06/11/2026
La sécurité qu’un chien de protection apporte à notre domicile ou à notre vie en général, c’est quelque chose de réel. Un bon Berger Allemand entraîné à la garde, ça peut être très rassurant. Ça permet de savoir que si un individu décide de s’inviter chez vous, le chien deviendra probablement la première barrière persuasive. Et soyons honnêtes, pour la majorité des gens, un chien est déjà suffisamment persuasif pour leur faire changer d’idée.
Ce qui est particulier au Québec, c’est que la notion même de protection est souvent mal perçue. Comme si vouloir assurer sa sécurité ou celle de sa famille signifiait automatiquement vivre dans la peur. Pourtant, les vols, les introductions par effraction et la violence existent bel et bien. Malgré tout le respect que j’ai pour les forces policières, elles ne peuvent pas être partout, en tout temps, pour protéger chaque citoyen de la province.
L’ironie, c’est que les gens continuent d’adopter des races reconnues depuis des générations pour leurs aptitudes naturelles à la protection. Berger Allemand, Cane Corso, Rottweiler, Doberman, Dogue Allemand et plusieurs autres ont été sélectionnés pour leur vigilance, leur courage, leur territorialité et leur capacité à défendre leur famille lorsque nécessaire.
Ces prédispositions existent déjà. Elles ne sont pas créées par l’entraînement. Elles sont présentes dans le chien avant même qu’il commence un programme de garde ou de protection. Le chien offrira certains comportements associés à ces instincts, qu’on décide de les travailler ou non.
Pendant ce temps, la législation québécoise prévoit des conséquences importantes lorsqu’un chien inflige des blessures graves. Dans certaines situations, même lorsqu’un propriétaire considère que son chien protégeait son territoire ou sa famille, les conséquences peuvent être extrêmement lourdes pour l’animal. Lorsqu’un chien cause une blessure grave d’une personne, la réglementation prévoit même que la municipalité doit ordonner son euthanasie.
Le message envoyé est donc assez clair : les risques liés au manque de contrôle sont pris très au sérieux et la défense de son territoire est loin de faire l’unanimité dans notre société.
C’est là que je me pose une question.
Si les instincts de protection existent déjà et si les conséquences peuvent être aussi importantes, pourquoi la discussion porte-t-elle si rarement sur le contrôle de ces instincts?
Parce qu’à mes yeux, la solution n’est pas de prétendre que ces comportements n’existent pas. La solution est d’apprendre aux propriétaires à les comprendre, à les reconnaître et à les contrôler.
Un véritable chien de protection ne devrait pas être impressionnant par sa capacité à mordre. Il devrait être impressionnant par sa capacité à obéir malgré ses instincts, malgré le stress et malgré la pression. Il y a d’ailleurs moyen de faire de la garde civile sans morsure. Ça, par contre, ne le dites pas au voleur. Dites-lui simplement de courir plus vite que le chien. 🤣
C’est pourquoi je trouve intéressant de réfléchir à la place que pourrait occuper la protection civile dans un cadre sérieux, structuré et professionnel.
À mon avis, posséder un chien sélectionné pour la protection devrait venir avec davantage d’éducation sur les instincts de garde et leur contrôle. Parce que les instincts sont déjà là. La question est de savoir si nous préférons les encadrer ou les ignorer.
J’ajouterais même une autre réflexion. Dans plusieurs États américains, les lois inspirées du principe de la « Castle Doctrine » accordent une plus grande protection aux citoyens qui défendent leur domicile. Au Canada, la légitime défense et la défense des biens existent également, mais elles reposent sur la notion de force raisonnable et sur l'analyse des circonstances de chaque situation. Il n'existe pas de protection automatique comparable à celle que l'on retrouve dans plusieurs États américains.
Alors je repose la question.
Si nous acceptons déjà la présence de races développées pour la protection dans notre société, est-ce que la meilleure avenue n'est pas de développer davantage de contrôle sur ces chiens plutôt que de vouloir les éliminer?
Et si un jour des programmes de protection civile existaient dans un cadre sérieux et rigoureux, à qui appartiendrait réellement la responsabilité? Avec des gens répondant a un examen psychologique! Évidemment, apte à gérer un chien et offrir ce dont il à besoin?
Et vous, aimeriez-vous avoir davantage de liberté lorsqu'il est question de votre propre sécurité et de celle de votre famille à l'aide d'un chien? Aimeriez-vous que les lois entourant la protection de la propriété au Québec soient mieux adaptées à cette réalité?
On jase.