26/09/2024
Plaidoyer pour un monde meilleur.
Voici 20 ans que j'ai découvert la méditation Vipassana. À cette époque, j'avais besoin de parfaire un parcours spirituel commencé 20 ans auparavant. J'avais déjà fait un certain chemin mais il ne constituait qu'un balbutiement en comparaison avec ce que j'allais découvrir.
Qu'ai-je découvert ? Tout d'abord une technique, précise, scientifique pour aborder la méditation. En effet, le mot "méditation" désigne un ensemble de pratiques souvent floues. Or ici, dans le cadre de l'apprentissage de Vipassana, il a été question d'avancer progressivement dans une démarche rigoureuse visant à trouver la sérénité tout en lui donnant un sens profond. Démarche basée sur l’apprentissage d’une technique dûment expliquée et expérimentée.
L'apprentissage a duré 10 jours : il s'agissait d'un stage pour "nouveaux étudiants". Ce dernier était découpé en trois phases :
L'apprentissage d' "Anapana" qui vise à calmer l'esprit par le biais de l'observation pure et simple de sa propre respiration. Cette pratique ouvre un champ de possibilités insoupçonnées mais nécessite quatre jours d'intense concentration pour commencer à en cueillir les fruits.
La seconde phase : "Vipassana" permet d'aller plus profondément dans la démarche en s'appuyant sur l'acquis "Anapana" : il ne saurait être de pratique de Vipassana sans Anapana. Le but de Vipassana est d'éprouver à l'intérieur de son propre corps les mécanismes qui causent la souffrance et partant d'en sortir. Pour y parvenir, la technique précise et scientifique accompagnée de rigueur dans la pratique est enseignée durant 6 jours. Pas à pas.
Au sortir de ces dix jours, une troisième phase vient couronner l’apprentissage : « Metabavana » : cette dernière vise à développer la compassion pour autrui et s'appuie directement sur les deux phases précédentes. Sans celles-ci, point de compassion, ni pour soi, ni pour autrui.
L'apprentissage de cette méditation est d'un grand bienfait pour soi-même et même pour autrui. Elle permet de sortir d'automatismes liés au fonctionnement du cerveau dont nous n'avons pas conscience. Dans ce sens, la pratique permet d'être l'artisan de sa propre santé physique et mentale et partant de son propre bien-être. Si l’on est calme, équilibré, tranquille, on se met à rayonner cet état dans son environnement proche ; c’est dans ce sens que la méditation est bonne pour soi et pour autrui.
Cet enseignement est validé par 2500 ans d'existence puisque la technique a été découverte par le Bouddha Gautama. Outre le fait d'inspirer des millions de personnes dans des pratiques dévotionnelles, le véritable héritage que cet homme exceptionnel a légué à l'humanité est une technique simple mais rigoureuse dont l'apprentissage vise à œuvrer à un monde meilleur en commençant par soi. Chose dont l'humanité a sans cesse besoin.
Pour ma part, je médite tous les jours en pratiquant les trois phases. De cette pratique est née une grande paix dans mon cœur, une tranquillité d'esprit et une santé stable.
Même si le Bouddha est une figure connue, il faut préciser qu’il était laïc. Son enseignement s’adresse donc à tous car il est adogmatique. La souffrance étant universelle, le fait d’en sortir s’adresse à tout le monde.
Se décider à méditer est un engagement qui met en mouvement une répétition, une assiduité qui portera ses fruits à force de répétition. C’est donc une école de l’effort, de la ferme détermination envers l’atteinte de son objectif qui est d’être serein, bienveillant envers soi et autrui.
Je recommande cet apprentissage de Vipassana, cette pratique et une détermination à œuvrer à un monde meilleur en commençant par soi-même. Mon cadre est personnel, individualisé. C’est de ma responsabilité.
Mais un coup de pouce est nécessaire pour que le plus grand monde puisse y accéder : il y a un intérêt public à encourager l'apprentissage de Vipassana. Le cadre, dans ce cas, devient collectif. La responsabilité en revient donc à la collectivité et partant aux valeurs que celle-ci confie à ses représentants.
Si j'ai pu apprendre Vipassana, c'est notamment dû au fait que ces stages sont gratuits. Chose rare en l'occurrence. Cette gratuité est la conséquence d’une philosophie qui engage la responsabilité du méditant. Payer et partir représente un contrat passif alors que participer et faire un don représente un engagement actif. Si l’on fait un don, c’est que l’on estime juste de le faire. Juste à plusieurs niveaux qui s’appuient sur la compréhension de notre rôle au sein de l’organisation même si l’on est qu’un simple méditant débutant ou confirmé.
À ce titre, les pouvoirs publics se doivent d’examiner de près l’opportunité de faire rayonner l’apprentissage de cette technique. Une façon est d’exonérer les dons. Le retour sur investissement peut être significatif. Encore faut-il en faire le pari à grande échelle.
Curieusement, la France, qui était un exemple en la matière vient de retirer aux méditants l’opportunité de déduire leurs dons de leurs revenus. Corrélativement, des investissements conséquents ont été dévoués à l’armement. Voilà qui donne à réfléchir. Que veut-on en définitive ? La paix ? Que répond la politique à cela ?
Dans un monde qui s’enlaidit à chaque seconde pour les raisons que tout le monde connaît mais ne veut pas nécessairement reconnaître. Il est plus que temps de faire preuve d’humanité pour vivre en bonne intelligence avec la chance que l’on a de pouvoir vivre, ici et maintenant sur Terre. Vipassana est un clef en or, elle est capable de se dupliquer en autant d’individus, quels qu’ils soient, qui ils soient.
Ce serait déjà ça. Le chantier est tellement pharaonique. On peut commencer quelque chose à notre petit niveau, voici donc une piste.
Avec Metta,
Françoise Zimmer