sur l'axe Est, le Plan projeta de créer une cité satellite à Mpasa 1 et 2 avec 1000 logements et 10 000 parcelles assainies, urbaniser les plaines alluviales de Nsele et de Maluku, construire des villes nouvelles (Ville Est) d'une capacité d'accueil de 1 210 000 habitants sur 4720 hectares sur le plateau de Bateke40. Et toute cette zone de l'Est, dans son ensemble, devrait selon les prévisions offrir une capacité d'accueil de 4 millions d'habitants.
Sur l'axe Ouest, il projeta de créer des villes secondaires à Kasangulu et à Kisantu qui sont les deux centres urbains situés dans la province du Bas-Congo, mais se trouvant dans l'aire d'influence économique de Kinshasa.
Comme tous les plans d'urbanisme gérer par les congolais après l'indépendance, le Schéma Directeur d'Aménagement Urbain de 1975 ne restera qu'un document à caractère indicatif pour plusieurs raisons dont la Zaïrianisation en 1973, qui occasionna un départ massif d'investisseurs, le Recours à l'Authenticité prôné par le président Mobutu qui instaurait un système économique national à forte connotation nationaliste, etc. Toutes ces raisons ont éloigné les investisseurs étrangers pour l'aménagement de la ville, surtout que le gouvernement de son côté, ne s’évertuait pas non plus pour financer le plan.
À cette époque, les constructions neuves de grande envergure, relevaient de la seule volonté du Chef de l'État. C'est ainsi qu'au début son règne, à la place des logements sociaux, Mobutu procéda par des grandes opérations d'urbanismes de prestige. Dans la longue liste non exhaustive de ces constructions de prestige, on peut compter : le grand axe routier qui relie le boulevard Lumumba à la sidérurgie de Maluku, la place Échangeur à Limete, la Cité de l'Union Africaine et la Cité du Parti-État, l'immeuble de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), le Centre Commercial International du Zaïre (CCIZ), la Société Zaïroise de Commercialisation des Minerais (SOZACOM), les Galeries Présidentielles, la Foire Internationale de Kinshasa (FIKIN), la Cité des Pêcheurs de Kinkole, le Palais du Peuple (Parlement Congolais), le Stade des Martyrs, l'Hôtel Okapi, etc28. construits çà et là dans la ville et marquèrent les mutations profondes de la ville, en vue de consolider l'image du Parti-État et de son Président. Pendant ce temps, la population à faible revenu, abandonnée à elle-même, créaient des vastes quartiers spontanés à travers la ville. Dans ces quartiers, la population construisait sans l'assistance d'architectes, d'urbanistes, d'ingénieurs, moins encore de l'administration locale. C'est dans ce contexte que fut élaboré par le Bureau d'Études d'Aménagement et d'Urbanisme le Plan de Développement Urbain de 1985
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RAIL, RIVIÈRE, FORÊT ET ROUTE DANS L'URBANISATION
La création tant des cités ou communes européennes (Gombe, Limete et Ngaliema) que de celles africaines répondait à la logique de ségrégation spatiale qui consistait à séparer les habitants selon les races.
Pour créer ces communes, il a fallu à l'administration coloniale de procéder à la déforestation du site de Kinshasa, à assécher des marécages, etc. pour laisser place à un espace propice à ériger des habitations (logements).
Ainsi, les plans de construction s'étaient servis des barrières naturelles comme les cours d'eau, les espaces verts, les voies de communications et les terrains neutres non seulement pour organiser la ville, mais aussi avec l'ardente volonté de mettre la population indigène très à l'écart de celle européenne. Les grandes avenues furent tracées, les bâtisses construites et le paysage rural du xixe siècle avait disparu, à l'exception de la grande périphérie urbaine qui gardait encore son aspect rural à cause de la présence de la ceinture verte, telle que retenue par le plan.
