Dieppe Raid 19 August 1942: Operation Jubilee

Dieppe Raid 19 August 1942: Operation Jubilee

Partager

A resource page for various materials on the Dieppe Raid, 19 August 1942: Operation Jubilee

04/07/2025

Voici l’extrait # 4 qui manquait au manuscrit écrit par Jean (Johnny) Hogue (1921-1982) relatant son expérience du raid de Dieppe le 19 août 1942. Publié avec l’aimable permission de Sylvain Hogue, son fils.

REGRETTER POUR LE RESTE DE VOTRE VIE…

Je sens mon estomac vide... Vraiment, tout ce que nous avons eu pour le petit déjeuner, c'est une boîte de soupe et il est presque midi. Heureusement que nous avions ces rations d'urgence dans notre sac à dos. C'est mieux que rien…

Cela fait maintenant cinq heures que nous sommes sur la plage, et ça fait mal aux yeux. Partout où nous regardons il y a des corps étendus, la plupart d'entre eux morts. Ils n'auront pas à s'inquiéter de la façon dont ils reviendront. Ces gars ont donné leur vie pour leur pays, la liberté, et afin d’offrir un meilleur monde à ceux qui réussiront à traverser tout ça. Il doit y avoir une raison à ce raid sur Dieppe ?! Ils n'enverraient pas une bande d'hommes à leur mort juste pour faire plaisir à je ne sais qui. Quelque chose doit sortir de tout ça et je suis sûr que nous le saurons tôt ou t**d.

Il y a beaucoup d’action dans le ciel. Plusieurs de nos gars sont là-haut dans des Spitfires et des Hurricanes et ils donnent le diable aux « Krauts ». Les Allemands sont tellement occupés à chercher nos avions que les hommes du QG qui ont atterri devant la ville ont eu le temps de charger leurs blessés sur les ALC (NDT : assault landing crafts, péniches de débarquement) qui sont arrivés juste pour ça. Avec un peu de chance, ces hommes seront de retour dans notre « bonne vieille Angleterre » dans quelques heures; et quant à nous, nous ferons de notre mieux.

« Qu'est-ce que tu racontes Mack ? Tu n'es même pas blessé, tu es en un seul morceau et pourtant tu t'apitoies sur ton sort. Tu savais ce qui t'attendait quand tu t'es porté volontaire pour ce travail. Ils ne t'ont pas forcé à participer au spectacle ! Rappelles-toi la nuit dernière quand les vieux nous ont dit que si quelqu'un parmi nous n'avait pas envie de venir, tout ce que nous avions à faire c'était de sortir et que personne n'en penserait rien. Ça aurait été facile ! Juste marcher quelques pas et regretter pour le reste de votre vie d'avoir été un lâche au tout dernier et plus important moment, en abandonnant vos meilleurs amis. Combien il y en a eu, Mack, qui ont fait un pas en avant ? Tu as raison, il n'y en a pas eu. Tu sais très bien que nous, les Canucks, sommes trop fiers pour faire une chose pareille. Bien sûr, tu as eu peur et tu as encore peur, mais alors, qui n'a pas eu peur ? C'est naturel. »

La rumeur courait que le régiment du South Saskatchewan avait avancé derrière la ville et qu'il était maintenant coupé de la plage par les Allemands. Ils avaient débarqué plus tôt que nous, à gauche de la ville, et n'avaient rencontré que très peu de résistance à mesure qu'ils avançaient. Ils sont arrivés à un renflement, et c'est à cet endroit que leur commandant a reçu la Croix de Victoria. Cela a dû être assez rude, car quand quelqu'un reçoit cette médaille, il a de la chance de ne pas être mort.

🇨🇦

02/22/2025

PARTIE II - LA VIE D'UN PRISONNIER DE GUERRE - Extrait #13- Printemps 1944, environ 20 mois en camps de prisonniers

Retranscription intégrale (ajout de quelques ponctuations) d’un manuscrit écrit par Jean (Johnny) Hogue (7 février 1921- 19 janvier 1982) relatant son expérience du raid de Dieppe le 19 aout 1942 ainsi que des quelque 32 mois qui ont suivis en tant que prisonnier des Allemands.

