05/08/2026
Ătre Ă©ducatrice en petite enfance, câest bien plus quâun mĂ©tier.
Câest une vocation. Une passion. Une partie de moi.
Câest un mĂ©tier profondĂ©ment valorisant, qui mâapporte Ă©normĂ©ment dans toutes les sphĂšres de ma vie.
Chaque jour, jâaide des enfants Ă grandir avec amour, patience, bienveillance et soutien. Je les accompagne dĂšs leurs premiers pas jusquâĂ leur entrĂ©e Ă lâĂ©cole.
Je les aide Ă devenir autonomes, Ă prendre confiance en eux, Ă vivre en sociĂ©tĂ©, Ă comprendre les rĂšgles de base, Ă apprendre le respect, le partage et lâempathie.
Jâaccompagne leurs tourbillons dâĂ©motions.
Je les guide dans leur développement moteur, langagier, cognitif, social et affectif.
Je les rassure, je les encourage, je célÚbre chacune de leurs petites victoires.
Et malgré les nombreux défis⊠quel privilÚge immense de voir leur évolution.
Quel privilĂšge de faire partie de leur histoire.
Mais malheureusement, notre métier est encore trop banalisé.
« Vous ĂȘtes des gardiennes. »
On est tellement plus que ça.
Savez-vous combien de temps une Ă©ducatrice passe Ă rĂ©flĂ©chir Ă son groupe? Ă chercher des solutions pour aider un enfant qui vit des dĂ©fis? Ă prĂ©parer des activitĂ©s Ă©ducatives adaptĂ©es? Ă penser Ă chaque intervention pour quâelle ait un impact positif dans la vie dâun enfant?
Chaque geste, chaque mot, chaque intervention a une raison dâĂȘtre.
Quand un enfant dit :
« Encore » « veux ça !» « Pousse-moi ! »
Et quâon lui rĂ©pond doucement :
« Est-ce que tu peux faire une belle demande? »
Ce nâest pas âjusteâ pour ĂȘtre poli.
Câest pour lui apprendre Ă communiquer avec respect. Ă comprendre lâimportance des mots. Ă dĂ©velopper des habiletĂ©s qui lui serviront toute sa vie.
Quand un enfant arrache un jouet en criant :
« Donne-moi ça! »
On intervient.
On accompagne.
On aide Ă reformuler.
« Est-ce que lorsque tu auras terminĂ©, je pourrais lâavoir sâil te plaĂźt? »
Et tranquillement, lâenfant apprend Ă attendre, Ă partager, Ă respecter lâautre.
Tout ça, ce sont des apprentissages immenses.
Et les émotions⊠parlons-en.
Les colÚres, les frustrations, les pleurs, les débordements.
Un enfant nâest pas âmĂ©chantâ.
Câest un ĂȘtre humain en apprentissage.
Alors on met des mots sur ce quâil vit.
On accueille.
On accompagne.
On aide lâenfant Ă comprendre ses Ă©motions et Ă les gĂ©rer.
MĂȘme nous, adultes, on apprend encore Ă gĂ©rer certaines Ă©motions⊠alors imaginons un tout-petit qui dĂ©couvre tout cela pour la premiĂšre fois.
Ătre Ă©ducatrice, câest aussi stimuler le langage, dĂ©velopper la motricitĂ©, encourager la crĂ©ativitĂ©, bĂątir lâestime de soi, apprendre la vie en groupe et soutenir chaque enfant selon ses besoins uniques.
Câest des heures de formation chaque annĂ©e.
Parfois mĂȘme des formations supplĂ©mentaires pour mieux accompagner un enfant ayant des besoins particuliers.
Câest des discussions avec le BC, des remises en question, des recherches, des observations, des rĂ©flexions constantes pour trouver les meilleures interventions possibles.
Câest vouloir toujours faire mieux.
Toujours comprendre davantage.
Toujours accompagner chaque enfant selon ses besoins réels.
Parce quâau-delĂ du mĂ©tier, il y a surtout un immense dĂ©sir de faire une diffĂ©rence dans la vie des enfants. â€ïž
Oui, câest notre travail.
Mais ce travail mérite tellement plus de reconnaissance.
Et parlons des Ă©ducatrices en milieu familialâŠ
Celles qui ouvrent leur maison, leur cĆur, leurs valeurs et leur quotidien Ă plusieurs enfants chaque jour.
Celles qui transforment leur maison en milieu de vie chaleureux, sécuritaire et éducatif.
On ne fait pas âjuste garder des enfantsâ.
On contribue Ă bĂątir les adultes de demain.
Et malgrĂ© les dĂ©fis, malgrĂ© la fatigue, malgrĂ© les journĂ©es plus difficilesâŠ
Je ne changerais pas de métier pour rien au monde.