La coupure entre Kinshasa des Européens et Kinshasa des Africains à l'époque était marquée par des zones neutres de l'Est à l'Ouest, c'est-à-dire, du Camp militaire Kokolo à l'Aéroport de Ndolo à l'Est sur 9 km. La construction des deux communes européennes constitue l'illustration visible de la volonté qu'avait l'administration de mettre à l'écart la population indigène de celle européennes :
• La Commune de la Gombe : Au nord, le fleuve Congo limitait l'extension de la commune. Gombe ne pouvait s'étendre qu'au sud, le long du littoral parce qu'elle ne pouvait pas non plus franchir les limites créer par le chemin de fer, qui coupait la ville en deux, séparant l'habitat européen en chantier de l'habitat africain. Le rail constituât donc l'une des barrières pour séparer la communauté européenne de la Gombe, de celle africaine, bien qu'il contribuât aussi à l'organisation de la ville. Pour agrandir la Gombe qui était obligée de se développer dans un espace très étroit le long du littoral, il a fallu déplacer le rail plus loin vers la périphérie sud de la ville, à proximité de la cité africaine, pour qu'il aboutisse au premier port de la ville situé à la baie de Ngaliema à Kintambo28. C'est aux environs de l'actuel boulevard du trente juin que fut déterré le chemin de fer qui traversait Gombe de bout en bout pour laisser place l'actuel boulevard du trente juin de Kinshasa. Ce déplacement du rail vers le sud permit à la Gombe de s'étendre au-delà du boulevard du trente juin, et de prendre la forme d'un demi-cercle.
Le rail avait joué alors une double fonction. D'abord, celle de relier Kinshasa 1 (Commune de Kinshasa, Barumbu, Lingwala) à Kinshasa 2 (Kintambo); et ensuite, pour servir de tracé séparateur entre l'habitat européen et l'habitat africain. Il était à l'époque formellement interdit aux africains de franchir l'emprise ferroviaire, au risque de payer des amendes.
L'autre barrière montée de toutes pièces par l'administration coloniale pour séparer les blancs des noirs fut la rivière Gombe, qui est en réalité un grand collecteur d'eau, mais qui se jette au fleuve Congo au niveau de la baie de Ngaliema. Hors mis le rail et la rivière Gombe, l'administration s'est aussi servi des routes pour créer de barrière avec les noirs. Sur l'Avenue du 24 novembre par exemple, elle aligna en chapelet le long de l'avenue la Cathédrale Notre Dame et les établissements scolaires et supérieurs dont : l'Institut Technique de la Gombe, l'Institut Supérieur d'Arts et Métiers, le Collège Bosembo, l'Académie des Beaux-Arts, l'Institut des Bâtiments et des Travaux Publics, l'Institut Supérieur de Commerce de Kinshasa, les écoles consulaires, etc. Les routes, le rail et cours d'eau ont servi donc non seulement d'organiser la ville, mais aussi pour séparer le blanc du noir.
• Commune de Limete : Le choix du site de son quartier résidentiel, résidence pour blancs a été fait de sorte qu'il soit isolé des quartiers africains grâce d'une part à la nature (bocage, savane herbeuse et rivière Yolo) et des infrastructures routières construites par l'administration coloniale. la rivière Yolo et ses vallées inondables qui se trouve à l'actuel quartier MOSOSO, jouèrent un rôle considérable de séparateur naturel entre Limete résidentiel et les quartiers africains. Il était difficile aux africains de franchir cette rivière, ou d'aller se construire des maisons dans cette vallée délicate, qui demandait des investissements considérables pour construire des logements sans risque d'être un jour inonder. L'avenue de l'Université jouait de son côte le rôle de barrière artificielle pour séparer Limete des cités africaines (Immocongo, Kauka, Yolo Nord, Yolo Sud, Camp Pinzi).
Le plan Van Malleghen fut donc le document d'aménagement le plus significatif pour l'aménagement urbain de Kinshasa pendant l'époque coloniale.
PLAN VAN MALLEGHEN DE 1950 ET L'HABITAT SOCIAL ADMINISTRÉ INDIGÈNE
Le plan concernait la construction des nouvelles cités de Ngiri-Ngiri et de Kasa-Vubu. L'administration coloniale mit à l'époque à la disposition des Africains des fonds à octroyer à ceux qui le sollicitaient afin de construire une maison en matériaux durables dans les cités de Ngiri-Ngiri et Kasa-Vubu. Le montant de prêt étant fixé en 1957 à 220 000 francs congolais, remboursables en 20 ou 25 ans, à compter de la date du versement de la première allocation28. Le plan modifia principalement des erreurs commises dans la conception des communes précédentes par l'Office des Cités Africaines où les modifications immobilières étaient quasi-impossibles en raison de leur densification, avec des maisons collées les unes des autres. Pour les nouvelles cités, l'option a été prise pour des maisons spacieuses, avec des avenues larges convergeant vers d'importants lieux, infrastructures et autres espaces publics. Le même plan d'urbanisme de 1950 prévoyait aussi de créer trois cités satellites afin de loger non seulement la main d’œuvre de la zone industrielle, mais aussi du nouvel aéroport situé à l'Est de la ville, l'aéroport de Ndjili, cela, grâce surtout à la construction du boulevard Lumumba qui devrait relier l'aéroport du centre-ville. Les trois cités satellites étaient :
• La Commune de Ndjili, créée après la rivière Ndjili en allant vers l'aéroport qui porte le même nom. Ici, l'administrateur avait laissé aux acquéreurs congolais la charge de construire eux-mêmes leurs logements, à un coût raisonnable, dans des îlots bien délimités et dans des parcelles assainies. La commune de Ndjili, constituée de 7 quartiers à l'origine par l'administration coloniale, était conçue pour accueillir 30 000 habitants sur une superficie de 470 ha avec au moins 6000 parcelles d'habitation. En 1956, sa population était de 29 000 habitants.