Nous étions en avril 1944 et Pâques arrivait dans quelques jours. Les Allemands nous avaient dit que nous serions trois jours sans travailler, donc nous attendions Pâques avec impatience. Le Vendredi saint, il n’y avait pas d’appel, alors trois de nos garçons ont décidé d’utiliser notre nouveau moyen de sortie. Nous avons fait une collecte parmi les autres, ils ont tous contribué avec des barres de chocolat et du fromage des colis de la Croix-Rouge reçus pendant la semaine. Nous étions donc sûrs qu’ils ne mourraient pas de faim lors de leur première tentative d’évasion. Il était environ minuit lorsqu’ils sont montés au sommet, nous avions posté un gars à la fenêtre pour vérifier si la sentinelle était dans les parages. Tout s’est déroulé parfaitement : lorsque la sentinelle est arrivée devant, nous leur avons donné le signal en tapant trois fois sur le plafond et ils sont sortis par l’arrière. Nous leur avons souhaité bonne chance et bon courage, car ils allaient en avoir besoin. Ils étaient censés se diriger vers Goldberg sur la côte baltique, et de là essayer de passer en Suède. Croyez-le ou non, le caporal est resté deux jours de plus sans faire son appel et ces deux jours ont été plus que suffisants pour que nos hommes atteignent la côte.

Le lundi matin, lorsque nous nous sommes mis au travail et que le caporal a remarqué qu’il lui manquait trois arbeister (travailleurs en allemand), il a failli exploser! Il était tellement furieux qu’il pleurait de rage et il ne comprenait pas comment ces trois gars avaient pu s’échapper. Le gardien a eu sa part, si vous voyez ce que je veux dire. Ils ont tous été remplacés par d’autres, et nous n’avons pas eu la vie facile pendant les jours qui ont suivi. Pour couronner le tout, nous avons appris que les trois gars avaient été attrapés sur la côte par la Gestapo et renvoyés au Stalag IID.

Nous avons commencé à voir des avions américains au-dessus de nous en juillet 44. Ils arrivaient par milliers et la nuit, c’était la RAF. C’était un beau spectacle après deux ans : nous commencions à entrevoir un espoir de changement dans un avenir proche. L’été est passé, puis l’automne, et un autre Noël en Allemagne. C’était notre troisième, et nous espérions que ce serait le dernier. Parmi nos gardes, il y avait un type qui parlait très bien l’anglais et le français et qui nous donnait toutes les nouvelles. Il pouvait obtenir des informations sur la progression des Alliés en France et en Italie. Ce type était vraiment un bon gars.

Note de Sylvain Hogues, son fils :

« Ici s’arrête le document que j’ai. Je ne sais pas si papa s’est arrêté là ou si des pages se sont perdues. Il manque cet épisode certainement marquant aussi qu’il a relaté dans un article du Petit Journal en 1958 : “Je me souviens, entre autres, de notre fameuse marche de 500 milles entre Stetin et Hambourg qui dura du 25 février au 14 avril 1945. Cette marche avait pour but de nous éloigner du front russe”.

J’ai certes vécu beaucoup d’émotions à avoir l’impression de revivre les siennes, mais cela me permet aussi d’honorer sa mémoire. Il est indéniable que de profondes blessures l’ont mentalement et émotivement marqué. Je me souviens très bien de cauchemars reliés à cette expérience qu’il faisait encore près de 40 ans après.

Papa au retour de la guerre a été libéré de l’armée pour condition médicale. Ce fut un autre grand drame dans sa vie, lui pour qui l’armée était sa famille et son plan de vie. Il est retourné dans la réserve comme sergent — major avec le 6e bataillon du Royal 22e Régiment et ensuite comme lieutenant et capitane avec les Fusiliers Mont-Royal. Il s’y occupait d’un corps de cadets, le 2802 Dieppe. Il a fait carrière au civil pendant près de 30 ans avec le Service canadien des pénitenciers (aujourd’hui Services correctionnels du Canada) comme agent correctionnel, instructeur et agent de dotation de personnel.

Il a pris sa retraite à 59 ans pour se consacrer, avec le père Paul Aquin, jésuite, à aider d’autres qui, comme lui, se rétablissaient de leur dépendance à l’alcool, et ce jusqu’à son décès subit, 3 semaines avant ses 61 ans ».

RIP Johnny.

🇨🇦

Vous voulez que votre école soit école la plus cotée à Ottawa ?

Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.

Emplacement

Site Web

Adresse

Ottawa, ON