09/02/2024
LA CROYANCE VODOUN
L’univers surnaturel des Fon (et des Νago) est constitué par les vodoun (ou orisa) que leur nombre (certains les évalueront à 600) et leurs relations rendent très complexes.
L’animisme était la religion des deux ethnies Adja et Yoruba (ou Νago) : cultes Vodoun pour les Adja (Gou et Fon), cultes Orisa pour les Yoruba.
En fait, la définition d’un Vodun ou Orisa est complexe ; s’il représente bien une force de la nature, ce n’’est cependant pas sous la forme déchaînée et incontrôlable. Il n’en est qu’une part seulement, assagie, disciplinée, fixée, contrôlable, formant un chaînon dans les relations des hommes avec l’inconnaissable. Un autre chaînon est constitué par un être humain divinisé.» l’alashè (chez les Nagos-Yorouba) le Vodounon (chez les Fon).
Cet être, qui a vécu autrefois sur terre où il sut contrôler et domestiquer la force, entretint avec la puissance des liens étroits de corrélation pour bénéficier, grâce à eux, lui et les siens de sa protection, et pour détourner sur ses ennemis son pouvoir destructeur.
En contrepartie, il faisait à cette part de force fixée, sédentarisée, les offrandes et les sacrifices nécessaires à l’entretien de sa puissance sacrée : l’ashè.
L’alashè, lié à la force de l’orna devient lui-même un orisa. Son culte « s’adresse à la fois à ces deux chaînons joints, part fixée de force de la nature et ancêtre divinisé, qui servent d’intermédiaire entre l’homme et le surnaturel. Cette alliance est représentée mais non matérialisée par un objet-témoin support de l’’Ashè. »
Il en va ainsi par exemple pour les haches néolithiques de Shango/Hébioso, (divinité du tonnerre) et pour les sept pièces en fer forgé de Gou (dieu du fer). Le culte de cet ancêtre divinisé est établi et rendu par ses descendants. Il sert d’intermédiaire entre les vivants et la force.
Ce culte s’adresse aux ancêtres exceptionnels dont il faut entretenir la puissance, la force sacrée par des prières, des invocations et des dons de nourriture, des sacrifices, etc. En réponse à ces prières, et en signe d’acceptation, la puissance ancestrale vient prendre possession de leurs descendants au cours de ces cérémonies. Ces louanges rituelles portent le nom d’Oriki chez les Yorouba et mlamlam chez les Fon.
Par sa récitation, un adepte prouve son appartenance à la famille et demande la protection du vodoun ou de l’orisa. On distingue les vodoun personnels et les vodoun cosmiques : « il existe deux autres « Vodoun » Legba et Fa, qui sont personnels à chaque individu, naissent et disparaissent avec lui. Les marques extérieures des hommages qu’on leur rend n’exigent pas un développement extraordinaire de rites sacerdotaux.
Cependant, la dévotion à leur égard n’en est pas moins fervente, étant toute intime et directement intéressée. « Legba » est le compagnon caché de chaque individu. Semblable à un lutin, il est toujours prêt à quelque malice ou même aux pires méchancetés ; mais il se laisse facilement apitoyer par des prières et des sacrifices. Il réside dans le nombril, Hon, d’où il se plaît à insuffler la colère. »
Que les bénédictions soient