• La Commune de Matete, créée le long de la rivière Matete. Ici, la construction des logements a été assurée par l'Office des Cités Africaines pour loger principalement les travailleurs de la zone industrielle de Limete. Comme la plupart des cités construites par l'OCA, Matete est réputée pour ses parcelles de petites dimensions.
La Commune de Lemba, construite elle aussi par l'OCA, était destinée au départ aux cadres moyens travaillant dans la zone industrielle de Limete et à l'Université de Kinshasa qui venait de s'installer sur les collines de Mont Amba. C'est la mise en œuvre du Plan Van Malleghen qui a permis à l'époque l'usage du parpaing et de la tôle, et fait disparaître totalement ou presque les maisons en briques adobes, grâce notamment à l'intervention de l'OCA, pour la construction des logements modernes dans la plupart des nouvelles cités. Du fonds d'avance à l'Office des Cités Africaines, en passant par le fonds du Roi, Kinshasa a bénéficié d'un nombre important des maisons construites selon des normes modernes. Elles s’élevaient à 20 625 maisons au total dans toute l'agglomération35. À l'époque, la ville ne comptait que 8 communes avec en majorité des maisons pavillonnaires ou à un étage.
• En dehors des raisons évoquées si-haut, plusieurs autres raisons ou objectifs avaient poussé par le Plan Van Malleghen à l'élargissement de la ville. Parmi ces objectifs, il y a :
Celui de créer en dehors de Limete industriel, une autre zone industrielle de l'Est de la ville, à Masina, qui devrait accueillir des industries qui avaient besoin de beaucoup plus d'espace, difficile à installer à Limete pour des raisons d'hygiène et de sécurité car certaines usine de fabrication des produits toxiques et dangereux ne pouvaient être implantées proche de l'agglomération. C'est à Masina que seront implantées après l'indépendance, les gros tanks des hydrocarbures, l'usine de fabrication des batteries, l'usine de montage des véhicules, les usines de transformation du bois, etc.
• Celui de décongestionner les quartiers européens en créant d'autres cités sur les collines de l'Ouest. Les sites des Joli Parc et de Djelo Mbinza dans la commune de Ngaliema furent choisis au départ, parce qu'ils présentaient une pente modérée, et reliés au centre-ville par la route Matadi et l'avenue Nguma, bien asphaltées à l'époque.
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PLAN VAN MALLEGHEN DE 1950
Après la Seconde Guerre mondiale, il se trouva que plusieurs constructions des autochtones commencèrent à gêner les belles constructions particulièrement européennes dans plusieurs cités. Le pouvoir public va par ce fait, à travers la création l'Office des Cités Africaines (OCA) à la place de l'OCI, procédé selon un ordre au déguerpissement des autochtones de leurs terres dans plusieurs communes, moyennant indemnité, pour reprendre ces terres qu'il va ensuite lotir ou vendre aux particuliers disposant des moyens importants pour la construction des belles maisons.
Afin de désengorger le centre ville (Commune de la Gombe), le plan urbain va prévoir et exécuter la construction de la station météorologique, de la prison, de l'Université Pédagogique Nationale, de l'Université de Kinshasa, etc. au sud de la ville, sur les collines, pour essayer de donner un équilibre spatial à la ville.
