04/23/2026
đĄ Superbe exemple mis en lumiĂšre par le dĂ©putĂ© Gabriel Nadeau-Dubois. Comme il le dit: «Imaginez, partout, des Ă©coles qui rassemblent au lieu de diviser, qui Ă©lĂšvent au lieu de trier?»
Bien sûr, les écoles privées subventionnées doivent elles-aussi faire partie de la solution; le réseau public ne peut pas porter seul la responsabilité d'avoir un systÚme d'éducation à chances égales.
Nos solutions sont dans le đŁđčđźđ» đœđŒđđż đđ» đżđČÌđđČđźđ đđ°đŒđčđźđ¶đżđČ đ°đŒđșđșđđ» [lien dans les commentaires].
Sonia LeBel, députée de Champlain à l'Assemblée nationale Madwa-Nika Cadet, députée de Bourassa-Sauvé Pascal Bérubé
Stéphane Boyer, maire de Laval Centre de services scolaire de Laval
LâĂ©cole qui refusait lâĂ©litisme.
Elle est flambant neuve, presque rutilante, mais câest peut-ĂȘtre lâĂ©cole la moins Ă©litiste au QuĂ©bec. Au cĆur dâun des quartiers les plus pauvres de Laval, lâĂ©cole secondaire La CroisĂ©e mĂšne depuis son ouverture une expĂ©rience rĂ©volutionnaire : le refus systĂ©matique de la sĂ©grĂ©gation scolaire.
Ici, aucune concentration sĂ©lective ou programme « dâĂ©lite » payant. Ici, tout le monde peut choisir (gratuitement!) un des 10 cheminements offerts, qui vont de lâart dramatique au plein air, en passant par le multimĂ©dia, le sport, la musique, les langues, la danse ou les technologies.
Personne nâest laissĂ© derriĂšre : dans le cadre de ces « blocs passion », qui ont lieu huit jours sur dix, tout le monde est rĂ©uni. Les enfants performants, les jeunes en difficultĂ© dâapprentissage, ceux des classes dâaccueil⊠et mĂȘme les Ă©lĂšves autistes! Ăa crĂ©e de lâentraide (les plus forts aident les plus faibles), ça diminue les prĂ©jugĂ©s et ça créé un formidable nivellement vers le haut. Le sentiment dâappartenance se dĂ©veloppe, sans rabaisser personne ni enfler la tĂȘte de quiconque.
Cette mixitĂ© exceptionnelle ne se fait jamais au dĂ©triment des besoins particuliers de chaque Ă©lĂšve. Lorsque vient le temps dâapprendre le français, il est normal que les Ă©lĂšves en classes dâaccueil ou ceux prĂ©sentant de graves troubles dâapprentissage bĂ©nĂ©ficient de classes adaptĂ©es. Lâinclusion ça ne veut pas dire lâuniformisation, ça veut dire valoriser tout le monde et ne laisser personne derriĂšre.
Bien sĂ»r, ce nâest pas un conte de fĂ©es. GĂ©rer une classe aussi hĂ©tĂ©rogĂšne, dans laquelle se cĂŽtoient des jeunes de tous les niveaux acadĂ©miques, ce nâest pas toujours facile. Pour y arriver, lâĂ©cole mise sur la collaboration : plus il y a des difficultĂ©s dans une matiĂšre, plus les profs ont accĂšs Ă des pĂ©riodes de collaboration, pour sâentraider et se donner des trucs. « Au quotidien, ça fait toute la diffĂ©rence. Ăa fait en sorte quâon nâarrĂȘte jamais de sâamĂ©liorer » mâa confiĂ© un prof de math.
Avec lâaide de leur Centre de services scolaire, StĂ©phane (lâinspirant directeur) et son Ă©quipe font un travail extraordinaire. En sâinspirant de ce qui se fait le mieux au public et au privĂ©, ils ont construit un modĂšle qui rĂ©invente complĂštement la fameuse « composition de la classe ». Au lieu de sâenfoncer dans la logique de la surspĂ©cialisation et de la performance prĂ©coce, ils ont choisi le chemin de lâinclusion et de la collaboration. Je trouve ça extrĂȘmement prometteur.
Bien sĂ»r, ce nâest quâune Ă©cole parmi dâautres, situĂ© sur un territoire ou prĂšs dâun Ă©lĂšve sur trois quitte pour le privĂ© ou le « public sĂ©lectif ». Mais en sortant de lâĂ©cole, je me suis mis Ă rĂȘver : imaginez si on sâinspirait de ce modĂšle un peu partout au QuĂ©bec? Imaginez, si on changeait notre systĂšme?
Imaginez, partout, des écoles qui rassemblent au lieu de diviser, qui élÚvent au lieu de trier?