Parce que je suis exactement Ă ma place.
Câest un mĂ©tier demandant.
Un métier difficile⊠mais à la fois si naturel pour celles qui sont réellement à leur place.
En milieu familial, on se sent souvent seules.
Gestionnaire de petits humains et de parents.
Accompagnatrice.
CuisiniĂšre.
InfirmiĂšre.
Psychologue improvisée.
Médiatrice de conflits.
PoliciĂšre Ă temps partiel.
Travailleuse sociale.
Femme de ménage.
Préposée à la désinfection.
Animatrice.
Organisatrice.
Motivatrice.
Confidente.
Professeure des émotions.
Coach en autonomie.
Réconfort humain sur deux jambes.
P*s oui⊠je sais bien que je nâai pas officiellement toutes ces formations-lĂ . Câest un brin dâhumour. Mais quand on y pense, on touche rĂ©ellement Ă une partie de chacun de ces mĂ©tiers-lĂ dans notre quotidien.
Et tout ça⊠souvent seules.
Pour assurer le bien-ĂȘtre, la sĂ©curitĂ© et le dĂ©veloppement des enfants de notre milieu.
Je rentre-tu dans le vif du sujet?
Ah p*s aweille donc.
Parfois, ce qui est le plus difficile dans ce mĂ©tier, câest le manque de reconnaissance.
Lâangoisse silencieuse que ce travail apporte.
On vit des défis énormes.
Nos valeurs sont parfois mises Ă lâĂ©preuve par certaines situations familiales.
On porte beaucoup plus quâon le laisse paraĂźtre.
Si les gens pouvaient rĂ©ellement voir tout le travail accompliâŠ
Tout le temps investi pour rĂ©flĂ©chir, trouver des solutions, adapter des interventions, crĂ©er des activitĂ©s, accompagner chaque enfant selon ses besoinsâŠ
Si les gens pouvaient ressentir lâangoisse qui nous habite lorsquâon doit fermer pour un rendez-vous mĂ©dical, pour notre propre enfant malade, pour une gastro qui entre dans la maison ou simplement parce quâon est humain et quâon a besoin de prendre soin de notre familleâŠ
Peut-ĂȘtre quâils comprendraient davantage.
Parce que lorsquâon annonce une fermeture, il y a souvent un immense sentiment de culpabilitĂ© qui embarque.
Parce que oui, notre premiĂšre pensĂ©e, câest souvent les familles.
MĂȘme quand câest notre propre enfant qui est malade.
MĂȘme quand nous-mĂȘmes, on ne va pas bien.
En milieu familial, plusieurs vivent cette réalité-là .
On est souvent seules, sans remplaçante.
Notre milieu est parfois directement dans notre maison.
Bref⊠câest un mĂ©tier magnifique.
Aussi beau quâĂ©puisant.
Aussi valorisant quâinvisible parfois.
Et quand on tombe sur des familles reconnaissantes⊠mon Dieu que ça fait du bien. â€ïž
Ă mes parents utilisateurs, merci.
Merci de votre confiance.
Merci de votre reconnaissance.
Merci de voir le cĆur derriĂšre tout ça.
Parce que ce nâest malheureusement pas la rĂ©alitĂ© de toutes les Ă©ducatrices.
Je terminerais simplement en disant ceci :
Jâaimerais que chaque personne qui, un jour dans sa vie, cĂŽtoiera une Ă©ducatrice en petite enfance ou un milieu familial puisse passer seulement une semaine dans notre tĂȘte⊠et dans nos journĂ©es.
Câest tellement plus complexe quâon le pense.
Et tellement plus grand que ce que plusieurs imaginent. â€ïž
On sâadapte constamment.
On est patientes.
On intervient.
On accompagne.
On travaille en équipe avec les parents.
On crée des projets.
On aime fort.
On soutient.
On aide à éduquer.
On accompagne les enfants dans toutes les sphÚres de leur développement.
On est investies Ă 100 %.
MĂȘme quand câest difficile.
MĂȘme quand on est fatiguĂ©es.
MĂȘme quand on vit nous aussi des dĂ©fis personnels.
Et malgrĂ© toutâŠ
On sourit.
Parce quâun sourire dâenfant, un cĂąlin spontanĂ©, un progrĂšs quâon attendait depuis longtemps⊠ça vient nous rappeler pourquoi on fait ce mĂ©tier-lĂ .
On aide Ă bĂątir des petits humains.
On devient parfois un repĂšre important dans leur vie.
On accueille leurs Ă©motions, leurs inquiĂ©tudes, leurs questionnements, leurs grandes joies comme leurs tempĂȘtes.
P*s çaâŠ
Je le fais pour vrai.
Avec tout mon cĆur.
Malgré les nombreux défis.