Afin de déconcentrer les activités à la Gombe, le plan de construire un second centre industriel et résidentiel vers le Sud-Est, précisément à Limete vu le jour. Limete résidentiel fut conçu sous forme d'une cité jardin32 composé d'une succession d’îlots ouverts, avec des espaces verts pour permettre la circulation de l'air et le passage de la lumière. La plupart des autochtones qui vivaient dans le lieu furent indemnisés par compensation, l’État leur octroyant des terres à Ngiri-Ngiri, Kasa-Vubu et Mombele en échange de leurs terres de Limete. Le quartier Limete Industriel a été quant à elle implanté aux portes de la ville à proximité du rail et du fleuve pour permettre aux usines de s'ouvrir, à partir des ports, aux marchandises venant des autres provinces du pays ainsi que de autres pays riverains. L'autre objectif de la création d'un second centre industriel en dehors de la Gombe était d'organiser les extensions urbaines pour densifier les cités anciennes indigènes de Lingwala, Barumbu et Kinshasa où la pression démographique commençait à se faire sentir sur l'habitat. Après donc la création de Limete, viendra la création de 3 cités indigènes planifiées et des cités satellites par l'administration coloniale. Il s'agit de :
Cités indigènes planifiées : Bandalungwa, Kalamu, Camp Babylon (dans la commune originel de Kintambo)
Cités satellites : Ndjili, Lemba, et Matete.
L'administration coloniale va par la suite viabiliser 1350 hectares pour construire les cités indigènes de Ngiri-Ngiri, Kasa-Vubu et Kimbangu33. L'Office des Cités Africaines (OCA) a été à l’œuvre pour la construction des logements dans la majorité de ces cités indigènes planifiées. Ces maisons étaient construites dans les cités indigènes planifiées de Bandalungwa, Kalamu, Lemba, Kintambo/Camp Babylon selon trois modèles :
Le modèle A ou le type A, regroupant dix blocs des maisons constituant le centre commercial du quartier, qui sont des maisons ayant deux niveaux, le logement à l'étage et le commerce au rez-de-chaussée
Le modèle B ou le type B, regroupant un bloc de deux maisons dotées des sanitaires pour chacune. Ces maisons étaient réservés aux petits fonctionnaires. Pour les familles ayant plusieurs membres, il était donné une maison de trois chambres à coucher et salon, et pour ceux n'ayant pas beaucoup des membres, c'était une maison de deux chambres et salon qui leur a été donné.
Le modèle C ou le type C, réservées aux hauts fonctionnaires, ces sont des grosses maisons du type Fonds d'Avance logement.
NAISSANCE DE LA DEUXIÈME COURONNE
En 1945, la population de Kinshasa avait rapidement augmenté avec un taux de croissance situé aux alentours de 15 % par an, situation qui va pousser l'administration coloniale à doter la ville d'un service de planification et d'urbanisme. Deux décrets furent signés en 1949 pour réglementer l'urbanisme de la ville tout en permettant la construction des nouvelles maisons et des nouvelles cités.
Le premier du 21 février 1949 réglementa la délivrance des permis de construire, la modification des reliefs, la démolition, le lotissement, l'acquisition ou l'aliénation des parcelles et les changements de l'environnement urbain.
Le deuxième du 7 juin 1949 créa l'Office des Cités Indigènes (OCI) et le Fonds du Roi pour construire des logements modestes, sains et confortables dans des cités africains. Ces deux décrets vont donner naissance à un plan d'urbanisme, qui va à son tour ouvrir des nouveaux espaces pour la construction des logements, selon un traçage bien élaboré, qui changera finalement la physionomie de la ville.
