22/05/2026
La liberté académique, qui régit le fonctionnement de la recherche et de l’enseignement universitaires, est un important pilier de la démocratie.
A la différence de la simple liberté d’expression, qui permet d’exprimer n’importe quelle opinion, même irrationnelle, du moment qu’elle n’est pas illégale (parce que discriminante ou calomnieuse), la liberté académique est en fait indissociable d’une grande responsabilité : la responsabilité de chercher rigoureusement et d’enseigner honnêtement la vérité, y compris lorsqu’elle déplaît aux pouvoirs en place.
Il est vrai de dire que la liberté académique subit aujourd’hui de graves attaques, y compris dans le monde occidental où elle semblait mieux protégée. Parce qu’elles déplaisent, des recherches sur le réchauffement climatique ou la transmission de maladies, mais aussi sur des mécanismes sociaux producteurs d’inégalité, de discrimination ou de domination, sont systématiquement disqualifiées et définancées.
On ne peut que se réjouir de ce que les partis politiques belges s’inquiètent de la défense de la liberté académique. On doit par contre s’inquiéter de ce que certains d’entre eux entretiennent systématiquement la confusion entre liberté académique et liberté d’expression ou ne revendiquent la liberté académique que pour défendre les recherches et enseignements qui leur plaisent mais contribuent par ailleurs activement à disqualifier et définancer les recherches et les enseignements qui leur déplaisent.
Parce que cela, ce n’est pas soutenir la liberté académique; c’est au contraire l’affaiblir.