Lingwala, Kinshasa et Barumbu
L'urbanisation de la commune de Kinshasa et de celle de la population, l'administration coloniale était là pour donner des règlements sur le plan sanitaire, de la construction, de l'urbanisme, etc. afin d'assurer un certain ordre dans les principes d'urbanisation. Kinshasa et Barumbu ont joué le rôle d'accueillir à l'époque les premiers migrants ruraux, qui venaient particulièrement des provinces les plus proches de la ville à savoir : le Bas-Congo et le Bandundu, pour chercher du travail, qui était d'ailleurs abondant à cause de plusieurs différents chantiers et des jeunes administrations naissantes qui nécessitaient une main d’œuvre abondante. Barumbu était reliée du centre-ville par l'actuelle avenue du Flambeau, tandis que Kinshasa l'était par l'actuelle avenue Kasa-Vubu. Dans les deux communes, l'habitat des noirs était très médiocre, des cabanes construites en briques adobes, avec des conditions sanitaires indésirables. C'est ainsi qu'entre les deux guerres mondiales, des voix dont celles de l’église catholique en particulier s'élevèrent pour critiquer cette mauvaise gestion de l'administration coloniale sur l'habitat des africains. Pour donner l'exemple, les missionnaires catholiques de Scheut vont créer en 1932 une caisse de crédit immobilier ouvert aux congolais, en priorités à leurs fidèles et leurs employés, pour permettre aux africains de se construire des logements décents28. L'administration coloniale récupérera cette initiative en 1933, pour lui permettre de moderniser les cités africains. C'est de cette manière que va commencer l'urbanisation dans ces cités jadis délaissées aux africains pour construire. À Lingwala, née dans les années 1930, l'administration coloniale va opté à la fois pour l'habitat planifié avec des camps des travailleurs et pour l'habitat administré destiné aux autres catégories sociales. Pour l'habitat planifié, on compte parmi des logements construits : Camp de police Lifungula au Nord-est, le Camp des travailleurs des huileries du Congo belge (HCB) au centre -est et le camp de L'Office des cités africains ( OCA) au nord- Ouest.
Pour l'habitat administré, l'État avait procédé au lotissement, et les conditions pour acquérir un logement étaient de disposer d'une carte de résidence, être marié et avoir deux enfants au moins. L’africain se chargeait de construire sa maison, et l'État veillait aux respects des normes urbanistiques ainsi que de la construction des équipements publics comme la voirie, écoles, dispensaires, foyers sociaux et autres.
En bref, le premier anneau comprend quatre communes de : Gombe (29,3 km2), Kinshasa (2,9 km2), Barumbu (4,7 km2), Lingwala (2,9 km2) datant du xxe siècle, au voisinage de Kintambo, le noyau le plus ancien.
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Construction de la Gombe
Au début du xxe siècle, Kinshasa avait deux agglomérations distinctes. La première, constituée des communes de Kinshasa et de Barumbu (Léopoldville 1), et la deuxième, de la commune de Kintambo (Léopoldville 2) où habitaient séparément Européens et Africains. Les deux agglomérations distantes de quelques kilomètres étaient reliées par l'avenue Kasa-Vubu via l'avenue de la Justice.
En octobre 1929, lorsque l'administration coloniale se décida de transférer la capitale du pays de Boma à Kinshasa, selon le texte de l'Arrêté Royal de 1923, la ville va s'étendre, et viendra par la même occasion la construction de la commune de la Gombe, nouveau quartier européen et actuel centre-ville. Elle sera construite entre les deux agglomérations (Léopoldville 1 et 2) en vue de leur réunification.
Kinshasa : boulevard du 30 Juin
Ce transfert de capitale a aussi permis à Kinshasa de bénéficier de grands équipements dont la résidence du Gouverneur Général qui est l'actuel bureau du Premier Ministre, au bord du fleuve ainsi que des bâtiments administratifs, hôpitaux, centres commerciaux, etc.
C'est lors de ces grands travaux que la première piste d'aviation de la ville, située sur l'avenue du Mont-Virunga à la Gombe va se retrouver dangereusement en plein quartier résidentiel et administratif, et sera transférée par ce fait au quartier de Ndolo en 1933. À cet endroit de piste d'aviation se trouvent actuellement, tout autour : le Palais de la Justice, le Palais de la Nation, le bâtiment de la fonction publique et la Banque centrale du Congo.
Actuellement, la commune de la Gombe joue plusieurs fonctions en dehors de la fonction administrative. Elle joue à la fois les fonctions administratives, commerciales, culturelles, résidentielles, etc.
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Kintambo
Site originel de la ville de Kinshasa, Kintambo fut particulièrement un camp des travailleurs où habitaient blancs et noirs. Quelques bungalows habités jadis par les européens sont encore visibles, à proximité de la place commerciale de Kintambo Magasin. Les maisons des africains étaient construites en parpaing et étaient trop étroites. Jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, Kinshasa étaient centrée au Nord-Ouest, à Kintambo, et c'est là que se concentrait les premières installations industrielles, les bungalows européens, les bâtiments administratifs, le centre commercial, les camps des ouvriers africains et les quartiers autochtones d'auto-construction. On y trouvait aussi le port qui fut notamment le premier port de Kinshasa ainsi que le chantier naval. En 1922, Kinshasa ne comptait 17 000 habitants sur 5 000 hectares.
Ville planifiée coloniale
La naissance de la ville planifiée coloniale, de Kinshasa donc remonte au 3 décembre 1881, lorsque les chefs de Lemba, de Kinshasa et de Kintambo (Ngaliema) accordèrent à l'explorateur Henry Morton Stanley le droit de s'établir et de fonder le poste de Léopoldville. Lorsque la ville de Kinshasa vit le jour à Kintambo, autour de la baie de Ngaliema, elle s'étalait sur 115 ha et comptait 5 000 habitants, avec un marché d'échanges commerciaux avec les autres villages environnants1. C'est sur la colline appelée actuellement Mont-Ngaliema, que Stanley hissera le drapeau belge et érigera sa maison pour dominer la plaine et assurer sa défense.
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Urbanisation de la ville de kinshasa
Depuis sa création le 3 décembre 1881, de 195026. Tous les autres plans d'urbanisme qui se sont succédé, surtout apKirès l'indépendance, sont restés lettre morte, à l'instar du Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme de 1975. Au sens strict du terme, Kinshasa n'a pas véritablement fait objet d'un plan d'aménagement sérieux après l'indépendance. Ville coloniale de façon officielle depuis 1881, Kinshasa avait sur son site des dizaines d'énormes villages, antérieurs à la colonisation, avec le village de Kintambo, considéré comme le site originel de la ville, qui disputait l'hégémonie commerciale aux autres gros villages agricoles voisines comme Mpuba (Gombe actuelle), Kingabwa, Ndolo, Kimbangu, Lemba, Nshasa etc. À partir 1885, les villageois de tous ces villages recevront tour à tour l'ordre de déguerpir par l'administration coloniale, en vue de créer la ville moderne de Kinshasa selon des normes de l'urbanisme. Les seuls vestiges existants de ces villages disparus sont des arbres, dont l'un des plus visités est le baobab qui se trouve dans l'actuel quartier de Basoko, à proximité de Kintambo Magasin, et considéré même comme le lieu de rencontre entre l'explorateur Henry Morton Stanley et les chefs de Lemba, Kintambo et Ngaliema pour signer le pacte de fraternité1. L'autre se trouve à proximité de l'immeuble du Centre Commercial International du Zaïre (CCIZ) et du Grand hôtel de Kinshasa où fut enterré en position assise, selon la tradition, le chef Selembao. Kinshasa est donc d'abord née à partir de la baie de Ngaliema. À partir des années 1920, elle quittera cette baie pour s'étendre d'abord vers le nord, sur la pointe de Kalina, où se situait l'ancienne piste d'aviation qui correspond à l'actuelle avenue Virunga. Au bout de cette piste-avenue, se trouvent aujourd'hui côte-à-côte le Mausolée de Laurent Désiré Kabila et le Palais de la nation qui fait office du bureau présidentiel vers les années 1950, la ville s'étendra encore davantage, jusqu'à la période post- coloniale. La ville de kinshasa, Qu'il s'agisse de sa partie de >, ou de sa partie > est née à partir de trois couronnes ou auréolés.
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L’HISTOIRE URBAINE DE KINSHASA(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO), retrace la formation des divers quartiers dans la plaine et sur les collines périphériques du Pool Malebo, qui est actuellement la ville de Kinshasa.
Armes actuelles de la ville de Kinshasa.
Le 24 décembre 1881, les chefs de Lemba, Kinshasa et Kintambo, accordèrent une audience à l'explorateur Henry Morton Stanley, sous un baobab au bord du fleuve Congo, au niveau de l'actuelle baie de Ngaliema et signèrent avec lui un pacte de fraternité, Kinshasa était un archipel de villages déjà respectables et un centre de commerce florissant1. Léon de Saint Moulin (1971 et 2004) estime la population de Kinshasa en 1880 d'environ 30 000 habitants. Les premiers Européens dénombrent 5 000 habitants à Kintambo, à peu près autant à Kinshasa (village), 3 000 à Mikunga, 1 500 à Kibangu (Masina), 1 400 à Kimwenza et un nombre important à Lemba (Mbaza Lemba) et Kimpoko, outre les villages extrêmement nombreux des collines périphériques.
Henry Morton Stanley, après avoir obtenu le droit d'établissement, donna le 14 avril 1882 le nom de Léopoldville à la station qu'il avait commencée, en hommage au roi des Belges.
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